Un papa, une maman, trois garçons, quatre placements

Des clichés qui circulent sur les fonctions de juge des enfants, il y en a plein, y compris parmi les magistrats d'ailleurs : annoncez à un collègue que vous devenez JE, et vous avez, oh, une chance sur trois, je dirais, de le voir répliquer "Ah ? Tu vas faire du social, maintenant ?" - sauf, bien sûr, s'il est lui-même ou a été JE1 . Idem pour les amis avocats, qui m'ont parfois demandé si ce n'était pas ennuyeux de ne plus vraiment faire de droit et de passer ses journées à entendre les gens se lamenter.

Le cliché "public" récurrent revient à faire du JE le juge des "cas soc'"2 , des parents alcooliques, miséreux, défaillants, cabossés, eux-mêmes anciens enfants placés, parents d'une fratrie de douze, vivant de prestations sociales diverses, entourés d'une nuée de services sociaux qui prennent de leurs gamins le soin qu'ils sont incapables de leur prodiguer. Bien sûr, il y en a, et d'autant plus que ce type de famille saute plus facilement que d'autres aux yeux des services signalants. Mais ce serait une erreur de croire qu'ils sont nos seuls justiciables : il suffit de quelques mois d'exercice pour voir également passer de nombreux (très nombreux) parents victimes de maladies invalidantes mentales ou physiques, des parents pleins de bonne volonté mais dépassés, des parents issus des classes moyenne ou supérieure, tous parents d'enfants en danger sur un plan ou un autre.

J'essaye bien sûr de prendre la décision la mieux adaptée aux problèmes de chacun, en fonction des problèmes relevés. Autre cliché qui a la vie dure : le JE est le vilain juge qui retire3 d'innocents enfants à leur famille qui ne va pas si mal pour les précipiter dans des cloaques dont ils ressortiront battus, délinquants ou enceintes. Il est pourtant évident qu'on n'en arrive à une décision de placement que lorsque le maintien de l'enfant auprès de ses parents l'expose par trop au danger, et que l'on privilégie lorsque c'est possible un placement auprès d'un proche à un placement ASE4 . Et même lorsqu'on en arrive à cette extrémité,  le placement est souvent vécu de façon relativement positive par la famille concernée, ce qui me paraissait au début improbable - comme quoi, je n'ai pas moi-même échappé aux clichés sur mes fonctions. Il revient évidemment au JE de veiller à ce qu'un placement ne s'exerce pas un jour de plus qu'il n'est nécessaire, d'y mettre fin dès lors que les difficultés deviennent "travaillables" au domicile parental, et d'expliquer tout cela aux familles. Je crois pouvoir dénombrer à ce jour "mes" cas de placements difficiles ou incompris sur les doigts d'une seule main. J'ai par ailleurs pu constater que certaines familles se montrent "suradaptées" aux mesures de placement, résignées à voir placer chaque enfant qui leur naît, si carencées que l'exercice, même minimal, de leur parentalité paraît quasiment insurmontable5 .

Et puis il y a la famille F., qui échappe largement au profil de la plupart des familles en difficulté, dont je m'échine depuis que je suis leurs enfants à comprendre le fonctionnement sans y parvenir le moins du monde.

Monsieur F. est un bel homme de 69 ans, courtois et charmant, né en Hongrie et immigré durant son adolescence. Menuisier-charpentier de son état, il a fondé une petite entreprise qui marche plutôt bien, dont il a l'intention de se retirer peu à peu au profit de son associé. Madame F. est une mère au foyer de 38 ans, élégante et polie, qui a choisi de se consacrer à l'éducation de leurs trois garçons mais a bien l'intention de se remettre à travailler lorsqu'ils seront assez grands, me dit-elle lors de notre première entrevue.

Gabor, Istvan et Daniel, respectivement âgés de 15, 10 et 9 ans, sont des garçons bien éduqués, agréables et bons élèves - hors du domicile parental, bien sûr. Tout mignons, tout propres sur eux.

Une famille qui présente aussi bien que la vôtre ou la mienne, en somme.

La première fois que je les ai rencontrés, Gabor était placé depuis quelques mois à l'ASE en raison de la révélation par Daniel de faits d'agressions sexuelles qu'aurait commis son frère aîné à son encontre. L'enquête pénale était encore en cours, Monsieur F. se disait tellement horrifié par les actes commis par Gabor qu'il ne pouvait même pas envisager de le regarder ni de lui rendre visite, y compris en présence d'un éducateur. Le simple fait de se croiser dans ma salle d'attente avait manifestement été difficile. Madame F. acceptait pour sa part de rencontrer son fils une fois par mois, mais précisait qu'il allait lui falloir du temps pour lui pardonner d'avoir "brisé la famille". Les deux parents projetaient de se séparer, étaient déjà séparés dans les faits, d'ailleurs (Madame ayant déjà loué un petit appartement dans lequel elle emménageait progressivement, à quelques kilomètres de la maison familiale), mais peinaient à l'annoncer aux enfants. Gabor protestait de son innocence et exprimait une grande animosité à l'égard de Daniel, qui "mentait pour faire son intéressant, comme d'habitude". Istvan et Daniel étaient suivis, sur le plan éducatif, dans le cadre d'une mesure d'AEMO6 , l'intervenant qui l'exerçait les trouvant relativement éteints et tristes. J'ai reconduit les deux mesures, avec l'adhésion de l'ensemble de la famille, à l'exception de Gabor, qui estimait que Daniel aurait dû être placé plutôt que lui.

