Les clés du Paradis…

Ils forment un petit couple de vrais gentils : ils sont mignons, timides, se donnent facilement la main pour s'encourager mutuellement, et sont ainsi faits qu'on a immédiatement envie de bien les aimer -peut-être aussi parce qu'on sait qu'ils n'ont connu  qu'une succession de drames et de galères dans la vie, même s'ils n'ont pas encore cinquante ans à  eux deux.

Quand je l'ai rencontré lui, pour vous dire, deux années plus tôt, jeune ouvrier sans parents qui bossait depuis déjà  cinq ans, c'est parce qu'il venait me demander d'être partie civile avec lui contre les abrutis qui un soir, dans la rue, alors qu'il sortait de l'usine, l'avaient roué de coups pour lui voler sa pauvre montre, une Swatch un peu neuve, le laissant à  moitié mort sur le trottoir...

Je l'avais rangé dans mon puits sans fond personnel, cette terrible catégorie des "Réprouvés de Dieu", vous savez, les gentils qui n'ont jamais de bol, ceux qui ne nuisent jamais à  personne, trop occupés qu'ils sont à  tenter de compenser le mal que la Vie, si chienne parfois, s'acharne, elle, à  leur faire subir sans cesse, quoi qu'ils fassent pour s'en protéger -et qui n'y arrivent jamais, comme s'il "était écrit" qu'ils sont nés pour se débattre dans de la vase trop molle pour en sortir Ceux dont personne ne se souvient et qu'on voit à  peine, et qui ne demandent que ça, qu'on ne se soucie pas d'eux.

Les derniers Vrais Courageux de notre monde, aussi, qui n'ont rien, et remercient quiconque ne veut pas encore leur prendre un peu plus -tant je pense, de plus en plus, que le véritable courage, c'est souvent simplement de résister, en parvenant à  continuer de se dire que ça pourrait être pire...

Bref, il avait obtenu, la procédure bouclée, des dommages et intérêts que le Fonds de Garantie avait couverts1, et si "à  toute chose malheur est bon", ce qu'en général je ne crois pas, cette petite manne, dans son cas, allait lui permettre de s'installer enfin dans un véritable logement, ailleurs que dans le cagibi insalubre qui lui servait jusque là  à  dormir.

Ce qui tombait bien : pendant la durée de vie du dossier chez moi, il avait rencontré quelqu'un, une copine, qu'il m'avait présentée lors de notre dernier rendez-vous, celui de la remise du chèque2 : une fille elle aussi très gentille, très douce, qui lui allait comme un tuteur à  une grande plante toute malingre tâchant de ne pas ployer sous le soleil qui elle aussi, comme par hasard, avait été solidement amochée par la vie autrefois, les malheureux savent bien que l'addition de bilans humains négatifs peut défier les lois mathématiques, et faire que l'on se redresse

Une de ces rencontres qui vous laisse, une fois les clients salués et que vous êtes sorti de leur vie, un sentiment de tendresse, un de ces dossiers où la dernière lettre de l'avocat leur souhaite bonne chance, en se réjouissant qu'enfin, ils aient l'air d'en avoir

C'était il y a un an, et voilà  que je vois mon petit couple reprendre rendez-vous, la semaine dernière, pour hier, me réjouissant de cette nouvelle rencontre, en espérant in petto qu'une saloperie quelconque ne leur est pas encore tombée dessus en sachant bien que si, évidemment, on vient rarement dans un cabinet d'avocat juste pour le plaisir.

Ils vont bien, ils me saluent, toujours aussi timides et respectueux, ils n'ont pas changé d'un pouce3, ils ont l'air content de me revoir, ce qui me fait plaisir, elle est enceinte, apprends-je, et je les félicite, et puis, d'une petite voix, et presque ennuyés de devoir dire du mal de quelqu'un, ils m'expliquent, finalement, la raison de leur présence.

