Quelques mots sur…

Ce titre était, exactement, celui d’un mail, reçu hier, d’un homme qui le signait "Anonyme Relatif", et me l’avait adressé sous une adresse créée tout exprès,  anonyme elle aussi -vous allez comprendre pourquoi.

Je l’ai lu, et j’en ai été suffisamment édifié, et ému, pourquoi ne pas le dire, que j’ai immédiatement pensé, une fois digérés les points de vue qu’il y fait valoir, qu’il fallait que ce texte soit publié, ici.

Parce que malgré cet anonymat, je trouve que cet homme a fait montre d’un très grand courage en me l’adressant, à plus d’un titre : il y parle de choses que l’on n’entend jamais, strictement jamais, il y prend la parole alors que l’on ne donne habituellement pas cette parole aux gens qui sont comme lui -oh, on en disserte, en tous sens, moi le premier, il me le rappelle d’ailleurs dans ce texte, mais entendre aussi directement ce que "ces gens-là" peuvent vouloir exprimer est une toute autre chose… Et c’est aussi courageux parce qu’il n’est pas encore jugé.

Car cet homme est pédophile. Et il s’explique.

Le texte d’Anonyme Relatif nous renvoie je crois à beaucoup de questions, tant sur la nature même de la pédophilie, que sur l’illégalité de certains actes, qu’enfin plus encore sur le traitement judiciaire qu’on "leur" réserve…

Il parle avec une sincérité rare, ce qui m’a décidé à livrer ici ce témoignage, avec le fait que nous sommes tous des intellectuels, ou réputés tels, moi le premier, qui écrivons et raisonnons beaucoup, sur ce blog et ailleurs, sur ce qu’est ou n’est pas la pédophilie, sur les remèdes à trouver ou les maux qu’elle cause…

Mais que lui la vit.

Ses mots ont une importance considérable pour quiconque, et je m’en vante souvent, se targue d’essayer de comprendre…

Soyons parfaitement clairs, si besoin en est : cet homme vit une forme de pédophilie, une forme parmi d’autres, très probablement, et qui dans son cas lui permet manifestement de conserver son discernement, d’une part.

D’autre part, il est totalement -c’est évident mais je me méfie, tant le sujet est difficile- exclu de valider, en quoi que ce soit, le moindre passage à l’acte pédophile -ce n’est pas ce que fait l’auteur de ces mots, qui ne cherchait je crois en m’écrivant qu’à me donner ses clés de compréhension à lui…

Et qui pose, justement, son regard à lui sur certains actes -ceux qu’il a commis, qui ici encore ne sont naturellement pas les mêmes que l’on reproche à d’autres- sans fausse pudeur, et avec ce qui demeure à mon sens l’une des question majeure en ce domaine : l’anormalité que nous, et la Justice, relevons évidemment dans les affaires de ce type, est-elle ressentie comme telle par les pédophiles eux-mêmes ? Une question plutôt importante, je crois, et vous verrez les réponses que lui y apporte.

Enfin, certaines de ses explications peuvent, sans doute, choquer -mais je crois qu’il n’y a pas l’ombre d’une provocation dans ce qu’il décrit : Anonyme  Relatif raconte, tout simplement, et pour une fois -et il y a énormément à apprendre de ce que lui ressent, à commencer par l’échec, je crois que le mot convient, que représente le traitement judiciaire de ce type de cas.

Avant de vous proposer de le lire, ce témoignage, je crois utile de retranscrire, en toute transparence, les extraits importants des quelques mails que nous avons échangés préalablement à cette publication, immédiatement après ma réception du message d’origine : il s’y est dit à nouveau beaucoup de choses importantes, en marge des premières explications (les passages coupés portent sur les indispensables modifications factuelles que nous avons effectuées dans le corps du texte, afin d’en rendre son auteur non identifiable).

MM : "Merci, beaucoup…

Votre texte me passionne, et me renvoie, avec une franchise pour laquelle je vous salue, à mes ignorances, et je crois, à pas mal de celles des autres…

J’ai souvent plaidé, et écrit, que "ces gens", vous comprendrez cette expression, étaient en réalité des gens, assez "normaux" quoi que dits "déviants", mais je ne peux évidemment pas l’exprimer aussi bien que vous, ni aussi simplement, ni aussi complètement…

[...] Accepteriez-vous que je publie votre texte, comme vous me l’avez adressé ? Je pense qu’il recadre un certain nombre de choses, et qu’il est, pour tout dire, rare.

Je pense aussi que votre témoignage est édifiant, et ce n’est pas péjoratif.

Si vous êtes d’accord, je dois vous avertir de deux faits que vous connaissez déjà ( ! Je suis avocat…) : écrire, c’est se mettre à poil, même sous couvert d’anonymat, et votre texte, que je trouve beau, provoquera certainement toutes sortes de réactions, il faut y être prêt.

Et par ailleurs, je supprimerai tout commentaire que j’estimerais "dérapant", d’autres personnes, évidemment, mais aussi de vous-même. Notamment, vous osez aborder le cas de la fragile frontière entre la majorité légale, la majorité sexuelle et certaines relations, et vous avez raison de le faire -mais ce sera forcément heurtant, pour certains.

Là encore, ne prenez pas mal ce que je dis, mais, pour parler vite, autant je défends, j’espère avec force, les pédophiles, autant je ne défends pas, ni ne peux admettre qu’elle le soit, la pédophilie -ce n’est pas ce que vous faites dans votre texte, mais c’est un sujet si délicat, si lourd, que le risque existe naturellement.

[...] Et, dans tous les cas, merci, infiniment, de votre envoi, qui m’émeut de bien des façons, et notamment parce que vous avez osé le poster. Soit dit en passant, j’ignore si la Justice, finalement, vous aidera -mais je trouve que votre degré de réflexion le fait déjà beaucoup…"

AR : "Je vous remercie, d’abord, d’avoir lu mon texte.

