168 heures chrono

En y réfléchissant bien, mon seul point commun avec Paco Rabanne et Sheila, c'est que j'aime bien raconter mes vies antérieures. Mais comme tout le monde ne peut pas avoir été tueur de pharaon ou courtisane, c'est le plus souvent de mon ancienne vie de substitut que je me retrouve à  parler.1

Et comme mon nouvel hôte m'a donné des devoirs à  faire2, je vais essayer, pour cette première fois, de vous donner une idée de ce que peut être une semaine de permanence au Parquet, dans un Tribunal plutôt moyen, pourvu d’un Parquet comptant cinq à  six magistrats. La permanence telle que je l’ai connue, en somme, qui se représente à  peu près chaque mois, pour une durée d’une semaine donc, jour, nuit et week-end compris, évidemment. Contrairement à  ce qui se pratique dans les Parquets plus importants, une telle permanence revêt souvent un caractère artisanal, puisqu’elle implique, notamment, d’assurer seul le suivi des enquêtes en cours dans tout le ressort du Tribunal, aussi bien décisionnellement que matériellement (c'est à  dire sans l'assistance d'un secrétariat de permanence, tenu par un ou plusieurs greffiers là  où un tel service existe). Elle suppose bien entendu une joignabilité maximale, qui vous fait notamment connaître la joie de répondre à  l’appel d’un enquêteur depuis votre douche ou une cabine d’essayage.

Il s’agit généralement de l’exercice que le substitut débutant appréhende le plus, avec les réquisitions aux Assises. Lors de votre toute première permanence, votre estomac se noue lorsqu’on vous remet le matériel approprié (téléphone portable, chargeur, cahier de perm, fax à  installer à  votre domicile, auxquels vous adjoignez prudemment le guide des infractions, votre cachet et la Litanie contre la peur du Bene Gesserit3 ). Vous vous faites soigneusement expliquer où se trouvent rangées les décisions que vous pourriez avoir à  signifier hors heures et jours ouvrables (pièces d’exécution de peine, mandats, etc). Vous déposez précautionneusement le téléphone en un endroit dont il ne risquera pas de chuter, vous vérifiez vingt fois d’affilée que vous avez du réseau (pour vous apercevoir qu’effectivement, dans votre bureau comme dans votre salon, votre baignoire ou sur votre table de nuit, vous avez du réseau), vous contemplez l’appareil comme s’il s’agissait d’une bombe prête à  vous exploser à  la figure, et bondissez enfin lorsque la première sonnerie retentit.

Cela dit, il y a permanence et permanence. Trois cas de figure peuvent essentiellement se présenter : la semaine calme, la semaine normale et la semaine plutôt pourrie.

Il y a tout d’abord, et c’est de très loin la catégorie qui présente le moins de probabilités de se produire, la semaine calme. Parenthèse rarissime, qui peut en règle générale être scientifiquement localisée entre le 25 et le 31 décembre de certaines années, elle n’occasionne qu’une petite vingtaine d’appels par jour (suivant le principe, parfois aléatoire pourtant, que moins d’enquêteurs au boulot = moins de compte-rendus d’enquêtes au téléphone), et peut même vous faire connaître certaines journées sans garde à  vue du tout, sans OPP4, sans rien de grave. Pour peu que le miracle soit total, aucune procédure ne paraît justifier d’être orientée en comparution immédiate ou en ouverture d’information de toute la semaine. Une telle conjonction de conditions astro-climatiques idéales peut aller jusqu’à  permettre au petit substitut chanceux de tenter d’atteindre tranquillement le Graal du parquetier : le moment rare où vous pouvez regarder à  droite, à  gauche, dans et sur les placards, et même sur la tablette planquée derrière la porte où vous entassez tout ce à  quoi vous ne savez pas quelle suite apporter, mais non, rien à  faire, aucune procédure n’est en attente de traitement par vos soins. Vous avez fini votre courrier5 . Vos collègues vous regardent avec envie, les greffiers du bureau d’ordre avec amusement (ils sont en train de finir d’enregistrer la grosse pile qui atterrira dans votre case courrier pas plus tard que ce soir, ils savent donc, eux, que vous n’allez pas pavoiser longtemps), vous êtes fier comme un pou. Vous pouvez même vous payer le luxe, si l’occasion se présente,6 d’offrir un café dans votre bureau aux enquêteurs qui auraient eu l’idée de passer discuter d’une procédure avec vous.

Bref, tout vous paraît doux et velouté.

La semaine normale est sensiblement plus chargée, dans tous les domaines : davantage d’appels téléphoniques (à  la louche, entre 40 et une petite centaine par jour) et des situations nécessitant un traitement à  la fois rapide et lourd à  mettre en œuvre.
Le grand classique tout d’abord : la comparution immédiate, évidemment. Des faits suffisamment graves (en majorité des violences aggravées, éventuellement des vols aggravés ou du trafic de stupéfiants), un mis en cause présentant généralement des antécédents judiciaires, le tout pouvant être circonscrit dans le cadre d’une procédure susceptible d’être réellement mise en état d’être jugée avant expiration de la garde à  vue.
La procédure de CI, eu égard à  son côté expéditif dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne favorise pas la construction sereine de la défense du prévenu, impose à  tous des contraintes :
- aux enquêteurs d’abord, qui devront donc établir un dossier entier et carré, à  bref délai (auditions de tous les protagonistes, des témoins, constatations matérielles, expertises éventuelles, etc) ;
- à  l’avocat ensuite (le mis en cause à  qui l’on indique qu’il va vraisemblablement faire l’objet d’une procédure de comparution immédiate refusant rarement d’être conseillé), qui devra, a minima, assister à  l’acceptation par le prévenu de l’immédiateté du jugement, mais généralement se démener pour dénicher les pièces nécessaires à  la défense de son client, dont il se doute bien qu’il va devoir tenter de le préserver d’une peine d’emprisonnement ferme dans quelques heures (bon, je n’épiloguerai pas sur les vicissitudes de l’avocat confronté à  une procédure de CI, d’autres le feront mieux que moi) ;

- au service chargé de la POP (permanence d'orientation pénale - enquête de personnalité à  la fois rapide et le plus détaillée possible, ce qui n'est pas facile à  réaliser), souvent le service pénitentiaire d'insertion et de probation ;
- au greffe correctionnel ;
- aux trois juges destinés à  composer le Tribunal, à  qui vous annoncez soit que vous allez les obliger à  tenir une audience pénale alors que leurs autres tâches les occupent déjà  suffisamment, soit que vous allez ajouter un dossier supplémentaire à  leur audience correctionnelle généralement bien chargée ;
- au juge des libertés et de la détention, pour peu que l’enquête soit clôturée un jour non ouvrable, à  qui vous allez demander de placer le prévenu en détention provisoire jusqu’à  sa comparution devant la formation de jugement ;
- à  vous enfin, qui allez devoir alerter vous-même tout ce beau monde, en temps utile évidemment, vérifier par téléphone et fax, puis sur papier, que la procédure est régulière, vous procurer le casier judiciaire du mis en cause, rédiger le procès-verbal7 par lequel vous allez saisir le Tribunal et signifier du même coup à  l’intéressé de quel(s) chef(s) vous le poursuivez, vous assurer de la transmission du dossier au président et à  l’avocat (le cas échéant, aux avocats), et enfin aller requérir à  l’audience en laissant votre téléphone de permanence sonner momentanément dans le vide, sauf si parmi vos collègues se trouve une âme suffisamment charitable pour se rendre à  l’audience à  votre place et vous laisser retourner à  votre poste d’aiguillage, ou si votre CI se greffe sur une audience déjà  existante (auquel cas le parquetier qui y soutient l’accusation, charitable ou pas, récupère votre dossier en plus des siens).
En moyenne, une à  trois procédures par semaine seront orientées en CI.
Les faits d’une certaine gravité mais n’imposant pas de recourir à  une CI pourront être traités par le biais de la convocation par procès-verbal, qui reprend plus ou moins le même processus dans sa première phase (à  savoir, procédure bouclée, défèrement, procès-verbal de saisine du Tribunal), mais en diffère ensuite en ce qu’elle exclut la détention provisoire en vous permettant seulement de requérir du JLD un placement sous contrôle judiciaire ou de laisser le prévenu libre de contrainte, et surtout en ce qu’elle implique un passage devant le Tribunal correctionnel dans un délai compris entre dix jours et deux mois. Vos collègues du siège sont contents, l’avocat de permanence respire, le prévenu aussi.

La situation urgente n°2, c’est celle du signalement d’enfant en danger, qui nécessitera un placement immédiat au moyen d’une OPP, doublée d’une requête au juge des enfants compétent qui devra trouver un créneau dans son planning pour recevoir en urgence la famille. Le stress accompagnant ce genre d’événement provient du fait qu’il n’est pas toujours facile de distinguer une situation exigeant un placement instantané de celle qui ne le justifie pas, particulièrement quand on a le nez dans le guidon (enfin, dans le téléphone).

L'ouverture d'information judiciaire se produira quant à  elle lorsque la nature (criminelle par exemple) des faits dont vous aurez à  connaître ou la complexité prévisible des investigations à  diligenter vous amènera à  saisir le juge d'instruction de permanence, avec ou sans présentation du mis en examen potentiel, avec ou sans réquisitions aux fins de placement en détention provisoire.

À la fin d’une telle semaine, vous transmettez le barda à  votre successeur, vous rentrez chez vous avec la satisfaction du devoir accompli, vous vous effondrez devant la télé pour regarder Koh Lanta8 ou quoi que ce soit qui ne mobilise pas davantage de neurones, et vous ne conservez que des séquelles mineures : une certaine propension, pendant les deux ou trois jours suivants, à  décrocher le téléphone en disant permanence Parquet j’éc ... oh, salut Maman (ou Marie TheGeek, subs ... ahem, bonjour, je voudrais prendre rendez-vous pour un soin si c’est vous qui appelez), une allergie qui vous durera bien deux semaines au Printemps de Vivaldi9, rien de grave en somme ...

Enfin, il y a la semaine plutôt pourrie.
Celle-ci commence généralement comme une semaine normale. Vous pourrez d'ailleurs croire, pendant un moment, que c'en est une.

