Histoire Noire IV

IV INTERROGATOIRES

Il n'a aucune idée de l'heure qu'il est, il ne sait pas combien de temps a duré son interrogatoire, il ne sait plus combien de fois on lui a posé les mêmes questions, ou d'autres, ni sur combien de tons différents, il ne se souvient, là , maintenant, d'aucune de ses réponses, et n'essaye même pas de savoir si elles étaient convaincantes...

Il a les bras noués autour du corps, le menton collé à  la poitrine, le regard sur le sol dégueulasse, et quand les larmes finissent par lui venir aux yeux, il murmure juste "quelle salope", et il ne sait même pas si c'est à  l'adresse de Dalila ou à  celle de la femme qui vient de le torturer ; il est vidé, et il comprend maintenant ce que l'avocat, des heures auparavant, essayait de lui dire : "Oh non, vraiment non, pauvre con, tu ne vas pas sortir d'ici comme ça...".

Il est accusé de viol. Il est accusé d'avoir violé Dalila, ce matin, dans sa classe. Et il vient d'essayer de s'en défendre pendant des plombes, en face de quelqu'un qui à  l'évidence ne croit pas un mot de ses dénégations, qui est persuadée que cette histoire de dingue est vraie, et qui l'a constamment regardé comme un salopard de violeur de gamine. Et le lui a dit.

Il a envie de vomir. Il n'y a strictement rien à  faire d'autre pour l'instant que d'attendre, elle le lui a dit, on le laissait réfléchir, quelques heures, et on reprendrait tout ça tôt le matin... Alors il essaye de réfléchir, puisqu'ils veulent, mais putain, à  quoi ? Calme toi, Jean-Marc, du calme, ça ne sert à  rien. Réfléchis, que t'a dit cette femme, exactement, qu'est-ce qu'elle a contre toi -à  part, bordel, qu'elle croit Dalila comme sa propre fille..?

___________

"- Je croyais que vous ne saviez pas de quoi vous étiez accusé, et que vous n'aviez jamais fait de mal ?

- Mais... Il y a eu un incident ce matin avec elle, mais jamais... Enfin, vous parlez de viol, ça n'était absolument pas ça, pas du tout, elle...

- Elle, elle vous accuse de l'avoir violée ? Vous comprenez bien, c'est le motif de votre placement en garde à  vue ?

- C'est impossible, elle n'est pas... Elle n'a pas pu vous dire ça, elle n'est pas folle !

- Pourquoi dites-vous qu'elle n'a pas pu me le dire et qu'elle n'est pas folle ?

- Parce que je la connais, c'est l'une de mes élèves... Parce que c'est faux, archi-faux, je n'ai jamais violé personne, ni elle ni personne, jamais !

- Je vois que vous avez une écorchure à  la main, que vous est-il arrivé ?

- Quoi ? Ah, ça ? Euh, je ne sais... Ah, si, en mettant du bois à  côté de la cheminée, l'autre jour...

- Quand ?

- Euh, je ne sais plus... Hier ?

- L'autre jour ou bien hier, Monsieur Caron ?

- Mais... Hier, je crois, franchement je ne sais plus.

- Quelle est la composition de votre famille ?

- J'ai deux enfants, David et Louise, que j'ai eu avec mon épouse, que vous avez vue tout à  l'heure, Manu, enfin, Emmanuelle, on vit tous ensemble, rien de...

- Elle m'a paru très jeune, votre épouse, par rapport à  vous, non ?

- Oui, c'est vrai, elle est plus jeune que moi de douze ans. C'est une ancienne élève, j'étais son prof quand elle était en Première.

- Vous aviez des relations amoureuses avec une élève de Première ?

- Non, je n'ai pas dit ça : elle est tombée amoureuse de moi à  l'époque, mais je ne l'ai su que bien plus tard, elle était étudiante quand nous -enfin, quand on s'est rencontrés vraiment...

- Sexuellement, comment cela se passe avec Madame CARON ?

- Quoi ? Je... Que vous dire ? Je suppose, correctement, nous faisons l'amour normalement, 3 fois par semaine je dirais.

- Avez-vous des fantasmes, pratiquez vous des actes particuliers, des jeux de violence ?

- Non ! Qu'est-ce que... Non, pas du tout, ça ne me plairait pas, ni à  elle, ce n'est pas du tout notre truc -et je ne suis pas DU TOUT violent, jamais !

- L'avez-vous déjà  trompée ?

- Non, jamais.

- Vous préférez une femme vierge ou une femme expérimentée ?

- Je ne préfère rien du tout, je préfère ma femme.

- Vous avez eu beaucoup de femmes dans votre vie ?

- Oui, avant Manu, bien sûr, quelques unes, mais...

- Quel âge exact avait Manu quand vous êtes sortis ensemble ?

- Je ne sais plus, une vingtaine d'années...

- Vous vous sentez attiré par les femmes plus jeunes ? C'est une motivation par rapport à  votre métier ?

- Mais ça ne va plus, non ? Je suis prof parce que j'ai toujours voulu être prof, j'aime ça, j'aime enseigner, ça n'a rien à  voir, ça n'a JAMAIS rien eu à  voir avec une "attirance" à  la con, je ne vous permet pas de...

- (Mentionnons que nous rappelons à  Monsieur Caron que nous enquétons sur des faits de viol, et qu'il doit demeurer courtois.) Calmez-vous, Monsieur Caron, vous n'avez rien à  me permettre ou pas, je ne suis pas une de vos élèves, je vous pose seulement des questions. Avez-vous selon vous une attitude différente avec les filles et les garçons, en classe ?

- Absolument pas.

- On leur posera la question, vous savez... Bon, que pouvez-vous me dire concernant la relation que vous avez eue avec Dalila ?

- Aucune. Normale. Comme avec les autres élèves. J'ai toujours tout fait normalement pour Dalila, c'est tout ce que je peux vous dire.

- Dites-moi si vous avez bien compris pourquoi vous êtes en garde à  vue ?

- Vous m'avez dit qu'elle m'accuse de viol, et moi je vous dis que c'est totalement faux, il ne s'est  absolument jamais rien passé, seulement un incident totalement bénin ce matin, point barre. Et ce n'est pas normal que je sois ici puisque je n'ai rien fait

- Qu'est ce qu'un viol pour vous ? De quoi est-ce qu'elle vous accuse ?

- Ah ça ! Je n'en ai pas la moindre idée... Un viol, c'est lorsque quelqu'un abuse d'une autre personne, lui impose une relation sexuelle contre son consentement, la violente... Je ne lui ai absolument rien fait, je n'ai jamais eu la moindre attirance sexuelle pour elle, ni aucun élève, je n'ai rien fait.

- Vous dites que vous n'avez rien fait, mais vous parlez d'un incident, ce matin ?

- Oui, et c'est tout. J'ai vu qu'elle avait l'air de mal encaisser une très mauvaise note sur une copie, et mes observations écrites. Je l'ai retenue, à  la fin du cours, pour en parler avec elle, je voulais la rassurer, lui dire que je pense qu'elle doit persévérer, atténuer mes remarques écrites, qui étaient un peu dures, et c'est tout. J'ai posé la main sur son épaule pour la rassurer, en lui parlant, et j'ai bien vu qu'il y avait quelque chose d'anormal, elle a fait un bond, et elle est partie en courant, comme ça, sans rien dire... Voilà , c'est tout, absolument rien d'autre. J'en ai parlé à  d'autres profs, juste après, et à  ma femme, en rentrant, vous pouvez les interroger...

- Nous le ferons, soyez-en certain. Dalila ne raconte pas du tout les choses comme ça. Elle a quel âge, au fait ?

- Je ne sais pas précisément, 14, 15, 16 ans ?