Je ne peux vous laisser publier mon texte tel quel, puisque je n’ai pas été jugé, que plusieurs éléments mis bout à bout permettraient au juge d’instruction et au procureur de la république de savoir de façon quasi-certaine qu’il s’agit de moi…

Je souhaite apporter un éclairage le plus sincère possible, et pas à faire croire que je suis un individu parfait.

Mais devant le juge, vous comprendrez que j’aime autant qu’il ne soit pas en possession d’un texte de moi daté de 2009 dans lequel j’avoue ne pas savoir si je serais capable de me tenir à carreau toute ma vie durant. Ça a beau être la vérité, toutes ne sont pas bonnes à finir dans le bureau du Procureur et j’ai abandonné depuis longtemps l’espoir un peu naïf d’être jugé de façon parfaitement honnête et juste dès lors que j’étais parfaitement sincère…

[ J'avais interrogé Anonyme Relatif sur la réalité de son récit, ne voulant pas qu'un éventuel imposteur, même si je n'y crois pas une seconde, me trompe  sur ce sujet. ] Tout ce que je vous ai dit est totalement vrai.

Cela veut dire aussi que je ne m’exprime qu’en mon nom, d’ailleurs. Par exemple, à titre personnel j’ai un respect immense pour les surveillants que j’ai rencontré pendant ma détention, et qui ont géré les choses avec brio malgré un contexte défavorable (surpopulation carcérale notable, avec jusqu’à 7 personnes pour 6 lits dans une cellule dont je soupçonne que les normes permettaient initialement de n’en accueillir que 3 en théorie). Mais peut-être d’autres personnes vous donneraient-elles un tout autre témoignage, je n’en sais rien. Cela se passe peut-être différemment dans d’autres prisons. Je ne m’exprime que pour moi et par rapport à ce que je sais, même si je me permets diverses généralisation sur la pédophilie, pour avoir eu l’occasion de discuter avec beaucoup de gens "de mon espèce".

Vous dites ne pas défendre la pédophilie, permettez-moi de chipoter : la pédophilie ne se "défend" pas, ni ne se critique. La pédophilie n’est pas l’acte, c’est l’orientation. Elle n’est pas bien ou mal : elle est, et aucun de nous ne l’avons choisie, mais nous apprenons à cohabiter et, pour certains (pas pour tous), même à s’y attacher quelque part. C’est comme une couleur de peau, ou une préférence pour telle ou telle couleur. Elle est là, on n’y peut rien, il n’y a aucun choix là-dedans, et du coup, aucun jugement de valeur ce me semble. Ce que vous refusez de défendre, finalement, c’est le passage à l’acte pédophile et la consommation de pornographie infantile.

Je comprends bien là la limite qu’un citoyen ne peut franchir. Par conviction et aussi par la loi, qui punit l’apologie des crimes et délits. J’ai conscience de flirter, moi-même, avec les limites, lorsque je réfléchis à ces sujets là, parce qu’après tout je me sens quand même directement concerné, et qu’il est normal de se demander si tout ce qui m’est interdit, et si insupportablement inaccessible, l’est pour des raisons parfaitement valables, ou par dogmatisme.

Il est difficile de se plier à la loi malgré soi, quand elle touche à quelque chose d’aussi fort que l’attirance érotico-affective, mais c’est un peu moins difficile quand on le perçoit comme parfaitement légitime. Je ne sais que trop bien que déjà ce que je vous ai dit dans le premier mail, et qui était soft, fort peu de monde est capable de l’entendre sans réaction épidermique d’indignation, sinon de haine. Ce n’est pas ce qui me fait peur.

Je tiens d’ailleurs à vous dire que j’ai le plus grand respect, la plus haute estime pour votre capacité à mettre autant d’énergie à défendre la petite Jade qu’à refuser la haine primaire et sadique de ceux qui voudraient voir les gens de mon espèce pendus par les couilles (passez-moi l’expression). Vous faites preuve d’une sagesse qui est loin d’aller d’elle même dans une société qui m’a désigné comme monstre suprême, et alors que vous avez déjà pris en pleine face la souffrance que peut causer une agression sexuelle ou un viol(1) [...]"

MM : "Juste, je m’aperçois en vous relisant, après une après-midi de rendez-vous dont deux nouvelles affaires, le croirez-vous, sexuelles, que je suis un con : avant de vouloir à tout prix publier votre beau témoignage, j’aurais dû vous dire que je me rendais compte de votre souffrance, et que je compatis, en comprenant bien tout ce que la justice peut y ajouter d’inutile, et d’accablant. Voilà, pardonnez-moi de ne vous avoir pas dit ceci avant ma première réponse. [...]"

AR : "Permettez-moi de vous remercier pour votre mot de compassion. Mais rassurez-vous, je ne vous ai pas écrit, initialement, pour être plaint.

J’ai écrit dans l’espoir de faire avancer un peu le Schmilblik, parce qu’il n’y a pas forcément un camp des méchants et un camp des gentils.

Nous ne sommes pas que des hommes méchants (il existe aussi des sadiques parmi nous, mais en proportion, il ne doit pas y en avoir plus que de sadiques hétérosexuels qui battent leur femme ou violent des femmes), nous ne souhaitons pour la plupart faire de mal à personne et surtout pas aux enfants, nous ne sommes pas des ennemis du reste de la société, que nous fréquentons et avec qui nous avons le plus souvent de bons rapports (nous avons un travail ou des études, des collègues, de la famille)…

J’imagine que vous savez déjà tout cela, au moins instinctivement si ce n’est d’expérience après avoir eu quelques clients de la sorte. Il est vrai que nous avons souvent du mal avec l’autorité judiciaire et policière que nous jugeons parfois (souvent?) injuste, mais nous n’ignorons pas non-plus leur caractère indispensable, parce qu’il n’y a certes pas que des Bisounours, ni parmi les pédophiles, ni dans le reste de la population. .."


