La Cour avoue…

Ce devrait être un peu triste, mais allez, il fait beau, et cette audience de la Cour d'Appel m'a tellement fourni de matière, un peu souriante ou franchement et honteusement dramatique, que je peux bien n'en faire qu'une brève sans trop de commentaires -une fois n'étant pas coutume...

Cet homme, donc, prévenu, ayant un casier particulièrement dense, est interrogé par la Présidente d'audience selon la formule rituelle, mâtinée il est vrai en ce qui la concerne d'un léger soupçon de charge, oh, à  peine, comme vous l'allez constater : Lire la suite

D’habitude, je n’aime pas le violet…

Mais là , si.

Deux billets de 500..

Deux billets de 500..


Voilà , ce n'était rien, je voulais juste vous les soumettre, réalisant que tous les métiers ne permettent pas forcément d'en avoir un sous les yeux de temps en temps (attention, je vous vois venir, ils sont parfaitement "propres", la personne qui les a oubliés déposés là  n'ayant, suite à  une série d'injustices, aucun compte en banque, simplement... Et il va de soi que cet encaissement a immédiatement été comptabilisé en caisse -je salue à  cette occasion tous mes amis du fisc, qui ne me connaissent pas, en leur confirmant que je ne fais pas de black, jamais... D'ailleurs, comme dirait un mien ami, avocat : "Ma compta est nickel, on dirait une vraie !" ...
Pour être tout à  fait complet, je vous confirme qu'ils n'émettent aucune odeur particulière, et qu'ils se présentent ici sous leur forme la plus pure : froissés, ayant été pliés, un peu difficiles à  lisser sur un plan plat.
La rentrée s'améliore, les affaires reprennent..!

Euros sceptique ?

Juste pour sourire : un client me doit des sous, exactement 1800 €TTC, depuis novembre 2006.
J'ai, comme d'habitude, très mal géré cette situation, nous étions en attente d'une audience d'appel, j'ai perdu le dossier de vue dans ce long délai, et bref, me retrouve lundi à  la veille de l'audience, sans nouvelles et sans règlement...
Tempête sous un crâne, tempête sur son répondeur, tempête téléphonique quand je parviens enfin à  le joindre, et oui d'accord je vais encore le défendre cette fois-ci, et c'est juré les chèques partent au courrier le jour-même, "les" chèques car il ne peut pas régler en une seule fois, et j'accepte là  encore, d'accord pour "quelques" chèques, que j'encaisserai tous les mois...
J'ai plaidé, je l'aime bien et trouve sa condamnation injuste - et puis, ça arrive si souvent, après tout je n'ai qu'à  suivre ça de plus près (Et puis, aussi, je m'en aperçois bien trop tard pour dégager ma responsabilité !)... Audience de quatre heures, quand-même, non quantifiable en grammes de sueur, il faisait beau...
J'ai bien fait de faire confiance : reçu ce jour...
Je n'ose pas l'écrire.
J'ai reçu ce jour 32 (trente-deux) chèques, d'un montant chacun de 56 €25, devant être encaissés mensuellement, le premier étant à  déposer en compte, non pas immédiatement, mais le 10 juillet prochain, et le dernier... Dans une autre vie.
Banquier, si tu me lis, interdis-moi si tu veux, mais...
Tout n'est pas de ma faute ! 

Salut à  mon avoué habituel

Mon Cher Maître,
Bienvenu dans cette nouvelle journée d'action, en espérant, je te le dis déjà  et de tout coeur, que vous tiendrez le coup, même si les vacations judiciaires se profilent à  l'horizon...
Je voulais juste te dire rapidement (pas pour être à  la mode judiciaire du moment mais parce que c'est vrai !) que je t'apprécie beaucoup, et que je devais, dans ces temps difficiles, te remercier de m'avoir, à  plus d'une reprise, sauvé la mise dans tel ou tel dossier un peu ardu, où un tout petit article procédural m'était inconnu, et faisait toute la différence entre perdre ou gagner...
D'avoir parfois pris à  ma place les conclusions interruptives que je devais t'adresser...
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Désolé, noyade en cours…

C'est chaque année la même délirante course, à  cette période où l'on tire la langue en pensant au soleil et à  la mer qui attendent quelque part, encore loin, et où, brutalement, tout devient, non pas "urgent", tout l'est déjà  tout le temps, mais "extrêmement urgent", à  faire du jour au lendemain, parfois d'une heure à  l'autre ...