Et j'ai beau savoir que "ça" existe, je me mets dans une rage folle parce que ça tombe sur eux, évidemment, eux qui sont les plus démunis de la Terre en face d'une telle situation, eux qui n'ont pas d'armes, et parce qu'un salopard profite tranquillement de cet état de fait depuis une année, en leur soutirant presque tout ce qu'ils gagnent désormais, et que "ça" ne devrait, vraiment, plus exister, jamais, pas à  notre époque, pas avec tous les contrôles, toutes les aides, pas avec les scandales successifs, les "marchands de sommeil", les lois sans cesse renforcées

Ils ont pris leur logement il y a un an, dans une ville périphérique de Lille, plutôt chic, disons verte, résidentielle et plutôt friquée dans l'ensemble ; un appartement, qui présentait à  peu près bien pour ce qu'ils en connaissaient à  l'époque, pour la modique somme de 500 €mensuels, donc tout sauf modique, mais ils avaient, on l'a vu, un peu de sous, c'était leur premier logement réellement "normal" et "à eux", et ils avaient à  l'époque tous deux un emploi.

Et puis, nous étions en été.

Mais après, il y a eu la pluie, puis l'hiver, et, malgré leurs demandes, toujours respectueuses, et jamais suivies d'effet

Oh, je vous en reparle dans un instant, de la litanie des scandales affectant ce "logement", mais, bien que j'exerce un métier dans lequel personne ne niera le poids des mots, il y a des fois, comme ça, où les images, du genre des cinq photographies que mes clients m'ont étalées sur le bureau, et qui m'ont mis en rage, parlent très bien toutes seules, et mieux que je ne pourrais jamais le faire, alors allons-y, et désolé si vous en êtes au petit-déjeuner : avec par ordre d'entrée en scène cauchemardesque et de gauche à  droite, le chauffage antédiluvien qui n'a jamais fonctionné, la chaudière hors d'usage, le répugnant bac à  douche, la cuvette des chiottes empuantie et hors service, et la fuite au compteur général d'eau (qui leur génère donc des factures uniquement afférentes à  l'eau perdue, aucune autre ne pouvant être consommée dans ces lieux où même un porc n'accepterait pas de vivre)4 :

XXIéme Siècle, Nord de la France...

Riant, non ?

Cinq cents euros par mois, religieusement réglés depuis un an même pas seulement à  une propriétaire, mais à  une agence intermédiaire, pourquoi se refuser ses éminents services, lorsqu'on possède un tel endroit, il ferait beau voir qu'on ait en plus à  le gérer soi-même, je suppose...

Avec, détail amusant numéro un, le fait que mon client a perdu son travail peu de temps après l'entrée dans les lieux, et n'a pu en retrouver, et qu'il est trop jeune pour bénéficier du RSA, tandis que sa compagne gagne six cents euros mensuels, et qu'il ne leur reste même pas cent euros par mois pour vivre, pour avoir le droit de dormir dans cet immondice !!

Et, détail amusant numéro deux, le fait que mes clients, tout timides, coincés et dépassés par les procédures qu'ils soient, ont tout de même tenté de monter un dossier CAF pour obtenir l'APL, c'est fou ce qu'on se débrouille plus vite lorsqu'on crève de faim et de froid, et que la CAF n'a pas pu la leur accorder, lisez la lettre ci-dessous, du fait que la demande porte sur un "logement indécent !"

Et la conséquence, c'est..?

Ainsi, ce galetas en voie de pourriture n'a jamais eu le moindre chauffage, que les nordistes se souviennent de cet hiver, ni non plus d'eau chaude, j'ai dix témoins de ce que mes clients se douchent et se lavent à  tour de rôle chez eux, un unique filet d'eau froide desservant tout l'appartement, ses fenêtres laissent toutes passer l'eau et l'air, l'une d'elles étant cassée, la chasse d'eau ne fonctionne pas ni ne l'a jamais fait -mes clients, sincèrement j'en tremble, défèquent dans du papier journal, tous les robinets fuient, y compris le général, toutes les évacuations sont bouchées, les murs sont détrempés et ne sèchent pas...

Mes clients étaient, également, surpris de leur note EDF, et ils ont récemment compris pourquoi : les parties communes de l'immeuble sont raccordées à  leur compteur : ils payent, en plus, la note d'une eau qui tombe au goutte à  goutte dans un seau, et la note d'une électricité qui alimente les lumières de tout l'immeuble

Lui présente désormais une allergie médicalement constatée, ils ont vécu l'essentiel de cette année dans le froid, la flotte, et les odeurs nauséabondes en provenance de la salle de bains, tout reste constamment humide y compris les vêtements