Vous recevez tout d'abord la visite de votre juge d'instruction de permanence qui vous rappelle qu'il a prévu de procéder à  quelques interpellations dans le cadre de l'un de vos dossiers de trafic de stupéfiants. Quelques ? Oui, quatorze, dès mardi. Ca tombera bien, ajoute-t-il, puisque vous serez tous les deux simultanément sur le pont. Par ailleurs, il vous remet gentiment en mémoire que vous avez un réquisitoire définitif à  rédiger pour lui d'ici dix jours, le mis en examen étant détenu.

Vous jetez un oeil à  la feuille de permanence fournie par le Barreau, qui vous apprend que l'avocat désigné pour la semaine est un cabinet spécialisé dans le droit fiscal et le droit des sociétés. Vous grimacez un peu, à  l'idée que la permanence pénale sera en réalité assurée par plusieurs de ses confrères plus généralistes et/ou pénalistes, après qui vous allez devoir courir téléphoniquement car ils se repasseront le portable de fonction selon des arrangements internes et sans vous en avertir, mais rien de grave.

A 18 h 02, vous entendez biper votre fax, signal annonciateur d'un grand classique du vendredi soir : le signalement recommandant le placement d'enfants en danger par les services du conseil général. Vous en prenez connaissance en grognant, car vous savez qu'à  l'heure qu'il est, les signaleurs ont déserté leur bureau, vous privant de toute possibilité d'obtenir d'autres éléments concernant la situation, et que vous n'aurez pas d'autre choix que d'envoyer immédiatement les policiers ou gendarmes compétents sur place. Vous êtes d'autant plus ravi que le rapport mentionne que la demande de placement a été envisagée dès lundi par le travailleur social affecté à  cette famille, lequel a rédigé un premier compte-rendu à  son chef de service dès le lendemain, ce qui a eu pour effet d'entraîner l'évocation de la situation le jeudi lors de la réunion hebdomadaire du secteur, la rédaction du rapport final ayant été achevée le vendredi, à  18 h 00 donc. En l'occurrence, les travailleurs sociaux vous recommandent le placement immédiat d'une fratrie de quatre gamins de 4 à  11 ans dont le cadre éducatif paraît pour le moins relâché. Les policiers dépêchés à  leur domicile trouvent porte close, mais une patrouille récupérera les enfants dans un jardin public vers 20 h 30, leurs parents ayant choisi de partir en week-end entre amis sans eux. Le placement est justifié, vous contactez le foyer qui les accueillera (non sans mal, mais pas le choix) et leur faxez l'OPP, vous préparez votre quadruple requête au juge des enfants histoire que ça ne vous sorte pas de la tête lundi.

Samedi et dimanche vous fourniront l'occasion de vous rappeler que les enquêteurs se lèvent généralement plus tôt que vous. Appels dès huit heures, histoire de régler les gardes à  vue de la nuit (au vu de leur nombre, et notamment de celui des gardés à  vue pour conduite en état alcoolique - CEA - et violences diverses, vous soupçonnez qu'on a organisé la Fête de la bière dans votre département sans vous en avertir). Vous réalisez que deux des enquêteurs que vous redoutez le plus sont d'astreinte en même temps que vous :

- l'Horloge parlante : il vous rend compte d'une garde à  vue, vous lui indiquez que vous allez demander le casier judiciaire du mis en cause pour prendre une décision appropriée (opération qui produit généralement effet en un quart d'heure à  une heure). Il vous laisse donc vingt minutes avant de se mettre à  vous rappeler méthodiquement toutes les 300 secondes. Quand le téléphone sonne au quatrième top, vous savez que c'est lui. A son neuvième appel, vous commencez à  vous demander si l'enquêteur, par hasard, ça ne serait pas bon à  cuisiner en méchoui. Au quinzième appel, une réplique de type "brassica"10 vous monte aux lèvres, bien qu'elle ne doive jamais vous échapper, rien ne justifiant de traiter un enquêteur comme une bouse.

- le GPS (également dit "le Nicolas Hulot") : il tient à  vous faire vivre, en direct au téléphone, la moindre progression de son enquête. "Allô, Mme le Procureur, nous quittons le service pour nous rendre chez le mis en cause, je vous rappelle" ; "Allô, Mme le Procureur, nous sommes arrivés au domicile de l'intéressé, nous toquons à  l'huis11 et entendons des pas, je vous rappelle" ; "Allô, Mme le Procureur, nous entamons la discussion avec le mis en cause, je ..." oui, oui, il vous rappelle.

Vous passez donc l'essentiel de votre samedi au bureau, à  jongler entre les demandes de casier et les appels téléphoniques, ce qui vous permet de vous remettre en mémoire une caractéristique amusante des deux enquêteurs susdécrits : lorsque votre ligne fixe leur renvoie un signal "occupé", ils appellent sur votre portable, histoire de vérifier si, par hasard, le fait que vous ayez deux oreilles ne signifierait pas que vous avez également deux cerveaux susceptibles de fonctionner simultanément. Le tout en quinconce, bien entendu, sinon ce n'est pas drôle.

Le dimanche, le casier judiciaire est fermé, mais les affaires de violences qui marchent de pair avec les samedis soirs vous tiennent bien occupée. En fin d'après-midi, un appel du commissariat vous apprend que Mike, 19 ans, vient d'être appréhendé après avoir commis son douzième vol aggravé. Comme tous vos collègues, vous connaissez malheureusement plutôt bien les antécédents de Mike, même sans casier : avant sa majorité, il avait déjà  écopé de plusieurs peines d'emprisonnement ferme, et ne s'est pas arrêté ensuite. Vous demandez donc à  l'OPJ de mettre le dossier en état pour une comparution immédiate le lendemain, à  14 heures, et prévenez le service chargé de la POP.

L'un des premiers coups de fil du lundi matin émanera de l'un de vos collègues juges, qui a coutume de passer les journées où il est de permanence CI à  appeler le Parquet pour savoir si "y a une compaaaaaa ?...". Vous lui répondez donc par l'affirmative (pour la première fois de la semaine, car vous aurez droit à  la même question, au minimum, deux fois par jour jusqu'à  vendredi), et lui précisez même que Mike ne sera pas le seul à  comparaître de façon accélérée devant le Tribunal correctionnel, ce jour-là . Vous orientez également en CI Pascal, multirécidiviste de la CEA. Les dossiers vous arrivent en état entre midi et deux, vous procédez aux défèrements12, et allez requérir à  l'audience. Peine-plancher ferme pour Mike, lourde peine d'emprisonnement doublée d'une mise à  l'épreuve et d'une confiscation du véhicule pour Pascal, les deux étant depuis longtemps inaccessibles au sursis. A votre retour, vous constatez que parmi les nombreux appels en absence (qui vous promettent de passer un temps considérable à  écouter du Vivaldi dans les deux prochaines heures, quand vous essayerez de remettre la main sur les enquêteurs qui se seront cassé le nez) figure le numéro du parquetier général de permanence. Hiérarchie oblige, c'est lui que vous rappelez en premier. Pour apprendre qu'il souhaitait juste effectuer à  votre égard un aimable rappel à  l'ordre : à  la lecture du journal local, il s'est aperçu que vous ne lui aviez pas signalé qu'un habitant de votre ressort s'était fait mordre par son teckel, samedi. "Mais, euh ... il n'y a pas d'infraction ?" croyez-vous pouvoir lui répondre. Certes, vous rétorque-t-il, mais il y a une directive de la Chancellerie qui exige une information immédiate du Parquet général de chaque affaire de morsure de chien. Vous vous inclinez donc, en promettant un rapport écrit immédiat à  votre supérieur, et en souhaitant de tout coeur une violente thrombose hémorroïdaire à  celui qui a eu l'idée de créer ladite directive, dans l'objectif probable d'en nourrir une micro-ligne des "chiffres clés de la Justice" (et encore).

Vous sursautez dans votre lit (la journée ayant été longue) en entendant votre téléphone sonner à  23 heures passées. On vous annonce une découverte de cadavre, apparemment orné d'un impact de balle en plein front, dans une voiture garée sur la voie publique. Vous vous rendez sur place, constatez que vu l'aspect du corps et l'absence d'arme autour de lui, le suicide n'est probablement pas l'hypothèse la plus plausible, saisissez le service de police judiciaire compétent, assistez au premier examen de corps par le médecin légiste, avisez des faits votre Procureur et le parquetier général (oui, celui du teckel), et voyez crépiter les flashes des journalistes arrivés sur les lieux (vous vous retrouverez en première page dès demain, téléphone à  l'oreille et yeux bouffis - non, vous ne vous êtes pas remaquillée avant de venir, quand même). Vous programmez l'autopsie pour le lendemain soir, et rentrez chez vous en exigeant d'être tenue informée, heure par heure, du déroulement des investigations. Ce qui sera fait, et vous enverra (tenter de) dormir sur le canapé.

Mardi matin, vous êtes arrivée tôt au bureau, histoire de vous débarrasser de vos rapports écrits concernant le probable meurtre et l'affaire du teckel. Etienne, votre juge d'instruction de permanence, vous prévient que les quatorze gardes à  vue ont démarré, comme convenu. Comme il est consciencieux, il se fait faxer l'ensemble des auditions au fur et à  mesure, et vous en apporte systématiquement une copie.

L'enquêteur que vous surnommez collectivement l'Extra-terrestre vous appelle ensuite, et il est en forme : il souhaite obtenir votre autorisation pour faire procéder à  des recherches d'ADN sur deux gants dépareillés et un paquet de cigarettes, trouvés sur un parking où était garée une voiture dont les quatre jantes (valeur approximative : 300 euros) ont été volées quelques nuits auparavant. Coùt prévisionnel de l'expertise : plus de 1000 euros. Vous refusez, estimant que les sous du contribuable pourront être mieux dépensés. Et recevrez ensuite un appel demandant explication de votre décision par le supérieur hiérarchique du farfelu. Et irez prévenir votre Procureur de la probable demande d'explication que le supérieur du supérieur risque de lui adresser à  son tour.

