Dors min p’tit Quinquin…

Je m'étais juré de ne pas dire ou écrire un mot sur "notre" scandale judiciaire national récurent, Outreau.

Parce que tout le monde a tout dit sur le sujet, la plupart du temps n'importe comment, ce qui était certain puisque plus de gens que ceux qui connaissent le dossier en ont parlé -comme toujours.

Et parce que tout ce qui touche à  cette triste affaire, comme d'ailleurs au "procès" de son principal acteur, le tout aussi fameux juge Burgaud, me flanque désormais des boutons -pour différentes raisons, que j'étais décidé à  garder pour moi afin de ne pas venir grossir le troupeau des seuls vrais déçus d'Outreau, dirait-on souvent : ceux qui n'y étaient pas...

Mais voilà  que l'actualité me rattrape, et qu'on nous dit qu'un supporter du PSG que l'ancien Président de la chambre de l'Instruction, en poste à  l'époque, témoignant au "procès" du juge Burgaud, m'aurait, à  l'instar de tous les habitants du Nord, traité en substance de dégénéré alcoolique et pédophile...

Ça m'énerve !!! Mais, je vais peut-être vous décevoir, pas pour les raisons qu'on croirait... Lire la suite

E Thémidos ménis !

(Ce titre, je l'indique pour les rares... Béotiens (justement !) qui me lisent, est en grec ancien, et signifie : "La colère de Thémis". C'est aussi une petite allusion à  la toute première ligne de l'Illiade, qui annonce que l'on va chanter la colère d'Achille... Je trouvais ça opportun !)1

Oh, pas grand' chose...

Il semblerait juste, pour faire très simple, que nous soyons à  deux doigts de l'implosion judiciaire tous azimuts !!
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  1. Je remercie mon géniteur, ancien professeur de grec ancien apparemment pas trop décati, pour l'instantanéité de cette traduction, ainsi que m'avoir éclairé sur Thémis, en réalité non pas déesse de la Justice, contrairement à  ce qui est communément admis, mais déesse de... La Loi, ce qui évidemment change tout !! []

Dépendez les pointeurs !

Une fois de plus, j'entends que le suicide en "milieu carcéral", pour reprendre l'expression pudibonde employée par les gens qui en parlent, est soudain d'actualité, au point que, paraît-il, des Officiels en recherchent les causes...

Comme si c'était un problème nouveau, comme si, passant mon DEA1, il y a dix-sept ans, le titre de mon mémoire de l'époque n'avait pas déjà  été "Le suicide en prison", comme si je n'avais pas déjà  pu constater, avec stupéfaction, que l'on s'y tuait exactement quatre fois plus, statistiquement, qu'en milieu libre...2

On apprend donc, puisque tout-à-coup l'on en reparle, comme très périodiquement, qu'onze personne sont mortes de cette façon en trois semaines, dont trois au même endroit, et attention : pas treize -France Info, ce matin, tenait à  répercuter cette précision liminaire apportée je crois par le Directeur de l'Administration Pénitentiaire, au motif qui ferait sourire dans un autre contexte que "deux d'entre eux ne sont pas "confirmés" indique-t-il", et si quelqu'un sait ce que ça signifie il peut m'écrire.3

On apprend ensuite qu'une réflexion serait en cours pour comprendre les causes de ces suicides (dites, tout de go, j'en ai une, de cause : la prison c'est dur !), et, surtout, que cinq de ces onze suicidés étaient en détention pour infractions sexuelles.
On ne me chipotera pas l'approximation : la moitié, donc.
Ça alors, quelle nouvelle incroyable, comme on ne pouvait absolument pas s'en douter, quelle surprise, vraiment..!

Je suppose qu'on va réfléchir à  cet état de fait, bien-sur, et se réunir, et réfléchir encore, notamment à  la date de la prochaine réunion, histoire d'essayer de parvenir à  comprendre pour quoi diable ces bonshommes-là  se tuent en plus grande proportion que les autres en détention...

Je tenais donc, ab irato et ex abrupto, à  apporter par avance ma contribution à  ces travaux passionnants, et à  donner ici immédiatement ce qui, j'en suis convaincu, doit être la principale cause de cette horreur, qu'on laisse perdurer depuis des lustres dans l'indifférence la plus totale, et qui est même devenue un système pratiquement officiel en détention, et géré comme tel... Je vais vous parler des "pointeurs". Lire la suite

  1. Ils appellent ça comment maintenant ? "Master Plus" ? []
  2. Le seul milieu aux statistiques comparables, à  l'époque, était... L'armée ! Et dans les mêmes conditions : on s'y tuait jeune, et surtout au début... []
  3. Je suppose qu'ils enquêtent quant à  une possibilité de meurtres, voir ci-dessous, ou de mort naturelle ou empoisonnement fortuit... []

Sanibroyeur judiciaire

J'ai commis une idiotie, une de plus, dans cette pénible affaire : j'ai pris la défense, pénale, de quelqu'un que je connais.
Pas un ami, non, nous ne nous étions pas revus depuis longtemps, mais quelqu'un qui a été un copain autrefois, et cette circonstance aurait du suffire à  m'interdire de m'en mêler.
Non pas parce que je l'ai mal défendu, ou bien d'ailleurs, ce n'est pas la question, pas assez d'attaches entre nous pour que ça ait joué, mais parce que le fait même de le connaître, de l'avoir vu "petit", et la forme d'intimité existant dès lors dans nos rapports, m'ont incités, m'incitent encore, à  le croire totalement, à  le croire sur parole, simplement, et donc à  avoir mal pour lui de la condamnation intervenue, aussitôt frappée d'appel.
A le croire innocent, totalement, donc, et à  avoir souffert à  ses côtés de l'horrible déformation qu'immanquablement, le regard judiciaire amène nécessairement sur la vie d'un homme, à  chaque fois. Lire la suite

Misérable

Elle est l'une des neuf détenus qui comparaissent ce jour là  devant la Cour d'Appel.