Et ils n'ont pas "rien fait" : ils ont écrit, plusieurs lettres, l'agence (de quoi ??) les renvoyant au propriétaire, lequel ne les renvoie à  rien, se contentant de ne rien répondre ; ils ont déposé une dizaine de demandes de logements sociaux, mais étaient un peu trop riches il y a quelques mois encore, et en tout cas pas prioritaires, même maintenant

Ils payent rubis sur l'ongle, et ne sont pas partis, et ont mis du temps à  venir me trouver, c'est vrai -mais ils sont ainsi, ils ne croient pas qu'on puisse réellement les aider, ils ne veulent nuire à  personne, ils ont pensé que bien sûr, la propriétaire allait enfin faire le nécessaire, que c'était un accident -et peut-être aussi qu'au fond d'eux-mêmes, ils ont doucement développé, année après année, ce "gène du Réprouvé" qui leur a fait croire que c'était leur destin, que tout le monde vit ça, qu'il ne faut pas se plaindre parce qu'on a déjà  un toit, malgré tout...

Et puis, pas de logement social, pas de RSA, pas de CAF, pas de chiottes, pas d'eau chaude, pas de droits, pas de vagues, pas de plainte, pas de réponses : je crois qu'ils avaient quelques raisons de penser que rien ne changerait, dans leur logique à  eux. Et qu'on peut difficilement leur en vouloir...

Vous savez ce qui les a finalement décidés à  venir chez l'avocat ? Les récentes chaleurs. Qui nous nous comblaient, mais qui, eux, leur ont rappelé que ça ne durerait pas, et qu'après août, il faudrait vite affronter un nouvel hiver, avec un petit à  venir : ça s'appelle, et ne croyez pas que j'exagère, de la peur.

Ce n'est pas du pénal, et lorsque je prends un dossier civil, en général, je le fais en étant plutôt apaisé Pas là .

Ce n'est pas du pénal, mais ça devrait. On y pensera même très fort...

Alors bien sûr, en tout cas, on saisit l'ARS et les services de la Ville en urgence, on va accélérer la demande d'aide juridictionnelle pour qu'un huissier puisse venir bien tout constater rapidement, on va aller demander au juge des référés de les autoriser à  consigner leurs loyers, je veux, non, j'exige, que cette vieille carne de propriétaire ne touche plus un centime de l'argent de ce couple, on va demander au juge du fond de la condamner à  enfin tout mettre en état, et à  verser tous les dommages et intérêts qu'on pourra lui faire cracher j'irais bien tenter d'obtenir l'autorisation de brûler ce truc moi-même, si faire se pouvait

Et au-delà , on va "activer les réseaux" qu'on peut, nous, avoir la chance d'avoir, comme on dit en politique, pour se dépêcher de leur obtenir un véritable logement -elle attend leur enfant, ça va aider, paraît-il...

Mais, bon sang, comment peut-on faire du profit de cette façon-là , et avec l'argent de ces gens-là , dans ces conditions-là , aujourd'hui, en France ?

Comment cette propriétaire, dont je vois sur le bail qu'elle habite une autre ville voisine de Lille, la plus riche, la plus cotée, maisons et appartements hors de prix avec souvent vue sur le golf, et peut-être dans l'avenue la plus luxueuse de ladite ville, comment peut-elle sereinement, le soir, éteindre son écran plat, ôter ses pantoufles, et se glisser dans ses draps frais, sans qu'aucune des images de son gourbi insalubre ne vienne la hanter, sans que les demandes de plus en plus pressantes qu'elle a reçu de ses jeunes locataires, par voie de recommandés hors de prix, truffés de fautes d'orthographe, mais aussi de formules de politesse et de suppliques naïves, ne l'empêchent de s'endormir..?

Comme je le leur ai dit, ce serait vraiment bien, une loi qui autoriserait, dans de telles circonstances d'abus manifeste, et même de dénégation totale de ce qu'est un être humain et du mot "décence", juste un échange, celui des domiciles respectifs, pour la même durée

Bon, je sais, vous connaissiez déjà  ce type de situation, malheureusement pas rare en France, et je suis certain qu'en cherchant bien, et peut-être même pas, les greffes des Tribunaux d'Instance de partout doivent en déborder, il y a pire et vous vous dites peut-être que j'ai l'air d'accoucher de ma propre naïveté, je sais5

Mais voyez-vous, je voulais notamment parler d'eux pour exsuder ma colère, mais pas seulement : aussi à  cause du fait que même cette escroquerie caractérisée, qui leur vaut notamment d'être malades je vous rappelle qu'elle est enceinte, et que dans mon Nord chéri l'été dure jusqu'au 20 août et est suivi de huit mois hivernaux- et, pardon mais il n'y a pas d'autres termes, de puer la merde en sortant de chez eux jusqu'à  la douche salvatrice d'un ami, oui, même ça, n'a pas -encore, mais je crois que personne n'y arrivera jamais- réussi à  entamer leur profonde gentillesse, et leur douceur.