Une affaire de violences avec arme se présente (un habitué de vos services a porté plusieurs coups de couteau-papillon à  un passant qui l'avait simplement croisé de trop près à  son goût sur le trottoir), vous prévoyez une CI pour le lendemain. Les enquêteurs trouvant néanmoins l'auteur quelque peu instable, vous contactez un expert psychiatre pour procéder en urgence à  un examen.

Tiens, un autre juge d'instruction débarque dans votre bureau : vous lui aviez ouvert un dossier de disparition inquiétante lors de sa dernière permanence, et il semblerait qu'il s'agisse en réalité d'un meurtre, commis par le frère du disparu, sur lequel pesaient des soupçons de plus en plus lourds ces derniers jours. Placé en garde à  vue en début d'après-midi, il a spontanément avoué avoir occis et enterré son frère en pleine forêt. Le juge va rejoindre les enquêteurs sur les lieux. Enfin, sur la zone, les déclarations de l'intéressé n'étant guère précises en termes de localisation. Vous, vous ne pouvez pas y aller, vous êtes d'autopsie. A ce propos justement, votre Procureur passe vous informer qu'il vous délègue la communication avec la presse sur cette affaire, et que d'ailleurs, France 3 arrive dans 20 mn. Vous les entendez effectivement débouler dans le couloir, caméra au poing, et vous retrouvez à  répondre à  une batterie de questions auxquelles vous tentez d'apporter une réponse pertinente, mais franchement, des fois, ils n'y mettent pas du leur. C'est ainsi que le soir même, la région entière vous verra répondre à  la question "Et que croyez-vous que l'autopsie puisse apporter à  l'enquête ?" d'un "Elle pourrait nous aider à  déterminer les causes de la mort !" légèrement hilare, donc pour le moins inapproprié.

Vous vous rendez à  la morgue, où vous assistez à  l'autopsie du corps découvert la veille en compagnie des enquêteurs, qui en profitent pour vous aviser qu'ils suivent notamment la piste d'un règlement de comptes entre trafiquants de stups (profession exercée de son vivant par l'intéressé). En pleine extraction des deux balles logées dans la boîte crânienne, le juge d'instruction n°2 vous appelle pour confirmer que le cadavre du frère disparu vient enfin d'être retrouvé. Vous rappelant que la disparition remonte à  trois semaines, vous lui souhaitez bon courage, et vous dites que vous n'êtes finalement pas si mal dans votre salle d'autopsie.

Rentrée à  votre domicile, vous êtes informée de l'interpellation de l'auteur présumé de trois incendies d'église.

Le lendemain matin, vous vous rendez au commissariat avant d'aller au palais, afin de prolonger la garde à  vue de M. Papillon, qui vient de rencontrer l'expert (lequel le juge responsable de ses actes, votre CI se confirme donc). Les policiers vous demandent au passage s'il ne serait pas possible de profiter de la présence du psychiatre pour lui présenter l'incendiaire, dont les déclarations depuis la veille, si elles concordent avec les faits constatés, paraissent un peu ... décalées. Vous demandez donc à  vous entretenir avec l'intéressé, qui vous accueillera d'un "Ah, Mme le Procureur, je suis content de vous voir, je voulais vous signaler que le service est déplorable dans cet hôtel de police ! Et je m'y connais : je suis ambassadeur à  l'ONU." Hum, la visite du psychiatre paraît effectivement opportune. Une heure après, vous lèverez la garde à  vue, sur avis de l'expert, et l'homme fera l'objet d'une hospitalisation d'office.

Vous regagnez votre bureau, où vous préparez le défèrement de M. Papillon, ainsi que d'un auteur de violences conjugales interpellé la veille que vous avez choisi de poursuivre par convocation par procès-verbal. Aujourd'hui est jour d'audience correctionnelle : vous ne descendrez pas à  l'audience, l'un de vos collègues se chargera de votre dossier, pendant que vous vous occuperez, entr'autres, de prendre les réquisitions de placement sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire dans l'affaire de trafic suivie à  l'instruction (trois débats contradictoires devant le JLD aujourd'hui), et de rédiger vos rapports au Procureur général dans les deux affaires de meurtres et celles de vos deux gardés à  vue du matin (après compte-rendu verbal, bien sûr).

La PJ vous informe, dans l'après-midi, du placement en garde à  vue d'un suspect dans l'affaire de meurtre de lundi soir. Vous vous tenez également au courant auprès du juge d'instruction du déroulement de l'autopsie du corps retrouvé dans les bois. Un parquetier général (qui n'est pas de permanence) vous appelle pour vous demander de rédiger dès que possible un rapport écrit concernant un classement sans suite auquel vous avez procédé il y a quelques semaines, et qui a été contesté par la plaignante. Ca peut peut-être attendre la fin de la permanence ? Un gros soupir, précédant le "Si vrrrrrraiment vous manquez de temps ..." qui vous répond, vous indique qu'il vaudrait mieux tenter de faire en sorte que la chose soit expédiée aujourd'hui. Vous rentrez chez vous, le soir venu, en prenant la ferme résolution de vous mettre à  boire dans les plus brefs délais (surtout que vous avez toujours trouvé que "Bloody Mary" était un très joli nom).13

Jeudi, vous commencez à  en voir le bout, même si la journée s'annonce riche : quatre débats contradictoires devant le JLD dans l'affaire de trafic, présentation du frère homicide devant le juge d'instruction. Vu l'enchaînement des présentations et le nombre d'appels téléphoniques qui se succèdent, vous décidez d'attraper un sandwich qui vous permettra de respecter le timing du JLD. Au moment de sortir en faire l'acquisition, à  12 h 11 exactement, vous recevez l'appel du Genésiste, aimable enquêteur qui n'a qu'un défaut, mais de taille : l'incapacité absolue de rendre compte d'une affaire sans mentionner au préalable toute une succession d'événements (le Big Bang, les dinosaures, la construction des pyramides, le disco) qui vous intéresseraient considérablement en temps normal, mais là , non. Plus d'un quart d'heure plus tard, il conclut l'exposé de son escroquerie à  la nigériane en vous déclarant que "c'est pour ça que vraisemblablement, on n'arrivera pas à  mettre la main sur l'auteur." Vous balbutiez quelque chose qui ressemble à  "Mais ... mais ... vous voulez dire qu'on est en auteur inconnu ?" "Oui ! Je vous appelais pour vous demander si je transmettais la procédure pour un classement sans suite code 71 !". Genou à  terre, vous capitulez, décidez de ne pas affronter le monde extérieur pour le moment et de régresser tranquillement dans votre bureau autour d'un thé et d'un paquet de gâteaux.

Quatre débats contradictoires et la prolongation de garde à  vue du tueur présumé sur voie publique plus tard, vous recevez un appel alors que vous rentrez chez vous : le JLD se demande où vous êtes, tout le monde étant prêt, on n'attend que vous. Le temps que vous fassiez frénétiquement le compte des stupeux qui ont été présentés aujourd'hui, vous réalisez que vous avez passé à  la trappe le débat concernant l'homicide fraternel. Vous faites donc volte-face et repartez ventre à  terre au Palais.

La dernière nuit aurait presque été reposante si vous n'aviez pas eu affaire, tout d'abord, à  une vieille scie de la permanence : le directeur d'hôpital qui vous demande la permission d'opérer un mineur inconnu, pour l'instant dépourvu de parents identifiés, qui a été victime d'un accident de la circulation routière et risque de mourir dans l'heure sans intervention chirurgicale. Vous expliquez, le plus aimablement possible, qu'il n'entre pas dans vos prérogatives d'accorder une telle autorisation, et que l'urgence décrite permet et impose au médecin d'intervenir sans pouvoir être ultérieurement inquiété. Le directeur est content, mais il préférerait que vous le lui mettiez par écrit. Le temps que vous rédigiez, imprimiez et faxiez le résumé des dispositions légales applicables, vous recevez un coup de fil d'un grand Parquet de région parisienne, qui a fait interpeller sur votre ressort plusieurs individus, au nombre desquels la mère d'un enfant de deux ans, et aimerait bien que vous placiez celui-ci auprès de vos services sociaux au cas où les siens n'auraient pas les ressources nécessaires pour venir récupérer le petit tout de suite. Vous répondez que n'ayant aucun critère de compétence concernant cet enfant, vous préféreriez qu'il vérifie si ses services peuvent assurer le placement. Votre collègue en est d'accord, et vous rappelle une demi-heure plus tard pour vous informer qu'en fait, il gèrera le placement lui-même avec ses services sociaux, mais "Merci quand même d'avoir pris la situation en compte !". Mais je vous en prie, camarade.

La dernière demi-journée se passe toujours mieux que les autres, puisqu'elle est la dernière. Tiens, la Fête de la bière semble avoir pris de l'avance ce week-end, le nombre de gardes à  vue pour CEA au commissariat principal de votre ressort est impressionnant. Tiens, une garde à  vue illégale (prise pour défaut d'assurance, délit non susceptible d'emprisonnement)14 vient de démarrer, que vous levez immédiatement. Les comptes-rendus effectués, vous prévoyez deux comparutions immédiates pour l'après-midi dans deux affaires distinctes de vols aggravés, et délivrez des COPJ15 dans la plupart des autres affaires avant de lever les gardes à  vue. Une heure après, un malheureux policier vous appelle pour vous informer qu'il a confondu la nouvelle photocopieuse du service avec la broyeuse, au moyen de laquelle il a détruit les six COPJ qu'il venait de délivrer, les gardés à  vue ayant bien entendu déjà  quitté les lieux.

Vous finissez votre vendredi avec trois défèrements (les deux comparutions immédiates et l'ouverture d'information pour homicide volontaire, assortie de réquisitions de placement en détention provisoire) et une forte envie, que vous clamez aux oreilles de qui veut entendre, de devenir juge. Civiliste si possible. Vous souhaitez bon courage au collègue qui prend votre suite, en déversant le matériel idoine sur son bureau. Une dernière tournée de rapports au Parquet général, et c'est terminé pour ce mois-ci.