- Vous dites que vous l'avez "retenue" ? Comment ?

- Ah, oui... Non, je voulais simplement dire que je lui ai demandé de rester à  la fin, quand les élèves sortaient, c'est tout. Aucune contrainte. Enfin, normale, seulement, un prof qui demande à  une élève de rester, quoi...

- Et ça vous arrive souvent, de "retenir" une élève après le cours ?

- Non, rarement. Quand il le faut, quand je souhaite leur parler en privé, quand je détecte un problème particulier, ou que j'essaye d'aider individuellement...

- Il y avait donc un problème particulier chez Dalila ?

- Non, pas dans le sens... Mais là , sur cette correction de copie, oui. Dalila a des choses à  dire, sur le fond, mais c'est une catastrophe en termes d'expression écrite. Je vous l'ai dit, je voulais la rassurer et lui dire de continuer à  travailler, l'aider...

- Et, pour l'aider, vous dites que vous la touchez ?

- Mais non ! Je n'ai pas dit du tout "je l'ai touchée", j'ai dis que j'avais fait un geste rassurant, un peu paternaliste, si vous voulez, en lui parlant, en l'encourageant, j'ai juste tapoté son épaule avec ma main, pour lui dire "ça va aller", et c'est tout, rigoureusement tout, je le jure !

- Vous avez souvent des "gestes paternalistes" avec vos élèves filles, restées seules avec vous ?

- (Mention : Monsieur Caron ne répond rien, il soupire et secoue la tête.)

- La question vous dérange, apparemment ?

- Mais pas du tout : elle me révolte ! C'était un geste totalement anodin, d'empathie, sans la moindre connotation, et comme j'en ai déjà  sûrement eu avec d'autres, élèves comme autres personnes, oui, comme vous-même vous avez déjà  dû en avoir plein, bon sang...

- Donc, pour vous, il ne s'est strictement rien passé d'autre ?

- Non, je vous l'ai dit, rien.

- Avait-elle une quelconque marque apparente, ce matin là , sur le visage ?

- Comment ? Euh, non, rien de particulier, je ne vois pas...

- Il se trouve que Dalila a été prise en charge par des policiers immédiatement après vous avoir quitté, effectivement en courant, d'ailleurs, alors qu'elle courait dans la rue. Et qu'ils ont constaté, comme moi, et comme la Médecine Légale, que Dalila portait une trace de coup toute récente sur le visage. Qu'en pensez-vous, et pensez-vous qu'elle se la soit faite toute seule ?

- Mais je n'en sais... Ah, si, elle est tombée quand elle a bondi, je vous l'ai dit, elle a dû se cogner.

- Vous ne m'avez jamais parlé d'une chute ou d'un coup ?

- Mais si, je vous l'ai dit.

- (Relisons à  Monsieur Caron ses déclarations ci-dessus) Non. Vous m'avez dit "elle a fait un bond et elle est partie en courant", c'est tout. Pourquoi n'avoir pas mentionné spontanément ce coup ?

- Je... Je n'y ai pas pensé, je n'ai pas apporté cette précision, mais c'est tout, je ne voulais pas cacher quoi que ce soit. Et ce n'est pas un coup, c'est une chute, c'est sa réaction très brusque qui l'a provoquée, c'est même ce qui m'a fait dire qu'il devait y avoir un problème chez elle...

- Mais vous ne me l'avez pas dit spontanément. Ensuite, vous indiquez à  la fois que c'est pour vous un incident minime, normal, et pour autant que vous en parlez à  d'autres enseignants, puis à  votre femme. Nous vérifierons, mais si c'est exact, pourquoi en parlez-vous, puisqu'il ne s'est rien passé selon vous ?

- Je vous l'ai expliqué : sa réaction affolée, totalement disproportionnée, sa chute, justement, son départ précipité : n'ayant rien fait de mal, au contraire, je n'ai pas compris, et je voulais savoir si d'autres avaient déjà  remarqué  des problèmes chez elle...

- Comment votre femme aurait-elle pu en voir ? Elle la connait ?

- Non, pas elle, mes collègues... Ma femme, je lui en ai parlé parce que je m'en voulais, d'avoir été trop dur dans mes annotations, d'avoir manifestement blessé cette élève... Le pire, c'est que je l'aimais bien, Dalila, je...

- Pourquoi ? Vous ne l'aimez plus ?

- Vous plaisantez ? Vous voyez où je suis, là  ? Elle m'accuse de viol, et c'est un mensonge : non, là , je ne l'aime pas trop.

- Donc, c'est une menteuse ?

- Je n'avais rien remarqué à  ce sujet, mais comme moi je vous dis la vérité, oui, bien sûr qu'elle ment !

- Donc, quand elle raconte, quelques minutes après avoir quitté votre classe, spontanément, parce que son attitude affolée et sa blessure attirent l'attention de policiers dans la rue, qu'elle vient d'être violée par son prof, qui l'a retenue dans sa classe, seule, et a tenté de l'abuser, et est parvenu à  ses fins, en la violentant, et qu'elle s'est enfuie, elle dit n'importe quoi, elle ment ? (Donnons lecture au gardé à  vue des déclarations de la jeune Dalila) ?

- Je suis atterré... Oui, elle ment, c'est un tissu de mensonge, ça ne s'est absolument pas passé comme ça, ça ne s'est pas passé du tout...

- Elle l'a pourtant raconté, et m'a laissé prévenir ses parents, auprès desquels elle n'a rien démenti, et qu'elle a quatorze ans ?

- Si elle ment, je suppose qu'elle ment à  tout le monde.

- Dalila a été examinée par un expert-psychologue, qui l'a trouvée crédible : qu'en pensez-vous ?

- Qu'il s'est trompé ! Elle est peut-être crédible, son histoire est peut-être crédible, mais moi je ne la trouve pas crédible du tout, je vous affirme que c'est une invention pure ! De la folie...

- Le même expert n'a pas trouvé trace de pathologie mentale chez elle. En revanche, il retrouve un grand nombre de symptômes post-traumatiques, très habituels chez les victimes de viols : vous pensez qu'à  quatorze ans, elle a été capable de tromper l'expert et les tests qu'il lui a fait passer ?

- JE N'EN SAIS RIEN ! Je m'en fous ! C'est un cauchemar, c'est pas possible... Non, je suppose qu'elle ne serait pas capable de tromper un expert, mais si c'est ça, alors elle a peut-être subi quelque chose réellement, je n'en sais rien, mais pas par moi, je ne lui ai rien fait. Peut-être que mes critiques ou mon geste ont fait ressortir ça en elle, mais ce n'est pas moi.

- Vous accusez un autre adulte, son père ?

- Je n'accuse personne, je cherche à  comprendre...

- Justement, moi aussi : si elle vous accuse à  tort, en sachant qu'elle peut vous faire envoyer en prison, que ce sont de graves accusations, et qu'elle n'est pas folle, expliquez-moi ce qui lui prend, et pourquoi ? Elle vous détesterait ?

- Je n'en sais rien, c'est vrai que c'est démentiel, je ne sais pas. Peut-être qu'elle m'en voulait terriblement pour sa copie...

- Elle vous accuse de viol pour une mauvaise note, c'est bien ça ?

- (Mentionnons que Monsieur Caron ne répond pas et garde la tête baissée.) Que c'est-il passé avec Dalila pour qu'elle veuille vous envoyer en prison, Monsieur Caron ?

- Rien. Je ne sais pas. C'était une gentille fille, ça se sentait, du moins je croyais. Je ne sais pas.

- A la suite de l'incident, qui selon vous révélait des "problèmes", pourquoi ne pas avoir alerté les services sociaux, au moins ceux de votre établissement, ou seulement même sa direction ?

