Tais-toi quand tu poses ta question ?

Mesdames, Messieurs, j'ai l'honneur d'avoir l'honneur de publier, à  titre tout à  fait exceptionnel et en forme de scoop pas ordinaire, le texte que m'adresse mon excellent confrère Romain Boucq, avocat au Barreau de Lille, lequel, audacieux comme tous les avocats dudit Barreau, avait eu l'occasion de soulever l'une des premières Questions Prioritaires de Constitutionnalité, vous savez, la fameuse QPC, mais surtout, et de plus fort, comme on dit chez nous, a eu le privilège d'être partie à  la  toute première audience de la Cour de Cassation consacrée à  une telle question...

Autant vous dire que je l'ai harcelé pour qu'il accepte de m'en réserver l'exclusivité écrite (même si bien entendu la primeur de l'information avait auparavant été transmise en temps réel à  notre Bâtonnier adoré, qui suivait et pour cause l'affaire de très près...), me passant même de repas pour vous la livrer illico, c'est dire...1

Il s'agissait donc, je vous le rappelle, de la toute première occasion qu'avait la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, de statuer sur ce type de question (c'est à  dire à  son niveau de décider ou pas de la transmettre à  l'examen du Conseil Constitutionnel), issue d'un droit magnifique, désormais offert à  tout justiciable, de contester la conformité d'un texte avec la Constitution : rien que du haut de gamme, donc, et une audience dont par conséquent on pouvait énormément espérer, et tout particulièrement l'avocat qui l'avait générée...

Lire la suite

  1. Et son cadeau vous épargne, provisoirement, un -long- article de ma pomme qui revient sur les fameux propos raciaux de Monsieur Hortefeux, respirez... Je note que ce blog se juridicise (néologisme, je crois...) à  mort, je vais faire attention à  revenir rapidement au rire et aux larmes, mais après ! []

Papa, je te vois !

Je crois qu'un avocat digne de ce nom est, entre autres, un agrégateur de larmes : on lui raconte une histoire, bien souvent en pleurant, et il pleure, lui aussi, au moins à  l'intérieur ; mais de ces deux sources d'eau salée, il fait, par une alchimie qu'on dirait technique mais qui n'est souvent en fait que du mélange de chairs et d'âme, des mots : ceux qu'il met à  la disposition de son client, ceux qui disent sa foi, ceux dont il voudraient qu'ils soient parfaits, à  la fois le reflet exact de ce qu'on lui a dit, et les porteurs de la demande qui en découle, une demande que fondamentalement il croit juste.

A ceux qui pensent parfois que leur avocat ressemble à  l'Étranger, de Camus1, je demande souvent de se souvenir que notre métier est au contraire d'accepter de changer de peau, à  chaque nouvelle intervention, d'emprunter celle des gens concernés, d'essayer de ressentir ce qu'il ressente, et de la leur rendre, pour, avec la notre cette fois, essayer de traduire ces sentiments, de les adapter au droit, ou le droit à  eux, de faire en sorte que tout le monde s'en sorte le moins mal possible, avec le moins de larmes possible -ce qu'on se doit de leur prêter, au-delà  su savoir judiciaire, des mots, d'un plus ou moins grand talent de conviction, c'est, pour faire simple, notre humanité.

Ce qui ne se fait pas sans laisser de traces, c'est la grandeur et le danger du métier -et pas seulement au pénal, mais bien partout où on ne parlera, avant tout, que d'êtres humains... Lire la suite

  1. Que l'auteur résumait je crois par la phrase : "Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à  l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à  mort." ... []

Pour le plaisir des yeux

Salah, commentateur émérite et adoré de ce blog, dont l'intelligence fait parfois défaut, mais c'est qu'il n'a pas encore commenté, m'adresse le texte qui suit, sorte d'OVNI flamboyant, dans un monde qui l'est moins.
Ça parle d'actrice, et quelle, ça parle de pognon, et ça parle d'affaires en cours : Salah aurait dû être avocat1 . Plaisir des yeux, donc -et si l'acheteur est parmi nous qu'il se dénonce maintenant, ou se taise à  jamais... Lire la suite

  1. Je soupçonne juste que c'eut été trop simple, pour lui... []

Quelques mots sur…

Ce titre était, exactement, celui d'un mail, reçu hier, d'un homme qui le signait "Anonyme Relatif", et me l'avait adressé sous une adresse créée tout exprès,  anonyme elle aussi -vous allez comprendre pourquoi.

