Il y a un bout de temps, j’avais totalement dérapé, en faisant tout un article sur le site de cette consœur, sur un ton, heu… Disons, en y mettant un petit peu de cet humour maladroit et timide qui fait ma réputation mondiale…
En me relisant, et dans la mesure où autant Gilbert Collard, par exemple, peut se cogner totalement du fait que je souries de lui ici, et possède en tout état de cause les épaules pour affronter l’affront, autant la consœur concernée, que je ne connais pas, peut-être pas, j’avais tout effacé, en me vilipendant de mes sarcasmes faciles et bien peu confraternels…
Seulement voilà , ce site, que j’avais depuis oublié, m’agresse à nouveau par hasard à l’occasion d’une recherche… J’y ai du coup à nouveau jeté un œil, et quand-même, quand-même, certaines mentions, ce décor, la personne même de ma consœur, le crâne, aussi1, et ces merveilleux petits dessins symboliques si explicites -et le piano, et la rubrique “presse” …
Chassez le naturel, comme on le sait il ne part jamais bien loin pour revenir comme la marée au Mont Saint Michel : je ne résiste plus, cette fois, à l’envie de vous en faire profiter – et profitez-en réellement, le site est gratuit, c’est pas comme tout si vous fouillez un peu…
En revanche, je n’en dis pas un mot de plus, cette fois, et croyez-moi je me retiens, car dignité et confraternité.
Allez, c’est ici, et force m’est de constater que ce cabinet concurrent possède des atouts, notamment esthétiques, que je n’aurai jamais, ce qui pourrait s’apparenter à de la concurrence déloyale, s’il en existait entre avocats2 … Et si, bien sûr, dignité et confraternité n’existaient pas3 .
Fasse le Dieu des Blogs4 que les commentaires soient aussi gracieux que mon absence de texte -et vous verrez que ce n’est pas un exercice facile5 .
Et vous, Chere Consœur, si vous tombez un jour sur ce minuscule sourire d’été, pardonnez m’en : il est si joli, ce site…
- D’où le titre, attention, n’allez pas croire un instant à un sms : il faut entendre le mot “crâne” au sens de “téméraire”, non je dis ça pour les ados, toujours un peu perdus ici… [↩]
- Pourquoi souriez-vous ? Je vous assure, notamment entre pénalistes, absolument aucune ! [↩]
- “Consororité” en l’occurrence ici, que les féministes à la vue de cette horreur de mot cessent de vouloir en mettre partout, du féminisme ! [↩]
- Non, pas Eolas, l’Autre [↩]
- Blague dans le coin, j’avertis tendrement mais fermement, pour une fois, que je dégagerai immédiatement toute éventuelle remarque blessante -d’autant que oui, je suis d’accord avec vous : il n’y a aucune raison d’en faire… [↩]
Bref je préfére ne pas commenter plus avant même si bien des choses seraient à dire !
Par contre, je veux bien des photos de votre cabinet pour comparer ....
laissez moi juste imaginer que c'est un bel éphèbe drapé dans du velours rouge qui sert le café et qui fera les photocopies.....
- réactivité
- disponibilité
- proximité
- confidentialité"
J'en veux, parce que je le vaux bien .... de quoi frémir, un peu (ahhh ce piano !!)
Vais aller demain visiter ce seizième, pour voir
autrement plus plaisant, le site de votre collègue, que celui de notre me COLLARD municipal
chante t elle aussi ?
et puis le square LA FONTAINE , ça classe et c'est la classe
... m'enfin, oui, la Maîtresse (je féminise le titre de l'avocat! soyons modernes) a eu un grand souci de son intérieur. Tout à son honneur...
Quand j'étais encore chez mes parent, à étudier, ma mère m'a toujours dit de m'occuper de mon travail plutôt que de mon bureau... mais bon, ni moi ni elle ne sommes une avocate blonde au regard de braise.
Ceci dit, j'ai entendu dire que dans secret story il y avait également une avocate?
Je me demande à quoi sert le Conseil de l'Ordre...
Non, vraiment... non. Si je l'ouvre, Mô va me bannir.
Mais, crénomdidjou! ça me démange.
Quelle fragilité, quelle faille, se cachent derrière tant de dureté ?
"non je dis ça pour les ados, toujours un peu perdus ici"
Effectivement, un ado qui se retrouverait sur ce site, il doit être perdu. Qu'il aille donc sur http://perdu.com/ , il y trouvera de l'aide.
"»Consororité » en l’occurrence ici, que les féministes à la vue de cette horreur de mot cessent de vouloir en mettre partout, du féminisme !"
Tiens, au fait, "sororité" peut être le pendant de "fraternité", mais pour "confrérie", j'ai plus de mal.
Je tente de comprendre ce qui est mis en jeu dans cette démarche qui est au demeurant insolite.
Il y a des mécanismes en textes et en images qui font référence à un univers non avocatesque que je rangerais plutôt dans le registre de la séduction et de la mythologie . On est dans le système de la vente du service et comme support principal des mythes autour des arguments visuels présentés ,associés à des mots glissés avec l’espérance qu’ils soient évocateurs ,qu’ils fassent tilt et créent le besoin d’aller chez cet avocate ,autant que puisse faire l’effet d’une pub de coca-cola et qui donne envie d’en boire une.
Faire de l'action d'un avocat un service de consommation c'est osé en soi.
C’est un système de présentation ,généralement confié à des professionnels qui ne sont pas issus de la profession mise en exergue .
C’est fou ce que ça donne envie de déraper et ce que ça éveille comme sens . Tout est lustré astiqué du parquet aux meubles .