- Je comptais le faire dès lundi, je l'ai dit à  mon épouse. Là , c'était vendredi, elle était partie chez elle, et de plus je n'étais pas sûr... Je voulais demander l'avis de ma femme, justement,  avant, ne pas créer d'ennuis s'il n'y avait rien d'autre qu'une réaction d'humeur disproportionnée...

- Vous la trouvez jolie, Dalila ?

- Je ne... Oui, je suppose, enfin oui, c'est une jolie jeune fille.

- Vous avez été attiré par elle ?

- Non.

- C'est arrivé combien de fois que Dalila, ou une autre, reste seule avec vous après le cours ?

- Elle, jamais, à  part ce matin. D'autres, quelques fois. Des garçons comme des filles, d'ailleurs.

- Vous aimez les garçons aussi ?

- Vous déformez toutes mes réponses : je n'aime pas les filles, ou les garçons : j'aime mon métier, et j'essaye de bien le faire et de les aider. Enfin, j'essayais. Je comprends que j'aurais dû filmer ces entretiens en privé, mais je n'y ai pas pensé, vous voyez...

- On a saisi les vêtements de Dalila, qui n'ont pas été lavés, et des prélèvements vaginaux ont été effectués : nous n'avons pas de film, mais nous aurons des traces ADN. Persistez-vous à  nier les faits, en sachant que des examens ADN vont être effectués ?

- Bien sûr que oui : on ne trouvera pas mon ADN, nulle part, Bon Dieu ! SI : pardon, sur son épaule, on pourrait en trouver, mais rien d'autre, je vous le garantis.

- Les parents de Dalila m'ont dit qu'ils étaient surpris qu'elle ait des notes si mauvaises en français, alors qu'ailleurs Dalila s'en sort bien ?

- Je ne vois pas le rapport. J'ai toujours noté Dalila comme les autres, je vous l'ai dit elle a de gros soucis d'expression écrite -pas orale, apparemment...

- Vous trouvez ces accusations risibles ?

- Non, c'est pas le mot. Je suis abasourdi, je n'y comprends rien. Je n'ai aucune envie de rire.

- Elle non plus, elle ne riait pas, tout à  l'heure, Monsieur Caron. Décrivez-moi la façon dont Dalila est tombée, et comment une jeune femme qui sursaute, puis chute, peut se faire un hématome au front, selon vous ?..."

___________

Plusieurs heures.

Sur ce ton, en permanence.

Et ça ne fait que commencer, elle le lui a dit. Il va être réentendu, plusieurs fois, ce qui désormais le terrifie. Jusqu'à  ce qu'elle "sache la vérité", a-t-elle ajouté...

Elle n'a pas caché non plus qu'il ne fallait pas qu'il espère une fin de garde à  vue rapide : elle allait vérifier le plus de choses possible, et irait au bout -il la croyait. Elle allait entendre son épouse, ses collègues, ils iraient ensemble perquisitionner chez lui, on interrogerait des élèves...

Jean-Marc croyait ne rien avoir à  craindre, mais il constatait, stupéfait, qu'en réalité il avait peur de ces auditions, et peur d'à  peu près n'importe quel élément qui sortirait maintenant : il voyait bien à  quel point un mot pouvait être torturé pour l'accabler, combien les circonstances pouvaient apparemment valider cette... Horreur.

La policière avait quoi ? Les déclarations -ahurissantes- de Dalila, une expertise psychologique, un contexte, celui de son attitude à  elle, une blessure -il s'en voulait terriblement de ne pas en avoir parlé le premier, de ça...

Il n'arrivait pas à  réfléchir à  ces éléments, et d'ailleurs, réfléchir à  quoi, que pouvait-il faire pour les contrer, à  part dire, encore et encore, qu'il ne comprenait pas...

David, Louise, Manu...

Il avait un espoir : l'ADN. Il n'y en aurait pas, évidemment. Seulement, la policière lui avait bien dit que les résultats n'arriveraient pas tout de suite, en prenant soin de ne pas lui donner de délai...

Il avait bien compris que sa garde à  vue serait prolongée, et ça l'emplissait de frayeur, il ne pouvait plus maîtriser ça; le seul point positif est qu'il avait aussi compris qu'il reverrait "son" avocat, du coup, et c'était bien la seule bonne nouvelle dans tout ce marasme, un rayon de jour dans le noir...

David, Louise, Manu...

Une question le frappa soudain : on allait dire à  Manu, et à  ses collègues, et aux élèves, qu'il était là  pour le viol de Dalila, qu'il était suspect de ce putain de viol, de ces faits dégueulasses, ou pas ? Il ne voyait pas comment on interrogerait tout le monde sans en parler, oui, forcément -il mesura soudain que même quand il serait mis hors de cause, sa vie serait nécessairement modifiée, il mesura qu'il devrait se justifier partout -au bahut, déjà , rien que là ...

Il réalisa aussi que des histoires de profs pédophiles, il y en avait eu à  la pelle, dans l'actualité, et que ce contexte jouait aussi contre lui...

Toutes ces pensées, bien d'autres encore, s'entrechoquaient dans sa tête vidée, vidangée, il perdait parfois sa cohérence, il ne parvenait plus à  être objectif, il se prenait à  espérer que Dalila serait soudain prise de remords et viendrait tout dire -il émit une forme de prière, pour ça. Il avait maintenant le sentiment d'être là , emprisonné, depuis des jours, et de répondre depuis des jours à  toutes ces questions hostiles et impudiques... Il se demandait quelle heure il était, il savait juste qu'on était en pleine nuit, et comment s'en sortait Manu, si elle avait peur pour lui, ce qu'elle racontait à  leurs gosses, à  sa petite Louise...

Il n'était plus du tout certain de sortir rapidement de là . Et il était certain de ne pas en sortir indemne.

Il ne savait pas ce qui allait lui arriver, et il redoutait viscéralement tout, maintenant : il voulait, par dessus tout, s'en aller. Rentrer chez lui, et aller faire un million de bisous à  Louise, l'écouter rire...

Le visage tout rond et les grands yeux de Louise vinrent lui voiler les yeux, et il se mit à  pleurer.

[Lire le début ou l' épisode précédent] [Lire la suite]

203 réactions

dont les 20 dernières sont :
Maître Mô | Antoine | Titinou02 | Maître Mô | Mélie | White Corbel | Meraziel | Niels BOHR | Niels BOHR | Nico | Maître Mô | Maître Mô | Nico | dan | Oph | Maître Mô | Flojoapt | VnF | Pauletta_ | Brisbanoise |

  1. 516 réactions

    Il est là  le divin chapitre !
    Woohoo !

    Bon, c'est pas tout ça, mais maintenant, je n'ai plus qu'à  le lire.

    1. 516 réactions

      (une lecture plus tard)

      "Monde de merde."
      Georges Abitbol

  2. 528 réactions

    Si jamais quelqu'un ayant lu cette histoire continue à  s'opposer à  la présence de l'avocat pendant les interrogatoires de GAV c'est qu'il assume ce que vous appelez "Mieux vaut un innocent en prison que dix coupables en liberté", mais qu'il ne vienne pas ensuite hurler avec les loups quand des Outreau nous éclate à  la figure!

    1. 289 réactions

      Disons plutôt "Il vaut mieux dix innocents en prison qu'un coupable en liberté"...

      (ceci sans se rendre compte que bien souvent, un innocent en prison, ça veut dire un coupable en liberté, d'ailleurs...)

      1. 528 réactions

        Je me référais au commentaire 5.1.1.2 de Mô ci dessus... :lol:

        1. 289 réactions

          J'ai remarqué trop tard. Pardon. J'avais commencé la lecture des commentaires par la deuxième page (sans le remarquer, d'ailleurs...)