Vous regagnez enfin votre domicile, où votre conjoint vous retrouve avec joie (non sans mentionner au passage que votre stock de conserves est épuisé et qu'il n'a plus un pantalon de propre). Vous n'arrivez même pas à  regarder Koh Lanta, ce qui ne vous empêchera pas de faire des rêves compliqués à  base de gendarmes faisant rôtir Moundir à  la broche. Et vous appréhendez quelque peu votre prochaine permanence, tant il est vrai que tel Jack Bauer16, vous avez toutes les chances de replonger dans la semaine la plus longue de votre vie dans les six mois qui viennent.

Et pourtant, quand quelques années plus tard, vous aurez basculé côté siège, le simple fait d'évoquer une telle semaine vous donnera irrésistiblement envie de retourner au Parquet. D'ailleurs, il serait peut-être temps pour moi d'y penser ...

  1. Vous me direz que je pourrais aussi ne pas parler du tout, ou alors pas de moi, mais ce serait finalement mal me connaître []
  2. et même, en l'occurrence, à  refaire, misère []
  3. bon, ça, ça ne concernait peut-être que moi []
  4. ordonnance de placement provisoire []
  5. pas celui de vos fans - il y en a - ni de vos justiciables mécontents - il y en a plein -, mais les procédures envoyées par courrier par les services d'enquête, pour examen []
  6. si, par quelque étonnant hasard, la fin de cette phrase devait se transformer en de boire une coupette de sang tiède dans votre donjon, en écoutant les hurlements des condamnés jetés sur votre ordre dans les culs de basse-fosse, tout en caressant distraitement la tête de votre crotale/tarentule domestique, il faudrait évidemment envisager l’éventualité que Maître Mô se soit fait plaisir dans mon dos et sur celui des parquetiers, catégorie d’êtres humains (si, si) qu’il ne semble pas toujours comprendre. []
  7. ce document comportant notamment les qualifications développées de chaque infraction et les déclarations du mis en cause []
  8. chez moi, les permanences se déroulaient du vendredi au vendredi, ceci explique cela []
  9. fréquemment utilisé comme musique d’attente par les standards de nombreux services de gendarmerie []
  10. Evidemment, si vous n'avez pas lu "Astérix chez les Belges", cette phrase est incompréhensible []
  11. l'honnêteté - et l'idée que Tinotino va s'étrangler en lisant cela - me pousse à  reconnaître qu'il s'agit là  d'une expression plus fréquemment employée à  l'écrit, mais elle m'a toujours fait sourire, je fais donc comme si []
  12. à  ce propos, pour reprendre un débat mené chez Eolas ces jours-ci, j'ai toujours avisé l'avocat du futur prévenu de l'heure du défèrement, en l'invitant à  y assister si bon lui semblait - mais n'ai jamais hésité à  y procéder en son absence, surtout qu'un certain nombre d'entre eux me répondaient poliment qu'ils préféraient consacrer ce temps à  prendre connaissance du dossier plutôt que d'assister à  un acte ne prévoyant pas leur intervention []
  13. Résolution bien entendu abandonnée sous 48 h, la fatigue étant mauvaise conseillère []
  14. bien que certains avocats expriment une opinion divergente, vous êtes convaincue que ce n'est pas possible []
  15. convocations par officier de police judiciaire []
  16. d'où le titre ! []

111 réactions

dont les 20 dernières sont :
DH | Boka | Marie | Boka | Emilie, CIP | alby_ok | Res Vilis | tinotino | Marie | Prof Timbré | Monseigneur | Prof Timbré | tinotino | Prof Timbré | Monseigneur | Maître Tî | Oph | Monseigneur | Oph | Monseigneur |

  1. 3579 réactions

    Votre note 14 gâche un peu ce premier véritable article de fond, c'est dommage cette petite perfidie... :D C'est un délit, d'ailleurs, le défaut d'assurance ? :mrgreen:

    1. 202 réactions

      il y a même une certaine perfidie avec son conjoint, sur la fin... :D

      1. 3579 réactions

        Ouais, toutes les excuses sont bonnes pour ne pas avoir fait de machine -comme si nous on avait le temps... :D

        1. 859 réactions

          Le fait d'avoir épousé l'un d'entre vous me donne un crédit-perfidie illimité à  l'encontre du barreau, en compensation. :P

          1. 3579 réactions

            Non : à  l'encontre d'un d'entre nous seulement, parallélisme des formes oblige -ou alors, fallait épouser tout le Barreau...

            1. 859 réactions

              C'est pas que j'en refuse le principe (encore que, en pensant à  certains cas particuliers, en fait si), mais ça me prendrait trop de temps.

          2. 184 réactions

            La confraternité n'entraîne donc pas solidarité. Une pierre de plus pour arriver enfin à  définir cette délicate notion... :P

            1. 3579 réactions

              Surtout pas, on n'a pas que ça à  faire !

              La confraternité, c'est pas compliqué, c'est comme le reste du droit, il suffit de revenir aux sources : les autres avocats, les confrères, sont des frères, donc on est liés, mais on peut se détester et se taper dessus, on est jaloux s'ils sont bons et honteux qu'ils soient mauvais, on trouve toujours qu'ils sont mieux récompensés alors qu'on le méritait plus, on éduque les plus petits et on reçoit des leçons des aînés, et au final on est toujours liés.

              Une autre fois, je vous parlerai des consœurs, parce que là  évidemment, en revanche, il y a une différence fondamentale d'avec les sœurs, surtout quand on les trouve jolies, mais c'est un autre problème...

              1. 202 réactions

                "La confraternité est une haine vigilante" dit-on..
                C'est parfois vrai.

    2. 721 réactions

      Certes, un délit, mais qui n'est pas puni d'une peine d'emprisonnement :D , d'où la réflexion de Marie....

      Très intéressant votre billet Marie, c'est sincèrement, à  cela que je pense, lorsque je pense aux journées d'un parquetier de permanence. Jongler entre les appels, et suivant les enquêteurs, ce ne doit pas toujours être aisé, il est vrai lol

      1. 859 réactions

        Pas toujours, non, mais ça reste heureusement amusant, la plupart du temps ! :D

        1. 721 réactions

          Je me doute bien, comme parfois, nous sommes nous aussi amener à  bien rire quand nous avons certains appels ou certaines doléances (je sais, ce n'est pas bien la moquerie mais parfois qu'est-ce que ça fait du bien, sans faire preuve de mesquinerie bien sûr). Il arrive également de se prendre de fou rire avec le parquetier de permanence, ça m'est déjà  arrivé sur une affaire. Un peu de détente, dieu que c'est agréable, entre les appels divers et variés, les sollicitations diverses, les sorties....Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

          Et bien entendu derrière le substitut débordé, il y a l'enquêteur qui ne comprend pas pourquoi il n'arrive pas à  joindre le TTR (enfin si, il comprend mais quand il y a besoin d'une décision, parfois c'est long d'autant plus quand la dite décision concerne la personne qui est dans vos bureaux). Ca donne : grrrrr, marre de ne pas réussir à  avoir quelqu'un, et après trente minutes voire plus de minutes passées en musique, alleluàa !! (Mozart dans un tribunal non loin de chez moi....ça change de Vivaldi) Enfin, vous entendez la douce ou rude voix du magistrat, celui que vous attendiez tant :mrgreen: Cec n'est certainement pas une critique quand on sait à  quoi ressemble la permanence parquet. J'aime dire qu'ils ont le téléphone dans l'oreille, ça évite les mouvemens intempestifs avec les mains.

          Enfin, à  présent, il y a les courriels, figurez-vous que cela fonctionne depuis..................un an ou un an et demi chez nous....on progresse.....lentement LOL quand les logiciels de traitement de texte sont compatibles, c'est encore mieux :cool:

          Quant à  votre note 11, je ne me suis pas étranglée, mais certainement qu'à  l'écrit, des mots non utilisés à  l'oral, apparaissent, un peu comme l'expression : il appert que. Bon, défi, prochain compte-rendu téléphonique au TTR, remplacez tous les mots usuels par des termes plus élaborés :mrgreen:

          1. 859 réactions

            Ah, la communication par courriel avec les services d'enquête, je n'ai pas vraiment connu (en tout cas, pas pour des motifs sérieux). En tout cas, il est clair que les relations Parquet-enquêteurs sont une des choses qui me manquent le plus depuis que j'ai viré de bord. L'oreille qui chauffe au téléphone, un peu moins, mais c'était une belle époque quand même !

          2. 3579 réactions

            L'exemple type qui me tue à  chaque fois, dans les pv : "sans désemparer"... :D

            1. 859 réactions

              Généralement suivi de "nous rendons pédestrement" !

              1. 721 réactions

                ou : "Prestement, nous nous transportons sur les lieux à  bord de notre véhicule de dotation....."

                1. 1242 réactions

                  Pédestrement et prestement dans le même temps, c'est pas possible ? :D

                  1. 516 réactions

                    Je pense que si, mais qu'on risque le claquage. :P

                    1. 1242 réactions

                      Mordiou !

                      La maréchaussée serait-elle mal chaussée ?

                    2. 721 réactions

                      Et ça te fait marrer ? :mrgreen:

                    3. 1242 réactions

                      Résumons nous,

                      Sans désemparer, ils se rendirent pédestrement et prestement auprès du désespéré.
                      Celui ci gisant sur la chaussée, la maréchaussée mal chaussée se met en demeure de le réchauffer.

                      :?

            2. 90 réactions

              Un qui m'a vachement plu dans un PV: le "restaurant de spécialité culinaire américaine Mc D..."

  2. 3579 réactions

    Blague dans le coin, je vous relisais, et je pensais très fort à  notre meilleur ami à  tous Monsieur Léger : comment, simplement comment, entend-il ajouter aux différentes tâches, déjà  écrasantes, dévolues au parquet, toutes celles que gèrent actuellement les juges d'instruction..?

    Et comment dans ces conditions les enquêtes criminelles futures pourront-elles être exhaustives et réellement menées ??? Cette perspective fait, réellement, peur.

    1. 1242 réactions

      comment, simplement comment, entend-il ajouter aux différentes tâches, déjà  écrasantes, dévolues au parquet, toutes celles que gèrent actuellement les juges d’instruction..?