Je m’arrête à la première photo .Celle où on voit l’avocate derrière son bureau .Dans un mélange de rouge et de noir ,couleurs qui font référence à Stendhal . Un romancier fasciné par le fait divers. Il inventa le personnage de Julien Sorel dans le Rouge et le Noir en s’inspirant de l’autre personnage mais réel Antonin Berthet . Ce précepteur chez les Michoud qui tomba amoureux de Madame Michoud et qu’ensuite il lui tira dessus en retournant l’arme contre lui .Son crime fût un échec . Il a été guillotiné . Histoires de crimes et passions . On dira que justement elle voulait faire exprimer à travers le choix de ses couleurs l'esprit de la gazette des tribunaux.
On n’est pas au XVIII ème siècle et on n’est pas chez les Michoud. !
Mais on voit de jolies choses sur la photo qui donnent envie de les découvrir .
Le rebord de la veste noire tel un écrin laisse entrevoir un sein prometteur .
Au titre de client , que je voudrais bêtement être ,j’ose espérer qu’il soit la mamelle de mon espoir. Espoir que ma cause trouve preneur qu’elle soit bien servie et bien défendue .
Un décor désarmant qui fait plier les principes les plus rigides. Les commentaires de présentation le confirment .Il est dit que ma cause sera bien reçue , étudiée avec méticulosité Je n’en doute pas une seconde . Il faudrait que je sois un animal à sang froid pour ne pas y croire .D’ailleurs j’inventerai une cause s’il le fallait pour être digne devant l’exposition attestée par la photo.
Un style de décor conforme aux promesses commerciales mêlant la vente directe sur rue au moyen d’une vitrine et la vente par correspondance sur catalogue.
Un choix singulièrement difficile à trouver pour une avocate qui a droit en toute légitimité de se constituer une clientèle dans un univers ou le numérique est un phénomène récent . Toutefois , la cause reste intimement liée au moyens pour y parvenir . Assigner le code Dalloz à un objet de décoration n’est pas du goût de tout le monde . Ce n’est qu’un recueil de règles de droit mais il ne perd aucune de ses qualités de symbole partout où il se trouve .
Pendant ce temps ,le merveilleux dragon ne drague pas .Il est figée scellé à jamais dans sa position de serpent entortillé au dessus d’une cheminée .Au repos le combattant .Il ne bougera pas. Il est emprisonné pour toujours ,devant son propre miroir accroché au mur ,tel narcisse devant sa flaque d’eau. .Accroché en ventouse au dessus d’une cheminée fermée et condamnée . Le père Noël ne la pénètrera pas .Donc pas de cadeau .
La tête de mort est bien vivante .Elle se déplace sur le bureau d’une photo à l’autre .Elle fixe droit dans les yeux l’invité imaginaire .Elle s’interpose avec sa radicalité entre les vivants .Pas tout à fait puisque le client est encore un fantôme invisible. Il n’est pas encore là . La Maîtresse de maison est là , prête .C’est un bronze patiné .Elle n’est pas une pièce à conviction puante .La mort est mise en scène .Elle apparaît comme un jeu . Comme un objet fascinant ou un épouvantail de sorcellerie. J’imagine la panique engendrée ,si on lui échangeait la fausse tête contre une vraie tête de mort, toute récente avec de la chair encore toute collée au crâne.
Cette présentation ,sans oublier le revolver sur une autre photo ,est-ce une manière de conjurer le malheur ?
D’autres bibelots et gadgets exposés sur le site simulent l’or : Tel que la caméra , l’appareil photo ou les autres pantins dorés à outrance . Dans quel but ? D’accord pour le prisonnier derrière les barreaux qui pourrait valoir son pesant d’or . Encore il faut le dégoter ce client même si on a un cabinet dans le XVIème arrondissement de Paris.
Tous ces gadgets apparaissent comme des trophées reçus après une nuit des césars agitée . Ils sont factices . On est dans l’univers de l’illusion qui est loin de celui de la sobriété ou de la pudeur .
Rien de nouveau dans le style .Il est conforme aux traditions petites bourgeoises dans le cumul des gadgets et du clinquant . C’est d’un conformisme ennuyeux ..
Mon article d'origine reprenait à peu près les mêmes détails, j'insistais un peu plus encore sur les petits personnages et objets dorés, si... Hum, signifiants... Mais je dois à la vérité de dire que c'était moins bien écrit, et bien moins commenté.
Salah, ce sont les vacances, on peut se permettre quelques phrases élaborées : comme Jessai mais dans un style qui n'appartient qu'à vous, décidément, vous me trouez le cul !
Ceci étant, ça ne me dit pas si je m'achète un crâne (argenté en ce qui me concerne, j'ai horreur de la couleur "or") ou pas... (Un sein, je peux aussi, mais ça ne me servirait à rien je pense)
Hum, le résultat serait probablement curieux, quand même ...
Merci à vous, donc, Salah, et à tous ceux qui expliquent les articles en lien et les vidéos que (snif) je ne peux pas non plus regarder.
Par contre, tant que je suis à intervenir, cher Maître, me permettrez-vous de remarquer que j'aurai bientôt parcouru l'intégralité de ce blog alors que l'article d'ouverture est resté le même ?
ça s'appelle annoncer la couleur.
Mais d'avocat, c'est effectivement une excellente idée.
plutôt de clients trop candides car cela s'appelle de la "retape" et l'adresse du cacabinet ne trompe pas : 16ème siouplait.
la dame affiche, pas la peine de se pointer avec l'aide juridictionnelle ! non service sur mesure et + si affinité, voire à la demande du client !
PS : Mô, vous aviez bien dit que vous m'assisteriez en cas de poursuites disciplinaires ? Ca tient toujours ?
Merci Jessai!!!