    2. 69 réactions

      Vous avez raison, cette histoire rappelle la nécessité absolu de garantir les droits d'un présumé innocent. Un Outreau commence ainsi, effectivement, comme ces centaines d'autres mini outreau, drames individuels. Le système, les méthodes utilisées ne fonctionnent qu'en causant des dégâts et des préjudices, ce qui est un comble dans une quête de vérité et de justice.

      Peut être est il,sur de tels dossiers qui engageront à  tout jamais le destin des protagonistes, plus que nécessaire d'assurer une formation spécifique avec un contrôle rigoureux de l'enquête, afin de préserver chaque partie. Il y a des efforts à  faire, mais on a commencé déjà  à  former des agents à  l'accueil des victimes selon leur spécificité. Il faudrait peut être aussi penser à  ceux qui ne sont que des innocents tant qu'un jury n'a pas dit le contraire.

      Quand on nous rabâche qu'il y a des monstres qui détruisent des vies et qu'il faut bien leur en faire baver, on ferai bien de voir aussi que notre système est lui même l'un d'entre eux, et l'un des plus cruel et prolifique avec toutes les vies qu'il brise. Ce n'est jamais sur le fond pour l'un et l'autre point que l'on va rechercher une solution épargnant des souffrances et des victimes inutiles.

      Ce qui me serre le coeur c'est que le Maître nous parle avec émotion de cette histoire et nous laisse deviner le drame qui arrivera, inexorablement. Qui en sortirai indemne ?

      Dalila même si elle dit la vérité aura désormais sur elle le fardeau du mensonge, et peut être même l'impossibilité de montrer la vérité.

      Jean Marc sait, a compris que même innocenté ce poids il le porterai, et que si jamais on devait aller plus loin alors il perdra encore plus. Quand il repense à  sa petite princesse à  lui , celle qu'il aime et qui elle l'aime lui , tous deux d'un amour pur, il sait que l'innocence va les quitter, que le pire est déjà  là  marquant leurs vies de son empreinte.

    3. 11 réactions

      Curieux, il m'avait semblé que l'affaire d'Outreau consistait aussi en une information judiciaire et un procès aux Assises.

      A quoi servent les actes du magistrat instructeur les auditions devant la cour, si une simple garde à  vue détermine le reste de la procédure. Faut-il comprendre que la justice est incompétente au point que l'instruction et le procès soient inutiles ?

  3. 1214 réactions

    Maitre, quand vous nous aurez livré l'intégralité d'Histoire Noire, vous n'envisagez pas d'en faire une nouvelle et de le vendre en librairie? Je suis sûre que çà  marcherait bien!

    Plus sérieusement, la suite n'augure rien de bon et je me retrouve toujours avec mon éternel question de CIP, et si l'homme que j'avais en face de moi était réellement innocent, pourquoi devrais je m'étonner d'une non reconnaissance des faits?

    Un jour il faudra que je me penche très sérieusement sur cette question et que j'en fasse un petit article. Vous m'aideriez Maitre?

    1. 267 réactions

      N'aggravez pas son cas... :P

  4. 1440 réactions

    Je me sens à  la fois déçu et satisfait à  la lecture de cet épisode ... (oui, vous m'excuserez, mais bon persuader mes tripes de rester à  l'intérieur, je préfère considérer votre récit comme - ce qu'il est finalement, vu que vous avez forcément changé quelques éléments de l'histoire - une série à  suivre que comme une histoire vraie romancée.)

    Déçu car on a attendu plus d'un an pour, au final, ne pas avancer dans l'intrigue. Satisfait car, en maître narrateur que vous êtes, vous faites monter l'angoisse et le mal-être, et surtout, en ne donnant que peu de repères temporels, sans notion de durée, vous rendez bien l'impression oppressante de ce qu'endure Jean-Marc.

    On devrait donner votre texte à  lire à  tout jeune pris par la police pour un acte de délinquance, pas forcément pour des affaires moeurs. Franchement, après cette lecture, on se sent édifier et on a vraiment envie de faire tout son possible pour ne pas finir en GAV. Vous avez trouvé la solution judiciaire ultime au "mieux vaut prévenir que guérir".

    Bon, et vu qu'il faut bien que quelqu'un le dise ... A quand HNV ? :)

    1. 3579 réactions

      C'est bien vu, PiTRe, comme toujours : au départ, cette partie était conçue pour avancer nettement plus loin. Et puis je me suis mis à  taper quelques bribes d'interrogatoire, et finalement, je me suis dit que c'était l'occasion rêvée : on parle toujours de "pression policière", et elle ne se traduit que rarement en coups ou en mensonges flagrants, alors je voulais partager ce que n'importe quel praticien aura reconnu comme un véritable pv d'audition, et pas l'un des pires, et montrer à  quel point cette pression est réelle, sans pour autant être à  proprement parler une voie de fait -bref, j'y suis finalement resté...

      Je me demandais qui parlerai le premier de la suite : voilà , c'est fait, et je n'en attendais pas moins de vous. :lol:

      J'essaierai de faire plus vite -et moins décevant... :eek:

      Incidemment, vous faites partie des personnes, d'ailleurs de plus en plus nombreuses, qui me rendent fiers de ce blog -voilà , cadeau 2010, n'en espérez aucun autre !

      1. 1214 réactions

        Hey, je proteste!!!

        Je suis la première à  avoir parlé d'histoire noire V! Non mais!!!

        En plus moi le cadeau que j'ai eu c'était en 2009! :P

      2. 267 réactions

        Et on glosera sur la pression policière...n'est ce pas une intolérable pression du barreau que de repousser d'un an la lumière d'un cadeau :(

  5. 84 réactions

    Merci Maître, pour cette HN IV tant attendue...
    Personne ne souhaiterait être à  la place de Jean-Marc (ni de Dalila d'ailleurs), et ce récit a le mérite de montrer que personne n'est à  l'abri de ce genre de choses, et que la phrase "les innocents n'ont rien à  craindre", chère à  certains pourfendeurs de libertés individuelles au nom de la sécurité, ne vaut pas tripette!
    Sinon, pour reprendre un peu de légèreté, les salles d'interrogatoires sont-elles toutes équipées d'enregistreur ou de miroirs sans tain? Parce que Jean-Marc pourrait aussi prétendre avoir été victime d'attouchements sexuels pendant ce "face-à -face"...

    1. 11 réactions

      Mais d'où vous placez vous pour estimer injustifié que la plainte ne soit pas traitée avec légèreté ? Le rôle du policier est-il d'épargner les humeurs où bien d'essayer de distinguer le vrai du faux ? Est-ce le policier qui est responsable du dépôt d'une plainte pour un crime ? Penses-t-on qu'une plainte pour un crime peut se traiter avec légèreté, être neutre de conséquences pour les intéressés.

  6. 1 réactions

    Encore un exemple qui nous montre l'importance du droit au silence et de la presence de l'avocat lors des interrogatoires de police.

    Extrait du tract d’Alliance :

    Par contre, la volonté actuelle de certains avocats et magistrats est d’instaurer un système accusatoire type anglo-saxon où la personne placée en garde à  vue est présumée coupable ce qui justifie la présence d’un avocat dès la première heure pour prouver l’innocence de la personne placée en garde à  vue.

    ALLIANCE Police Nationale précise que les fonctionnaires de Police sont soumis au respect et à  l’application de la loi et rien que la loi !

    De même, ALLIANCE Police Nationale rappelle que la Cour Européenne des droits de l’Homme a émis des arrêts qui ne concernent pas la France mais en tout état de cause si la France était condamnée, un arrêt de la CEDH ne vaut pas titre exécutoire en droit interne !

    Dois t’on demander aux agents de police en France de preter serment a la Constitution et a la Convention europeeene des Droits de l’Homme ? C'est la question qui se pose puisque certains refusent d'appliquer l'article preliminaire du code de procedure penale et de respecter la Convention europeene des Droits de l'Homme.