Ils m'ont, par exemple, demandé en partant, et après que l'on eut ensemble téléphoné à  tout ce qu'on pouvait d'organismes divers et variés, et d'assistantes sociales, aussi, de bien vouloir les "excuser pour le dérangement"

Il y a des personnes qui ont tellement souffert qu'elles n'ont aucune, strictement aucune, méchanceté en elles.

Des Êtres Humains qui, s'ils sont une proie facile, inspirent aussi un drôle de respect, et font qu'on reçoit, une fois de plus, en pleine face, la dignité des gens frappés d'injustice... Ils seraient tout rouges, de lire mes grandes phrases, et c'est exactement ce qu'ils méritaient : un peu de chaleur.

  1. Son Incapacité Temporaire de Travail étant supérieure à  un mois, ce qui fait, encore une jolie institution de notre Justice, soit mentionné en passant, que dans ce cas, peu importe l'insolvabilité des auteurs des violences, le Fonds couvre, c'est-à -dire le paye par ses et nos impôts ; c'est aussi le cas en matière de violences sexuelles, quelle que soit cette fois la gravité des conséquences. Le type même de couverture, voir ici pour sa substance et ici pour les maniaques textuels, qui peut rendre fier de la Justice, et même, à  l'extrême rigueur, qui rend content de payer ses charges. []
  2. De moi à  lui, hein, pas l'inverse, n'allez pas croire, ça arrive aussi dans ce sens-là  ! []
  3. Et moi non plus, évidemment, hum []
  4. Prouesse technique dont je me félicite moi-même au passage, pas de raisons : je n'ai au bureau qu'un scanner noir et blanc, et ç'aurait été dommage... J'ai donc photographié ces photos avec mon IPhone, puis me suis envoyé le résultat par mail, et voilà , de jolies couleurs qui vous flanquent des frissons, j'aime cette technologie haut de gamme appliquée à  des bidouillages tordus []
  5. Et peut-être aussi que pour un "retour" de votre serviteur sur ce blog, c'est pas la joie, ben oui, mais le coup de sang post-rendez-vouesque se gère comme on le peut ! []

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  1. 2 réactions

    A propos des "clés du paradis", ça m'a rappelé une autre histoire entendue hier, voir là  :
    http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

    Vous faites honneur à  votre métier, merci

  2. 2 réactions

    Précision : pour les références du texte :voir à  la date du 1er août...(j'sais même pas insérer un lien correctement :? ...la honte...

    1. 3579 réactions

      Non, il n'y a pas de honte, le site ne prévoit aucun lien texte par texte. :D

      Dans ces cas-là , on peut se simplifier la vie, en copiant la chose directement ici :

      Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
      Du milieu de la foule, un homme demanda à  Jésus : « Maître, dis à  mon frère de partager avec moi notre héritage. »
      Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »
      Puis, s'adressant à  la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
      Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté.
      Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. '
      Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède.
      Alors je me dirai à  moi-même : Te voilà  avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. '
      Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? '
      Voilà  ce qui arrive à  celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »

      C'est vrai qu'il est joli, ce texte.

  3. 4 réactions

    J'ai parfois des patients d'une gentillesse sans fond alors qu'ils sont accablés par des problèmes de santé successifs et insolubles. Et je suis mal à  l'aise devant ces personnes dont rien ne semble pouvoir entamer la gentillesse et le calme. Pourquoi? Parce qu'ils sont reflet de ce que je souhaiterais être et ne serai jamais?

    1. 3579 réactions

      Quelque chose comme ça, oui, à  mon avis -comme moi : je serai le premier à  trouver tout injuste, et à  devenir méchant... Ce sont des personnes qui forcent le respect, à  plus forte raison qu'elles n'en demandent même pas !