      Qui plus est, cela réduirait fortement les moments de disponibilité durant lesquels Marie viendrait se commettre et commenter ici. :evil:

      Ceci étant dit, chapeau (melon) bas, Marie.

    2. 859 réactions

      J'aurais bien une réponse à  vous proposer ("en n'augmentant pas les moyens du Parquet d'un iota et en lui disant de s'en débrouiller"), mais elle pourrait être considérée comme empreinte de mauvais esprit.

    3. 9 réactions

      Tout simplement en augmentant le nombre de classement dit "vertical" (poubelle) ?

      1. 67 réactions

        Un petit rappel s'impose :

        "Les archives sont l'ensemble des documents, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l'exercice de leur activité."
        Code du patrimoine art. L 211-1

        "Les archives publiques sont :
        a) Les documents qui procèdent de l'activité, dans le cadre de leur mission de service public, de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics et des autres personnes morales de droit public ou des personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Les actes et documents des assemblées parlementaires sont régis par l'ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires ;
        b) supprimé ;
        c) Les minutes et répertoires des officiers publics ou ministériels."
        id, art 211-4

        "A l'expiration de leur période d'utilisation courante, les archives publiques autres que celles mentionnées à  l'article L. 212-3 font l'objet d'une sélection pour séparer les documents à  conserver des documents dépourvus d'utilité administrative ou d'intérêt historique ou scientifique, destinés à  l'élimination.
        La liste des documents ou catégories de documents destinés à  l'élimination ainsi que les conditions de leur élimination sont fixées par accord entre l'autorité qui les a produits ou reçus et l'administration des archives."
        id, art. L 212-2

        "Sans préjudice de l'application des articles 322-2, 432-15, 432-16 et 433-4 du code pénal, le fait, pour une personne détentrice d'archives publiques en raison de ses fonctions, de détourner ou soustraire tout ou partie de ces archives ou de les détruire sans accord préalable de l'administration des archives est puni d'une peine de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 €d'amende.
        Est puni des mêmes peines le fait, pour une personne détentrice d'archives publiques en raison de ses fonctions, d'avoir laissé détruire, détourner ou soustraire tout ou partie de ces archives sans accord préalable de l'administration des archives.
        Lorsque les faits prévus aux premier et deuxième alinéas sont commis par négligence dans les conditions et selon les distinctions prévues à  l'article 121-3 du code pénal, les peines sont d'un an d'emprisonnement et de 15 000 €d'amende.
        La tentative des délits prévus au premier alinéa et le fait, pour la personne visée au deuxième alinéa, d'avoir laissé commettre une telle tentative sont punis des mêmes peines."
        id, art L 214-3

        Ca rigole pas aux Archives !

        1. 3579 réactions

          Le tout, c'est de savoir où elles sont, les archives... A Lille, au Palais, à  chaque étage, dans les halls, il y a de mystérieuses armoires avec des feuilles A4 collées dessus, genre "dossiers 92"...

          Et deux-sous-sols de scellés, où le dernier personnage aperçu vivant était déguisé en homme-grenouille...

          1. 67 réactions

            Je vous garanti qu'en fin d'année, on sait où elles sont les archives des tribunaux : elles toquent à  la porte des Archives départemntales pour demander l'asile politique.
            J'en ai mal au dos d'avance :roll:
            Parce que bien sûr, ce ne sont pas ces messieurs-dames qui nous fileraient un coup de main bien sûr ! La robe, c'est pas pratique pour déménager, alors quand il s'agit d'évacuer des caves ou des greniers sans ascenseur... :cry:

    4. 184 réactions

      En permettant au parquet de délivrer des commissions rogatoires ? En permettant aux OPJ de requérir ?

      Plus sérieusement : en allégeant encore le système de la CRPC ? En étendant l'ordonnance pénale ? Je la sens bien venir celle-là , ça permet de faire du chiffre, d'être "efficace" comme ils disent tous. Sus à  l'ennemi !

      1. 3579 réactions

        Muscardin et vous avez probablement raison tous les deux -et le recours renforcé à  la CRPC est une certitude, c'est déjà  en cours...

        Sans parler de cette horreur que serait la CRPC criminelle, qui était préconisée dans le même rapport... Si je n'ai qu'un combat officiel à  mener en 2010, ce sera celui-là , vraiment...

      2. 184 réactions

        A propos de la CRPC criminelle, on se marre bien tout de même, tenez lisez celle-là  : "la cour s'assurera du caractère fondé de la reconnaissance de culpabilité mais sans qu'il y ait un débat sur cette question, ni d'audition de témoins ou d'experts tendant uniquement à  démontrer la culpabilité de l'accusé" :mrgreen: . Excusez moi, c'est nerveux !

        Je suis personnellement encore plus effrayé par l'idée d'une "ordonnance criminelle", ou même simplement correctionnelle mais généralisée. "Cher Untel, ici le parquet. On vous a condamné à  six mois avec sursis pour telle infraction (pas d'exposé des faits, bien sûr), vous pouvez contester, auquel cas on requerra un an et demi ferme." Ca fait froid dans le dos... En tant que futur pénaliste aspirant, j'ai vraiment l'impression de ne pas appartenir à  la bonne génération !

        1. 859 réactions

          Le plus drôle, à  propos de la CRPC criminelle, étant sans doute que ce sont les mêmes qui en assureront la promotion, tout en vantant les fameuses audiences "procès des fous" qui interviennent après les non-lieux pour irresponsabilité pénale.
          (J'aime beaucoup votre avatar au passage, Cassandre - un de mes films préférés)

          1. 721 réactions

            On prend le temps pour les uns, parce que c'est vendeur, mais pas pour les autres, parce qu'il faut aller vite, très vite ! Cette absence de débats sur les faits, notamment, en matière criminelle, me laisse perplexe. Je ne parlerais pas de cette impression de catharsis que peut permettre un procès tel qu'il se déroule en cours d'assises mais quand même, bien que ce ne soit pas sa vocation première, il le permet avec plus ou moins de réussite. Traiter du devenir de personnes rapidement parce qu'on veut une action éclair, à  moindre coût, alors que les peines sont lourdes dans ce domaine, me fait froid dans le dos. Enfin, nous n'y sommes pas, cela se pratique aux USA, où le ministère public et la défense s'accorde sur le déroulé du procès : s'il reconnaît, je préconise tant....D'accord, on prend cette voie. Leur système est différent, est-ce vers cela que veulent tendre nos décideurs? Rien n'est moin sûr. Attendons mais........

          2. 184 réactions

            Le "tout au procu" est incontestablement une façon d'américaniser les procédures. Cela dit, on reste encore dans certaines limites, du moins en théorie : contrairement à  certains cas pour les States, le juge n'est pas lié par la reconnaissance de culpabilité et peut très bien relaxer malgré l'accord du parquet et du prévenu. Enfin ça c'est le principe, j'imagine que dans la pratique ça n'arrive jamais... Marie ? Maître ? Vous confirmez ?

        2. 3579 réactions

          Notre problème, Cassandre, est que nous nous comportons actuellement face aux réformes comme si elles étaient acquises et inéluctables -et heureusement que nos ainés n'ont pas pensé la même chose...

          Disons que vous appartenez à  la génération des avocats qui reprendront leurs droits, d'accord ?

          1. 184 réactions

            "nous nous comportons actuellement face aux réformes comme si elles étaient acquises et inéluctables"
            -> J'aimerais pouvoir me dire que ce n'est pas le cas. Mais comment nier l'évidence ? J'ai l'impression que, quelles que soient les critiques et contre-propositions qui seront faites, ces réformes, telles quelles ou en substance, auront lieu. Râler, il le faut. Mais anticiper aussi.

  3. 1214 réactions

    J'ai pas le temps de tout lire maintenant, mais pour un premier article tu fais fort Marie!!!

    Bon je me dépèche d'aller au boulot et je lirai ça là  bas!!!

    1. 859 réactions

      C'est du propre ... :evil:

  4. 67 réactions

    Lundi débute à  peine et vous m'avez épuisée !
    Bon, je commence par quoi moi ce matin... :P Vous seriez écoeurée !

    Sans rire, j'ai bien fait de choisir mon métier de feignasse où la vie d'aucun être vivant n'est en jeu parce que sincerement je ne sais pas si mes neurones pourraient suivre le rythme avec si peu de sommeil (et les tâches ménagères en plus : elle ne connaît pas le pressing votre moitié? ;) )

    1. 859 réactions

      Les trois ou quatre autres semaines, on dormait plutôt bien, je vous rassure !
      Quant à  ma moitié, je lui dois de préciser qu'en-dehors du linge et de la cuisine, il peut tout faire ou presque (souvent mieux que moi en plus).

      1. 67 réactions

        Veinarde !
        Il vaut mieux que l'Homme ne prenne jamais le pouvoir dans la cuisine, surtout s'il est du ch'nord ;) ! Tenez, moi, c'est fait. 5 ans de vie commune dont bientôt trois de mariage = + 15 kg à  l'arrivée, en passant par la case grossesse il est vrai, mais cela fait plus de trois ans déjà . L'introduction des patates dans mon régime alimentaire méditérranéen a été fatal :arrow: .

        Et la semaine dernière, il s'est ramené avec une machine à  pain :roll:

        Oui, parce qu'en plus de la cuisine, l'Homme va aussi au ravitaillement. Inutile de dire que je vois rarement du vert, même en boîte, quand je range les courses (faut pas déconner, les courses, ça crève, et le rangement se délègue d'autant mieux que c'est justement mon boulot dans la vraie vie : alors pourquoi se passer d'un spécialiste? :twisted: ).

        Bon, j'l'avais déjà  envoyé ce commentaire... si vous le voyez réaparaître, veuillez ne pas m'en tenir rigueur ;)

  5. 1242 réactions

    N'empêche que je me demande à  quoi vous carburez, Marie.

    Parce que j'ai beaucoup de mal à  croire que vous réussissez à  tenir le coup physiquement uniquement au jus de fraises. :lol:

    1. 859 réactions

      Certes : le chocolat a son importance aussi. ;)
      Plus généralement, le Parquet représentant la plus passionnante de nos fonctions, l'intérêt du métier suffit à  nous faire tenir debout (enfin, une semaine seulement, hein, parce qu'après on n'a plus de piles).

