Pourquoi faire compliqué..?

Vu l’autre jour à  la Cour le prononcé des délibérés, en début d’audience, et notamment ceux des personnes détenues, amenées là  une par une par leurs escortes de gendarmes et de policiers…

Arrive Samir, menotté dans le dos, tenu en laisse (c’est le vrai terme…) par son escorte, l’un des deux gendarmes le « posant » devant la barre, et entreprenant de lui ôter ses menottes, comme il se doit.

La Présidente avait cependant commencé à  lire sa rafale de délibérés du jour, et le concernant en arrivait, déjà , à  la peine, tandis que Samir se contorsionnait en essayant de l’écouter, tordu qu’il était par le gendarme porte-clé qui ne parvenait pas à  lui enlever ses poucettes, et manifestement lui faisait un peu mal, le tout sur fond de brouhaha général…

Elle lève un oeil de la feuille qu’elle lit, s’agace de la scène, et s’écrie, à  l’attention du besogneux gendarme : « Mais enfin, Monsieur, laissez tomber, ce n’est pas la peine, c’est fini ! », et baisse à  nouveau les yeux vers sa feuille pour finir d’indiquer à  Samir que  » … en revanche, sur la peine, la Cour a estimé devoir réformer le jugement déféré, et en conséquence vous condamne non plus à  2 ans d’emprisonnement dont six mois assortis de sursis, mais à  deux ans fermes. »

« Voilà , vous voyez, c’est fini, vous pouvez l’emmener », dit-elle au gendarme, qui de fait obtempère, et repart avec son collègue et Samir, lequel est encore en train de râler parce qu’on lui a fait mal en essayant de lui enlever ses entraves, et n’a pas entendu un mot du délibéré.

Lequel, on s’en doute, a été parfaitement intégré et compris…

Je ne suis même pas certain que son avocat l’ait rejoint ensuite, il discutait lui-même avec une consoeur, il est vrai très jolie…

C’est beau, le droit d’appel.

Un Commentaire

  1. Mussipont
    De forts doctes juges nous ont récemment expliqué chez Eolas tout l'intérêt pédagogique de l'audience pour le prévenu, on en a ici un exemple éclatant!

Fin des commentaires


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