  4. 6 réactions

    Au contraire de certain, le Mô dans ses accès de lutte des classes, c'est comme ça que je l'aime.

    Aller prendre ses douches dans la villa de la proprio, en montrant les articles du code de la construction et de l'habitation précisant les
    critères obligatoires de logement décent ?

    1. 3579 réactions

      :D

  5. 2 réactions

    J'ai une petite question qui n'a rien à  voir avec l'article en cours :

    "L'homme aux multiples maîtresses passera devant un juge d'instruction dimanche après-midi. (from TF1/LCI)

    Lies Hebbadj, le compagnon de la femme verbalisée en avril pour conduite avec un niqab à  Nantes, va être déféré devant le parquet dimanche après-midi, selon le procureur de Nantes. Le juge d'instruction devant lequel il va être présenté décidera alors des poursuites qui pourraient être engagées contre lui. "

    Comment savoir ce qu'il en est? Est ce que cet homme sera présenté devant un juge d'instruction, magistrat du siège ou alors devant un procureur, magistrat du parquet?

    Avec les médias comme TF1 qui mélangent tout on ne sait plus où elle la vérité ??

    1. 3579 réactions

      Voilà  la réponse : apparemment, déjà  mis en examen pour fraude, il l'est maintenant pour viols...

      Dans le premier cas - un délit - c'est au choix du parquet qu'une instruction a été ouverte ; dans le second, des crimes, l'instruction est obligatoire.

  6. 2 réactions

    J'ai lu l'article à  présent. Je me demande quand même une chose : quand on prend un appartement on le visite d'abord, je veux bien qu'ils n'aient pas ouverts les robinets lors de la visite et n'aient pas vu qu'il n'y avait pas d'eau. Par contre les toilettes et le bac de douche, on voit que c'est immonde, donc on ne loue pas ?!!!?
    Si moi une propriétaire me dit "ne vous inquiétez pas, je vais tout refaire dans l'appartement", je lui dis "ok, refaites tout et je viendrai revister plus tard", on ne loue pas un appartement qui doit être refait parce que sinon c'est des travaux en permanence et de la saleté pendant des mois.

    Donc pourquoi avoir loué cela? alors qu'il venait d'avoir un petit capital ?

    1. 3579 réactions

      Parce qu'ils ont cru ce que la propriétaire leur disait, que tout allait être refait très vite...
      Et que ce sont des personnes qui ne se méfient pas, et n'avaient par ailleurs ni "plan B", ni même conscience de devoir en avoir un...
      C'est dur à  intégrer, quand on a le choix, comme moi ou vous, mais pour eux, c'était de toute façon un cadeau, leur premier... Ils sortaient d'une grande précarité.

  7. 19 réactions

    On aurait bien besoin en Suisse d'avoir un avocat comme vous sur le plan social... moi en particulier, mais beaucoup d'autres aussi, vous seriez débordé de travail ;)

  8. 47 réactions

    Ecoeurant. Trop pour que la bonté de vos clients ne parviennent à  justifier le titre du billet, pour moi c'est l'impression de colère qui le domine (et qui nous est communiquée, au final). Certains commentateurs ont raison de nous faire réfléchir sur cette colère, car justice et vengeance dansent un ballet dangereux autour d'un tel récit.

    Si tout cela n'était pas virtuel la propriétaire serait sans doute lynchée avec les tripes des employés de l'agence de location devant les divers services sociaux inefficaces, mais est-ce vraiment ce qu'il faut souhaiter? Les responsables méritent sans nul doute qu'on lâche sur eux les Érinyes, mais Maitre Mô les remplace déjà  avantageusement. Car entre deux moments de colère non-feinte (billets, plaidoiries...), il utilise d'abord ses talents de façon raisonnable dans l'intérêt de ses clients.

    L'avocat qui se laisserait uniquement porter par sa colère et sa volonté de "faire payer" commettrait l'erreur de croire qu'il a le droit pour lui parce qu'il est "du côté des victimes", et nous savons grâce aux blogueurs de talent que cette idée n'a pas de sens. Finalement, ce billet n'est-il pas plus l'expression de homme que celle de l'avocat?

    Merci aux deux.