Elle est assise avec les autres sur son banc, prostrée, le regard vide et la bouche ouverte, son vêtement de pluie jaune vif et trop grand pour elle boutonné jusqu'au cou, tâche de couleur dans l'océan de bleu des gendarmes des escortes, qui attire immédiatement le regard; elle est beaucoup trop frêle, beaucoup trop jeune, beaucoup trop "absente", beaucoup trop menottée, on se dit d'emblée qu'elle ne devrait pas être ici.

L'avocat d'une autre affaire s'assied à  côté de "son" gendarme de droite, sur les petits bancs de cette petite Cour, et lui fait un sourire auquel elle ne répond pas, le regardant sans comprendre, et comme sans le voir : il s'aperçoit de suite que cette fille, qui serait jolie si une lumière quelconque mettait son visage en mouvement, n'est pas "normale", comme on dit... Mais, si c'est vrai, que fait-elle là  ? Lire la suite

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Diffam’nation : mais non…

Mon confrère soupçonné d'avoir diffamé Madame le Ministre de la Justice a vu aujourd'hui les poursuites pénales engagées à  son encontre être déclarées irrecevables...

On l'avait espéré, on trouvait ça normal, à  vrai dire on pensait que cette histoire n'en était pas une, et qu'elle se devait de ne procurer de honte qu'à  ceux qui avaient crus devoir la provoquer, et certainement pas à  l'avocat auteur des propos soudainement et spécialement incriminés... Lire la suite

Diffam’nation

J'apprends à  l'instant (de la part de mon moteur de recherche personnel sur le Web, Rasbaille, que je nomme décidément et à  l'instant mon Grand Chercheur de Mô), que, selon un bref article du Monde, un confrère, qui plus est Bâtonnier, serait poursuivi, au pénal, pour avoir diffamé Madame Dati, Gardienne des Sceaux (laissez, laissez, c'est laid cette féminisation, mais j'y tiens...), pour avoir plaidé en audience publique, en défendant une personne poursuivie pour faux et usage :

"Un procès qui n'aura jamais lieu, c'est celui de notre grand chef à  tous, madame Rachida Dati, qui utilise un faux, un MBA."

J'apprends à  vrai dire aussi, du même coup (toujours au sommet de l'actualité...), qu'un autre grand journal a précédemment publié une information selon laquelle Madame le Ministre de la Justice aurait un peu triché à  l'Ecole Nationale de la Magistrature, en indiquant dans son dossier être titulaire d'un MBA qu'elle n'aurait en réalité pas... Lire la suite

Plaider coupable ? Oui, tout…

C'était évident, et je connais un avocat brillantissime qui n'avait pas besoin de l'être pour vous l'annoncer, déjà  là , dont l'incroyable talent ne se démentait pas en vous le soulignant ici, et qui pourtant vous confirme bien piteusement que c'est en route : on souhaite, officiellement désormais, que le consternant "plaider coupable" soit applicable à  tout.

J'avais raté ça dans le fameux rapport GUINCHARD, ce qui m'oblige à  constater que je suis comme tout le monde, et ne lit pas ce dont tout le monde parle - et il est vrai que de ces calamiteuses préconisations là , je ne crois pas avoir entendu mot ailleurs :

62) Élargissement du domaine d’application de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité: élargissement de ces voies de poursuite à  tous les délits (sauf les délits de presse, les homicides involontaires, les délits politiques et les délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale) quelle que soit la peine encourue. Les dispositions actuelles quant aux peines pouvant être prononcées en cas d’utilisation de cette voie de poursuite sont en revanche maintenues.

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Avocat !

Je suis avocat.
J'ai voulu l'être, et j'aime mon métier.
Je suis, à  ma connaissance, l'unique auteur de l'unique demande jamais portée devant le Conseil de l'Ordre des Avocats au Barreau de Lille ayant proposé la seule réforme vraiment intelligente que nous aurions pu enclencher et soutenir : la suppression pure et simple des magistrats, que je proposais progressive, et qui selon moi pouvait dans un premier temps se limiter au pénal, au motif assez intelligible que nous autres, avocats, sommes bien assez adultes pour savoir par nous même discerner le bien du mal.
C'est vous dire à  quel point j'ai investi notre rôle.
Alors, je vous pose la question, à  vous mes confrères, mais aussi à  vous tous mes clients (que vous le soyez déjà  ou que vous n'ayez pas encore osé me contacter par crainte de me déranger, et ayez donc désigné en attendant un quelconque autre conseil, par défaut) : qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
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