Alors voilà , dossiers sur dossiers, urgences sur urgences, audiences sur audiences, publier ici devient une sorte d'injure sous forme de temps perdu, celle faite aux halètements des clients sur le paillasson, et aux avidités statistiques des magistrats, dont tous les dossiers doivent immédiatement être réactivés en même temps ..!

Alors pardon, mes fidèles lecteurs (ma famille, quelques amis, et vous, les dix improbables qui vous égarez ici quelques fois par semaine, en croyant sans doute que je suis un lien commercial), pour ces délais, pour les jours écoulés - auxquels il faut le dire s'ajoutent de brèves nuits passées à  se rider les yeux sur les lignes de code qui construisent ce blog ...

Je vous le jure, je reviens très vite, je vous gave d'articles à  tout va dès bientôt ...

Existe-t-il une règle de droit que ma consoeur aux trois dossiers n'ait pas enfreinte l'autre jour ?

Que vont devenir les héros dramatiques de mon Histoire Noire ?

Maître Mô parviendra-t-il à  l'été couvert de rides, aveugle et branlant ?

Encore un peu de patience, encore un tout petit peu de sueur dans la robe, et vous saurez tout ceci, et tout le reste, qui est immense ...

Je découvre en attendant que tout avoir en tête et ne pas avoir le temps de l'écrire est une torture ..!

Et que l'épuisement et la sensation d'avoir besoin de cinq ou six têtes différentes pour ne rien oublier n'empêchent pas le rire de se frayer un chemin, parfois, dans ce désordre ...

Comme, hier, cette personne à  qui l'on proposait un bracelet ou la prison, et qui a répondu, me prenant totalement de court (allez, j'aurai quand même écrit un truc aujourd'hui) :

"Bracelet électronique ? Ta mère !"

Elle ne doit pas être toute neuve, mais dans le contexte, j'ai eu du mal à  m'en remettre !

Ce que je fais néanmoins, pour vite vous retrouver ...

 

Pourquoi faire compliqué..?

Vu l'autre jour à  la Cour le prononcé des délibérés, en début d'audience, et notamment ceux des personnes détenues, amenées là  une par une par leurs escortes de gendarmes et de policiers...

Arrive Samir, menotté dans le dos, tenu en laisse (c'est le vrai terme...) par son escorte, l'un des deux gendarmes le "posant" devant la barre, et entreprenant de lui ôter ses menottes, comme il se doit.

La Présidente avait cependant commencé à  lire sa rafale de délibérés du jour, et le concernant en arrivait, déjà , à  la peine, tandis que Samir se contorsionnait en essayant de l'écouter, tordu qu'il était par le gendarme porte-clé qui ne parvenait pas à  lui enlever ses poucettes, et manifestement lui faisait un peu mal, le tout sur fond de brouhaha général...

Elle lève un oeil de la feuille qu'elle lit, s'agace de la scène, et s'écrie, à  l'attention du besogneux gendarme : "Mais enfin, Monsieur, laissez tomber, ce n'est pas la peine, c'est fini !", et baisse à  nouveau les yeux vers sa feuille pour finir d'indiquer à  Samir que " ... en revanche, sur la peine, la Cour a estimé devoir réformer le jugement déféré, et en conséquence vous condamne non plus à  2 ans d'emprisonnement dont six mois assortis de sursis, mais à  deux ans fermes."

"Voilà , vous voyez, c'est fini, vous pouvez l'emmener", dit-elle au gendarme, qui de fait obtempère, et repart avec son collègue et Samir, lequel est encore en train de râler parce qu'on lui a fait mal en essayant de lui enlever ses entraves, et n'a pas entendu un mot du délibéré.

Lequel, on s'en doute, a été parfaitement intégré et compris...

Je ne suis même pas certain que son avocat l'ait rejoint ensuite, il discutait lui-même avec une consoeur, il est vrai très jolie...

C'est beau, le droit d'appel.