  9. 1 réactions

    Pour info, s'il y a un enfant à  naitre, ils ont bien droit au RSA

  10. 1 réactions

    Cette histoire me fait frémir, comme bon nombre de commentateurs avant moi et me met en rage avec l'envie de tuer quelqu'un. Parce que j'ai vécu quasiment la même chose, en moins pire... (attention pavé)

    Il y a quelques années, j'ai trouvé un logement au loyer modique (enfin, pas tant que ça au vu de la surface habitable de 18m²) dans un vieux bâtiment des années 50, au-dessus d'un garage. Il avait eu un dégât des eaux déclaré dans la salle de bains, mais l'agence gérante du logement à  la place du propriétaire m'avait dit que le dégât était terminé et que les réparations seraient bientôt faites (avant mon entrée dans le logement).

    Cela n'a pas été le cas. Pourquoi? L'eau coulait toujours de l'appartement du dessus, par filets entiers. La moisissure n'a jamais cessé de pousser. Et l'agence n'a pas voulu bouger pour réparer le dégât tout de suite : j'ai attendu un mois dans mon cagibi insalubre, le temps que je contracte une allergie respiratoire à  la moisissure noire qui se formait tous les jours, même si j'ai tiqué un mois plus tard que c'était pour cette raison que je m'étouffais toutes les nuits. Mais je suis allée gueuler à  l'agence, tous les jours, aux mêmes personnes. J'y ai même fait une crise de nerfs, la seule de ma vie. Que dalle, on m'a traitée avec mépris et ce n'est pas toutes les lettres du monde qui auraient changé quoi que ce soit. Il a fallu que j'appelle mon assurance pour que tout se débloque : visite d'expert, petite lettre gentille à  l'intention de l'agence, ils ont fini par bouger.

    Entretemps, j'ai découvert que la salle de bains était une vraie passoire d'eau pas aux normes, que ma moquette faisait office d'isolation entre mon appart et le garage du dessous (pas isolé, en Normandie et en bord de mer ça commence à  craindre un peu) y compris quand le proprio du garage prenait sa voiture (ça sent vraiment mauvais une voiture), que mon installation électrique n'était plus aux normes et que si j'avais une note d'électricité à  3 chiffres, c'est que mon ballon d'eau chaude n'avait pas de coupe-fusible entre les heures pleines et les heures creuses. En plus, lors de la visite d'une personne de l'agence avant mon départ dans l'appartement pour voir si j'avais pas trop fait de bêtises dedans, on m'a dit que ce n'était pas la peine que JE change la moquette (que j'avais shampouinée, révélant sous la couche grise de crasse sa vraie couleur : du rose). J'ai rendu l'appartement dans un meilleur état qu'à  mon entrée, j'étais écoeurée mais vivre dans la crasse, c'est tout simplement pas possible.
    Mais le pompon, le truc qui a fait déborder le vase, c'est qu'ils m'ont prélevé des frais d'état des lieux (25 euros) de départ alors que celui-ci avait été effectué par une personne de l'agence. C'est strictement interdit et ils le savaient très bien, la preuve : à  la moindre contestation de la part de mon père, ils ont remboursé dans la semaine.

    Et encore, je n'étais pas dans la pire des situations : un étudiant comme moi était venu gueuler un jour parce que pour EDF son logement n'existait pas, donc qu'il ne pouvait pas avoir d'électricité, puisqu'il n'était pas raccordé au réseau....

    J'espère vraiment qu'ils vont s'en sortir. Parce que même en protestant, c'est vraiment dur de faire bouger les choses seul, quand on sait qu'on n'a pas de poids face à  une société ou un propriétaire qui tient les "pauvres" par les bonbons, le sait et en abuse pour gagner plus de sous. Surtout quand le locataire ne connaît pas les droits dont il dispose, il devient un vrai pigeon à  plumer. C'est peut-être un peu déplacé, mais je vous remercie vraiment pour l'aide que vous leur apportez. Serait-il possible d'avoir de leurs nouvelles?

  11. 7 réactions

    Cher Maître Mô,

    C'est la première fois que j'ose poster chez vous (devant votre prose et celles de vos invités, je me sens toute timide), mais je ne résiste plus. Pourquoi à  ce billet en particulier? Peut-être parce qu'à  l'évocation d'un bébé "en route", mon coeur de mère se réveille et se révolte...