  7. 329 réactions

    Il est rare que l’erreur judiciaire soit fondée sur l’action d’un seul protagoniste de l’enquête. De même qu’en l’absence d’un élément à  charge pertinent ,qui à  lui tout seul ,pouvant apparaître comme l’élément de l’accusation ,je dirais qu’il est de bonne guerre que l’enquêteur mise sur les déclarations du prévenu pour obtenir « les aveux » dans les conditions prévues par la loi

    Mais ,de quoi a besoin l’enquêteur pour mener à  bien son interrogatoire ?

    Comme tout être humain,il a d’abord la hantise de se tromper ou de se voir ridiculisé devant sa hiérarchie donneuse d’ordres pour le motif qu’il n’a pas été à  la hauteur de la mission qui lui a été confiée. Ceci ,dans une organisation administrative lorsqu'elle met à  sa disposition des moyens qui le poussent à  se tromper en le mettant au défi de dépasser les contraintes matérielles pour obtenir du résultat et du chiffre.
    Il y a peu de place pour le recul et trop de recul fait perdre "les réflexes" qui doivent être automatiques durant la conduite de l'interrogatoire et doivent être aiguisés en permanance .Le paradoxes est que ,plus l'enquêteur interroge des mis en garde qui défilent ,raison qu'il peut opposer pour expliquer éventuellement un loupé ,plus il affine sa méthode d'investigation ,et plus il apprend à  déceler les clefs qui lui permettent d'écarter l'individu en face ,des faits qui lui sont reprochés.

    C’est dans cette ambiguàté permanante entre réussite ou échec personnel ou de fonction que se logent les contradictions de la mission et que l’enquêteur qui mène l’interrogatoire doit assumer en prouvant son aptitude à  pouvoir les résoudre dans la nuit pendant que le législateur qui l’a mis devant ce défi ronfle comme un bébé dans son lit..

    L’enquêteur ne demande pas un réconfort ,il réclame qu’il soit conforté dans son choix pour mener à  bien l’enquête. Dans notre affaire présente ,l’enquêtrice a un laisser passer en béton qui lui permet d’arpenter librement les pistes qui excluent la présomption d’innocence sans qu’un jour les effets néfastes de son choix , ne lui retombent dessus. L’enquêtrice a sous le coude le rapport de l’ expert-psychologue, qui accrédite la thèse de la culpabilité de Jean Marc. Le système pénal couvre ainsi celui qui décide de ne pas réfléchir et protège celui qui se rabat sur celui qui a pris le temps de "réfléchir" avant lui.

    L’erreur judiciaire se forme par strates qui deviennent un caillou redoutable .Il suffit qu’une première couche se forme pour que les suivantes apparaissent telle une cristallisation ,viennet s'appuyer contre elles et c’est la première irisation qui donne la direction aux suivantes.

    1. 1440 réactions

      la hantise de se tromper ou de se voir ridiculisé devant sa hiérarchie donneuse d’ordres pour le motif qu’il n’a pas été à  la hauteur de la mission qui lui a été confiée ... Oui mais, quelle est cette mission ? Accuser la personne qui se trouve en face de soi, ou chercher la vérité, et mener l'enquête à  charge et à  décharge ? Je sais bien (à  force de lire, quelques gouttes de culture judiciaire arrivent à  percer ma carapace obtuse et à  infuser mon cerveau :) ) que, durant la GAV, le but est d'essayer d'obtenir des aveux ou tout au moins un faisceau d'indices permettant de poursuivre l'enquête et que la partie décharge est certainement menée par la suite. Mais, dans le cas présent, je doute que l'état d'esprit de l'enquêtrice lui permette de faire correctement la deuxième partie ... N'est ce pas trahir sa mission ?

      1. 721 réactions

        Je pense que vous pouvez avoir trois lectures sur ce que vous appelez mission.

        La première :

        J'ai à  coeur de mener une enquête à  bien, ne serait-ce que pour la personne qui est venue déposer plainte. Je fais mon devoir, ce qui implique bien sûr de réussir à  mettre en œuvre tout mon possible pour faire condamner celui ou celle qu'elle met en cause. Dans le même temps, je pense aussi qu'on ne peut se baser que sur une simple accusation pour bouleverser le quotidien d'un tiers, avec les lourdes conséquences que cela peut engendrer, tant sur le plan personnel que professionnel. Il faut que j'élargisse, après tout, pourquoi devrais-je me fier plus à  untel qu'à  un autre, qui sont, pour moi, d'illustres inconnus. Je sonde, j'enquête, fais un environnement pour essayer de déceler des indices concordants, des éléments de preuve intangibles, afin d'essayer de découvrir une vérité plus objective que celle fournie, afin d'être au plus juste, envers l'un, envers l'autre, et quand bien même les éléments seraient indiscutables, peut-être qu'il existe des facteurs d'explication, de compréhension, des circonstances...Tout dépend de la nature du dossier.

        Deuxième lecture :

        Je veux trouver le coupable des faits à  tout prix, tellement c'est horrible le calvaire vécu par cette jeune fille. C'est un saligot (pour ne pas être vulgaire). Il n'y a pas de raison qu'elle dise que c'est lui, si ce n'est pas le cas. Il doit avouer. Elle n'aurait pas menti pour des faits aussi graves. Cet individu mérite d'être condamné pour ce qu'il a fait et je vais m'y atteler.

        Troisième lecture :

        J'ai passé tellement de temps sur cette enquête, engagé tant de moyens, mis à  contribution du personnel, je ne peux me résoudre à  aboutir sur du néant. Il me faut du résultat, pour moi, pour l'image, ma crédibilité est en jeu. Qui sait si cela ne va pas m'aider pour mon avancement en plus !

        A vous de choisir......

        1. 1440 réactions

          Vous savez bien que je suis un éternel optimiste ... Je vais donc ne retenir que l'option n°1. De toute façon, je suis certain que c'est celle que vous, vous appliquez non ? :lol:

          1. 419 réactions

            A n'en pas douter :lol:

            1. 721 réactions

              Ah vraiment, vous croyez? lol
              C'est en tout cas la ligne de conduite que je me suis fixée, et que d'autres aussi se donnent, en sachant que la tâche n'est guère aisée car elle impose de se remettre en question, de douter, et de ne pas prendre pour acquis ce que l'on pense être sûr de savoir...

              Effacer ses certitudes pour laisser la place au doute, se dire que ses premières impressions peuvent être erronnées, apprendre à  accepter que malgré tous nos efforts, nos profondes convictions, il sera impossible de faire entrer tel mis en cause en voie de condamnation et le faire admettre à  l'éventuel plaignant en lui expliquant les raisons, les impératifs du droit, de la justice telle qu'elle doit être. (chose loin d'être évidente.....)

              Ces trois états d'esprit peuvent très bien ressortir tour à  tour au cours d'une enquête parce que nous ne sommes que des humains avec toutes les faiblesses que cela implique, et qu'à  côté du rationnel, peut très bien surgir l'émotionnel.

        2. 1242 réactions

          Mode second degré "on" .Je choisis l'option 3. Un pour tous et tous pourris ! :lol: mode second degré "off"

        3. 267 réactions

          Une question rhétorique : comment sont menés les auditions de témoins ou de victimes présumés en mesure de parler ? Avec la même sagacité inquisitrice ? Evidemment non, sauf si le témoin porte des chaussures bicolores, un panama, et parle avec un fort accent transalpin, et encore. :P
          Quant aux victimes, la simple humanité quand une gamine se déclare violée impose de prendre au moins quelques précautions et donc de ne pas la traumatiser encore plus qu'elle ne l'a été. Au risque de passer à  côté d'une dénonciation calomnieuse.