Voilà, décision était prise ensuite de publier ce témoignage, retouché uniquement quant aux données factuelles.

Inutile je pense d’écrire(2) que, plus que jamais pour ce texte, je compte sur l’exemplaire dignité des commentaires dont ce blog a jusqu’ici constamment pu s’enorgueillir.


Bonjour, Maître.

J’ai vu votre récente note sur l’affaire Francis Évrard, mais ce qui m’a, en fait, donné envie de vous écrire, est votre article de début d’année sur les pointeurs en prison, et les nombreux commentaires qui s’en sont suivis.

Je me permet de vous écrire bien que vous ne m’ayez pas sollicité, juste pour vous donner quelques informations, dont vous ferez ce que vous voulez. Je pense qu’elles pourraient vous être utiles pour cerner, certains de vos clients… Ou certains de vos adversaires, lorsque vous travaillez pour la partie civile.

Je suis un "pointeur", ou plutôt j’étais. Pire, je suis un pédophile, un vrai. C’est à dire que mon orientation sexuelle se tourne vers les enfants. En ce qui me concerne les garçons, peu ou pas pubères.

Je fut "pointeur" lorsque j’ai été placé en détention provisoire, pendant six mois, pour avoir échangé de la pornographie infantile sur internet. Oh je n’en suis pas spécialement fier. J’étais juste, au commencement, un môme de 17 ans un peu paumé, en proie à une orientation sexuelle difficile à gérer, et qui faisait ce qu’il pouvait pour canaliser ça dans une société où le tabou est absolu sur ces questions.

Arrêté peu après ma majorité, j’ai été donc traité comme un majeur. C’était il y a quelques temps déjà, mais je n’ai toujours pas été jugé, bien qu’il s’agisse de correctionnelle, aussi vous comprendrez que je garde l’anonymat (relatif toutefois et j’en ai bien conscience).

On m’a mis deux agressions sexuelles sur le dos, aussi, et je peux le comprendre, car après tout certains éléments découverts à la suite de mon arrestation permettaient de supposer que… Je trouve juste qu’après que les deux victimes supposées aient affirmé qu’il ne s’était rien passé, à plusieurs reprises, il serait peut-être temps d’admettre que je n’ai rien fait.

Or, donc, j’ai fait six mois. Je confirme un à un tous les éléments que vous avez apporté à vos lecteurs. Je ne suis pas sorti une seule fois en promenade. Je rasais les murs, lorsque j’allais en parloir par exemple. J’ai connu aussi la hiérarchie parmi les pointeurs : en tant que pédophile, j’étais la sous-merde parmi les sous-merdes. Et comme les pointeurs morflent déjà beaucoup et en ont gros sur la patate, ils ont, plus que les autres condamnés peut-être, besoin d’un souffre-douleur.

Je veux confirmer aussi, que vous avez raison de tirer votre chapeau aux surveillants. Ils sont les seuls maîtres à bord ou à peu près. La seule chose qui sépare la prison de la torture pure et simple, c’est le comportement des surveillants. Ils ont donc une importance primordiale. Et je peux vous confirmer que oui, ils ont quasiment tous un comportement exemplaire, et font leur maximum pour éviter autant que faire se peut le règne de la violence la plus atroce, n’hésitant pas d’ailleurs à prendre quelques libertés avec le règlement quand c’est pour le bien des détenus (bien que ce ne soit pas règlementaire, ils se font fort, par exemple, de mettre les jeunes les plus vulnérables avec les vieux sages, qu’ils connaissent assez pour savoir qu’ils ne joueront pas les redresseurs de tort).

Hormis cela, puisque c’est un domaine que vous semblez connaitre assez mal(3) , je me permet de vous apporter un éclairage sur ce qu’est être pédophile.

Il est partiellement inexact de dire qu’un pédophile est attiré par "les enfants" quel que soit le sexe. Il y a souvent une nette préférence pour un sexe ou pour l’autre, quand l’attirance n’est pas strictement cantonnée à un sexe.

Je ne crois pas non-plus que la pédophilie soit une maladie, comme l’est une névrose. Je dirais qu’il s’agit d’une orientation sexuelle déviante. Certains sont hétérosexuels, d’autres homosexuels, je suis pédophile attiré par les garçons. Et, comme pour tout homme, il y a une forte composante affective dans notre orientation.

Cela veut dire que lorsqu’un de vos clients dira être "amoureux" de sa victime, ce ne sera pas pour amadouer le juge, mais l’expression de son sentiment le plus profond.

"Pourquoi agresser la personne que l’on aime", me demanderez-vous peut-être. Il n’y a pas de réponse unique. Chez certains c’est la conviction honnête que le mineur (il ne s’agit pas toujours d’enfants de 5 ans mais parfois d’adolescents pas bien loin de la majorité sexuelle) était consentant, et qu’à partir du moment où la chose s’est faite dans le désir mutuel il ne peut y avoir de traumatisme.

Chez d’autres c’est la frustration accumulée avec les années qui pousse à déraper. Et il faut reconnaitre que notre vie n’est pas une sinécure : non-seulement nous sommes sensés "nous la mettre sur l’oreille" pour le restant de nos jours, mais nous n’avons pas même le droit de nous soulager devant un porno. Allez, juste une fois, demander à la sortie d’un lycée combien de jeunes sont prêts à renoncer à toute vie sexuelle – pornos y compris – immédiatement et pour le restant de leurs jours… Fort peu, à mon humble avis.