    Nous sommes maintenant en février 2011, soit plus de 4 mois depuis le dernier commentaire sur ce billet... Depuis, l'hiver a fait plus que commencer: j'en ai cassé ma voiture sur une plaque de verglas cachée sous 10 cm de neige :twisted: ... Mais ça, ça n'est que du matériel...

    Donnez-nous des nouvelles de vos clients, leur bébé doit être né maintenant, ont-ils pu être relogés à  temps?

    Merci de votre réponse ;)

  12. 231 réactions

    Je suis dans doute en retard, et à  la masse, mais j'ai vu passer des cas comme ça au Ministère de la santé. Avant de devenir élève avocate.
    J'imagine que ça a été enclenché (notamment par l'ARS) mais les articles XXX du CSP permettent de faire reloger les loctaires dans un lgoement décent aux frais du propriétaire pendant la durée des travaux que celui-ci est contraint de faire, à  ses frais également / évidemment. Suite à  arrêté préfectoral d'insalubrité, si mes vieux souvenirs sont exacts.

  13. 231 réactions

    Oups, c'est ça de lire au hasard. Je viens de voir la date du billet. Mille excuses pour l'inutilité du commentaire précédent, et mille supplémentaire puisque je vais à  nouveau manger de la mémoire d'hébergeur en récidivant.
    Je sais que vous n'avez pas que cela à  faire mais peut-on savoir quelle est la situation de vos clients aujourd'hui et si la vieille carne a dû payer cher?

  14. 2 réactions

    Moi aussi j'aimerais bien connaître les suites de cette histoire...

    On se prend à  espérer qu'un tel cas ne demeure pas sans dénouement heureux.

  15. 2 réactions

    Oui, on aimerait bien savoir ce qui s'est passé : ont-ils été relogés ou la propriétaire a-t-elle remis en état le logement (et déconnecté les parties communes du compteur EDF) ?

  16. 3579 réactions

    La propriétaire a été condamnée à  refaire le logement à  neuf, les travaux sont terminés ; nous poursuivons la procédure au fond, en paiement de dommages et intérêts substantiels, les loyers ne lui étant plus payés, mais consignés pour l'instant.

    1. 231 réactions

      Bonne nouvelle du lundi, merci!

      1. 516 réactions

        Yatta ! :lol:

  17. 2 réactions

    Ah c'est formidable ! Quelle bonne nouvelle !

  18. 3 réactions

    Je lis ce blog à  rebours, tous les anciens articles, c'est magnifiquement écris.Et ça m'apprend beaucoup sur mon futur métier. Je suis actuellement en M1 Droit des Affaires à  Nanterre. Deux remarques sur ce billet.

    La première juridique.

    Plutôt que d'alarmer tous les organismes sociaux de la région, mon premier réflexe aurait été d'aller voir le juge des référés pour lui demander le séquestres des loyers à  la Caisse des Dépôts et Consignations. C'est le moyen le plus efficace pour rappeler un proprio à  ces obligations sans être en tort au civil. Je constate que c'est ce que vous avez fait.

    La première moins juridique.

    C'est dommage de ne pas aller au pénal pour une fois qu'on tient de vrais connards. Non pas des réprouvés, des gens qui finissent pas devenir des monstres à  cause des monstruosité qu'ils ont subis. Enfants battu battra, enfants violé violera. C'est très schématique mais l'idée est là . Non plus que des voleurs de pommes et assimilés. Tel certains très rares dealers qui commence à  dealer pour payer les loyers de leur mère (pour vivre en banlieue -celle qu'on voit à  la télé- et en avoir côtoie un certain nombre , je peux dire que ça existe, mais que c'est excessivement rare).

    Non, de vrais connards, comme dans les films, comme dans les dessins animés de Tex Averi, des Shylocks, des Burns, des Gripsous. Des gens qu'on enverrai en taule de bon cœurs. Que le propriétaire passe du château au donjon. Pour voir.

  19. 5 réactions

    Alors, maître? Que donnent les poursuites?

    1. 1 réactions

      Les travaux ont-ils été finis a temps pour leur permettre de ne pas passer un second hiver dans ces conditions et d'accueillir leur bébé dans de bonnes conditions ?

      La vieille carne de propriétaire a-telle au moins eu un peu honte au procès ?

      Ont-ils obtenu les dommages-intérêts demandés ? Et leur CAF ?

      S'il-vous-plaît, MonMôàMoâ, donnez-nous de leurs nouvelles !

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