      1. 1242 réactions

        Je vais peut-être encore écrire une c...., mais je pense que vous commencez à  avoir l'habitude.

        Comment réussir à  tenir debout quand on appartient à  la magistrature assise...?

        1. 721 réactions

          Justement Prof, les magistrats du parquet ne sont pas considérés comme du siège, mais "debout", bien qu'ils fassent évidemment partie du même corps.....sors de ce corps Dark Vador !!! :mrgreen:

          1. 1242 réactions

            J'avais bien dit que j'allais encore écrire une... :?

          2. 859 réactions

            Tino2 a, une fois de plus, raison. D'après le Maître des lieux, les juges sont même tellement assis que certains ont le droit de rester soudés à  leur siège d'audience, qu'ils emportent avec eux à  la fin de celle-ci ... :?:

            1. 3579 réactions

              C'est simple en fait : les magistrats du parquet sont debout, mais pas sur, et plutôt sous, le parquet, tandis que les magistrats du siège sont assis, donc par définition sur le parquet, dont ils ne font pas partie, bien qu'issus de la même fabrique de bois, celle dont on fait les barres, lesquelles pourtant sont désormais le plus souvent en plastique ou en béton, de telle sorte que lesdits magistrats aussi, à  force.

              Simple, non ?

              Et les avocats ?

              Oh, d'une matière finalement infiniment moins friable, quelle qu'elle soit : de chair, et d'os... :D

              1. 1242 réactions

                Simple, non ?

                Euh oui. :eek:

                Oserais-je écrire que le métier de magistrat étant de plus en plus féminisé, et le parquet étant glissant, mieux vaut enfiler des patins ?

                1. 721 réactions

                  Arrêter avec votre cirage :mrgreen:

  6. 1214 réactions

    Dans le cadre de la formation de CIP, j'ai fait un stage en TGI de 15 jours avec plusieurs journées passées avec le proc de permanence...

    Et bien j'ai adoré! J'étais bluffée par la rapidité d'exécution et tout ce qu'il y avait à  faire.

    Ton récit m'a plongé la dedans un instant, Merci Marie.

    Et comme après mon stage, je regretterai presque de ne pas avoir tenté l'ENM...

  7. 184 réactions

    Article très intéressant au demeurant, merci Marie ! Et effectivement, on se demande comment les parquetiers tiennent debout.

    A quand un "la semaine de permanence type de l'avocat" pour compléter ça, cher Maître ?

    Il ne manquerait plus qu'un universitaire pour compléter le trio, mais ces gens-là  semblent plutôt austères, et j'ignore s'ils sont bien vus par vous autres praticiens...

    1. 859 réactions

      Ni bien ni mal vus, de mon point de vue : ils sont surtout peu vus !

  8. 18 réactions

    pfiou chui crevé pour vous là  !
    sinon si jamais vous vous ennuyez je peux vous faire parvenir 2 - 3 grilles de sudoku et autre mots croisés !

    puis je aussi vous appeler pour vous signaler quand ma teckel (vi j'en ai une :P ) me mord..ille ??
    juste histoire d'être sûr que les chiffres soient à  jours !!

    bref vie trépidante que vous allez là  ! j'en reste coi ! :x

    1. 859 réactions

      Vie trépidante que j'avais : les juges (sauf ceux qui font de l'instruction) pratiquent un autre rythme. Pas qu'on leur demande des décisions moins intelligentes, mais on n'exige pas d'eux qu'ils les prennent aussi vite. Ils échappent par ailleurs (avec soulagement) aux obligations liées aux morsures de teckel.
      Mais n'hésitez pas à  informer votre Parquet local des agissements du vôtre, ça leur fera plaisir (si la directive est toujours d'actualité - mais elles disparaissent rarement).

      1. 18 réactions

        euh oui mais non ma puce ne mord que par jeux et encore je crois que c'est moi qui la mord le plus souvent :mrgreen:

  9. 419 réactions

    Votre écrit me fait penser au monde médical. aux infirmières, aux chirurgiens, aux urgentistes... Quelle belle résistance au stress vous possédez-là ! Bravo

    1. 3579 réactions

      Vous dites ça parce que c'est pas vous qui récupérez ensuite le "résultat" de ces choix, Pahdoc ! :P

      1. 859 réactions

        Il faut bien qu'on vous fasse bosser ailleurs qu'au JAF, quand même !

  10. 7 réactions

    Coucou,

    Humble lecteur (comme certainement beaucoup) je voulais simplement passer pour remercier de cet article ainsi que le maitre des lieux.
    En effet la lecture de ces tres beaux articles nous aide a avoir notre moment de bonheur de la journee (important ca , si si).
    Nous permet aussi de relativiser nos petits malheur et coccupations.
    Et enfin je me permet de representer les nombreux lecteurs qui n'ecrivent pas pour dire :
    MERCIIII !
    Lami.

    1. 3579 réactions

      Quoi qu'un peu vexé qu'il ait fallu un article de Marie pour vous amener à  ce commentaire, Laminak, c'est moi qui vous remercie : j'adore que vous veniez comme ça, sans rien devoir ni qu'on vous doive rien, juste pour dire une gentillesse, c'est doux à  lire.

      (Et j'espère au passage que vos "coccupations" ne sont qu'une faute de frappe... :D )

      1. 1242 réactions

        :)

  11. 18 réactions

    Bonjour,
    Et bravo pour ce billet étourdissant.
    Je comprends maintenant un peu mieux pourquoi je n'arrive jamais à  joindre le parquet qui m'a désigné pour une expertise judiciaire autrement que par fax...
    Blague à  part, j'espère quand même qu'au 21e siècle, le conjoint peut remplir seul le frigo, amener le linge au repassage et entretenir un niveau d'hygiène acceptable dans une maison, en cas de manquement des 50% de ressources habituellement disponibles.

    1. 202 réactions

      Je dois préciser que, à  l'époque, j'avais, outre la journée type de l'avocat, 2 heures de trajet par jour. :D

    2. 859 réactions

      Et, pour en terminer avec les tâches ménagères, j'ajouterai qu'il repasse ses chemises lui-même ...
      Pour le reste, merci Zythom ! Et le fax, c'est encore le moyen le plus sûr, à  mon avis ...

  12. 329 réactions

    Ce billet est la preuve que la meilleure façon de décrire une fonction ,surtout lorsqu’elle n’est pas de tout repos , tel que c’est le cas ,est d’en parler avec soit une distance temporelle où s’imposer à  soi une distance par le style .

    C’est un billet qui transpire l’humilité tout en touchant le cœur du débat sur la fonction elle-même de Substitut.

    Oui un ministère public est indispensable dans l’organisation judiciaire . Il peut même être revalorisé sans attendre que les coups de butoir viennent de la CEDH qui avait déclaré , voici plus d’un an que le Procureur n’est pas une autorité judiciaire .Qu’est ce que cela a produit ?
    Le Rapport Léger.

    Ce rapport ,pour faire en sorte que cette fonctionne soit reconnue , alors qu’elle est au cœur de l’action judiciaire ,déjà  surchargée par des tâches telles qu’elles sont décrites dans ce billet ,a ajouté que l’action du procureur au temps que celle de la police judiciaire doit être menée à  charge et à  décharge .

    Aussi bien les Policiers que les Substituts pourront répondre d’une seule voix : Mais c’est ce qu’on faisait jusqu’à  présent et nous n’avons besoin ni d’un rapport ni d’un Arrêt Européen pour nous le rappeler.

    C’est un compte rendu exhaustif sur les pouvoirs du Substitut .Il est le sollicité ,on lui court après pour obtenir de la forme dans l’action judiciaire. Il est le maître des opportunités des poursuites .A voir la diversité des interlocuteurs ,il est le pivot central entre les Officiers de Police ,le prévenu,l’avocat;les organismes Centres et Etablissements sociaux, les enquêteurs ,les greffiers ,les magistrats du siège sans oublier la hiérarchie ,à  commencer par le Procureur à  qui il doit rendre des comptes.

    Que lui demande le Rapport Léger ? De poursuivre dans le pragmatisme .

    Ce qui est incompréhensible est l’interprétation du sens de "l’autorité judiciaire " contenue dans le Rapport.
    Comment peut-on reconnaître de l’autorité judiciaire chez un magistrat du ministère public qui doit demander l’application des lois initiées par un gouvernement en place et qu’en même temps il doit appliquer les consignes qui émanent directement de ce gouvernement .
    C’est comme si par définition le Procureur doit distiller sur le terrain et dans les tribunaux ce que le gouvernement lui-même n’ose soumettre ou avouer devant les représentants du peuple.

  13. 2 réactions

    Eh bien, c'est un article fort instructif, au point de m'amener à  y laisser un commentaire alors que ce n'est vraiment pas dans ma culture ni dans mes habitudes. Je cerne mieux les cernes de mon amie substitut qui me répète à  chaque fois que je la vois que "non non, substitut ça ne veut pas dire assistant".

    Comme déjà  dit par quelqu'un d'autre, ça fait quelque part regretter de ne pas au moins avoir essayé de devenir magistrat. Pour ma part je ne suis qu'un chercheur (et même pas en droit) qui bénéficie d'un confort et de conditions de travail qui me font honte de réclamer des moyens, puisqu'ils m'ont même laissé le temps de lire cet article...

    C'est également ce genre de billet qui m'incitera à  éviter de faire mes dépôts de plainte auprès du procureur plutôt qu'en commissariat pour des bêtes histoires de propriété intellectuelle.

    Ah, et un merci général à  tous ceux qui prennent le temps et le talent de faire découvrir leur métier (quel qu'il soit) de cette manière aussi instructive qu'attrayante. Un jour, je saurai faire ça aussi.