L'enquête pénale allait aboutir sous peu à un classement sans suite, Daniel rétractant finalement ses accusations initiales en indiquant simplement "avoir voulu embêter Gabor qui le tapait parfois et lui criait beaucoup dessus". J'ai reçu la famille en début d'été 2012, annoncé que le travail de retour de Gabor au domicile allait s'amorcer sans qu'il puisse être immédiatement mis fin au placement, les relations entre Monsieur F. et son fils aîné, ainsi que celles entre Gabor et Daniel devant impérativement être restaurées après une absence totale de contact plusieurs mois durant. Gabor bénéficiait d'un suivi psychologique destiné à lui permettre de digérer les événements et de reprendre sa place au sein de sa famille, après en avoir été temporairement exclu. Le psychologue notait que l'adolescent investissait bien ce suivi et faisait preuve de grandes capacités de réflexion autour de sa situation et de l'avenir de la cellule familiale, se montrant disposé à pardonner à Daniel. Sur le plan du comportement général, aucune difficulté particulière n'était relevée par sa famille d'accueil. Monsieur et Madame F. annonçaient enfin la reprise de leur vie conjugale avec, à mes yeux, un enthousiasme modéré de Monsieur, le tout "pour le bien des enfants". Ils me précisaient toutefois que par précaution, Madame conserverait quelques mois encore un logement indépendant, le temps de s'assurer de la solidité de leur nouvelle union. Les trois garçons, eux, approuvaient sans réserve la réconciliation de leurs parents, se disant impatients que tous les problèmes prennent fin.

Courant août 2012, j'ai reçu un courrier des époux F., sollicitant une audience dans les meilleurs délais afin de pouvoir reprendre Gabor à leur domicile. Dans le même temps, un rapport de l'ASE m'expliquait qu'un tel retour apparaissait souhaitable, Gabor ayant rétabli des relations correctes avec ses parents et ses frères et se montrant impatient de rentrer chez lui. L'ASE soulignait qu'un retour au domicile parental rapprocherait Gabor de son nouvel établissement scolaire et permettrait ainsi une meilleure organisation de ses journées. J'ai donc convoqué Gabor et ses parents, mis fin au placement et étendu à son profit la mesure d'AEMO, le tout à la satisfaction générale. Gabor a tenu à préciser qu'il souhaitait continuer de voir son psychologue, les entretiens lui ayant fait le plus grand bien, ce que ses parents ont confirmé. Monsieur et Madame F., très émus, ont déclaré à leur fils qu'ils allaient ensemble rattraper tous ces mois perdus.  A la sortie de l'audience, Madame F. m'a néanmoins glissé entre deux portes qu'elle s'inquiétait désormais pour l'évolution d'Istvan et Daniel, qui se montraient de plus en plus "durs" à son égard, et dont elle craignait qu'ils ne mettent en péril l'équilibre que la famille s'apprêtait à retrouver.

Courant septembre, j'ai reçu un rapport alarmant de mon service d'AEMO : la situation familiale s'était complètement dégradée, en quelques semaines seulement. Excédée par le manque de respect permanent d'Istvan et Daniel à son égard, Madame F. s'était de nouveau installée à plein temps dans son appartement, dans lequel elle ne tolérait qu'un enfant à la fois, tout temps d'accueil commun mettant gravement à mal son autorité. Monsieur F. apparaissait las et démobilisé, attendant que son épouse décide du devenir de leur couple et s'occupant des garçons selon le calendrier qu'elle déterminait. Tout en demeurant des élèves aux résultats satisfaisants, les deux plus jeunes commençaient à manifester des troubles du comportement prononcés en classe (insolence, insultes, actes de violence) allant jusqu'à l'énurésie diurne et nocturne pour Istvan. Reçus seuls par leur éducateur, Istvan et Daniel révélaient que leur mère les menaçait, à la moindre incartade, de demander leur placement et qu'après une période d'angoisse, ils en étaient venus à désirer une telle issue et désobéissaient d'autant plus, "pour que tout ça s'arrête".

J'ai rapidement convoqué Istvan, Daniel et leurs parents, reçu chaque enfant séparément puis Monsieur et Madame F.. Les enfants m'ont déclaré que rien n'allait plus depuis le retour de Gabor : leur mère ne s'occupait plus que de lui, les menaçait chaque jour de les faire placer, passait leur temps à leur hurler dessus, à les accuser d'avoir tout fait pour briser son couple et à leur dire qu'elle vivrait bien mieux avec Gabor et son mari, sans eux. Istvan et Daniel m'ont expliqué, toujours séparément, qu'après en avoir discuté entre eux, ils étaient tombés d'accord pour estimer qu'ils seraient mieux en famille d'accueil, où ils n'auraient plus à être spectateurs des ruptures et reprises de vie conjugale de leurs parents (événements quasi-hebdomadaires, selon eux) et où ils pourraient se concentrer sur leur travail. Daniel a conclu : "Placez-moi, s'il vous plaît : je n'en peux plus de cette famille où tout le monde se déteste et où Gabor a le droit de me taper autant qu'il veut, puisque c'est moi qui ai amené les problèmes et fait casser mes parents. Mes parents ne savent jamais ce qu'ils veulent, un coup ils se séparent, un coup ils se remettent ensemble, un coup ils préfèrent Gabor, un coup ils ne l'aiment plus ... Moi, maintenant, je sais ce que je veux. Je veux être tranquille."

Madame F. m'a longuement expliqué que la vie familiale était devenue impossible par la faute des deux cadets, qu'ils poussaient Gabor à bout en permanence et l'envahissaient, elle, au point de l'agresser. "Vous comprenez, Madame le juge, mon mari et moi venons tout juste de reprendre une relation, nous avons besoin d'intimité ! Eh bien eux, ils ne le comprennent pas, ils ne font aucun effort. On ne peut pas continuer comme ça, à être un couple dans deux logements différents ! Et Gabor a besoin de ses parents, après en avoir été privé si longtemps ... Et puis j'ai enfin trouvé un emploi, je ne peux pas me consacrer aux bêtises des enfants comme je le faisais auparavant."

Monsieur F., lui, s'est moins étendu, reconnaissant que la vie quotidienne était infernale, que son épouse rentrait fatiguée et irritable, le soir, et ne pouvait plus faire face aux comportements insupportables d'Istvan et Daniel. Il a précisé qu'il travaillait moins lui-même, afin de mieux s'occuper de Gabor et de contenir, dans la mesure du possible, les débordements des deux plus jeunes.