Pour d’autres, c’est une sorte de je m’en foutisme, du genre "advienne que pourra", étant entendu que l’immense majorité des victimes de véritables pédophiles ne sont pas violentées, mais que le rapport a été obtenu "par séduction" comme disent les psys…

Je suis pédophile et le fait d’avoir été attrapé par la justice et astreint à une thérapie, ne change rien à ma condition. J’ai travaillé avec plusieurs psys et pas plus l’actuel que les précédents ne croit vraiment pouvoir me "guérir", c’est à dire faire de moi un homo ou un hétéro. Et je n’y crois pas non-plus.

Nous essayons, plutôt, de travailler sur la gestion de mes pulsions et sur mon intégration sociale avec des gens de mon âge, de sorte que je présente le moins de risque possible de dérapage.

Mais je ne vous cache pas non-plus que même si je me tiens à carreau depuis plusieurs années maintenant, j’ai du mal à m’imaginer rester parfaitement chaste pendant la soixantaine d’années qu’il me reste à vivre.

D’autant que comme beaucoup de pédophiles, je ne suis pas non-plus à 100% convaincu que tous les interdits qui se posent à moins se justifient intégralement. Oh, je ne dis pas que l’âge de consentement devrait disparaitre, comme cela fut parfois revendiqué dans les années 70. Mais les questions du consentement, de l’âge de "maturité", de l’étrange différence de deux ans entre le moment où l’on peut partir en prison pour viol et le moment où l’on se voit accorder le droit de consentir, sont des questions que je me pose tous les jours, tout le temps même, sans jamais avoir de réponse certaine.

J’ai parfois, souvent même, le sentiment qu’un traitement injuste nous est réservé, que trop souvent on amalgame des actes illégaux mais à peine immoraux avec ceux commis par des gens comme Evrard… Ais-je raison, ou suis-je en train de me chercher des excuses ? Je ne sais pas, j’y travaille, y compris avec mon psy. Reconnaissons seulement que certaines questions se posent.

En attendant, je cherche à me reconstruire, après que mon arrestation ait détruit mes rêves, ma fierté, certains de mes rapports sociaux, ou encore des amitiés en tout bien tout honneur avec des enfants pour qui j’avais une immense affection et que je n’avais jamais touché.

Je continue à penser que ces six mois de détentions provisoires n’étaient pas justes eu égard à ce que j’avais réellement fait. Pas plus que certaines remarques dégradantes du substitut du procureur, qui a cru devoir employer le qualificatif de "futur violeur", pas plus que le moment où il m’a traité de  "détraqué sexuel"  parce que, du haut de ma jeune majorité, j’admettais m’autoriser un rapport sexuel avec un mineur d’au moins 15 ans puisque c’était légal (3 ans de différence d’âge, ça ne me paraît pas le crime du siècle). Je continue à penser que les longues années d’instruction liées au fantasme du "réseau pédophile" ne sont pas justes non-plus.

Mais à qui le crier ? Personne ne souhaite autre chose que de me voir souffrir (c’est réussi), ou au minimum m’auto-flageller (c’est un échec : frappez un homme à terre et l’énergie du désespoir le poussera à se rebeller, quand bien même il se laissait faire au départ).

Je suis pourtant rien d’autre qu’un homme avec des sentiments, des bons et des mauvais côté, une vie, des amis, des passions, et aussi, c’est vrai, une orientation sexuelle, que je n’ai pas choisie, mais que je dois assumer au quotidien. Au quotidien.

Je ne suis qu’un homme qui cherche à vivre sa vie à peu près heureux en faisant le moins de mal possible aux gens autour de moi, adultes ou enfants.

Et je suis au regret d’avoir le sentiment que la justice ne fais rien pour m’y aider. Rien du tout.


Voilà…

C’est décidément un domaine où rien n’est simple, et moins encore monochrome, n’est-ce pas..?

Je ne sais pas vous, mais je suis moi sorti de cette lecture un peu sonné, et très dérangé -pas pour de mauvaises raisons, je crois.

Merci infiniment, Anonyme Relatif. En tout cas.

  1. Je pouvais supprimer ce paragraphe, qui fait naturellement souffrir ma modestie légendaire, mais allez savoir pourquoi, je l’ai laissé -ce n’est pas parce que le sujet est grave que je vais m’interdire un sourire. ()
  2. Mais je le fais quand-même, car je suis avocat, c’est une tare que nous avons ! ()
  3. Il a raison, et je manque d’humilité, parfois, notamment dans ce domaine -profitez-en, je ne l’avoue pas souvent… J’ai défendu des dizaines de personnes concernées par ça, et pourtant, auprès de combien d’entre elles ais-je pu réellement recueillir de véritables sentiments..? Et si je n’ai pas réussi, quel autre intervenant judiciaire l’aurait pu..? ()

660 commentaires sur “Quelques mots sur…”


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  1. Merci, merci, maître Mô, d’oser défendre l’indéfendable. Bien qu’ayant été victime d’un pédophile, j’ai toujours refusé cette avilissante posture qui consisterait à faire des pédophiles des monstres et je me suis exprimée à plusieurs reprises sur ce sujet sur mon blog. Les pédophiles font partie de nous, de notre société, de notre humanité et il va bien falloir envisager regarder cette évidence en face un jour. Leur ouvrir la parole, la possibilité, pour ceux d’entre eux qui le souhaitent, de tenter de se faire suivre et/ou aider, me semble bien plus important que la tentation permanente du lynchage. Je préfère personnellement qu’un pédophile ait l’opportunité de travailler sur sa déviance sexuelle AVANT le passage à l’acte, plutôt qu’après.
    Merci aussi à cet anonyme pour avoir oser s’attaquer au mur du silence.

    1. Je suis heureux de voir votre commentaire : le monolecte comme maitre mô brise les silences pour des gens qui n’ont pas connus de si dures conditions de vies.

    2. "Les pédophiles font partie de nous, de notre société, de notre humanité et il va bien falloir envisager de regarder cette évidence en face un jour."