  14. 1440 réactions

    Bon, j'ai même pas eu le temps de te tirer mon chapeau pour cette première ! (et pour la vie que tu menais, également). Intéressant cette description d'une semaine type d'un substitut ... Je suppose que regarder les magnifiques séries de la Une sur la p'tite vie tranquille des procureur(e)s ne rentrent pas dans ta définition de "l'émission parfaite pour un neurone fatigué" ? :)

    Par contre, je me pose des questions quand même ... En gros, si j'ai bien tout suivi, les semaines normales, tu passes ta journée à  papoter au téléphone avec tes copines non ? :lol: Parce que, une centaine d'appels, même à  3 minutes l'appel (identification de l'appelant, rappel du dossier, nouveaux éléments, petite reflexion de ta part et réponse, ça fait court en 3 minutes ?), ça te fait quand même 5 heures au tél ! Pipelette ! :mrgreen: Ou tu es réellement multi-tâches et tu arrives à  parler d'une oreille (:)) pendant que tu écris de l'autre ?

    Bon, aller, j'aggrave pas plus mon cas et je renouvelle mon admiration devant votre capacité à  ne pas vous mélanger les dossiers !

    PS : pour ta note 6, je t'imagine plutôt en baron Harkonnen personnellement ... :lol:

    1. 1214 réactions

      Je ne sais pas pour Marie, mais des deux proc que j'ai vu en TTR ils sont effectivement multi-tâches!

      Capable d'écrire un truc et de répondre au téléphone en même temps, quand c'est pas en plus recevoir le CIP de POP qui vient apporter son rapport!

      Bon ceci dit, et là  je m'attends à  quelques remarques, j'ai trouvé LE substitut beaucoup plus stressé débordé que LA substitut... :oops:

    2. 859 réactions

      Evidemment, tu étais occupé à  animer le forum des fans de génépi aujourd'hui ! :D

      Les séries judiciaires et assimilées (ma préférée : Femmes de loi, terrible !) ne nous rappellent pas tant que ça le boulot, je dois dire, tellement elles en sont éloignées. Mais même ça, c'était trop dur à  la fin d'une semaine "chaude" ...

      Sinon, le baron Harkonnen, avec ses lésions sur la figure et ses suspenseurs à  gras : merci PiTRe, tu es vraiment un gentleman ! :evil:

      1. 1440 réactions

        Je savais que ça te ferait plaisir comme comparaison :) Bon, je note quand même que tu es un peu bizarre ... On t'adresse un compliment, tu réagis même pas, une vague allusion à  un lointain baron, et tout de suite, tu récrimines :)

        et merci pour le titre de la série, j'avais zappé. ah bon, tu ne trottines pas l'air affairé avec ton téléphone à  l'oreille pendant que les autres bossent autour ? :mrgreen:

        Au fait, pas la peine que je te propose un fond de génépi, tant qu'on y est ? :) et Tî ?

        1. 859 réactions

          En fait, les séries du genre "Femmes de loi" sont à  peu près aussi réalistes par rapport au métier de magistrat que la description des tâches d'un Navigateur de la Guilde comparées à  celles d'un pilote d'hélico ...
          Et que je te requiers du TIG aux Assises, et que je te place d'autorité les gardés à  vue sous mandat de dépôt sans même en toucher un mot aux enquêteurs chargés de la GAV ... Donc non, je n'ai pas l'impression d'avoir fait le même boulot que cette dame dont, au demeurant, les fonctions sont assez mal définies, puisqu'elle porte une robe rouge et se fait souvent appeler "substitut général" (donc Parquet général) tout en réalisant elle-même les enquêtes de terrain (ce qui est plutôt l'apanage des parquetiers de base, encore que pas forcément à  ce point-là  non plus).
          Ca justifierait presque d'y consacrer un article, tiens ...

          1. 1440 réactions

            Ben voila, je suis sur que tu ne savais pas quoi écrire pour la prochaine fois, voilà  une idée merveilleuse :) Il faudrait même voir à  embaucher tinotino pour qu'elle nous compare sa réalité à  celle de (google google ....) "une femme d'honneur" :mrgreen:

            1. 721 réactions

              Vous lisez dans mes pensées..........

              1. 1440 réactions

                tinotino, est-ce à  dire que vous êtes d'accord pour prendre la plume et nous pondre un magnifique billet sur ce sujet ? ô miracle, joie et allégresse ! :lol:

                1. 516 réactions

                  Oui, je vote pour ! :lol:

                2. 1242 réactions

                  Si vous le désirez, je peux même commettre une pétition ! :)

                3. 34 réactions

                  Alors..........Tino ? :D

                  1. 1440 réactions

                    Dites pagrave, votre avatar ... Vous avez mis tinotino en cage pour avoir la paix ? :mrgreen:

              2. 721 réactions

                Il y a une manif chez Mô ? C'est une coalition de môrdus ? Je rappelle que la bande organisée est une circonstance aggravante ! :)

                1. 1242 réactions

                  aggravante de sourires... :D surtout chez mô.

                2. 516 réactions

                  Qui voit une Mônif là  où il ne s'agit que de Môtivation ? :lol:

            2. 859 réactions

              Seul problème posé par cette idée : il faudrait que je m'en infuse un épisode entier ... gasp

              1. 1440 réactions

                le Maître te le dira : il faut savoir souffrir et te sacrifier pour tes lecteurs :mrgreen:

                1. 1214 réactions

                  Parce que tu te sacrifies toi pour tes lecteurs? Et tu souffres aussi bien sûr!!!

                  1. 1440 réactions

                    Mais parfaitement, je donne de moi-même et j'endure les affres de l'angoisse à  chaque photo ! :)

          2. 202 réactions

            Tu oublies LA série sur le parquet ; "LE PROC" avec ce procureur qui poursuit les suspects, passant par la fenêtre, intimant aux policiers de le bloquer par la porte !!! (Proc avec son greffier, qui instruit... peut-être une vision d'avenir)

            J'avais rencontré un chargé de TD qui faisait chercher toutes les erreurs de procédure des séries à  ses étudiants...
            Bonne idée à  creuser (et à  mettre en œuvre ici ?)

            1. 721 réactions

              C'est Flash ce Proc, plus rapide que lui, vous mourrez !!! Remarquez, avec toutes ces nouvelles prérogatives que l'on veut donner au parquet, on s'en approche. Juste encore un petit effort !

              C'est vrai qu'avec les séries, il y a de quoi faire, simplement, juste regarder, je ne sais pas moi, par exemple, une femme d'honneur... Point d'audition rédigée il y a, c'est si simple la procédure pénale, sauf qu'en droit français, elle est écrite.

              1. 859 réactions

                Remarquez qu'à  force de cascades en tout genre, ledit Proc est un peu mort, je crois (la série, je veux dire).

                1. 17 réactions

                  Une petite pensée pour mon JAP qui devait s'étrangler devant sa télé en s'incarnant en Carlos...
                  Ou allez savoir, peut être cela a t il déclenché des carrières au sein de l'application des peines (y'a aussi des JAP bizarres)

                  Concernant votre billet, Marie, je retrouve tout comme CIP12 ma semaine de stage TGI et mes 3 jours au TTR pendant laquelle je pensais fort en moi-même "heureusement, je suis CIP". Je retrouve également mes subs locaux dans votre portrait.

                  Enfin, un petit merci spécial pour les références à  l'immense œuvre de Mr Herbert dont je suis fan depuis la sortie du jeu PC en 1992 : the spice must flow !

  15. 436 réactions

    Excellente description !
    On s'y croirait.
    Et très instructive !

  16. 267 réactions

    Ave Maria

    Eh bien voilà , :D il suffisait d'attendre ! Et l'attente était justifié au regard de la qualité de ce billet.
    Comme ce cher prof, Je peux "légitimement" me demander dans quelle mesure, certaines semaines, le substitut de service ne se fait pas livrer quelques containers d'euphorisants en provenance directe des caves de ses fidèles patients, :P quoi que la théobromine à  haute dose du chocolat puisse avoir les vertus de l'Epice chez certaines constitutions...utile pour anticiper et sonder les reins et les cœurs des dits patients :idea: .

    Un bémol cependant, quand un citoyen de base s'entend décrire les sacerdoces des gens de justice ou de gendarmerie, il se demande quelle mouche masochisante vous a piqué de choisir de telle tâches :?:
    Bon, pour Maître Mô, on comprend : le côté chevalier blanc en habit noir, forcé par les chiens courants de la banque, et défendant plume ou panache au vent le prévenu harcelé par les forces de l'État, cela a un côté western, ou roman de la Table Ronde valorisant en société, même si tonton Freud aurait eu probablement à  y redire. Mais comme parfois, à  son âge, le pauvre tonton ne redit que des insanités...
    Mais comment choisit-on de devenir substitut ? A quel moment un(e) jeun(e) étudiante enthousiaste se dit qu'il/elle va passer une partie de sa vie à  vivre ce qui peut ressembler à  un enfer vu de l'extérieur, pour un salaire qui, s'il n'est pas négligeable, restera modeste au regard des responsabilités que vous avez. Car je suppose que loin d'appliquer la loi à  la manière d'un judge Dredd (un autre "modèle" à  explorer, pour les procédures de CI :P ) vous ne prenez pas des décisions qui engageront la vie des justiciables sans réfléchir à  deux fois à  leur conséquences. Une autre forme de défense de la veuve et l'orphelin peut être ? Le barreau et le parquet seraient-ils les deux faces d'un même Janus ?

    D'un autre côté, pour un observateur impartial ET de mauvaise foi (On peut faire les deux ? Oui, on peut , j'ai dit de mauvaise foi ! :P ), si la voie de l'honnêteté peut sembler la plus sûre bien qu'un peu tristounette (et encore à  voir les pauvres couillons parfois gardés à  vue pour des vétilles), pour qui envisagerait une vie aventureuse, la voie d'une certaine délinquance (quelque chose entre la légende de Mandrin et Kerviel ) peut, à  vous lire, présenter bien des distractions par rapport à  celle d'un substitut et cela quels qu'en soient les risques. Mais la difficulté de la tâche fait peut-être aussi partie de sa noblesse.

