flecheSous Mô...
Bienvenue, justiciable...

Monsieur Dupont

On peut tout se dire, maintenant que la relation client/avocat est rompue, n’est-ce pas ?

J’ignore exactement ce que vous me reprocheriez, ou ce que vous auriez dit trouver de bien chez moi, pendant ces deux longues années où vous avez été de douleurs en douleurs, de souffrances en souffrances, sans que, sans doute, parfois, je ne les mesure suffisamment -et je ne le saurai jamais, à présent que nous ne nous parlons officiellement plus, faute d’en avoir l’occasion, puisque je ne suis plus votre avocat…

En revanche, moi, j’ai besoin de me mettre en règle avec vous, je crois que c’est plus honnête, et que, finalement, ça pourrait même vous faire plaisir -vous n’aviez pas l’air de manquer d’humour, malgré tout… Lire la suite de "Monsieur Dupont"

Ah ! Mam…

Un mot rapide, pour une fois c’est promis, juste pour vous livrer, si vous disposez d’un peu de temps et de beaucoup de courage, le texte intégral de l’"Avant projet du futur code de procédure pénale soumis à concertation", c’est le titre du pavé en question, qui m’est obligeamment fourni en cette somptueuse version .pdf par Marie, que je nomme derechef Grande Fournisseuse(1) de Mots à Mô, et que je remercie, pour ça et tout le reste, Grand Œuvre Munificent de Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés(2) , vous dire si c’est du lourd -le projet, veux-je dire…

J’avoue (bien qu’il ne faille jamais le faire sauf si vous êtes assisté d’un avocat ayant accès au dossier en garde à vue, donc pas en France) que je ne l’ai pas lu, ayant malheureusement quelques dossiers urgents en cours -j’ai seulement été directement regarder, telle la vérole se ruant sur le bas-clergé, les nouvelles dispositions relatives à la venue dudit avocat en ladite garde à vue, qui,  croyais-je, toujours naïf et pur comme tous les avocats, dont c’est le métier, ne pouvaient manquer d’être totalement révolutionnaires, et de laisser enfin ledit(3) avocat travailler efficacement dès ce stade, et, partant, le justiciable bénéficier de son assistance effective, puisqu’on ne parle que de ça depuis des mois, que la jurisprudence européenne l’exige, et que maintes conclusions de nullité, décisions judiciaires et autres toutes fraîches questions prioritaires de constitutionnalité, le demandent à tue-tête…

Je ne cache pas une légère déception… Lire la suite de "Ah ! Mam…"

  1. Toujours cette féminisation stupide, la vache, "fournisseuse", c’est vraiment pas beau, on dirait de l’argot de voyou… ()
  2. Au prix des cartes de visite, une titulature pareille, moi je dis que ça ne sauve pas la planète… ()
  3. "Ledit", "dudit"… Ne cherchez pas, c’est juste pour faire juriste, bien sûr que dans la vraie vie on ne parle pas comme ça… ()

Petit moment de détente du week-end …

… qui vous est offert, une fois n’est pas coutume, par le ministère de l’Intérieur(1) .

Quelques erreurs forcément volontaires se sont glissées dans ce communiqué, ou ce compte-rendu, comme on voudra, publié sur le site dudit ministère, et découvert via Eolas(2) . Saurez-vous les retrouver ?

Indice : la plupart me paraissent concentrées dans les quelques lignes que, par souci de meilleure accessibilité, je reproduis ci-dessous. Lire la suite de "Petit moment de détente du week-end …"

  1. Et aurait dû être mis en ligne dès hier, si je ne m’étais pas fait griller par mon hôte, alors que j’avais terminé mon post avant lui – en même temps, il est chez lui, quand même … – tant pis, ça fera deux billets du week-end. ()
  2. Merci Maître ! Que ferait-on sans les avocats, je vous le demande … ()

Soleil au Sénat !

Ces dix derniers jours ont été épouvantables à tous points de vue -certes, j’adore me faire plaindre, mais là, pour une fois, ce serait mérité- et je finis la semaine sous les dossiers, la voix éraillée d’avoir plaidé, les yeux cernés d’avoir guetté une réaction amicale ou à tout le moins compatissante des tribunaux, et, euh… Le cœur, c’est ça, le cœur brisé d’avoir espéré un geste de survie de mon banquier, ou même un geste humanitaire de mon garagiste

J’ai donc à peine eu le temps de m’autoriser de temps à autres une heure de maraude en ces lieux vénérés, sur les coups de cinq heures du matin, histoire d’assurer la maintenance minimale des lieux et de vérifier qu’on n’y disait rien d’insultant pour personne, ou en tout cas pas sans mon consentement -et je tiens à présenter à mes millions d’adoratrices mes excuses les plus plates pour cette indisponibilité, que j’espère la plus momentanée possible(1) , puis, la première cafetière de la journée prenant quand-même un peu de temps à être vidée, et le premier paquet de clopes à rejoindre la poubelle et son contenu mes poumons, une demi-heure supplémentaire a parcourir un peu l’actualité du Ouaibe, l’œil  morne et le moral en berne… Jusqu’à ce jour. Lire la suite de "Soleil au Sénat !"