J'y suis bien évidemment allée de longs discours aux termes desquels il était inconcevable que les membres de cette famille ne parviennent pas à vivre ensemble, qu'ils avaient, certes, connu des épreuves, mais qu'on ne pouvait pas en venir à considérer le placement comme une solution de facilité permettant d'assurer tranquillité parentale et conjugale, qu'il fallait surtout éviter de donner aux enfants le sentiment qu'ils étaient menacés de placement dès lors qu'ils traversaient une période de défaveur parentale et qu'au bout du compte, ils avaient décidé de faire trois enfants et devraient à terme en assumer la prise en charge intégrale. Au vu des troubles manifestés par les enfants, j'ai néanmoins décidé du placement d'Istvan et Daniel pour quelques mois, afin de leur permettre de s'apaiser et de vivre dans des conditions appropriées tout en travaillant à normaliser les relations intra-familiales.

A l'annonce de ma décision, Madame F. a expliqué de façon tout à fait adaptée à ses fils que cette situation allait être temporaire et qu'ils allaient tous ensemble profiter de ces quelques mois pour oeuvrer à leur future vie commune et se retrouver de la meilleure façon possible. Son mari et elle ont sollicité à l'égard de leurs deux fils un droit de visite et d'hébergement d'un week-end par mois, non commun dans un premier temps.

Comment savez-vous que j'ai reçu, fin octobre, un courrier de Madame F. et un rapport du service d'AEMO ?...

Le courrier, assez laconique, m'indiquait que Gabor était devenu ingérable et qu'il fallait rapidement faire quelque chose avant que la situation ne dégénère complètement. Le rapport était plus précis : Gabor ne se rendait plus au collège depuis le début du mois, et était entré en conflit permanent avec ses parents, au point que ceux-ci l'avaient installé, seul, dans le logement de Madame F. où ils se contentaient de lui apporter les provisions nécessaires et de récupérer son linge sale, vivant eux-mêmes ensemble dans la maison familiale. Ils n'amenaient plus leur fils consulter son psychologue, ni ne cherchaient à le forcer à se rendre en cours. L'adolescent menait une vie quasi-végétative, ne sortant jamais de l'appartement. Monsieur F. semblait traverser un épisode dépressif. Madame F. apparaissait au contraire exaltée d'avoir repris une vie professionnelle, et ne parvenait manifestement pas à s'intéresser à autre chose.

Nouvelle convocation, nouvelle audience, nouvelle tentative de ma part de ramener à la raison Monsieur F., qui a manifestement baissé les bras en ce qui concerne ses enfants, et Madame F., qui évoque vaguement les visites d'Istvan et Daniel ("oui, oui, ça se passe bien, mais si on se voyait plus, ça n'irait pas encore"), accable longuement Gabor de tous les vices ("menteur, feignant, agressif, il ne nous aime pas, je vous assure !") et conclut qu'elle ne supporte plus l'idée de vivre avec lui. Elle m'expose en revanche en détail, survoltée, son nouveau projet professionnel, qui l'emmènera sous peu vivre avec son époux à plusieurs centaines de kilomètres d'ici et lui remettra réellement le pied à l'étrier en termes de vie sociale. Lorsque je lui demande la place qu'elle octroie à ses enfants dans ses projets, elle s'interrompt, surprise, me regarde fixement quelques secondes puis déclare "Istvan et Daniel, on fera en sorte de les récupérer, enfin pas tout de suite, mais ils nous rejoindront, bien sûr. Gabor, aucune, c'est simple. Ce n'est plus notre enfant." Monsieur regarde le mur derrière moi, ne dit rien.

L'éducatrice évoque la façon dont Gabor a vécu au cours des dernières semaines, leur absence de mobilisation, l'égocentrisme de Madame. Peine perdue, ils se contentent de répondre qu'elle ne peut pas comprendre puisqu'elle ne vit pas avec eux, que sinon, elle verrait bien qu'ils ne peuvent rien faire et que c'est sa faute, à lui.

L'état de Gabor est effrayant : lui qui n'a jamais été spécialement bien en chair a visiblement perdu plusieurs kilos, promène un regard égaré sur les murs de mon bureau, incapable de fixer son attention sur ce que nous disons, son éducatrice et moi. Il répond par monosyllabes, il ne sait pas pourquoi il ne va plus au collège, plus envie, pas facile de se décider à y aller tout seul, pas heureux tout seul, ses parents s'occupent un peu de lui, ils font les courses ... Ils ont décidé qu'il ne vivrait plus avec eux, il ne sait pas trop pourquoi, il n'avait pas l'impression d'être si insupportable, ça leur est venu d'un coup ... Ce qu'il veut maintenant ? Sait pas. Revoir sa famille d'accueil. Revoir ses frères. Revoir le psy. Apprendre un métier. Etre indépendant. Etre tranquille.

Je fais revenir les parents dans mon bureau et leur explique longuement, durement ma façon de penser. Mon impression de n'être que la voiture-balai des saloperies qui tombent de la benne dans laquelle ils ont fourré leurs enfants. Mon impression qu'ils conçoivent le placement comme un mode de garde ou de punition courant, voire comme un mode de torture qui ne leur salit pas les mains. Mon incompréhension quant à leur incompétence parentale, à leur irrésolution et à leur inconstance permanentes, aux sentiments aléatoires qu'ils vouent à leurs trois fils, à la raison pour laquelle ils ont fait trois enfants si le but était finalement de les laisser élever par les services sociaux. Monsieur F. évite mon regard, Madame F. éclate en sanglots.

"C'est sur ce que vous avez fait à vos enfants que vous pleurez ?

- Non, c'est parce que je sens bien que vous allez nous laisser Gabor ..!"