          L'égalité de traitement est donc impossible. Votre tâche est bien difficile ma fille si vous voulez la mener en conscience.

          1. 419 réactions

            il me semble que si la suite n'était pas si intolérable (j'entends par suite, l'incarcération d'un homme ou d'une femme dans les conditions que nous connaissons actuellement) ça détendrait tous les intervenants en amont, non?

          2. 721 réactions

            Les dénonciations calomnieuses apparaissent généralement au terme d'une enquête longue et fastidieuse, qui, si elle fait ressortir des discordances ou des invraisemblances, impose de confronter la plaignante à  celles-ci. Et même en étant le plus délicat, le plus souple possible, le plus humain vis-à -vis de la victime présumée, cela sera bien souvent mal vécu car d'une, elle doit préciser des choses qui, si elles sont vraies, sont douloureuses à  rapporter, de deux, elle aura l'impression que sa parole est mise en doute. Je pourrrais peut-être aussi ajouter que le traumatisme peut altérer ou éluder des détails, et que même s'agissant d'oublis involontaires, il faudra vérifier.

            C'est quelque chose de nécessaire, dure, mais c'est à  ce prix que l'on peut espérer être au plus juste.

            Savoir être humain, faire preuve d'empathie, tout en ne perdant pas de vue certains impératifs.....
            De quoi se torturer l'esprit, effectivement...

            1. 34 réactions

              une question : avez vous déjà  entendu une histoire de ce genre, où la plaignante avait menti ? Et si oui, dans ce cas, quel en a été la suite (personnellement, le peu de cas dont j'ai entendu parlé, la plaignante avait malheureusement vécu ce drame) ?
              Cette question par ce que lorsque j'ai lu cet acte IV je vous avouerai avoir un doute autant pour l'un que pour l'autre, attention ce métier n'est pas le mien que de pouvoir "analyser" cette situation.

              1. 721 réactions

                On se vouvoie maintenant, c'est nouveau ça tiens ? Ce n'est pas parce que tu es sur le blog d'un avocat qu'il faut te sentr intimidée. Tu sais, le maître des lieux ne t'en tiendra pas rigueur si tu me tutoies. :lol:

                Oui, cela m'est arrivé et se reproduira, je n'en doute malheureusement pas. Cela ne concerne pas que les affaires dites de moeurs d'ailleurs. Il en existe beaucoup d'autres, où, pour des motivations différentes, des personnes déposent plainte, alors qu'elles ne sont en rien victime de quoi que ce soit. Cela va de celui qui, ayant eu un accident avec son véhicule, va en signaler le vol, pour pouvoir obtenir remboursement auprès de son assurance ; à  un autre qui de statut d'agresseur, va passer à  celui de victime, en tout cas, c'est ce qu'il prétendra ; à  un enfant qui, par peur de la réaction de ses parents parce qu'il a dégradé le vélo qu'ils lui ont offert, va inventer une histoire alambiquée pour se justifier quitte à  mettre en cause quelqu'un qui n'aura rien à  voir avec son affaire, en en occultant les conséquences pour ce dernier ; à  celui qui, pour des raisons de facilité de résiliation de contrat, signale un vol plutôt qu'une perte (c'est de "trop" nombreuses fois le cas par exemple pour les téléphones portables...), à  celui qui voudra se venger d'untel, parce que ma foi, il n'aura ainsi que ce qu'il mérite...(sic). Il existe tant de situations diverses et variées, ceci n'étant que des exemples.

                Les intentions ne sont pas toujours néfastes, initialement. Dans le cas d'Histoire Noire, Dalila est réellement victime de viol, mais elle ne désigne pas le vrai coupable. Aussi, c'est plus la peur, voire le traumatisme psychologique qui provoquent cet état de fait. Je l'ai déjà  vu également. Dans ce cas, les suites judiciaires ne sont pas forcément les mêmes.

                Dans le cas de la "victime" du vol de véhicule qui n'en était pas un, il s'est vu poursuivre pour dénonciation mensongère à  l'autorité judiciaire ou administrative de faits constitutifs d'un crime ou d'un délit qui ont exposé les autorités judiciaires à  d'inutiles recherches.( Art 434-26 du Code Pénal) , et, tentative d'escroquerie ou escroquerie (Art 313-1 du Code Pénal),c'est selon s'il y a eu indemnisation ou pas, à  l'assurance.

                Dans le cas de la personne ayant accusé à  tort un tiers, sachant quil n'était en rien responsable de son préjudice; celle-ci peut être poursuivie pour dénonciation calomnieuse, que les faits soient totalement ou partiellement inexacts, la victime des fausses allégations pouvant déposer plainte contre elle, à  son tour. (Art 226-10 du Code Pénal).

  8. 7 réactions

    je connais (par personne interposée) un prêtre à  qui il est arrivé apparemment exactement le même genre de chose: un jeune handicapé qui a été violé et reviolé dans le centre (pas religieux) pour handicapés où ses parents l'avaient laissé toute son enfance, puis il s'est pris d'affection pour ce prêtre, à  qui il a confié tout ça, qui l'a pris en pitié quelques temps, puis le prêtre lui a demandé de partir (c'était une communauté religieuse, et son séjour montrait qu'il n'était pas en mesure de vivre de cette façon), après quoi le jeune a fait une dépression très profonde, a été hospitalisé et a eu des médicaments très forts, et il s'est mis à  accuser le prêtre de tout ce qu'il avait subi dans le centre où il avait passé son enfance. Le prêtre est toujours en prison, il a pris 14 ans, il en a fait 10, et il n'est même pas en conditionnelle. il a plus de 70 ans. il a toujours clamé son innocence, et tous ceux qui le connaissent sont sidérés. Aucune preuve, mais les policiers ont fait pression sur un autre jeune dont ce prêtre s'occupait et qui avait fait de la prison: ils l'ont menacé -je ne sais pas comment- de le remettre en prison, il a avoué tout ce qu'ils voulaient, s'est rétracté après, ça a été la seule "preuve" retenue, mais ça a suffi.

  9. 14 réactions

    pfff le jour où j'ai deux rapport à  taper pour le lendemain, il faut que vous sortiez un chapitre...

  10. 2 réactions

    Il est quand même mal embarqué le gars, car quand la police va découvrir qu'elle n'est plus vierge, cela va donner une certaine force à  l'accusation.

    On a le droit de proposer des fins ?

    Une qui se termine bien. Elle avoue que ce n'est pas lui le violeur après plusieurs mois en détention provisoire de notre héros sort de prison dévasté.
    Une qui se termine mal. Il finit par être condamné et se suicide.
    Une qui se termine encore plus mal et qui a ma préférence :
    L'oncle hanté par les risques de voir la gamine revenir sur ses propos et au final l'accuser lui, prend peur. Ce qui n'était qu'un avertissement à  son intention devient une menace de plus en plus réelle. Il décide d'éliminer la menace en faisant passer cela par un suicide. Après tout quoi de plus normal que de voir une victime de viol ne plus supporter la vie. Le principal suspect en prison n'aura plus personne pour le disculper et le faisceau de présomptions sur lui largement suffisant pour que personne ne le soupçonne jamais.

  11. 244 réactions

    Nooonnn j'yyy crois même passs :roll: :roll: , vite vite faut que je lise avant de me reveiller!! :mrgreen:

  12. 1 réactions

    Un des plus gros problèmes est que personne n'a le droit à  l'erreur dans cette société. Un gendarme qui ne prend pas une plainte au sérieux est susceptible de sanctions disciplinaires graves si la plainte s'était avérée fondée par la suite (histoire vraie aussi)

    La société n'étant pas en mesure de pardonner à  un coupable, suppose que toute personne qui se prétend innocent est une personne qui va tenter de se soustraire à  la justice.

