Désolé, noyade en cours…

C'est chaque année la même délirante course, à  cette période où l'on tire la langue en pensant au soleil et à  la mer qui attendent quelque part, encore loin, et où, brutalement, tout devient, non pas "urgent", tout l'est déjà  tout le temps, mais "extrêmement urgent", à  faire du jour au lendemain, parfois d'une heure à  l'autre ...

Alors voilà , dossiers sur dossiers, urgences sur urgences, audiences sur audiences, publier ici devient une sorte d'injure sous forme de temps perdu, celle faite aux halètements des clients sur le paillasson, et aux avidités statistiques des magistrats, dont tous les dossiers doivent immédiatement être réactivés en même temps ..!

Alors pardon, mes fidèles lecteurs (ma famille, quelques amis, et vous, les dix improbables qui vous égarez ici quelques fois par semaine, en croyant sans doute que je suis un lien commercial), pour ces délais, pour les jours écoulés - auxquels il faut le dire s'ajoutent de brèves nuits passées à  se rider les yeux sur les lignes de code qui construisent ce blog ...

Je vous le jure, je reviens très vite, je vous gave d'articles à  tout va dès bientôt ...

Existe-t-il une règle de droit que ma consoeur aux trois dossiers n'ait pas enfreinte l'autre jour ?

Que vont devenir les héros dramatiques de mon Histoire Noire ?

Maître Mô parviendra-t-il à  l'été couvert de rides, aveugle et branlant ?

Encore un peu de patience, encore un tout petit peu de sueur dans la robe, et vous saurez tout ceci, et tout le reste, qui est immense ...

Je découvre en attendant que tout avoir en tête et ne pas avoir le temps de l'écrire est une torture ..!

Et que l'épuisement et la sensation d'avoir besoin de cinq ou six têtes différentes pour ne rien oublier n'empêchent pas le rire de se frayer un chemin, parfois, dans ce désordre ...

Comme, hier, cette personne à  qui l'on proposait un bracelet ou la prison, et qui a répondu, me prenant totalement de court (allez, j'aurai quand même écrit un truc aujourd'hui) :

"Bracelet électronique ? Ta mère !"

Elle ne doit pas être toute neuve, mais dans le contexte, j'ai eu du mal à  m'en remettre !

Ce que je fais néanmoins, pour vite vous retrouver ...

 

Pourquoi faire compliqué..?

Vu l'autre jour à  la Cour le prononcé des délibérés, en début d'audience, et notamment ceux des personnes détenues, amenées là  une par une par leurs escortes de gendarmes et de policiers...

Arrive Samir, menotté dans le dos, tenu en laisse (c'est le vrai terme...) par son escorte, l'un des deux gendarmes le "posant" devant la barre, et entreprenant de lui ôter ses menottes, comme il se doit.

La Présidente avait cependant commencé à  lire sa rafale de délibérés du jour, et le concernant en arrivait, déjà , à  la peine, tandis que Samir se contorsionnait en essayant de l'écouter, tordu qu'il était par le gendarme porte-clé qui ne parvenait pas à  lui enlever ses poucettes, et manifestement lui faisait un peu mal, le tout sur fond de brouhaha général...

Elle lève un oeil de la feuille qu'elle lit, s'agace de la scène, et s'écrie, à  l'attention du besogneux gendarme : "Mais enfin, Monsieur, laissez tomber, ce n'est pas la peine, c'est fini !", et baisse à  nouveau les yeux vers sa feuille pour finir d'indiquer à  Samir que " ... en revanche, sur la peine, la Cour a estimé devoir réformer le jugement déféré, et en conséquence vous condamne non plus à  2 ans d'emprisonnement dont six mois assortis de sursis, mais à  deux ans fermes."

"Voilà , vous voyez, c'est fini, vous pouvez l'emmener", dit-elle au gendarme, qui de fait obtempère, et repart avec son collègue et Samir, lequel est encore en train de râler parce qu'on lui a fait mal en essayant de lui enlever ses entraves, et n'a pas entendu un mot du délibéré.

Lequel, on s'en doute, a été parfaitement intégré et compris...

Je ne suis même pas certain que son avocat l'ait rejoint ensuite, il discutait lui-même avec une consoeur, il est vrai très jolie...

C'est beau, le droit d'appel.