Non, je ne leur laisse pas Gabor. J'annonce son placement, les nombreux objectifs de travail que je fixe, la nécessité qu'ils prennent enfin part de façon constructive au travail éducatif, mon sentiment que ce placement risque de durer, ne serait-ce que pour éviter à ce gamin des allers-retours permanents entre l'ASE et ses parents, au gré des humeurs de ceux-ci. Le visage de Gabor s'éclaire. Madame F. fond de nouveau en larmes. Je lui demande pourquoi. Elle me répond qu'elle a bien compris que j'allais ordonner le retour de son fils en famille d'accueil où on le mettrait dans du coton alors qu'il lui faudrait quelque chose de bien plus strict, peut-être pas la prison, mais éventuellement un centre de redressement, quelque chose de ce genre ...

Je mets fin à l'audience, souhaite bon courage à Gabor tandis que Madame F. sort en se mouchant. Monsieur F. se plante devant moi et me dit :

"Je peux vous demander quelque chose ?

- Bien sûr.

- Vous êtes d'origine hongroise ? J'ai remarqué la grande photo de Budapest affichée derrière vous, avec le Danube ..."

Avant même que je ne puisse lui demander si c'est tout ce qu'il a retenu de l'audience, Madame F. surgit et apostrophe son mari, rieuse :

"Allons, Laszlo, arrête de faire du charme à Madame le juge, tu sais bien qu'elle est très occupée ! Ah là là, celui-là, toujours le même ... Allez viens, on rentre à la maison !"

Monsieur F. la suit. Je l'entends s'adresser sèchement à Gabor, dans la salle d'attente : "Bon, on va passer à l'appartement, il faut qu'on prépare tes bagages, autant que ça ne traîne pas."

***

Gabor s'est bien adapté à sa nouvelle famille d'accueil (il n'y avait plus de place dans celle qu'il avait déjà connue). Son parcours de soins psychologiques a repris, et un plan de rescolarisation spécifique a été élaboré pour l'année scolaire en cours. Il a revu deux fois ses parents, en lieu neutre. Des rencontres entre ses frères et lui sont régulièrement organisées par l'ASE et se déroulent bien.

Istvan et Daniel évoluent également bien, de leur côté. Leurs troubles du comportement ont quasiment disparu.

Monsieur et Madame F. ont accueilli Istvan et Daniel à leur domicile, le 25 décembre, afin de fêter Noël ensemble. Ils n'ont formé aucune demande analogue concernant Gabor, qui n'a pour sa part nullement souhaité les voir pendant les fêtes.

 

  1. De son plein gré, évidemment. Certains collègues l'ont été temporairement, contraints et forcés par des raisons généralement géographiques ou parce qu'ils occupaient un poste de juge placé, et en ont gardé des souvenirs douloureux, mais n'allons pas tout compliquer. []
  2. Je déteste fondamentalement cette expression, mais elle parle à tous. []
  3. Par pur plaisir sadique, pour certains -si, si, on me l'a déjà dit. []
  4. Aide sociale à l'enfance. []
  5. J'ai ainsi en mémoire une dame qui ne sait manifestement pas bien comment on fabrique les bébés ni pourquoi ils se mettent parfois à lui sortir du corps - elle a donné naissance à dix enfants ... []
  6. Assistance éducative en milieu ouvert. []

83 réactions

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  1. 1 réactions

    Bonjour,
    Merci à tata Dogob, et à Panouf.
    Désolé si je réagis à chaud, mais où est l'empathie dans tout cela ?
    Dès le début de cette histoire, il m'a semblé que la mère ne s'occupe correctement pas de ses enfants, elle n'accomplit pas ses obligations "naturelles" ni celles morales (pas au sens juridique), elle ne fournit pas d'affection ; ses enfants gène sa vie. Sans aller jusqu'à faire passer sa propre vie après celle de ses enfants, il me semble, qu'elle aurait dû montrer de l'empathie et non de la distance. N'y a-t-il pas d'école de parentalité où les envoyer dans de tels cas. Enfin, apparemment chacun fait ce qu'il peut dans cette affaire.
    Bien, sûr il semble qu'il faille préserver la fratrie, mais a-t-on assez écouté les enfants, combien de temps et avec quelle qualité, cela ne ressort pas, c'est dommage.
    La question de l'espace vital dont dispose cette famille, et de l'implication (ou plutôt des motivations de la démission ) du père n'apparaissent pas.

    Merci à vous Marie pour ce beau texte.

    Et tous, excusez encore mes jugements à l'emporte pièce, mes jugements, mais ça me fait mal tout cela.
    PS. Ne pas éprouver d'empathie est-il un trouble pathologique? Cela se soigne-t-il ?

    1. 942 réactions

      Les mesures éducatives que je mets en place (dans le cadre de placements ou d'AEMO) sont précisément destinées à soutenir les parents dans leur fonction parentale, et à leur permettre de progresser dans la prise en charge de leurs enfants.
      En l'occurrence, plus qu'un manque d'empathie de Madame F., j'ai l'impression que ce sont les variations et les aléas dans l'intérêt qu'elle leur manifeste qui ont déséquilibré les enfants. D'une audience à l'autre, elle en aime un, puis le rejette, préfère l'autre, le rejette à son tour ... Elle est complètement imprévisible, pour eux ! (pour moi aussi, d'ailleurs)
      Ils tentent donc de s'adapter à elle, mais c'est évidemment infaisable.
      Pour répondre à votre question sur les temps d'écoute des enfants, je ne peux évoquer que mes propres audiences : sur une audience d'une heure, une heure et demie, j'entends chaque enfant seul, ou en présence d'un éducateur, et aussi longtemps qu'il le faut. Certains ne veulent pas dire grand-chose, d'autres peuvent me parler une demi-heure ...
      Je suis en revanche incapable de vous dire le temps passé par les éducateurs auprès des enfants dans le cadre de mesures d'AEMO, que je suppose au demeurant assez variable, selon les situations.

