« Qu’est-ce que je fais ? »

Je sors d'un difficile cas de conscience, une fois de plus. Un de ceux qui font qu'on adore ou qu'on déteste être avocat, et qu'on se demandera très longtemps, en tout cas, si on a bien ou mal fait, ce jour-là , et même, parfois, si on a servi, ou au contraire trahi, les intérêts de son client...

Un petit rappel préalable de procédure s'impose, de façon que vous compreniez bien quelles étaient mes interrogations, quels en étaient les enjeux, et je vais y procéder en français, et non pas en "juriste", de sorte que ce soit compréhensible même par les nombreux enfants qui me lisent -pour les adultes, c'est ici et là , notamment.

Lorsqu'une plainte dénonçant des crimes imputés à  un homme est déposée, et que l'homme a été subséquemment placé en garde à  vue pour être interrogé, le parquet, que les enquêteurs informent, a trois choix, à  l'issue de la garde à  vue : le faire libérer et ne pas donner suite, le faire libérer et faire ouvrir une instruction, et l'homme sera convoqué plus tard pour être mis en examen; ou le faire immédiatement présenter au juge d'instruction pour mise en examen tout aussi immédiate1, ce qui est très souvent le cas, vue la gravité des faits supposés -c'est ce qui va nous occuper dans un instant... Lire la suite

  1. en matière de crime, l'instruction est, pour l'instant encore, obligatoire, heureusement. []

Pour le plaisir des yeux

Salah, commentateur émérite et adoré de ce blog, dont l'intelligence fait parfois défaut, mais c'est qu'il n'a pas encore commenté, m'adresse le texte qui suit, sorte d'OVNI flamboyant, dans un monde qui l'est moins.
Ça parle d'actrice, et quelle, ça parle de pognon, et ça parle d'affaires en cours : Salah aurait dû être avocat1 . Plaisir des yeux, donc -et si l'acheteur est parmi nous qu'il se dénonce maintenant, ou se taise à  jamais... Lire la suite

  1. Je soupçonne juste que c'eut été trop simple, pour lui... []

Môs croisés

Presque rien, pour vous distraire ce weekend, juste une petite récréation intellectuelle que je me suis accordée en glandant comme un malheureux, attendant mon tour à  l'audience pendant qu'un confrère long et chiant comme la pluie, manifestement fiscaliste (ou autre spécialité éminemment respectable)  plaidait, avec la passion qu'une vache met probablement à  brouter, un long, très très long dossier, auquel personne ne comprenait rien je pense, notamment pas le Tribunal, qui a mon avis faisait lui aussi autre chose de son côté : j'ai commis une grille de mots croisés - je n'ai pas fait des mots croisés, j'en ai inventé une, veux-je dire.
Et puis, juste après, c'est ce qui vaut à  cette brève inutile de n'être pas simplement un "Petit Mô" sur le côté du blog, mais bien en place d'honneur sur l'accueil, pleine page, afin que nul n'en ignore, une hallucinante petite vidéo, magique...
Lire la suite

168 heures chrono

En y réfléchissant bien, mon seul point commun avec Paco Rabanne et Sheila, c'est que j'aime bien raconter mes vies antérieures. Mais comme tout le monde ne peut pas avoir été tueur de pharaon ou courtisane, c'est le plus souvent de mon ancienne vie de substitut que je me retrouve à  parler.1

Et comme mon nouvel hôte m'a donné des devoirs à  faire2, je vais essayer, pour cette première fois, de vous donner une idée de ce que peut être une semaine de permanence au Parquet, dans un Tribunal plutôt moyen, pourvu d’un Parquet comptant cinq à  six magistrats. La permanence telle que je l’ai connue, en somme, qui se représente à  peu près chaque mois, pour une durée d’une semaine donc, jour, nuit et week-end compris, évidemment. Contrairement à  ce qui se pratique dans les Parquets plus importants, une telle permanence revêt souvent un caractère artisanal, puisqu’elle implique, notamment, d’assurer seul le suivi des enquêtes en cours dans tout le ressort du Tribunal, aussi bien décisionnellement que matériellement (c'est à  dire sans l'assistance d'un secrétariat de permanence, tenu par un ou plusieurs greffiers là  où un tel service existe). Elle suppose bien entendu une joignabilité maximale, qui vous fait notamment connaître la joie de répondre à  l’appel d’un enquêteur depuis votre douche ou une cabine d’essayage. Lire la suite

  1. Vous me direz que je pourrais aussi ne pas parler du tout, ou alors pas de moi, mais ce serait finalement mal me connaître []
  2. et même, en l'occurrence, à  refaire, misère []

« Au plus que t’es moins grand…

... Au moins que t'es plus petit"1 .

Je pensais à  cette citation remplie de sagesse au vu de deux faits dramatiques, qui ne peuvent que me renvoyer à  ma proverbiale humilité :  d'une part, on m'a proposé de publier en avant-première le classement des blogs juridiques de Wikio pour ce joli mois frissonnant de décembre, et j'ai accepté, comme une andouille infatuée d'elle-même, avant de me dire que si on me le demandait, c'était certainement pour me consoler -et effectivement, chute il y a, vous verrez ça plus bas, justement...

Et d'autre part, j'ai eu la mauvaise idée de vouloir me consoler en consultant les dernières requêtes Google par lesquelles mes milliers de lectrices et mes dix lecteurs viennent de temps en temps me font l'honneur de venir me lire. Et ce n'était pas une bonne idée non plus... Lire la suite

  1. Je crois, mais n'en suis pas certain, que cette phrase magnifique est d'Achille Zavatta. []