Petit moment de détente du week-end …

... qui vous est offert, une fois n'est pas coutume, par le ministère de l'Intérieur1 .

Quelques erreurs forcément volontaires se sont glissées dans ce communiqué, ou ce compte-rendu, comme on voudra, publié sur le site dudit ministère, et découvert via Eolas2 . Saurez-vous les retrouver ?

Indice : la plupart me paraissent concentrées dans les quelques lignes que, par souci de meilleure accessibilité, je reproduis ci-dessous. Lire la suite

  1. Et aurait dû être mis en ligne dès hier, si je ne m'étais pas fait griller par mon hôte, alors que j'avais terminé mon post avant lui - en même temps, il est chez lui, quand même ... - tant pis, ça fera deux billets du week-end. []
  2. Merci Maître ! Que ferait-on sans les avocats, je vous le demande ... []

Soleil au Sénat !

Ces dix derniers jours ont été épouvantables à  tous points de vue -certes, j'adore me faire plaindre, mais là , pour une fois, ce serait mérité- et je finis la semaine sous les dossiers, la voix éraillée d'avoir plaidé, les yeux cernés d'avoir guetté une réaction amicale ou à  tout le moins compatissante des tribunaux, et, euh... Le cœur, c'est ça, le cœur brisé d'avoir espéré un geste de survie de mon banquier, ou même un geste humanitaire de mon garagiste...

J'ai donc à  peine eu le temps de m'autoriser de temps à  autres une heure de maraude en ces lieux vénérés, sur les coups de cinq heures du matin, histoire d'assurer la maintenance minimale des lieux et de vérifier qu'on n'y disait rien d'insultant pour personne, ou en tout cas pas sans mon consentement -et je tiens à  présenter à  mes millions d'adoratrices mes excuses les plus plates pour cette indisponibilité, que j'espère la plus momentanée possible1, puis, la première cafetière de la journée prenant quand-même un peu de temps à  être vidée, et le premier paquet de clopes à  rejoindre la poubelle et son contenu mes poumons, une demi-heure supplémentaire a parcourir un peu l'actualité du Ouaibe, l'œil  morne et le moral en berne... Jusqu'à  ce jour. Lire la suite

  1. Auprès de mes lecteurs mâles, je ne m'excuse pas, car c'est un signe de faiblesse selon John Wayne, mais le cœur y est ! []

« Sport. Never. »

(très joli titre qui n'est évidemment pas de moi, mais emprunté à  Winston Churchill, un type qui avait tout compris à  la vie et à  qui celle-ci l'a bien rendu, puisque malgré ses dix cigares quotidiens et cette absence totale et revendiquée d'exercice physique, secret selon lui de sa longévité, il a vécu 91 ans)

Note préliminaire : je pense pouvoir assurer à  tous que personne n'apprendra quoi que ce soit de juridico-judiciaire dans ce billet, qui ne contient pas un gramme de droit et se veut purement anecdotique. En vérité, j'étais supposée finir de le rédiger pour jeudi midi, suite à  une injonction du Maître1 qui prétendait vouloir bosser ET éviter de passer une semaine sans rien publier. Mes brouillons plus sérieux n'étant pas prêts à  sortir, nos travaux communs non plus (à  cause de lui), je me suis dépêchée de relancer celui-ci, pour m'apercevoir vers midi que mon hôte avait finalement décidé de sous-traiter son travail éditorial à  un autre magistrat. Pas grave, j'ai quand même décidé de sortir mon billet light, d'autant que nous sommes encore en période de vacances, de week-end, de nuit et de froid, ce qui devrait me permettre de ne pas gêner trop de fans des chroniques judiciaro-législatives. Ca apprendra à  d'aucuns à  lancer des appels au secours multidirectionnels.

Voilà , vous aurez été prévenus. Je m'en vais maintenant vous parler d'un temps que les moins de, disons, 28 ans ne peuvent pas connaître : celui auquel les candidats à  l'entrée par concours2 dans la magistrature devaient prouver qu'ils étaient titulaires non seulement d'une tête bien lourde faite, mais également d'un corps le moins malsain possible3 . Lire la suite

  1. Textuellement, "Tu vas publier, oui ou merde ?", car il a le sens de la formule énergique - à  croire qu'il a un jour été moniteur à  l'INSEP. []
  2. Les trois premiers concours en fait, mais vu la multiplicité des voies d'accès au métier, je préfère simplifier. []
  3. Avant de se voir offrir moult occasions de démentir ce dernier point au cours de diverses soirées bordelaises alcoolisées, bien sûr. []

Un jeune de quinze ans est-il plus dangereux que le « Gang des Barbares » ?

Par Laurence Bellon, Vice-présidente du tribunal pour enfants de Lille, membre du groupe pluridisciplinaire à  l'origine de la pétition "Quel futur pour les jeunes délinquants ?"1 .

Trois brèves observations introductives à  cet article : d'abord, à  titre personnel, moi, la justice des mineurs, hein, autant vous dire que ça ou rien... Seulement voilà , quand une magistrate de votre ville soudoie votre associé pour vous faire passer un texte avec ordre de le publier, sous peine de ne plus jamais relaxer un gamin défendu par vous, c'est tout, on ne réfléchit pas, on modifie un temps sa ligne éditoriale, et on s'exécute !