    2. 283 réactions

      L'affection, l'empathie, l'amour, qu'il soit maternel ou non semblent d'après des études récentes assez rigolottes en relation avec une hormone appelée ocytocine. A première vue, mais Judge Marie que je suis ravi de retrouver après une si longue absence vous confirmera que son administration par voie nasale, aux parents fréquentant son bureau ne fait pas encore partie de l'arsenal thérapeutico-judiciaire... Je sais mon enfant, si l'amour, l'empathie ne sont qu'un gros tas d'hormones, où sont les papillons, les fleurs et tout cela est un peu désespérant. Mais nous sommes tellement, "machines"

      1. 270 réactions

        Tiens, vous êtes toujours dans les parages, messire ? Nous serions donc "programmés", en quelque sorte ? Sans réelle responsabilité, donc ?

        1. 283 réactions

          Oula, comme vous y allez mon enfant ! Si c'était aussi simple... Sans nous laisser entraîner dans une discussion sur la responsabilité individuelle, la grâce ou le libre arbitre qui distrairont plus théologiens que nous, disons simplement que certaines molécules hormonales naturellement présentes dans nos organismes sont susceptibles d'influer sur nos comportements et nos psychées : l'ocytocine est impliquée dans le déclenchement et le maintien du comportement maternel, mais aussi dans les réactions d'empathie et le développement des relations amicales ou amoureuses.
          Une femme qui ne produirait pas assez d'ocytocine (ou de récepteurs à l'ocytocine) aurait plus de difficultés qu'une autre à développer ce comportement maternel "naturel". Mais d'autres facteurs peuvent entrent en jeu : éducation, pression sociale, propositions de dona Maria de Thémis, qui, à l'instar de celles de don Vito Corleone, ne se refusent pas... Nous sommes des mammifères certes, sous l'influence de nos hormones certes, mais descendus de nos arbres depuis quelques temps, nos hormones ne sont pas toujours les maîtresses inflexibles de nos comportements. Peut-être est-ce là, dans cet espace qui se réduit au fur et à mesure que les neurosciences progressent, que peuvent se loger les grands mots de responsabilité, de libre-arbitre, ou les petits mots d'amour...

          1. 19 réactions

            Je serai bien triste que ma Maman m'aime parce qu'elle snif une drogue pour ce faire...

            1. 1 réactions

              Vous en aimerait elle moins ?

      2. 942 réactions

        Ce qui ne m'empêche nullement de vous envoyer quelques fleurs et papillons, Monseigneur, étant également heureuse de vous retrouver ici !

  2. 3 réactions

    Une question de profane : les parents paient-ils une contribution financière à l'ASE ? Qui rémunère les familles d'accueil, les psys ?

    Sinon, j'ai vécu personnellement une situation similaire, il y a 40 ans. Mais dans la "bonne bourgeoisie", on ne plaçait pas ses enfants auprès de l'administration, on les plaçait chez les grands-parents et en internat privé. Mon père payait les pensions. Pendant 4 ans, je n'ai vu mes parents que le dimanche en période scolaire (en période de vacances, j'étais à 100% chez mes grands-parents).

    1. 942 réactions

      On peut imposer une contribution parentale aux frais de placement, mais ce qui se pratique bien plus couramment, c'est le transfert des allocations familiales au Conseil général, qui rémunère les familles d'accueil. Pour les psys, je crois que c'est variable : l'ASE dispose de ses propres psychologues, mais peut aussi recourir à des praticiens extérieurs, auquel cas une participation financière est souvent demandée aux parents qui en ont les moyens. S'ils refusent ou ne peuvent assumer une telle participation, le Conseil général la prend en charge.
      En cas de placement familial, comme celui que vous avez connu, les allocations familiales peuvent de même être transférées au membre de la famille qui accueille l'enfant, et le Conseil général lui verse en tout état de cause une indemnité pour l'aider à assurer l'entretien de l'enfant.

      1. 3 réactions

        Je ne crois pas que le transfert des allocations familiales couvre les frais de la famille d'accueil, les honoraires ou salaires des psys, des éducateurs, du personnel judiciaire...etc. C'est bien ce que je craignais, la collectivité prend en charge en grande partie les dépenses occasionnées même lorsque les parents ont les moyens et, qui plus est dans le cas que vous citez, quand ils sont en grande partie responsables de la situation.

        En ce qui me concerne, je ne parlais pas de "placement" au sens juridique du terme. A l'époque, on ne "judiciarisait" pas ces situations car les grands-parents étaient plus disponibles et les internats existaient encore. ;-)

        1. 942 réactions

          Je vous confirme que les allocations familiales n'équivalent pas au montant des frais de placement. Pour ce qui est des personnels judiciaires et éducatifs, ils sont rémunérés par les fonds publics, via les administrations dont ils relèvent, ce qui est logique.
          En revanche, en ce qui concerne les frais relatifs à des suivis médicaux, psychologiques, orthophoniques, etc, il n'est pas rare que les parents des enfants placés les conservent à leur charge.

          1. 1 réactions

            Orthophoniste en libéral, je prends en charge des enfants accueillis dans une maison d'enfants. Tous sont assurés sous leur propre numéro de sécurité sociale et bénéficient de la CMU. Leurs frais médicaux sont donc pris en charge par la Sécurité Sociale à 100%, et pas par les parents ni par le "foyer" qui les accueille. Je ne sais pas si c'est la façon de faire "locale" ou si c'est plus général.

  3. 3 réactions

    Enfin... 
    Depuis le temps que je voulais le lire, ce billet.... j'en ai vu les RT, sur Twitter, toute la semaine, alors que j'étais "en planque". Pas sérieux de se mettre à lire à quelques minutes d'une interpellation... 

    Bref, me voilà, sur un fond musical de mon idole, Jean-Jacques Goldman, à lire ce billet. 
    J'ai l'impression de la vivre, l'histoire; j'en imagine les personnages, les difficultés... 
    Ce billet retrace l'impression qui est la mienne que beaucoup de parents n'arrivent plus à assumer leurs enfants, tout en se tournant vers la facilité. Là, c'est la justice. Ce qui, dans le "commun" des mortels apparaît comme une voie ultime, qui serait imposée à la famille, est là une facilité. un "je t'aime", je t'aime plus", presque à hauteur de l'humeur du jour.... 
    C'est terrible puisque, finalement, les seuls qui payent, ce sont les enfants... les plus faibles. 
    Mais je n'en démords pas; aussi dur soit-il, vous, madame le juge, faites un beau métier. 