      Oui, absolument. A commencer par parvenir à pouvoir simplement la dire dans les prétoires, parce que là, actuellement, je vous garantis que c’est encore totalement impossible, et inaudible. Je ne sais pas combien de gâchis il va encore falloir pour qu’on admette enfin ce qui est un fait…

    3. 1.3
      La Sasson

      "Les pédophiles font partie de nous, de notre société, de notre humanité et il va bien falloir envisager regarder cette évidence en face un jour. [...] Je préfère personnellement qu’un pédophile ait l’opportunité de travailler sur sa déviance sexuelle AVANT le passage à l’acte, plutôt qu’après."

      C’est très vrai et, quand on y réfléchit, cette réflexion de bon sens s’applique aussi à d’autres interdits de la société tels que la violence ou l’inceste. Si la Société était capable d’aider sans stigmatiser chaque "déviant", qu’il soit social ou sexuel, AVANT le passage à l’acte, je pense que les tribunaux serait moins remplis …

      D’ailleurs et pour aller un peu plus loin au risque de simplifier et d’être un peu hors sujet, ne dit on pas que des hommes comme Hitler ne sont AUSSI que des hommes et que leur part de monstruosité se retrouve plus ou moins chez tout le monde ? C’est tellement inacceptable par la Société qu’elle préfère les ranger dans la catégorie "monstre" (ou "ces gens là") pour pouvoir continuer à se supporter.

      1. 1.3.1
        Le Monolecte

        La thématique du monstre m’a toujours beaucoup fait cogiter. J’ai même pondu un mémoire de recherche sur l’antisémitisme et la judéophobie pour tenter de comprendre la fabrique du monstre. Extrait de l’intro :

        "On peut être antisémite et bon parent, l’antisémite est rarement un monstre, c’est le plus souvent quelqu’un que l’on côtoie régulièrement que l’on apprécie, qui n’est franchement ni bon ni mauvais, quelqu’un de terriblement ordinaire, comme peut l’être la voisine de palier, et c’est bien tout ce qui fait la difficulté de lutter contre ce type de comportement."

        Chaque fois que quelqu’un tente le coup du monstre pour appeler à la déshumanisation d’un être humain, à son lynchage, je me méfie. Oui, les pédophiles sont des prédateurs qui menacent nos enfants. Il convient donc d’en parler, avec nos gosses, bien sûr, et avec eux, aussi. Faire la différence entre la marchandisation pornographique qui fait que les ados voient une double pénétration avant même de comprendre comment fonctionne leur propre sexualité. Oser l’éducation sexuelle précoce, car même pendant la période de latence, les enfants sont réceptifs à cette problématique. Des enfants correctement éduqués sur la sexualité feront peut-être des ados moins angoissés, des adultes moins tordus, des gens plus à l’aise avec leurs corps, leurs désirs, avec eux-mêmes, tout simplement. Ils auront peut-être plus le choix et seront peut-être moins victimes.

        AR explique que son attachement à un objet sexuel pourtant dépourvu des caractères secondaires matures est un fait qui s’impose à lui et non une maladie ou un truc qui peut s’arranger.
        En tant qu’éthologue, je sais que la phase d’imprégnation pendant la période sensible du jeune enfant va fixer durablement l’objet sexuel qu’il recherchera à l’âge adulte. Je sais donc que nous ne parlons pas du tout d’un déterminisme qui s’impose à nous et contre lequel rien n’est possible. On ne nait pas pédophile, pas plus que monstre, tueur de vieilles dames ou autre connerie. Il n’y a pas de "nature pédophile" ou de gène de la pédophilie. Il y a des histoires, des parcours, des interactions, des rencontres, des manques, tout un ensemble de chose qui tisse notre relation au monde et aux autres. Il est vrai que l’attachement à l’objet sexuel est fixé de manière assez précoce, mais l’humain est merveilleusement plastique, il peut évoluer, changer, se réparer, se transformer, ce n’est pas une matière inerte qui ne réagit pas à son environnement.

        Maintenant, comprendre la fabrique de la pédophilie signifie qu’on s’y intéresse, qu’on ne parte pas du principe qu’il s’agit de monstres, d’êtres irrécupérables qu’il convient de castrer ou d’enfermer dans un cul de basse fosse avant de jeter la clé, cela signifie avoir un corpus scientifique, une volonté de recherche, cela signifie avoir la volonté de comprendre, d’étudier, d’ouvrir le dialogue. Et donc, de commencer par considérer le pédophile comme un être humain comme les autres et être prêt à entendre sa parole, à explorer son point de vue.

        Bref, arrêter de juger pour commencer à comprendre. Comprendre que chacun d’entre nous a affaire avec sa part d’ombre et qu’au gré des circonstances de la vie, il nous sera plus ou moins facile de cohabiter avec.
        Pédophilie et monstruosité : L’homme circonstanciel.

        1. 1.3.1.1
          anael

          rhalala

          je crois n’avoir jamais autant poster sur le net…

          J’apporte quelque complément pour ce que j’en sait.

          En tant qu’éthologue, je sais que la phase d’imprégnation pendant la période sensible du jeune enfant va fixer durablement l’objet sexuel qu’il recherchera à l’âge adulte. Je sais donc que nous ne parlons pas du tout d’un déterminisme qui s’impose à nous et contre lequel rien n’est possible.

          A ma connaissance la fixation de polarité sexuelle chez l’enfant (homosexualité/hétérosexualité) intervient a un age précoce , avant l’age de quatre ans, et est irréversible.

          C’est justement une des différences majeur entre l’homosexualité et la pédophilie. Dans le cas de cette dernière, la fixation se fait de manière beaucoup plus tardive. Et il semble bien, qu’elle soit réversible même si c’est loin d’être évident.

          cordialement

          1. 1.3.1.1.1
            Pas encore pendu

            "A ma connaissance la fixation de polarité sexuelle chez l’enfant (homosexualité/hétérosexualité) intervient a un age précoce , avant l’age de quatre ans, et est irréversible.