    Au plaisir de vous relire, pax tecum

    1. 516 réactions

      Chiens courants, Kerviel...
      C'est-y pas un peu fini, Monseigneur, les piques à  l'encontre des banquiers ? :evil:

      1. 267 réactions

        Chere Oph,

        Au regard des agios qui me sont piqués chaque mois, mes piqures ne sont que d'épingles émoussées...Et puis essayez de me comprendre, si je n'ai plus le loisir de tirer les moustaches des gendarmes pour des beaux yeux de Tinotino, de chatouiller la haute banque pour un sourire de vous ou de repiquer éhontément les caricatures de Daumier pour épargner les gens de justice, où vais-je aller chercher des stéréotypes idiots ? Il me faudrait ne poster que des commentaires honnêtes en abandonnant toute mauvaise foi et idées reçues ? Oubliez-vous que je me prétends homme d'église ? Et paf, encore un stéréotype désobligeant ! Je préfère aller me cacher, et me coucher.

        Pax tecum.

        1. 516 réactions

          "Pax tecum."

          Et avec votre esprit, tout ça.

          Enfin, comme on dit dans mon service, "les banquiers sont nos amis, il faut les payer aussi". :mrgreen:

          1. 267 réactions

            J'entends bien ma fille. :D

            Mais, votre service n'est-il pas déjà  composé de banquiers ? Et si entre confrères, parfois même entre amis, car d'aventure, confraternité et amitié peuvent cohabiter ( non, ce n'est pas le chant d'amour du crapaud ! :? ), la juste rétribution s'impose comme une évidence, on peut cependant envisager que ces amitiés particulières, voire ces liaisons dangereuses, ne soient pas partagées du commun des mortels ?

            Au plaisir de vous relire, que la paix soit avec vous (pour parler l'après concile) :lol:

            1. 516 réactions

              "Mais, votre service n’est-il pas déjà  composé de banquiers ?"

              Non, d'informaticiens.
              Dont le travail consiste entre autres à  s'assurer que des banquiers soient correctement payés tous les mois (et en ce qui me concerne, qu'ils partent en vacances dans de bonnes conditions).

              1. 267 réactions

                Des banquiers et des informaticiens :?: , c'est le sabre et le goupillon en quelque sorte ? :P

                1. 1242 réactions

                  Le rouge et le noir ?

                  1. 721 réactions

                    Que vient faire Stendhal ici ? :D

                    1. 1242 réactions

                      Fort probable que de sa tombe, il a tapé "maître mot" sur son ordi. :P

                    2. 267 réactions

                      :lol: Tiens ? Quand on parle rouge et noir, la maréchaussée réagit :?: ...La chasse à  la cellule ultragauchiste est rouverte ? :P
                      Pour suppléer à  ce cher prof qui a laissé choir temporairement sa blouse de hussard noir de la République (je ne vous parle pas du spectacle que cela donne vu son âge :shock: ) et peut être en défonçant une porte ouverte ou en disant une c..., c'est selon, le titre du roman de Stendhal a été interprété comme une référence aux aspirations de Julien Sorel, celle militaire à  l'uniforme rouge (et oui, l'uniforme était coloré et seyant en ces temps ;) ) et la noire de la soutane.

                      Avec toutes mes excuses pour ce pensum didactique. :?

                    3. 1242 réactions

                      Non, non, je n'ai point laissé choir ma blouse noire de hussard.

                      C'est elle qui m'a quitté. :(

                    4. 721 réactions

                      L'ultra quoi? Qu'est-ce donc ? Ce qui est à  gauche de la gauche, à  l'inverse de ce qui est plus à  droite qu'à  droite, ou ce qui est à  l'extrémité de ma gauche, à  l'inverse de ce qui est à  l'extrémité de ma droite ? J'ai beau regarder mes orteils, voire même mes mains, mais je ne vois rien de plus à  gauche ou de plus à  droite que mes orteils ou mais orteils, chez moi.

                      Ou peut-être est-ce tout simplement que d'aller vers la gauche, encore à  gauche, puis encore à  gauche, et finalement à  gauche...Comment ça je tourne en rond?

                      Moi qui pensait qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce de fleur, déçue je suis :)

    2. 859 réactions

      Ave Monsignore,
      En réalité, vous vous doutez bien que la vie au Parquet n'est nullement infernale ... à  condition de l'avoir choisie.

      A titre personnel, je suis justement entrée dans la magistrature pour exercer au Parquet (au moins un temps), et n'ai jamais été déçue. Il est clair que l'on n'y vient pas pour le salaire (qui a néanmoins l'avantage d'être le même tout les mois, et d'être plus élevé que celui des juges de même ancienneté), mais c'est un choix logique quand on est pénaliste, que l'on a envie de faire un métier utile et que l'idée de ne pas forcément savoir, le matin, de quoi la journée de travail va être faite ne déplaît pas.

      Sur la proximité du métier avec celui d'avocat, je vais laisser le Maître vomir dans son coin et dirais que les parquetiers défendent effectivement la veuve et l'orphelin (contrairement aux avocats, ils ne sont d'ailleurs jamais amenés à  défendre les responsables de veuvage et d'orphelinat, eux :P ), et que le nombre de cow-boys (ou de Judge Dredd - sans la belle moto volante, hélas pour nous) est plutôt peu élevé dans leurs rangs.

      Quant à  la valorisation de la profession en société ... disons qu'elle n'est pas forcément trop mal vue, suivant les publics bien sûr, mais que globalement, annoncer de but en blanc à  une nouvelle connaissance que l'on fait procureur dans la vie, ça jette souvent un froid. Mais pas longtemps.

  17. 1 réactions

    Je voulais juste lâcher un énorme MERCI !
    Je m'explique, je suis actuellement en L1 de droit à  Paris X - Nanterre et je ne sais pas très bien comment j'ai atteris là  ( merci les parents qui ont transformé un "ben le droit ça peut être intéressant... peut-être... je sais pas..." en "Oui ma fille va tenter d'entrer à  Assas" ... gneû ? ). Je n'ai pas vraiment tout compris ( avec juste un semestre de droit derrière moi le contraire eut été étonnant ) mais en lisant cet article et les commentaire vous m'avez donner envie de continuer, de persévérer ( je me suis mise à  réviser mes partiels vous vous rendez compte de l'ampleur du truc ?? ) en renforçant mon idée que oui j'ai très envie travailler dans ce milieu plus tard ! C'est ce que j'ai lu de plus sympa ( mis à  part les cours de M. Carcassonne ) depuis l'arrêt "Cass. 2e civ. 14 sept. 2006" ( qui a même un groupe sur FB ou les gens se demandent "mais c'est un vrai arrêt ? o_O " ). A ne pas comprendre de travers, je ne dis pas que les cours de L1 ne sont pas intéressant, c'est juste que entre l'éco et "l'introduction historique au vocabulaire juridique" j'attends avec impatience ceux de droit pénal au second semestre donc, en attendant, tomber sur des articles comme ça, ça fou la pêche !
    Je ne sais pas si j'ai été très clair mais encore merci et je retourne réviser mes partiels !

  18. 22 réactions

    Bonjour,

    Je réagis avec retard, mais j'ai quand même une question ;-)
    Au vu de tout ce que vous faites pendant vos semaines de permanence, il vous reste quelque chose à  faire pendant les semaines normales, à  part dormir pour être pret pour la prochaine permanence ?

    On a l'impression que le parquetier de permanence se prends toutes les nouveautés de la semaine. Alors il doit bien y avoir dans le tas des dossiers à  suivre, mais au bout de 15 jours, un certain nombre sont clos, j'imagine. Et dans tous les cas, ça doit pas faire un plein temps, si vous avez pu tous les ouvrir en même temps... Quelles sont les autres délices de votre quotidien normal, histoire d'être sur que vous ne vous ennuyez pas au travail ?

    1. 859 réactions

      Ce que nous faisons (non, qu'ils font - faut que je perde ce réflexe, moi ...) le reste du temps ? Tout le reste : les audiences correctionnelles, de police, de JLD, de JAP, de la chambre civile, d'Assises le cas échéant, du Tribunal de commerce, les entretiens de CRPC et d'injonctions thérapeutiques, les réunions plus ou moins utiles avec la Préfecture, le Parquet général, les partenaires sociaux, les enquêteurs, la rédaction des réquisitoires définitifs, le traitement du "courrier pénal", le suivi de l'exécution des peines (pour ceux qui sont chargés de ce contentieux) ...

      S'il y a bien une chose dont on soit sûr en prenant un poste au Parquet, c'est que l'on n'aura jamais le temps de s'y ennuyer !

      1. 22 réactions

        Merci pour votre réponse ! Effectivement, j'avais oublié qu'un certain nombre des affaires les plus prenantes vous viennent autrement que via les permanences: soit courrier au procureur, soit affaires directement gérées par un juge d'instruction, et où le parquet intervient tout de même (et heureusement, je préfère largement que plusieurs juges interviennent sur les grosses affaires: ça limite les risques d'erreur humaine). Me voilà  en tout cas rassuré: vous n'êtes (enfin, collectivement, pour le parquet, sinon, ce serait vous n'étiez) pas forcé pour vous occuper utilement de passer votre temps sur des blogs d'avocats à  commenter voire même contribuer en tant qu'auteur.

  19. 2 réactions

    A la contemptrice des directeurs d'hôpital (qui eux aussi, connaissent des permanences agitées): le directeur-qui-appelle-pour-l'opération-du-mineur-inconnu (il-ne-connaît-pas-le-droit-cet-enquiquineur) agit probablement à la demande du médecin (typique du cas où un écrit est demandé); et si le médecin demande, c'est certainement qu'il est dans une situation juridique compliquée, ce qui est d'autant plus probable que la demande arrive en soirée (le directeur aura rempli sa liste de garde comme il aura pu, sans autre aide que celle du chef de service!); et si l'objet de l'appel avait été la sécurité juridique de la situation du médecin en question la réponse aurait sans doute été un peu moins évidente et la parquetière aurait sans doute dû relire ses manuels...! mais le directeur a pris sur lui la complexité de l'affaire et s'est contenté de lui demander le papier qui donnera au médecin la confiance suffisante pour opérer... et qui in fine sauvera la vie de l'enfant. Bah, mais dans cette profession on sent le bouc; c'est tragique mais c'est ainsi.

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