Je l'ai lu, et j'en ai été suffisamment édifié, et ému, pourquoi ne pas le dire, que j'ai immédiatement pensé, une fois digérés les points de vue qu'il y fait valoir, qu'il fallait que ce texte soit publié, ici.

Parce que malgré cet anonymat, je trouve que cet homme a fait montre d'un très grand courage en me l'adressant, à  plus d'un titre : il y parle de choses que l'on n'entend jamais, strictement jamais, il y prend la parole alors que l'on ne donne habituellement pas cette parole aux gens qui sont comme lui -oh, on en disserte, en tous sens, moi le premier, il me le rappelle d'ailleurs dans ce texte, mais entendre aussi directement ce que "ces gens-là " peuvent vouloir exprimer est une toute autre chose... Et c'est aussi courageux parce qu'il n'est pas encore jugé.

Car cet homme est pédophile. Et il s'explique. Lire la suite

Le Grand Mal…

Vous en avez déjà  entendu parler, de cet homme, souvenez-vous, l'agresseur présumé d'un petit garçon, Enis, victime de cet horrible monstre récidiviste -qui est depuis forcément devenu une énorme verrue à  la face de l'Humanité, Francis Evrard...

Vous en entendrez parler toute la semaine prochaine, son procès s'ouvre lundi 26 octobre devant la Cour d'Assises du Nord.

J'ai l'honneur d'avoir pu poser quelques questions à  son avocat, lequel, entre autres qualités, possède celle d'être réellement l'avocat des gens qu'il défend. Et qui se souvient, toujours commencer par ça, que ce sont des gens, justement : eux, nous, un homme. Nous, n'en doutez pas, même si c'est dur à  admettre.

Comment dirait probablement un véritable journaliste1 :

"Maître Jérôme Pianezza, vous êtes donc l'avocat de Francis Evrard... Lire la suite

  1. auquel je ne prétends pas voler l'once de l'un des savoir-faire, attention, chacun son boulot : par exemple, je le dis avec tendresse, mais je n'ai jamais posé de question dite fermée, histoire d'être certain d'obtenir une réponse qui ne le soit pas également, fermée... []

Gnôthi seauton

Un jour où j'errais sur un forum technique, toujours à  la recherche de la pointe de l'innovation pour ce blog, un type, Jessai, m'a adressé un mail privé pour me proposer de me coder, comme ça, le truc hyper pointu que je souhaitais...
Quelques mois plus tard, c'est devenu un ami, à  qui j'ai évidemment depuis demandé cent autres améliorations1, et que j'ai progressivement appris à  connaître -ah, sa façon inégalable de répondre à  une de mes questions en me claquant trois lignes de code illisibles pour moi et en ajoutant juste "Tu vois, c'est tout simple" ...
A force, on se raconte réciproquement un peu, bien sûr... Je lui ai dis ma petite vie, et... Il m'a raconté, à  sa façon à  lui, que j'admire, un  morceau, un gros morceau, de la sienne...
Il avait une telle façon d'en parler, un tel... Incongru enthousiasme, croyais-je alors (vous comprendrez plus bas), que je lui ai demandé de l'écrire, ce qu'il a fini par accepter : c'est son texte que vous allez pouvoir lire maintenant, et que je le remercie d'avoir accepté de me confier. Lire la suite

  1. Les deux "techniciens" de ce blog, Jessai, donc, pour la partie "en dur", et Jessy, pour la partie "visuel", ont eu tous deux cette particularité de me contacter d'eux-mêmes, de s'en mordre les doigts tellement je leur ai demandé de services après, de devenir progressivement des potes, et de refuser toute rémunération en m'insultant pour y avoir seulement pensé, tout en me donnant des centaines d'heures de travail.: elle n'est pas belle, l'histoire de Maître Mô ??? C'est l'occasion en tout cas, même s'il y en a eu bien d'autres : immense merci à  tous les deux ! []