Lecture d’été

Ce billet devrait constituer ma dernière apparition en ces lieux. Comment faire autrement ? Il faudrait aussi que j’en profite pour annoncer à  mon mari notre divorce imminent, à  Maître Mô (avant de mettre fin à  toute relation autre que strictement professionnelle que nous pourrions entretenir) qu’il devrait lui aussi se préparer au sien, aux cinq ou six amis proches qui ont eu le mauvais goût de choisir d’être avocats ou policiers que je ne peux désormais plus me commettre avec eux, et à  ma demi-douzaine d’amis parquetiers qu’ils sont désormais infréquentables. Je devrais également m’organiser pour changer au plus tôt…

Double Je (II)

L’audience n’est ouverte que depuis une poignée de minutes, et je jurerais que les choses sont déjà  mal engagées pour Victor. Il « passe » mal, très mal. Le problème avec lui, c’est que quoi qu’il dise, il paraît mentir. Le président vient de lui demander de confirmer son état-civil, et aussi étrange que cela puisse paraître, Victor, le regard fuyant, qui se tortille dans le box en se rongeant les ongles, a l’air de mentir jusque sur sa date de naissance. Le tirage au sort des jurés commence. Laura me laisse exercer le droit de récusation ; la constitution du jury…

Double Je (I)

Trois jours prévus au coeur de cette session d’Assises. Une durée correcte au vu des faits (vol avec violences ayant entraîné la mort de la victime sans intention de la donner, réclusion criminelle à  perpétuité encourue) et de l’acquittement plaidé par l’un des accusés. J’ai de la chance : mon Parquet Général considère que les « beaux » dossiers ne sont pas forcément son apanage, et ne nous envoie donc pas exclusivement aux Assises sur les affaires de viol. Cela fait déjà  plusieurs mois que le substitut général chargé de l’audiencement m’a demandé si je souhaitais soutenir l’accusation dans le procès Cécilia…

Une administration qui ne vous veut pas de bien

J’ai une minuscule information à  transmettre aux lecteurs éleveurs d’enfants en bas âge qui, comme mon conjoint, par exemple, auraient l’ambition de ne pas se séparer d’eux pendant leurs voyages internationaux. Rien qui justifie spécialement de truster la page de garde de ce magnifique blog dont je ne suis qu’un widget parmi d’autres, sans compter que je m’étais plus ou moins engagée à  ne pas publier après l’article précédent, mais voilà , Maître Mô, souffrant d’une légère et temporaire panne, a décidé de ne plus me lâcher la jambe avant de m’extorquer une brève, usant à  cette fin de l’ensemble des…

« La folie qui m’accompagne … »*

*(« Champagne », de Jacques Higelin – chouette chanson, et en plein accord avec l’un des thèmes dominants de ce blog, en plus.) « Bonjour Madame, je cherche le bureau du juge des tutelles, c’est ici ? – Non, c’est au fond du couloir sur votre droite, sa salle d’attente est juste avant. – D’accord, merci. Euh, je peux vous demander un service ? Il ne faudrait dire à  personne que je suis venu ici. Vous comprenez, je suis agent secret pour le gouvernement, et je pourrais avoir des ennuis si ça se savait … » Oh, rien d’anormal. Journée ordinaire au Tribunal d’instance…

Mô rapport !

Au cours d’une discussion récente avec certain avocat1, la conversation en est venue, je ne sais comment2, à  porter sur les rapports écrits rédigés par les parquetiers « de base » à  l’intention de leur chef « régional », le Procureur général. Comme l’ensemble des qualités énoncées en note de bas de page n°1 n’exclut pas une certaine naïveté, mon interlocuteur m’a alors demandé si ça existait toujours, ces rapports écrits, question à  laquelle je n’ai pu que répondre par l’affirmative. Après tout, un ministre de la Justice qui prend la peine de vouloir rappeler lourdement solennellement, en le gravant dans le code de…

Bon anniverchaire, Mô !

En me baladant il y a quelques jours dans les plus anciennes archives de ce blog, je me suis aperçue fortuitement que « Ce blog n’a que deux ans, mais des lecteurs en masse Déjà  Mô perce sous Bilger et Eolas … » Je me suis également rapidement rendu compte que faire des vers n’était manifestement pas la bonne façon de célébrer l’événement, rassurez-vous. Nous fêtons en effet aujourd’hui les deux ans du blog de Maître Mô, probablement à  l’insu du principal intéressé, dans la mesure où le cerveau masculin est ce qu’il est en la matière, et où j’ai plus ou moins arbitrairement fixé la date…

Dernière s-CEA-nce

(Le 38e appel du pied – dont personne ici n’ignore plus qu’il l’a grand – du Maître, qui a tendance à  diriger lesdits appels virtuels vers mon arrière-train, me pousse à  publier un texte ni émouvant, ni spécialement drôle, probablement aride et pourvu d’un titre moyen, qui n’aura pour mérite que de donner une idée à  ses lecteurs de ce à  quoi ils peuvent s’attendre s’ils se retrouvent poursuivis dans le cadre que je décris, ce qui peut arriver à  tout le monde ou presque1 . Il faudra néanmoins que j’apprenne un jour à  résister aux pressions des avocats, quand même.…

Petit moment de détente du week-end …

… qui vous est offert, une fois n’est pas coutume, par le ministère de l’Intérieur1 . Quelques erreurs forcément volontaires se sont glissées dans ce communiqué, ou ce compte-rendu, comme on voudra, publié sur le site dudit ministère, et découvert via Eolas2 . Saurez-vous les retrouver ? Indice : la plupart me paraissent concentrées dans les quelques lignes que, par souci de meilleure accessibilité, je reproduis ci-dessous. Et aurait dû être mis en ligne dès hier, si je ne m’étais pas fait griller par mon hôte, alors que j’avais terminé mon post avant lui – en même temps, il est chez lui,…

« Sport. Never. »

(très joli titre qui n’est évidemment pas de moi, mais emprunté à  Winston Churchill, un type qui avait tout compris à  la vie et à  qui celle-ci l’a bien rendu, puisque malgré ses dix cigares quotidiens et cette absence totale et revendiquée d’exercice physique, secret selon lui de sa longévité, il a vécu 91 ans) Note préliminaire : je pense pouvoir assurer à  tous que personne n’apprendra quoi que ce soit de juridico-judiciaire dans ce billet, qui ne contient pas un gramme de droit et se veut purement anecdotique. En vérité, j’étais supposée finir de le rédiger pour jeudi midi,…