« Qu’est-ce que je fais ? »
Je sors d'un difficile cas de conscience, une fois de plus. Un de ceux qui font qu'on adore ou qu'on déteste être avocat, et qu'on se demandera très longtemps, en tout cas, si on a bien ou mal fait, ce jour-là , et même, parfois, si on a servi, ou au contraire trahi, les intérêts de son client...
Un petit rappel préalable de procédure s'impose, de façon que vous compreniez bien quelles étaient mes interrogations, quels en étaient les enjeux, et je vais y procéder en français, et non pas en "juriste", de sorte que ce soit compréhensible même par les nombreux enfants qui me lisent -pour les adultes, c'est ici et là , notamment.
Lorsqu'une plainte dénonçant des crimes imputés à un homme est déposée, et que l'homme a été subséquemment placé en garde à vue pour être interrogé, le parquet, que les enquêteurs informent, a trois choix, à l'issue de la garde à vue : le faire libérer et ne pas donner suite, le faire libérer et faire ouvrir une instruction, et l'homme sera convoqué plus tard pour être mis en examen; ou le faire immédiatement présenter au juge d'instruction pour mise en examen tout aussi immédiate1, ce qui est très souvent le cas, vue la gravité des faits supposés -c'est ce qui va nous occuper dans un instant... Lire la suite
- en matière de crime, l'instruction est, pour l'instant encore, obligatoire, heureusement. [↩]