Ensuite, plus sérieusement, c'est évidemment bien de l'honneur qui m'est ainsi fait, et ça l'est d'autant plus que le texte qui suit propose une solution limpide, claire, facile, aux difficultés posées par le fait de juger des mineurs accusés de crimes. Et qu'il constitue, ainsi, une preuve de plus que dès que les véritables praticiens réfléchissent, en mettant toute leur expérience professionnelle dans la fameuse balance, on aboutit à  un règle applicable, logique, et respectueuse de tous les intervenants. Élus de tous bords, prenez-en de la graine, ça nous ferait des vacances... Lire la suite

  1. Vous auriez deviné tout de suite que ce texte n'est pas de moi : il est court ! []

Môktoub

Hier, j'ai rêvé à  une histoire rigolote, celle d'un garçon qui commettrait parfois des bêtises1, qui serait très mauvais dans son domaine, puisqu'il se ferait prendre régulièrement, mais qui, inexplicablement, aurait une chance incroyable, à  chaque fois...

Précisément, j'ai dû rêver -je pense que c'était un rêve, parce qu'autant de chance, ça n'existe pas, en principe- que j'assistais, hier donc, toute l'après-midi et une bonne partie de la soirée, l'un de mes clients fétiches2,et qu'il s'agissait de la deuxième fois où il risquait l'emprisonnement dans le même dossier, et la sixième fois en tout dans sa pourtant relativement courte vie -et dans mon rêve, je me disais que cette fois-ci, je pourrais toujours me rouler par terre devant ses juges, ou bien me planter une orchidée dans le rectum pour les faire rire, le résultat serait le même : cette fois, il dormirait en prison... Lire la suite

  1. Lorsque c'est un pénaleux qui utilise ce terme, traduisez : "des actes criminels lourdement répréhensibles" ! []
  2. Déjà , lorsqu'un pénaleux qualifie un client de cette façon, vous êtes en droit de penser récidive... []

On aurait vraiment mieux fait de ne rien dire !

Comme ce problème [SUITE ET FIN, PROMIS !] est devenu légèrement obsédant, depuis que d'éminents confrères Ouaibesques l'ont mieux expliqué que moi, pour, sous couvert de diverses louanges de pure forme1, venir ensuite me ratatiner le cervelet en en tirant des conclusions différentes des miennes, j'exorcise, et, dans le but avoué de me libérer l'esprit pour aller conclure quelques divorces passionnés, reviens ici, je vous le jure de la façon la plus simple possible, sur la gentille énormité que constitue, en tout cas, la modification légale du code pénal relative à  l'inceste.

Je sais que chacun aura compris qu'il y en a bien un, de problème (et même une demi-douzaine), et peut-être considérerez-vous que les circonvolutions juridiques autour d'icelui importent peu, au fond : c'est assez exact, mais, outre qu'il n'est pas anodin qu'un délit incestueux soit éventuellement réprimé d'une peine maximale divisée par deux (si j'ai raison), il ne sera pas dit que je me rendisse sans combattre, et les thèses en présence me collent une migraine qui mérite traitement, la non-compréhension d'un raisonnement me terrifiant littéralement, surtout quand c'est le mien -et j'y adhère toujours, mais de façon un peu plus claire désormais -enfin, je crois... Lire la suite

  1. qui ne sont pas sans rappeler celles du plaideur rendant  un hommage sucré aux réquisitions qu'il vient d'entendre, si rigoureuses, si remarquables, si précises, pour s'empresser dans un second temps de les détruire avec fougue et de n'en laisser que cendres... []

On nous dit rien… Et parfois, on fait bien !

J'ai commencé à  rédiger ce qui devait être une brève le 27 janvier dernier, c'est à  dire le lendemain matin de l'adoption de, devinez quoi, une nouvelle et même néme loi venant partiellement réformer notre droit pénal, en l'occurrence celle qu'on a cru devoir voter pour introduire1 l'inceste dans notre code pénal -le mot "inceste", j'entends, parce que, comme bien vous le pensez, le crime lui-même y était déjà  prévu et réprimé, aux termes d'un petit groupe de textes dont je vous cause dans quelques minutes -et vous allez voir que pour en causer, on va en causer...

A l'origine donc, je souhaitais juste au passage souligner à  la fois qu'on fait de plus en plus souvent ce genre de choses sans le dire à  aucun praticien, et qu'il est désormais littéralement impossible de travailler en temps réel avec la moindre des nécessaires sécurités juridiques, ce qui devient littéralement ingérable, par tout le monde -tiens, la fameuse Loi Pénitentiaire, là , vous savez, ce gros bazar dont on a parlé sans le faire un peu partout ? Et bien au passage, elle a totalement réformé non pas seulement l'application des peines et leurs modalités, ce qui n'aurait déjà  pas été mal, mais en plus les conditions mêmes du prononcé de ces peines par un Tribunal, y compris en comparution immédiate, et elle dit deux ou trois petites choses passionnantes, cette loi, comme par exemple que tout tribunal condamnant désormais à  de l'emprisonnement ferme inférieur à  DEUX ANS (tout de même) DOIT "aménager" cette peine -c'est à  dire doit expliquer comment le gars en question échappera au trou, rien que ça ! Lire la suite

  1. Ou plus exactement réintroduire, puisqu'il s'agit d'une notion qui y figurait historiquement je pense []