            C’est justement une des différences majeur entre l’homosexualité et la pédophilie. Dans le cas de cette dernière, la fixation se fait de manière beaucoup plus tardive. Et il semble bien, qu’elle soit réversible même si c’est loin d’être évident."

            J’aimerais que ce soit vrai, et j’aimerais bien savoir sur quelles bases vous avancez cela.
            Les psys avec lesquels j’essaie de progresser n’indiquent pas du tout qu’on puisse en général modifier cette orientation. Il faut bien sûr travailler la prise de conscience et les mécanismes d’interdit. Mais ils semblent dire que les fantasmes resteront et qu’il faut apprendre à vivre avec et les accepter.

            Bien sûr l’amalgame entre homosexualité et pédophilie est méprisable et dangereux. Cependant, il me semble identifier dans mon histoire personnelle une phase où, pré-ado et ado, j’étais attiré par les garçons de mon âge. A mon époque, dans mon milieu, l’homosexualité était inconcevable ou du moins indicible; la "mise en pratique" n’a pas dépassé quelques jeux de touche-pipi qui sont, je crois, tout à fait courants et "normaux". Et puis, comme le veut le cliché, j’ai vieilli mais l’objet de mes désirs est toujours resté aussi jeune. Est-ce le tabou de l’homosexualité qui m’a fixé dans des désirs immatures? Je n’en sais encore rien, je travaille sur la question.

            Je connais d’autres personnes condamnées pour actes de pédophilie, qui n’expriment pas ce caractère exclusif: ils peuvent s’imaginer dans une relation adulte (hétéro ou homo), certains le vivent d’ailleurs au quotidien. S’ils s’interrogent sur la partie d’eux-même qui continue à fantasmer sur des enfants, tout au moins ont-ils une possibilité d’envisager un certain équilibre affectivo-sexuel avec un(e) partenaire adulte.

            Pour moi, au point où j’en suis actuellement, ça me paraît exclus. Je me sens condamné au célibat et à la non-réalisation de mes désirs.

            PS/ J’ai conscience de ce qu’il peut y avoir d’indécent à parler de nos souffrances, quand il est évident que nous sommes l’agresseur et non la victime. J’ai l’impression de trouver ici une audience capable d’entendre tout de même ces points de vue… D’autant que si on parvenait dans le futur à mieux comprendre ces mécanismes et à en favoriser la prise en charge AVANT le passage à l’acte, on sauverait en même temps les victimes et les coupables à venir…

            1. 1.3.1.1.1.1
              Philou

              J’ai pas mal lu sur la pédophilie, au-delà de mon travail sur moi-même pour comprendre mon histoire. Nulle part je n’ai jamais lu qu’un psy ait changé l’orientation sexuelle d’un pédophile. Les gains sont, essentiels certes, mais à la marge : s’accepter (le plus important), garder le contrôle de soi. Je n’ai jamais lu nulle part non plus quoique ce soit qui établisse la date de formation de l’orientation sexuelle pédophile chez quelqu’un. L’effet déformant de la pédophilie, c’est que la prise de conscience ne peut se faire qu’à partir d’un certain âge, pour une raison évidente. Je le disais en plaisantant l’autre jour, un nouveau-né pédophile, c’est quoi, quelqu’un qui bande sur une image de fœtus ? Il y a confusion pour moi entre la "révélation", la prise de conscience d’un côté, et la formation de l’orientation sexuelle. Et puis, c’est une idée impraticable, Pourquoi l’individu fixerait-il son orientation sexuelle à 2 ou 3 ans, s’il est homo et/ou hétéro et à 15 ans s’il est pédophile ? Et il est quoi, entre temps ? Rien ? Neutre ? Asexué ? Eunuque ?

              Il n’est jamais indécent de parler de sa souffrance, et les relations sexuelles inter-générationnelles ne s’inscrivent pas uniquement dans une relation obligatoire de bourreau/victime. Moi qui l’ait pas mal pratiqué enfant, je refuse d’être estampillé "victime" !

            2. 1.3.1.1.1.2
              DMonodBroca

              On ne sait pas comment ça arrive mais, quand c’est là, on ne peut plus sans passer : que pensez-vous de la comparaison des fantasmes dont vous êtes prisonnier avec une addiction ?

              1. 1.3.1.1.1.2.1
                Anonyme Relatif

                La comparaison est valable sur certains points mais trouve ses limites assez rapidement à mon avis (je sais, c’est pas à moi qu’on posait la question, mais tant que je suis là…). En revanche, je puis témoigner que la consommation de pornographie infantile, elle, correspond vraiment totalement, dans les moindres détails, aux mécanismes de l’addiction.

                Sinon, pour répondre en même temps à Philou, on ne nait certes pas pédophile, cela dit, on n’attend pas l’âge adulte non-plus pour le devenir. Ni même forcément l’adolescence. Car avec le recul, je puis dire que ma première pulsion pédophile date de l’enfance.
                Si si. C’était une pulsion platonique d’ailleurs. C’était dans le volet "affectif" et non sexuel, mais je n’avais pas plus de 9 ans (probablement même huit) la première fois que j’ai ressenti un enfant comme "enfant" (je veux dire que je l’ai ressenti comme le ressentirais un adulte, dans l’altérité, ce n’était pas un "comme moi", c’était un "enfant") en ressentant une empathie, une affection particulière à son égard. A l’époque je n’en ai rien pensé, évidemment. Mais aujourd’hui que je suis adulte et que je connais les sentiments particuliers que j’ai à l’égard de l’enfance, je peux dire que celui que j’ai ressenti ce jour là était de même nature. Je n’ai aucun autre souvenir de ce genre jusqu’aux débuts de la puberté (phénomène que je comprenais fort mal d’ailleurs mais qui me fascinait, surtout dans son absence), vers 12 ans, où c’est devenu un état chronique, au moins sur le plan affectif.

