Le Grand Mal…

Vous en avez déjà  entendu parler, de cet homme, souvenez-vous, l'agresseur présumé d'un petit garçon, Enis, victime de cet horrible monstre récidiviste -qui est depuis forcément devenu une énorme verrue à  la face de l'Humanité, Francis Evrard...

Vous en entendrez parler toute la semaine prochaine, son procès s'ouvre lundi 26 octobre devant la Cour d'Assises du Nord.

J'ai l'honneur d'avoir pu poser quelques questions à  son avocat, lequel, entre autres qualités, possède celle d'être réellement l'avocat des gens qu'il défend. Et qui se souvient, toujours commencer par ça, que ce sont des gens, justement : eux, nous, un homme. Nous, n'en doutez pas, même si c'est dur à  admettre.

Comment dirait probablement un véritable journaliste1 :

"Maître Jérôme Pianezza, vous êtes donc l'avocat de Francis Evrard... Lire la suite

  1. auquel je ne prétends pas voler l'once de l'un des savoir-faire, attention, chacun son boulot : par exemple, je le dis avec tendresse, mais je n'ai jamais posé de question dite fermée, histoire d'être certain d'obtenir une réponse qui ne le soit pas également, fermée... []

Gnôthi seauton

Un jour où j'errais sur un forum technique, toujours à  la recherche de la pointe de l'innovation pour ce blog, un type, Jessai, m'a adressé un mail privé pour me proposer de me coder, comme ça, le truc hyper pointu que je souhaitais...
Quelques mois plus tard, c'est devenu un ami, à  qui j'ai évidemment depuis demandé cent autres améliorations1, et que j'ai progressivement appris à  connaître -ah, sa façon inégalable de répondre à  une de mes questions en me claquant trois lignes de code illisibles pour moi et en ajoutant juste "Tu vois, c'est tout simple" ...
A force, on se raconte réciproquement un peu, bien sûr... Je lui ai dis ma petite vie, et... Il m'a raconté, à  sa façon à  lui, que j'admire, un  morceau, un gros morceau, de la sienne...
Il avait une telle façon d'en parler, un tel... Incongru enthousiasme, croyais-je alors (vous comprendrez plus bas), que je lui ai demandé de l'écrire, ce qu'il a fini par accepter : c'est son texte que vous allez pouvoir lire maintenant, et que je le remercie d'avoir accepté de me confier. Lire la suite

  1. Les deux "techniciens" de ce blog, Jessai, donc, pour la partie "en dur", et Jessy, pour la partie "visuel", ont eu tous deux cette particularité de me contacter d'eux-mêmes, de s'en mordre les doigts tellement je leur ai demandé de services après, de devenir progressivement des potes, et de refuser toute rémunération en m'insultant pour y avoir seulement pensé, tout en me donnant des centaines d'heures de travail.: elle n'est pas belle, l'histoire de Maître Mô ??? C'est l'occasion en tout cas, même s'il y en a eu bien d'autres : immense merci à  tous les deux ! []

Six semaines…

Tinotino me fait le plaisir et l'honneur de m'adresser le récit d'une pauvre et triste histoire, que je publie d'autant plus volontiers qu'il a souvent été nécessaire, ici, de souligner à  quel point certains hommes sont abandonnés des autres - lorsqu'ils s'égarent au judiciaire, je les appelle "les réprouvés" ...
Et qu'elle m'est aussi l'occasion, dure et pitoyable, de dire à  quel point les intervenants "de terrain" que sont les services sociaux, de santé, les policiers et les gendarmes, ont des métiers difficiles et souvent sordides, à  quel point il faut être psychologiquement solide pour continuer à  les exercer, c'est à  dire par exemple comme ici, à  se trouver confronté à  la pire des solitudes qui soit...
Je sais que Tinotino ressent son métier comme je ressens le mien, de façon passionnelle et passionnée, et en y maintenant le plus d'humanité possible -d'où son infinie tristesse ce jour-là ... Et sa colère, aussi.
Où qu'il soit, salut à  Monsieur Oubliemoi, et pardonnez-nous... Lire la suite

Tî à  Mô

Mon excellent confrère1 Tî m'a écrit à  chaud, hier soir, tout nimbé de joie et baignant dans une gloire récente, qui font plaisir à  lire, au retour d'une audience où il est parvenu à  faire péter2 une procédure qui s'annonçait bien lourde pour les six personnes qu'elle concernait...

Ça valait largement que l'histoire soit dite ici, d'autant que, je l'avoue avec l'humilité qui me caractérise, je ne suis pas certain que j'aurais, personnellement, trouvé la faille, à  sa place...

Une toute petite introduction vulgarisante s'impose, avant de laisser Maître Tî nous narrer la chose, afin qu'à  l'instar de la frite, vous en savouriez tout le sel...

Mais auparavant, et pour tous ceux pour qui ce statut s'apparente à  une défense de mauvaise qualité, je veux souligner un point : cet avocat là  était commis d'office... Lire la suite

  1. comme on dit dans notre milieu de coincés, mais là  vous allez voir que l'expression est bien utilisée []
  2. comme on dit également dans notre milieu pas si coincé que ça finalement... []

CIP : Conseiller qui, Insérer comment, et Prouver quoi ?