    Rendre la justice, ne devrais-ce pas être un moyen de rendre aux hommes la possibilité de se comporter de façon justes ? C'est à  dire rendre à  chacun le sentiment de justice.

  13. 6 réactions

    un autre problème me viens est ce que tout les coupable se rendent volontairement en GAV avec l'air de ne pas comprendre ce qui leur arrive?

    1. 69 réactions

      Ne croyez vous pas plutôt que ce sont les innocents qui s'y rendent sans ne rien réellement comprendre ?

      1. 6 réactions

        C'est justement le sens de ma question notre "héros" ici n'est visiblement pas au courant ce qui ce passe avant de faire le rapprochement avec l'incident de la journée, incident dont il ne se souviens qu'après un bon moment... Et il va en GAV limite la bouche en cœur et la fleur au fusil...

        Un gars qui sait ce qu'on a à  lui reprocher fait je pense plus de manière avant d'accepter (ou d'être contraint) d'aller en GAV...

        1. 69 réactions

          Je pense que cela dépend de l'individu, un coupable pourrai y aller tout innocemment, comme un innocent refuser totalement car estimant n'avoir rien à  se reprocher justement. C'est dans la gestion de l'interrogatoire ensuite que se ressentira la différence, certains 'coupables' jouant le jeu et acceptant de perdre.

          Mais pour un innocent il y aura forcément un traumatisme particulier, tandis que pour un coupable - tout autant si la méthode utilisée vise à  le détruire jusqu'à  ce qu'il cède ! On est dans le culte de l'aveu, on torture, tout en finesse, mais on torture, et on brise tout ce qu'il y a autour, tant que cela peut amener à  faire pression. Il faut tout de même dire que ce n'est pas la manière de faire de tous les enquêteurs, mais bon, force est de constater que cela arrive bien trop souvent.

          C'est en cela que j'en appelai dans un autre commentaire à  un système qui considère réellement la personne comme innocente et la traite avec le respect qui lui est dû. Et si même elle s'avérait coupable par la suite, ce ne serait que rendre simplement digne de notre pays son système judiciaire, car la justice ne doit être que recherche de la vérité afin de sanctionner le cas échéant un acte délictueux ou criminel. Cela dans l'esprit d'une justice au sens noble du terme, reflet d'une société qui s'est choisi les droits de l'homme comme étendard, et pas celle de la vengeance d'une société barbare. On ne peut vouloir punir des membres de la société sur un prétexte qu'on bafouera en leur infligeant à  eux.

  14. 4 réactions

    Haaaaa mais quel suspens insoutenable!
    Ne suivant pas votre blog depuis assez longtemps, j'ai débuté l'histoire par ce chapitre, et vu l'espace entre deux chapitres, je vais me résigner à  n'apprendre la suite que dans de nombreux mois (trop dur).

    J'espère juste que Jean-Marc ne va pas se suicider sous l'effet de la pression de la justice et de la société qui, même s'il est innocenté, continuera à  le suspecter. Et ça, vraiment c'est terrible.

    Vous devriez publier vos histoires un jour...

  15. 5 réactions

    Pardonnez une question aussi légaliste, mais que risquerait un honnête citoyen qui refuserait de répondre à  des questions inquisitrices concernant ses rapports intimes avec son épouse ? Plus généralement, que risque-t-on, en garde à  vue, à  refuser de répondre à  telle ou telle question, voire toutes ? (A priori, on risque surtout la prolongation de la GAV et l'hostilité des magistrats ensuite, non ?)

    1. 3579 réactions

      Absolument, c'est le seul enjeu : donner l'impression qu'on a quelque chose à  cacher.

      Mais sinon, on ne "risque" rien, on a parfaitement le droit de refuser de répondre, et même d'ailleurs celui de mentir.

  16. 11 réactions

    je fais peut être une remarque stupide, mais les flics peuvent pas enquêter sur les horaires ???
    nan parce qu'on sait avec précision quand la cloche a sonné
    les policiers qui ont récupéré dalila doivent savoir à  quelle heure
    le prof qui a parlé aux collègues... certains devaient avoir cours ensuite, ils sont pas restés dans la salle a attendre qu'il finisse pour leur parler pendant une heure !
    entre les deux il n'y a pas tant d'incertitude... le viol tel que décrit par dalila prend un peu plus que trente seconde non ?
    enfin je sais pas, c'est le truc qui me tracasse depûis que j'ai commencé à  lire , ils vont bien se rendre compte que c'est chaud pour caser un viol dans cet enchainement, non ??

    1. 528 réactions

      En voilà  une remarque intelligente! J'attends la réponse de Mô avec impatience...

      1. 146 réactions

        Pfff ! Trop facile ! :P

        Lisez donc cette définition : code :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89jaculation_pr%C3%A9coce
        (pourvu que le lien marche !!)

        1 ou 2 minutes, finalement ça se case assez facilement dans un planning.

        1. 3579 réactions

          Mais qu'est-ce que c'est que cette façon de balancer un lien ?

          Tenez, Inconnue, faits comme ça une prochaine fois : " Lisez donc cette définition"... C'est plus zoli, non ? :lol:

          1. 267 réactions

            :lol: Réponse dilatoire mon fils. Je reconnais là  un un virtuose. :evil:
            La forme du commentaire pèche un peu certes, mais que les handicapés technologiques qui ont mis quelques mois à  comprendre que la petite chaîne au dessus du cadre où on écrit permet d'insérer élégamment un lien lui jettent la première pierre :? Cependant, le fond AUSSI du commentaire d'Inconnue mérite réponse :P

          2. 146 réactions

            Ben c'est votre truc. C'est imbittable. :x

            Normalement, un lien ça commence par <a href etc. Pas <code gras fin gras fin de code. :P

            1. 3579 réactions

              Exact : c'est pour ça que ce n'est pas ce bouton-là  qu'il faut utiliser pour insérer un lien, celui-là  c'est pour les techniciens qui veulent citer un bout de code html !

              Pour le lien, c'est le sixième, celui qui représente un maillon de chaîne (allégorie pour "lien", qui vous affiche un magnifique http//... !

              Allez, c'est vendredi, on va pouvoir se reposer... :mrgreen:

              1. 859 réactions

                Allez, hop !
                On ne s'en lasse pas ...

              2. 146 réactions

                Bon d'accord. Je m'achète des yeux et je reviens. :?

            2. 58 réactions

              "votre truc. C’est imbittable."

              Carton rouge pour ce calembour d'un parfait mauvais goût ! :P

              1. 146 réactions

                Vu mon degré de nullitude en matière de calembours, je plaide non coupable. :D

      2. 3579 réactions

        Ce serait un argument...

        Mais le temps, surtout en termes de minutes -parce que les deux scènes, dans les deux cas de figure, c'est de toute façon quelques minutes- est une valeur très relative, au pénal comme dans la vie : sait-on combien de temps Jean-Marc a mis, ensuite, a quitter sa classe, puis à  parler à  ses collègues ? Sait-on si Dalila a couru droit chez elle ? Sait-on combien de temps a réellement duré la véritable scène..?

        Le narrateur, brillant certes, n'a pas forcément retranscrit les temps de réflexion, les temps morts, en plus...

        Je pense qu'il s'agit d'une vérification qui pourrait être tentée, mais qu'il y a de grandes chances pour qu'elle ne soit pas suffisamment concluante : un écart de deux heures, oui, mais pas de cinq minutes, c'est humainement trop aléatoire -tenez, par exemple, la cloche peut avoir sonné la fin du cours en étant en retard de quelques minutes par rapport à  l'heure absolue, et la montre des policiers pouvait elle avancer d'autant...

        Comme dans la vie, quoi. Mais c'est bien vu, quand-même.