                N’empêche, vers 8-9 ans, j’ai ressenti un fugace mais profond sentiment "pédophile" à l’égard d’un enfant. C’était un enfant fictif d’ailleurs, et pas plus jeune que moi. Je ne sais pas si c’est clair. Ça peut paraître paradoxal. Mais moi je l’ai vécu.

  2. 2
    Zythom

    C’est une lettre difficile à lire quand on travaille sur les images échangées par les pédophiles.
    Surtout lorsqu’il s’agit de mineurs de cinq ans ou moins.
    Mais c’est une lettre qu’il faut lire pour essayer de comprendre l’étendue du problème.

    Merci à tous les deux pour ce billet.

    1. 2.1
      Marie

      Comme Zythom, il m’arrive de travailler sur des cas de pédophilie plutôt relatifs à de très jeunes enfants qu’à des adolescents, ce qui rend évidemment plus difficile une telle lecture. Mais puisque je dois juger des actes, je préfère autant que possible savoir ce qui a amené la personne à les commettre. Mais ainsi que vous l’avez relevé, la libre expression en la matière est rare. Peut-être parce que dès lors qu’on tombe entre les mâchoires de l’appareil judiciaire, particulièrement pour des faits dont les auteurs sont actuellement stigmatisés comme étant la lie des délinquants/criminels, on essaie de se débattre comme on peut, et de dire des mots destinés à apparaître moins monstrueux ou à correspondre à ce que les juges veulent entendre, je ne sais pas.
      Merci en tout cas de ce texte courageux, qui nous rappelle qu’effectivement, rien n’est monochrome en la matière, même pas le gris.

  3. 3
    Asheka

    Que dire après pareil témoignage ? Il est tellement difficile de se rappeler qu’un pédophile n’est rien qu’un être humain… dès qu’une affaire de pédophilie est mise en lumière par les média, on stigmatise les "monstres", on pleure sur le sort de la victime… moi-même avant de découvrir ce blog, je n’avais que mépris pour ces personnes. Je réalise maintenant à quel point j’ai manqué d’humanité en adoptant le jugement général, sans essayer de faire "l’avocat du diable" (jeu que pourtant j’adore jouer dans des situations moins graves), sans chercher à comprendre comment simplement un être humain peut ressentir ces désirs que la société interdit.
    Anonyme Relatif, j’espère qu’à défaut de vous changer (qu’il est dur de changer !), les séances avec les psy(-chiatres, -chologues ?) vous aideront à mieux vivre dans cette société à qui vous faites tellement peur.

    1. 3.1
      koCiz

      Je ne crois pas que AR ai une quelconque peur de la société dans laquelle il vit, ce serait plutôt le contraire. La société contemporaine continue à se comporter comme aux temps jadis où les prêchi-prêchas des curés de village faisaient loi. Cette société qui s’indigne de l’aveuglement extrémiste et inculte des talibans "bouffeurs circonstanciés du Coran". Mais quand on lit des nouvelles comme http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/11/10/harry-potter-et-les-presumes-pedophiles/ qui se passent en UK, pourtant pays contemporain et cosmopolite par excellence, luttant contre les talibans et donc pour la liberté d’expression et de l’homme, on est en droit de se poser des questions sur sa propre culture et ouverture d’esprit. Limite si on ne retournerait pas doucement vers une époque proche de l’inquisition où les buchers brulaient 7/7j 24/24h pour purifier toutes ces âmes viles.

      Mais cela ressemble étrangement à des réactions aussi aveugles, incultes, épidermiques et irréfléchies que celles que l’on peut trouver dans un sujet ‘similaire’ comme http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article202 ! Qu’en conclure alors, que les décideurs et voteurs de ces lois tâchent eux aussi de "Lyncher pour ne pas être lynché" ? Voir l’affaire des "Ballets Roses", pas sûr que ces pratiques aient depuis totalement disparues (cf. Emile Louis bouc-émissaire pour protéger une partie des notables Icaunais) Ca ressemble donc beaucoup à de la diversion médiatique, sans rentrer pour autant dans une quelconque théorie du complot, mais je ne voit pas la finalité de ces lois iniques anti-pédophiles, votées la plupart du temps par des non spécialistes du sujet. A part évidement bruler sur la place médiatique quelques dissidents sexuel et se refaire un costard de moralité sauve et de bonne vertue…

      Rappelez-moi, c’est quoi déjà la devise de la France ?

      1. 3.1.1
        Kemmei

        Le commentaire indique clairement que c’est bien la société qui a peur d’AR, et non l’inverse. Mais il est clair qu’il ne vous intéressait que comme occasion de dévider votre discours.

        Sa réaction mesurée pouvait contribuer à combler le fossé, on ne peux pas en dire autant de la votre. Vous prenez une poignée d’exemples frappants, d’analogies foireuses et quelques affirmations non étayées, vous mêlez le tout d’un mélange d’indignation et de théorie du complot, ça ne fait pas un discours audible.

        Vous pensez que certaines loi anti-pédophiles dans certains pays vont trop loin ou y sont mal appliquées? Je peux aisément le croire, mais pas adhérer à une argumentation aussi extrême et violente… Des lois mal foutues ou iniques on en trouve partout, maintenant les pédophiles sont-ils plus que les autres victimes de telles lois? Par rapport au droit des étrangers par exemple, puisqu’en tant que lecteur de Mô vous devez être ouvert à cette question.

        Pour l’instant, votre contribution semble aussi aveugle et épidermique que les attitudes que vous dénoncez.