Dans lequel CIP12, Conseillère d'Insertion et de Probation1, a souhaité nous raconter son métier, fondamental et pourtant souvent méconnu, et toujours dépourvu de moyens réels, quand il consiste pourtant, lui aussi, à  aider, sinon sauver, des gens...
Dur boulot, vous l'allez voir, aux facettes multiples, et qui requiert selon moi un cœur solide, et une infinie patience...
Je vous laisse avec elle, c'est à  dire entre de bonnes mains -en la remerciant pour ce texte, que je parsème néanmoins de mes petites notes ironico-légendaires, quand-même, pas question de la laisser tranquillement faire sa promotion sans rien dire ! Lire la suite

  1. Que j'ai, une autre fois, horriblement vexée en me contenant de la faire "membre des services sociaux", honte sur moi ! []

Mieux vaut parfois ne piper Mô…

Marie est magistrate1 et, étant dès lors particulièrement bien placée pour connaître les gouffres insondables de douleurs et de difficultés desquels l'avocat que je suis doit tenter tous les jours d'émerger, a tenu à  m'aider à  le faire en m'adressant le récit, très... Ému (! Vous allez comprendre...) de ses premières Assises...

Difficilement remis du fou rire qu'il a provoqué, j'ai souhaité, avec son accord, vous le livrer tel qu'elle me l'a écrit -accrochez-vous, j'ai beau avoir entendu quelques plaidoiries d'anthologie dans ma carrière, celle-là  les dépasse toutes... Lire la suite

  1. nul n'étant parfait on le sait []

Politiquement incorrect

Je prends la plume pour la première fois et ai bien conscience du caractère politiquement incorrect de ce que je vais écrire ci-dessous, mais tant pis, que l’on me haïsse
Juillet 2008 : expertise judiciaire à  Roubaix pour des infiltrations d’eaux souillées en cave où je me déplace pour substituer un confrère et assurer la défense des intérêts de la personne malheureusement victime de ces infiltrations qui emplissent très régulièrement sa cave des évacuations d’évier, salle de bain et WC des maisons avoisinantes.
Après un tour de table relativement long, puisque pas moins de 5 propriétaires de maisons mitoyennes dont celui que je représente (appelons le par commodité sans jeu de mot aucun mon client) sont présents, l’expert judiciaire décide d’aller constater les désordres.
Nous descendons dans la fameuse cave pour y constater que celle-ci est parfaitement saine et qu’il n’y a donc plus d’infiltrations depuis aux dires tout de même de mon propre client janvier, soit 6 mois Lire la suite

Billet d’humeur

Jusque là , je jouais les visiteurs invisibles, me contentant de jeter un oeil derrière ma lucarne et soupesant l'atmosphère régnant au gré des articles parus...
Une fois ne sera pas coutume je l'espère, je tente un billet de mauvaise humeur, voire d'étonnement proche de l'indignation.
Il me semblait avoir appris dans mes très anciennes années que l'avocat était un "Conseil" auprès de ses clients et un "auxiliaire" auprès de la Justice. Autrement dit, dans les deux cas, sa noble mission est d'apporter parfois, voire souvent, aide et assistance avisées à  de pauvres êtres perdus dans le monde ténébreux de la Justice.
Et qu'apprends-je ???? On m'aurait menti...(c'est le cas de le dire)...
C'est l'histoire d'un couple qui s'aime follement depuis 10 ans. Ils vivent heureux entre leur travail et quelques amis.
Jusqu'au jour où une aventure extra-conjugale s'immisce, et la brèche s'agrandit. Déjà , quelques rancoeurs et disputes ont surgi le jour où elle lui a révélé. Il lui a pardonné pourtant, enfin il a cru qu'il pouvait, mais c'est tellement difficile...
Alors le couple devient vacillant, irascible, compliqué. E t c'est le drame - enfin, presque: à  l'issue d'une sortie, elle tente de le blesser gravement, voire de le tuer.
J'abrège sciemment l'histoire - même d'un point de vue humain, elle aurait pu vous paraître riche d'enseignement - car tel n'est pas mon propos ici.
Cette femme doit en tout cas rendre des comptes à  la Justice, telle est la loi, même si son mari ne souhaite pas sur le coup porter plainte contre elle. En attendant la décision de Justice, elle a interdiction formelle de le rencontrer de quelque manière que ce soit. Pour protéger son mari d'une part, pour que la totale vérité sur ce qui s'est passé apparaisse d'autre part...
Las ! L'amour l'a emporté (et je ne m'en offusque pas, bien au contraire, mais encore une fois, tel n'est pas mon propos)...
Deux mois après, le mari avoue, en baissant les yeux, qu'il voit sa femme quotidiennement, que s'ils ne vivent pas à  nouveau ensemble, c'est presque comme au premier jour, et qu'ils souhaitent ardemment pouvoir le faire très bientôt...
Et de confesser tout cela en précisant toutes les deux phrases: "On m'a conseillé de ne pas le dire".
Alors, je pose la question. Aux professionnels et à  tous les autres : un avocat doit-il conseiller à  son client de mentir sur une situation de fait, alors que celui-ci viole ouvertement son contrôle judiciaire ? (je ne fais évidemment pas allusion à  un mensonge sur le fond, c'est à  dire mentir sur le déroulement d'une bagarre ou la présence de tel ou tel individu, après tout on sait bien que chacun, parfois, se défend comme il peut...).
C'est une question bien générale, dont la réponse dans ce cas d'espèce me semble évidemment : non.
Pourquoi ? Parce que :
- primo, c'est prendre l'interlocuteur pour un imbécile;
-secundo, il serait bien bête d'être le seul à  ne plus pouvoir dormir, si cette femme finissait par tuer vraiment son mari, alors qu'il pourrait partager cette culpabilité avec celui qui aurait autorisé le couple à  se revoir...