    1. 942 réactions

      Merci, Christophe, de votre commentaire et surtout d'avoir pris le temps de me lire : si j'ai bien lu, vos trois dernières journées ont été bien occupées ... :lol:

      1. 3 réactions

        Oui, merci pour ce billet très instructif qui ne verse ni dans la polémique, ni dans le pathos, ni dans l'amalgame.

        J'en retiens surtout une idée directrice : la "judiciarisation" de la société touche tous les domaines, y compris les domaines qui relevaient de la sphère purement affective. Est-ce l'idée que vous vouliez faire passer ? Je ne sais pas.

        1. 14 réactions

          Mmh... pour la judiciarisation, je ne peux qu'être d'accord, la société demande toujours plus à sa justice, y compris parfois de contribuer à un travail de reconstruction des victimes.
          Par contre je me demande si, avant, on n'avait pas d'autres moyens de se décharger de ses gosses à plus ou moins peu de frais, d'institutions privées en maisons de correction et départs précipités du domicile familial, et si on s'est jamais vraiment placé dans la sphère "purement affective". On est peut-être simplement passés d'un modèle à un autre...

  4. 270 réactions

    Eh beh, cet article tombe à point nommé...

    il y a quelques mois que je m'intéresse "pour de bon" au rôle du JE pour besoins personnels. Et du coup, je reste perplexe devant cet article, Marie : quand il y a désaffection, comme ça... est-ce vraiment réparable ? Quelle vue garde-t-on sur une famille à la fin d'un placement, au final ?

    1. 942 réactions

      Difficile de généraliser pour répondre. C'est réparable dans certains cas, irrémédiable dans d'autres ... J'ai vu finir cet été le placement d'une enfant assez gravement maltraitée par ses parents qui, après une période de déni, puis de rejet, se sont réinvestis dans la vie de leur fille. Les relations se sont retissées, et d'après le service qui intervient encore auprès d'eux, tout semble bien aller entre eux désormais.
      Dans la grande majorité des cas, la fin d'un placement s'accompagne d'une mesure d'AEMO pour accompagner le retour de l'enfant dans sa famille et veiller à ce que tout se passe bien.

  5. 1 réactions

    Nous sommes une famille recomposée, et quand nous avons récupéré la garde de nos deux plus grands (enfants du premier mariage de mon conjoint), nous sommes passé devant le juge pour enfant et avons bénéficié d'un suivi par l'ASE.
    J'ai ainsi appris deux choses.
    Le juge pour enfants est (ou alors nous avons eu beaucoup de chance) quelqu'un de compréhensif, qui est là pour aider la famille, et remettre les pendules à l'heure ( et ça fait du bien d'avoir une personne extérieure qui vous dise: attention, il faut essayer/ éviter ça).
    Et les éducatrices de l'ASE ne sont pas les monstres qu'on peut dire. Selon les besoins qu'ils estiment, ils viennent plus ou moins souvent, emmènent les enfants pour des activités, ce qui leur permet de mieux les écouter, et si une question se pose, si on a besoin d'un conseil, sont très souvent disponibles le temps nécessaire au téléphone. Elles savent aussi mettre l'accent sur ce qui va bien, et quand on se retrouve presque du jour au lendemain à élever 4 enfants (dont 2 abimés par la vie) au lieu de 2, et bien c'est une aide sacrément appréciable!
    Alors merci pour votre boulot!

    1. 942 réactions

      Et merci à vous, Laura ! C'est vrai que nous ne sommes pas des monstres, en fait ... :D

  6. 1 réactions

    Placé à L'ASE plus jeune, aujourd'hui âgé de 21 ans avec tout juste la possibilité de reprendre mes études, je comprends et j'applaudis les juges qui, comme vous, font preuve d'autant de compréhension et d'intelligence.
    Ce sont ces aventures qui me confient l'espoir de devenir moi-même plus tard au service du peuple et de la loi.

  7. 1 réactions

    Bonjour,

    Mon commentaire s'adresse à Maria: pouvez-vous me dire quel est votre parcours pour être devenue éducatrice de l'ASE? :D

  8. 19 réactions

    Coucou Marie. Ça fait drole de vous voir ici (plutôt que sur touitteur). :)

    Billet fort agréable à lire. Comme quoi je suis les bons magistrats aux bons endroits :)

    J'ai moi-même un ami magistrat (enfin, auditeur de justice pour être précis) qui m'a vissé un soir sur mon fauteuil afin que l'on regarde ensemble l'adaptation cinématographique d'un livre qu'il avait dévoré : We Need to talk about Kevin.

    Film qui traite, sur de nombreux angles, de la difficulté d'assumer l'éducation d'un enfant très particulier. Aussi, je ne doute pas réellement de l'impossibilité pour certaines familles, pour certains partents, d'avoir besoin d'une réelle aide en la matière. Mais... ce cas... ce cas précis, de cette dame, particulièrement.

    J'en viens à me poser cette stricte question : peut-on s'avouer vaincu(e) face à sa parentalité? Peut-on obtenir la légitimité de vouloir abandonner...? Je veux dire... pour bien des personnes : on abandonne pas son enfant. Jamais. Et... il existe de nombreux cas plus ou moins anonymes, plus ou moins courants, où le parent ne baisse jamais les bras, qu'importe l'atrocité de son enfant, qu'importe les difficultés, qu'importe les aléas de la vie...

    A t-on le droit d'abandonner son enfant? Ou plutôt, a t-on le droit d'en formuler la demande, de la même façon que le fait cette dame? Cela me parait... outrageant. Je ne sais dire... je n'ai pas d'enfant... Et j'imagine combien cela peut-être délicat, compliqué, difficile, et parfois impossible... Mais... si l'on peut se reconstruire une nouvelle vie sans son mari, sans sa femme, par le biais du divorce, par le biais de la séparation... peut-on souhaiter divorcer de son enfant? Bien sûr, on ne peut pas divorcer de son enfant, mais rien que d'en exprimer le souhait, d'en manifester le geste (domiciliation de l'enfant à l'extérieur de domicile familial, abondance minimum dans le devoir légal de le nourrir, etc...)...

