168 heures chrono
En y réfléchissant bien, mon seul point commun avec Paco Rabanne et Sheila, c'est que j'aime bien raconter mes vies antérieures. Mais comme tout le monde ne peut pas avoir été tueur de pharaon ou courtisane, c'est le plus souvent de mon ancienne vie de substitut que je me retrouve à parler.1
Et comme mon nouvel hôte m'a donné des devoirs à faire2, je vais essayer, pour cette première fois, de vous donner une idée de ce que peut être une semaine de permanence au Parquet, dans un Tribunal plutôt moyen, pourvu d’un Parquet comptant cinq à six magistrats. La permanence telle que je l’ai connue, en somme, qui se représente à peu près chaque mois, pour une durée d’une semaine donc, jour, nuit et week-end compris, évidemment. Contrairement à ce qui se pratique dans les Parquets plus importants, une telle permanence revêt souvent un caractère artisanal, puisqu’elle implique, notamment, d’assurer seul le suivi des enquêtes en cours dans tout le ressort du Tribunal, aussi bien décisionnellement que matériellement (c'est à dire sans l'assistance d'un secrétariat de permanence, tenu par un ou plusieurs greffiers là où un tel service existe). Elle suppose bien entendu une joignabilité maximale, qui vous fait notamment connaître la joie de répondre à l’appel d’un enquêteur depuis votre douche ou une cabine d’essayage. Lire la suite