        1. 528 réactions

          Est on au moins sûr que la police a procédé a ces vérifications?

          1. 3579 réactions

            Dans la véritable histoire, vous voulez dire ? Non, elles n'ont pas été effectuées -ni sollicitées d'ailleurs.

            1. 528 réactions

              Même pas sollicitées? Quel mauvais ce Me Barnabé Mussipont ! :twisted:

  17. 140 réactions

    Cette histoire dramatique me remémore l'arrêt Dayanan CEDH, 13 oct. 2009, Dayanan c/ Turquie, req. n° 7377/03, sur la garde à  vue :
    L'arrêt se fonde largement sur l'article 6 de la convention européenne, notamment

    "36. Dès lors, la Cour considère que le droit du requérant à  une procédure contradictoire a été enfreint. Il ya donc eu violation de l'article 6 § 1 de la Convention."

    Et puis si l'on descend les alineas :

    l'article 6.3.d:
    "Tout accusé a droit notamment à  interroger ou faire interroger les témoins à  charge et obtenir la convocation et l'interrogation des témoins à  décharge dans les mêmes conditions que les témoins à  charge."

    En somme, pile l'inverse de notre procédure pénale.

    1. 721 réactions

      Hum, mais si l'on parle d'accusé, n'est-on pas là  à  faire état plus de la partie jugement que de la phase enquête.
      Je n'ai pas pris le temps de lire cet arrêt alors peut-être que mes remarques sont à  côté, mais il me semble que dans une cour d'assises, il en est ainsi.
      Maintenant, il est vrai que lors d'une enquête, un mis en cause ou même un plaignant peut très bien citer des témoins, sans que l'enquêteur ne soit contraint de les entendre, mais c'est alors, à  mon sens, une carence, qui peut être rectifiée par l'entremise d'un avocat préalablement au jugement, voire même du magistrat qui pourra estimer que le dossier n'est pas en état d'être jugé.

      1. 140 réactions

        C'est vrai sur la forme, j'ai un regard un peu différent sur le fond : dans le système français, la garde à  vue est une sorte d'antichambre de la justice, un sas où les droits de la défense sont gelés. Dans le système des pays dits de Common Law, cette étanchéité n'existe pas et le juge d'instruction n'a pas le monopole de l'enquête. Il me semble que le droit européen est au fond plus proche du droit anglo-saxon, et pour utiliser un cliché, penche vers un système pénal accusatoire plutôt qu'inquisitoire.
        La police s'arcboute sur le système inquisitoire alors que la magistrature souhaite une réforme en profondeur, cela donne lieu à  des chikayas assez intenses comme celle-ci :

        http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/14/tensions-entre-juges-et-policiers-sur-la-garde-a-vue_1291645_3224.html

        589000 gardes à  vue en 2009, le compteur explose.

  18. 37 réactions

    Bon sang, mais c'est bien sûr....

    Dans une salle de classe. Etrange. N'importe qui peut y entrer...
    Et puis, si la petite dit vrai, on doit trouver du sang, non?
    S'il n' en a pas, ça peut dater d'avant comme le laisse penser le prof.
    A vérifier, tout ça.....

  19. 88 réactions

    Juste pour dire, comme ça, pour ce que ça vaut, pour ceux qui ont lu mon témoignage sur ce blog et qui savent un peu qui je suis, que je confirme. Qu'une garde à  vue ça se passe comme ça, pendant quarante-huit heures. Pas quarante-huit heures d'interrogatoire, bien-sûr, encore que je pense que sur quarante-huit heures j'ai bien dû passer 20 ou 24 heures en interrogatoire.

    Et Maître Mô vous épargne encore certaines "méthodes" policières, comme le fait d'interroger l'accusé de nuit, après l'avoir envoyé se coucher une première fois, pour qu'il réponde en étant totalement dans le gaz (la deuxième nuit particulièrement, parce qu'on n'a déjà  pas dormi la première et qu'on accumule donc un gros manque de sommeil).

    Et tous ceux ceux qui passent par la moulinette de la garde à  vue ne sont pas des profs quadragénaires totalement adultes et aptes à  réfléchir. On y interroge aussi de la sorte des mômes de 18 ans (mon cas), voire des mômes de 13 ans (déjà  vu dans un reportage sur les délinquants sexuels mineurs, qui ne semblait rien trouver d'anormal à  ce qu'un gamin de 13 ans - même pas la majorité sexuelle - passe 24 heures en garde à  vue menottes aux poignets, dont une nuit au commissariat).

    Et quand vous comprenez l'immense pression et même les abus psychologiques qui se déroulent en garde à  vue, particulièrement dans ce genre d'affaires, vous comprenez mieux pourquoi Alliance et les autres sont si effrayés à  l'idée que l'avocat n'assiste aux interrogatoires.

  20. 6 réactions

    Cher Mô,

    je suis heureux de voir que certains vous reprochent ces lignes : cela veut dire qu'ils ont été dérangé.

    Pour ma part, je vous suis reconnaissant de m'avoir donné l'occasion de voir comment commence une histoire qui peut se terminer aux Assises. (Je fréquente assidument celles des bouches du rhone).
    Nous n'avons que très peu d'information sur ce qui fait le dossier au début et les seules précisions sont dues à  une défection d'expert psy qui oblige le président à  lire une expertise lénifiante (la même sans doute que celle qui accuse ce pauvre Monsieur !).

    Une question quand même : je me pose la question de savoir comment concilier la présence de l'avocat pendant la garde à  vue pour éviter cette torture psychologique et l'impératif de faire tourner un cabinet ? De plus, comment payer un avocat qui resterait plusieurs heures en GAV avec son client ? Que répondent les avocats qui militent pour la présence de la défense pendant la GAV à  ces impératifs certes très matériels ?

    Je vous souhaite autant de succès pour cette année 2010 et une grosse réussite comme celle que vous avez eu dans les iles lointaines au printemps dernier.

    Cordialement,

Trackbacks/Pingbacks:

Recommandations

Fin des commentaires, et Humbles recommandations - Mô-de d'emploi

  • Les commentaires sont "imbriqués", ce qui ne signifie pas qu'ils s'accouplent, mais que l'on peut y répondre directement, la réponse s'affichant alors non plus ici, mais sous le commentaire concerné ci-dessus...
  • Les articles de ce blog, contrairement aux décisions de justice, peuvent être commentés en tous sens, en vous remerciant simplement par avance de bien vouloir faire des phrases et non pas des sms...
  • La barre d'outils ci-dessous vous permet quelques petites mises en forme, et même de vous corriger durant quelques minutes après envoi.
  • Si vous n'avez pas encore votre représentation personnalisée sur le Web, vous pouvez l'enregistrer trés facilement sur Gravatar , selon une procédure, évidemment gratuite, trés rapide et simple : c'est plus joli d'avoir à côté de vos MÔ´s l'avatar que vous vous serez choisi vous-même, plutôt que l'austère et symbolique avocat noir qui s'affichera à  défaut...
  • Merci de n'insérer que deux liens au maximum dans le texte de votre commentaire et deux mots maximum pour votre pesudo : il serait, au-delà, irrémédiablement et automatiquement détruit en tant que spam...
  • Enfin, n'oubliez pas de cocher la case qui certifie que vous êtes humain.
  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    *

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

    Markup Controls Gras Italique Souligné Barré
    Insérer un lien Insérer une citation entre les guillemets Insérer une info-bulle entre les guillemets Insérerez entre les guillemets l'expression littérale de votre acronyme Insérer un code
    Emoticons Smile Grin Sad Surprised Shocked Confused Cool Mad Razz Neutral Wink Lol Red Face Cry Evil Twisted Roll Exclaim Question Idea Arrow Mr Green

    Notifiez-moi les commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.