    J'ai l'impression qu'en prononçant, qu'en agissant comme telle, Madame a une claire responsabilité dans l'état actuelle de sa famille... et... il ne me semble pas juste que Madame poursuive sereinement sa vie, après avoir pondu des erreurs dans son parcours, alors que ces mêmes erreurs vont devoir, eux, se reconstruire chez un psy, entourés de services sociaux jusqu'à la nausée... Ne peut-on pas pousser Madame a suivre un traitement psy, peut-être simplement pour pouvoir éventuellement déceler chez Madame ce qui fait qu'elle déteste tant élever ses propres enfants, là où, il faut bien l'avouer, ce n'est pas ce que l'on constate dans la plupart des familles?

  9. 1 réactions

    Travaillant au sein de la protection judiciaire de la jeunesse en tant que psychologue je reconnaît bien dans votre récit certaines des familles que j'ai pu rencontrer.
    En premier lieu, je tenais à dire que je me méfie toujours des fausses allégations d'agressions sexuelles. En effet, si elles existent, elles prennent bien souvent leur source dans une réalité qui peut être variable, mais qui apparaît toujours, si ce n'est pathologique, au moins devant être à surveiller, voire à interroger.
    Ainsi, avez-vous, dans ce cas précis, ordonné à un moment ou un autre une mesure judiciaire d'investigation éducative ? Il semblerait en effet que la dynamique du couple parental aurait/aurait eu besoin d'être éclairée afin de comprendre un peu mieux ce qui se joue pour ces enfants et leurs parents.
    En effet, travaillant sur ordonnance des juges des enfants, je suis parfois curieuse de ce qui peut motiver des mesures judiciaires d'investigations éducatives dans certaines situations et de ce qui peut ne pas les motiver dans d'autres.
    Je vous remercie si vous parvenez à m'éclairer.

  10. 1457 réactions

    Et l'indispensable (donc inutile) petit commentaire hors-sujet :)

    Ca fait plaisir de voir que tu sais toujours écrire, m'dame le juge.

    Quant aux gens qui t'ont accusé de te livrer à des plaisirs sadiques en séparant les familles ... Ils te connaissaient donc si bien que ça, avec tes pulsions mauvaises ? :mrgreen:

    1. 1242 réactions

      Evidemment, il fallait bien ce commentaire indispensable!!!

      Qui me permet de te saluer et de saluer tous les "habitués" de ces lieux revenus à la vie!

  11. 1457 réactions

    Chut, on va se faire gronder ... :)

    Mais c'est vrai que ça fait plaisir de voir les toiles d'araignées disparaître. Manquerait plus que le ménage de printemps fasse apparaître une suite dont il ne faut pas parler, sous peine de la voir retarder d'un an ou deux ! :mrgreen:

  12. 1 réactions

    J'aime beaucoup ton article : tu y démontres qu'il n'y a pas que dans les familles de chômeurs rmistes alcooliques que les enfants peuvent être placés et qu'on peut rencontrer des difficultés éducatives. Je crois que je vais passer beaucoup plus de temps sur ton blog que je ne l'ai fait jusqu'à présent.
    J'aime ton regard sur ce que je vois parfois de l'autre côté de la barrière... Du côté des travailleurs sociaux...

  13. 1 réactions

    Ce qui me choque le plus c'est le retour rapide des enfants dans leur famille quand je vois que mon ami qui a une petite fille de trois ans placée depuis un an et demi et qu'il ne la voit ... Que trois heures par semaine ! Alors que ça n'est absolument pas de sa faute si elle est dans ce système mais celle de sa mère ! Qui s'absente durant toute la durée où elle est placée et qui reviens la bouche en cœur pour revoir "sa" fille !
    Son père qui n'a jamais raté aucune visite chaque semaine depuis près de deux, qui a un endroit où l'accueillir ne doit se contenter qu'à 3h par semaine, en comptant 2h dans les transports en communs ! Je trouve tout cela abusé ! Une référantd & une famille d'accueil qui ne font rien pour l'aider à recréer un lien père - fille, tout cela me dégoûte au point de vouloir faire part de notre histoire dans la presse .
    L.ase de Roubaix est totalement incompétente !

  14. 6 réactions

    Pour avoir eu une mère très particulière, je crois qu'on ne peut pas comprendre certaines choses quand on les voit avec le prisme d'un parent normal. Voilà maintenant plus de 5 ans que je n'ai pas vu ma mère, et je n'ai que 23 ans. Il m'a fallu du temps pour comprendre, car ayant un père exemplaire, j'ai toujours cru que seule cette conception de la parentalité existait. Pour moi, avoir un enfant est un engagement à vie, c'est faire passer sa vie après celle de l'enfant. Je crois que ce qui attirait ma mère dans le fait d'avoir des enfants, c'est le côté mignon, l'impression de jouer à la poupée. Evidemment à l'adolescence les choses sont devenues moins drôles. Encore une fois je crois qu'il est impossible de comprendre ce manque total d'instinct maternel lorsqu'on est soit même parents ou (dans mon cas), lorsqu'on a été en présence d'un parent (ou deux tant qu'à faire) "normal". Je conçois l'amour que l'on a pour ses enfants comme quelque chose d'absolu, qui ne connaît pas de limites. Pour d'autres parents, c'est un amour comme celui que l'on porte à un ami, à son conjoint. Un amour que l'on peut reprendre, que l'enfant doit mériter, et qui n'a pas spécialement vocation à être placé avant l'amour amoureux par exemple.
    C'est ma compréhension de la chose, elle est peut être erronée. Moi ça m'a pris 5 ans de comprendre ma mère, et je n'ai même pas encore réussi à admettre sa manière de fonctionner, ce qui ne s'arrangera certainement pas lorsque j'aurais moi-même des enfants.
    Bon courage en tous cas.