  1. Auprès de mes lecteurs mâles, je ne m’excuse pas, car c’est un signe de faiblesse selon John Wayne, mais le cœur y est ! ()

"Sport. Never."

(très joli titre qui n’est évidemment pas de moi, mais emprunté à Winston Churchill, un type qui avait tout compris à la vie et à qui celle-ci l’a bien rendu, puisque malgré ses dix cigares quotidiens et cette absence totale et revendiquée d’exercice physique, secret selon lui de sa longévité, il a vécu 91 ans)

Note préliminaire : je pense pouvoir assurer à tous que personne n’apprendra quoi que ce soit de juridico-judiciaire dans ce billet, qui ne contient pas un gramme de droit et se veut purement anecdotique. En vérité, j’étais supposée finir de le rédiger pour jeudi midi, suite à une injonction du Maître(1) qui prétendait vouloir bosser ET éviter de passer une semaine sans rien publier. Mes brouillons plus sérieux n’étant pas prêts à sortir, nos travaux communs non plus (à cause de lui), je me suis dépêchée de relancer celui-ci, pour m’apercevoir vers midi que mon hôte avait finalement décidé de sous-traiter son travail éditorial à un autre magistrat. Pas grave, j’ai quand même décidé de sortir mon billet light, d’autant que nous sommes encore en période de vacances, de week-end, de nuit et de froid, ce qui devrait me permettre de ne pas gêner trop de fans des chroniques judiciaro-législatives. Ca apprendra à d’aucuns à lancer des appels au secours multidirectionnels.

Voilà, vous aurez été prévenus. Je m’en vais maintenant vous parler d’un temps que les moins de, disons, 28 ans ne peuvent pas connaître : celui auquel les candidats à l’entrée par concours(2) dans la magistrature devaient prouver qu’ils étaient titulaires non seulement d’une tête bien lourde faite, mais également d’un corps le moins malsain possible(3) . Lire la suite de ""Sport. Never.""

  1. Textuellement, "Tu vas publier, oui ou merde ?", car il a le sens de la formule énergique – à croire qu’il a un jour été moniteur à l’INSEP. ()
  2. Les trois premiers concours en fait, mais vu la multiplicité des voies d’accès au métier, je préfère simplifier. ()
  3. Avant de se voir offrir moult occasions de démentir ce dernier point au cours de diverses soirées bordelaises alcoolisées, bien sûr. ()

Un jeune de quinze ans est-il plus dangereux que le "Gang des Barbares" ?

Par Laurence Bellon, Vice-présidente du tribunal pour enfants de Lille, membre du groupe pluridisciplinaire à l’origine de la pétition "Quel futur pour les jeunes délinquants ?"(1) .


Trois brèves observations introductives à cet article : d’abord, à titre personnel, moi, la justice des mineurs, hein, autant vous dire que ça ou rien… Seulement voilà, quand une magistrate de votre ville soudoie votre associé pour vous faire passer un texte avec ordre de le publier, sous peine de ne plus jamais relaxer un gamin défendu par vous, c’est tout, on ne réfléchit pas, on modifie un temps sa ligne éditoriale, et on s’exécute !

Ensuite, plus sérieusement, c’est évidemment bien de l’honneur qui m’est ainsi fait, et ça l’est d’autant plus que le texte qui suit propose une solution limpide, claire, facile, aux difficultés posées par le fait de juger des mineurs accusés de crimes. Et qu’il constitue, ainsi, une preuve de plus que dès que les véritables praticiens réfléchissent, en mettant toute leur expérience professionnelle dans la fameuse balance, on aboutit à un règle applicable, logique, et respectueuse de tous les intervenants. Élus de tous bords, prenez-en de la graine, ça nous ferait des vacances… Lire la suite de "Un jeune de quinze ans est-il plus dangereux que le "Gang des Barbares" ?"

  1. Vous auriez deviné tout de suite que ce texte n’est pas de moi : il est court ! ()

Môktoub

Hier, j’ai rêvé à une histoire rigolote, celle d’un garçon qui commettrait parfois des bêtises(1) , qui serait très mauvais dans son domaine, puisqu’il se ferait prendre régulièrement, mais qui, inexplicablement, aurait une chance incroyable, à chaque fois…

Précisément, j’ai dû rêver -je pense que c’était un rêve, parce qu’autant de chance, ça n’existe pas, en principe- que j’assistais, hier donc, toute l’après-midi et une bonne partie de la soirée, l’un de mes clients fétiches(2) ,et qu’il s’agissait de la deuxième fois où il risquait l’emprisonnement dans le même dossier, et la sixième fois en tout dans sa pourtant relativement courte vie -et dans mon rêve, je me disais que cette fois-ci, je pourrais toujours me rouler par terre devant ses juges, ou bien me planter une orchidée dans le rectum pour les faire rire, le résultat serait le même : cette fois, il dormirait en prison… Lire la suite de "Môktoub"

  1. Lorsque c’est un pénaleux qui utilise ce terme, traduisez : "des actes criminels lourdement répréhensibles" ! ()
  2. Déjà, lorsqu’un pénaleux qualifie un client de cette façon, vous êtes en droit de penser récidive… ()