  15. 1 réactions

    Maitre Mô, question qui vaut ce qu'elle vaut, mais ne serait-il pas possible d'ordonner à simultanément l'expertise d'un neurologue et d'un psychiatre, avec tests psychométriques ?
    Je sens que pour l'avis d'un neurologue, je vais me faire huer par certains, mais les problèmes d'impulsivité sont fréquemment liés à des lésions cérébrales ou des maladies d'origine neurologique. Je fais partie de ceux qui sont atteints de lésions cérébrales induisant un TDAH et nécessitant la prise de ritaline pour fonctionner. Ces lésions cérébrales n'ont rien à voir avec l'éducation de mes parents. De plus, on peut avoir des lésions cérébrales tout en ayant une intelligence dans la moyenne voire être surdoué.
    Le problème du psychiatre, c'est qu'il va rester uniquement dans sa spécialité, avec le risque qu'il blâme une mauvaise éducation parentale/un traumatisme pour les troubles du jeune ou du parent alors que la réalité est toute autre.
    Si les traumatismes subis/une éducation défaillante peuvent expliquer des problèmes de comportement, attention à ne pas mettre tous les problèmes de comportement sur le dos de traumatismes subis/d'une éducation défaillante ! J'ai subi plus de 20 ans de retard de diagnostic précisément à cause des praticiens qui mettaient tous les problèmes sur le compte de traumatismes/mauvaise éducation.
    Humm, et l'IRM cérébrale qui révèle des dommages cérébraux, on en fait quoi ?
    De plus, mais ce n'est pas ce que je connais le mieux, les troubles endocriniens peuvent provoquer des variations d'humeur qui ressemblent fort à des troubles psychiatriques (par exemple, une hypothyroïdie dont les symptômes ressemblent fort à un trouble bipolaire, une dépression voire même déclenchent des symptômes psychotiques, avec délire et/ou hallucinations qui miment une schizophrénie).

    En lisant cette histoire, si les parents ont très certainement des causes psychologiques qui expliquent de pareils dysfonctionnements avec les enfants, il est bon d'éliminer d'abord et avant tout une cause organique. Si on peut éliminer une cause organique, alors les soins psys auront davantage de probabilités d'être efficaces.
    Parce que si on doit conditionner le retour des enfants à une injonction de soins, autant cibler correctement l'injonction de soins. Vous conviendrez, Madame la Juge, qu'ordonner une psychothérapie alors que le problème de comportement provient de lésions cérébrales/de troubles endocriniens fait essentiellement courir le risque de soins psy inefficaces, voire dangereux pour la personne et son entourage.

    Pour moi, le vrai problème qui se pose est d'ordonner une expertise psychiatrique et basta.
    Parce que le psychiatre va rester dans sa spécialité, expliquer les troubles sur l'éducation des parents, les traumatismes... sans chercher plus loin.
    Il ne va que trop rarement se poser la question du trouble organique sous-jacent, alors même qu'un trouble organique peut mimer un trouble psychiatrique : des lésions cérébrales et les problèmes cognitifs/de comportement, l'hyperthyroïdie qui donne des symptômes psychotiques (hyperthyroïdie et hypothyroïdie peuvent donner des symptômes psychotiques), et je peux en citer d'autres si Madame la Juge agréé.

    Madame la Juge, pour toutes les raisons que je viens de vous exposer, je ne peux que trop vous implorer de demander l'avis d'un médecin compétent en troubles somatiques avant de vous jeter sur l'expertise psychiatrique et psychologique comme le guépard se jette sur sa proie.
    En se contentant d'une expertise psychiatrique et psychologique, le risque est de passer à côté d'un élément essentiel de la prise en charge en AEMO, notamment en ce qui concerne les injonctions de soin.
    De plus, un trouble organique non soigné peut justement conduire la personne à ne pas avoir conscience de ses troubles : ne pas avoir conscience de ses troubles n'est pas réservé au problème psy, contrairement à la croyance populaire.

  16. 3 réactions

    Bonjour Juge Marie,
    Il existe une grande différence d'âge entre le mari et la femme ; elle pourrait en effet être sa fille.
    Le problème principal de "Madame" pourrait par exemple provenir du fait qu'elle considère son mari en tant que père , mari et amant et, au vu de son comportement que l'on pourrait qualifier de petite fille capricieuse, refuse de partager cet homme.
    Il semble, à la lecture de vos écrits , que le père, regard fuyant, ressentait de la honte et se pliait aux quatre volontés de son épouse ; il semble également que cette dernière était envahie par le soulagement à l'idée de se débarrasser de ses mômes et d'avoir enfin son époux pour elle seule.
    Mais alors, pourquoi avoir donné naissance à trois enfants ? Au regard des deux premiers prénoms , il semblerait que ce soit lié à la volonté paternelle, ce qui impliquerait que cette femme ne soit devenue mère que pour conserver son mari.
    Il serait sans doute intéressant de connaître les antécédents familiaux de Madame...
    Quoi qu'il en soit, il s'avère en effet que les placements de ces trois pauvres gosses aient été , malheureusement , la meilleure des choses à faire. Sans doute vous remercieront-ils plus tard, une fois devenus adultes, pour l'équilibre qu'ils ont ainsi plus de chances d'acquérir dans des familles d'accueil qu'au sein de leur "famille" biologique vraisemblablement désaxée , puisqu'il y aurait en son sein non pas trois enfants mais quatre, dont une petite fille avide d'affection masculine et utilisant ses arguments féminins dans l'ultime but d'être la seule et unique... Cela relèverait en effet d'un grave problème psy chez cette femme (je ne peux la qualifier de mère , désolée ).
    Le retour de ces trois garçons au sein de cette famille semble en effet improbable, hors un divorce qui serait sans doute profitable aux quatre hommes, divorce sur lequel j'émets un fort doute au regard de l'âge avancé de Monsieur et du joug sous lequel il se trouve...
    Bonne journée à vous, Marie.

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