  4. 4
    CIP12

    Dés que l’on parle d’agression sexuelle ou de viol sur enfants on pense tout de suite "pédophile".
    Ces agressions sexuelles arrivent toujours dans des circonstances particulières.
    Pédophilie, inceste, agression sexuelle… tous ces termes se confondent et font naitres des préjugés dans bien des esprits.

    Il est difficile pour des experts psychiatres de posé un "diagnostic" de pédophilie. Je suis consciente que ce terme est mal choisi, et je m’en excuse par avance.

    Il est tellement plus simple pour tout un chacun de parler de pédophile, terme qui fait jaillir quasi instantanément des mots comme "monstres, ces gens là" ou autres… Sans essayer de comprendre et de savoir ce qu’est un pédophile, et donc, pas là même, de savoir s’il est ou non possible de les aider.

    Pour travailler chaque jour à coté d’agresseurs sexuels, je peux dire que la prison n’est pas la solution pour les aider. Je ne parle pas ici du côté "punition" de la prison, c’est un autre débat. Mais je parle de comment peut on les aider.
    Pour les aider il faut déja essayer de les comprendre.
    Et votre texte Anonyme relatif, nous permet d’essayer de les comprendre. Merci à vous d’avoir accepté de nous le livrer.

  5. 5
    Thibault

    AR,

    Vous êtes bien malade, malheureusement… bien sur, il s’agit d’une préférence sexuelle, mais la pédophilie reste un trouble mental.
    Personnellement, j’ai tendance à vous comparer à certains malades atteints de troubles mentaux, en ce sens que ce n’est pas votre faute, peut importe le débat sur l’origine de ce trouble (qu’elle soit génétique, une malformation du cerveau, hormonale), vous subissez des pulsions que vous ne vouliez pas, que vous ne pouvez contrôler.

    Cela montre bien que votre place n’était pas en prison, mais plutôt dans une institution adaptée, avec des professionnels qui sont là pour vous aider à comprendre et à vous contrôler, surtout avant que vous ne franchissiez le rubicon.

    En tout cas j’ai une question, qu’elle solution préconisez-vous pour contrôler le problème ?
    Castration physique, chimique, psychothérapie, etc.

    En tout cas les cas la pédophilie intéresse la communauté scientifique et ce que vous soulevez dans votre lettre fait débat également en son sein, les experts essayent de comprendre et de faire avancer les choses, c’est pourquoi je vous joint un (petit) extrait d’article :
    (Pardon pour la longueur Maître)

    " Le manuel psychiatrique DSM-IV, qui fait actuellement autorité dans le domaine du diagnostic de la santé mentale, reconnaît la pédophilie comme un trouble du comportement sexuel. En vue de sa révision en DSM-V, une équipe de psychiatres canadiens vient de suggérer l’introduction d’une distinction claire entre pédophilie et hébéphilie (dans le groupe des paraphilies).

    Cette dernière renvoie à la préférence sexuelle pour les adolescents en phase pubertaire (11 à 14 ans). Les chercheurs ont réalisé des entretiens avec 881 mâles ayant soit des antécédents criminels, soit des troubles comportementaux catalogués comme pédophile. Ils ont assorti ces entretiens d’une mesure de l’érection pénienne face à des enfants d’âges divers. Il en ressort une distinction nette entre les individus attirés par les enfants prépubères et ceux séduits par les pré-ados ou les jeunes ados. D’où, selon eux, la nécessité de distinguer les deux troubles ou de créer un trouble de pédohébéphilie, avec trois sous-types : pédophile, hébéphile, pédohébéphile.

    Un des problèmes posés par cette classification, c’est la désignation de l’hébéphilie comme paraphilie. On assiste dans les pays occidentaux à une avancée générale de la puberté depuis plusieurs générations (voir Expertise collective Inserm 2007, Évolution séculaire de la croissance et de la puberté), de sorte que le sexe biologique (capacité à procréer) est éventuellement en décalage avec le sexe psychologique (désir d’un partenaire sexuel) et le sexe socio-juridique (majorité sexuelle reconnue par le droit).

    La puberté correspond à l’activation de la fonction hypothalamo-hypophyso-gonadique, aboutissant au développement complet des caractères sexuels, à l’acquisition de la taille définitive, de la fonction de reproduction et de la fertilité. Chez la fille, elle commence par le développement des glandes mammaires (en moyenne à partir de 10,5/11 ans), suivi de la pilosité pubienne et axillaire, des modifications de la vulve et des premières règles (ménarche), en moyenne autour de 13 ans. Leur date de survenue est considérée comme normale entre 10 et 15,5 ans. Du point de vue du droit, la majorité sexuelle est néanmoins fixée après la survenue moyenne cette puberté (15 ans en France, mais date variable selon les pays). Du point de la psychologie évolutionniste, la recherche d’un partenaire franchissant tout juste sa puberté paraît comme un trait normal du comportement sexuel masculin : cela maximise les chances que le partenaire en question soit vierge, donc qu’il reproduise ses gènes en cas de conception. Les mariages arrangés avec les enfants, et les consommations assez précoces par rapport à notre standard actuel, n’étaient pas si rares dans les siècles passés (le Code civil fixait initialement la majorité sexuelle à 11 ans) ni ne le sont dans certaines sociétés traditionnelles.

    On ne sait pas encore si cette distinction sera maintenue dans la version définitive dont la publication est prévue pour mai 2012.

    Notons en outre que si le terme pédophilie et autre paraphilie peut être maintenu pour ce qui relève de l’aspect psychiatrique, il s’agit de pédocriminalité dès qu’il y a passage à l’acte."

    1. 5.1
      Anonyme relatif

      Peu importe, finalement, qu’il s’agisse d’un trouble ou d’autre chose. En réalité mon sentiment profond est que la pédophilie est une déviance parmi d’autres, dont une est aujourd’hui bien acceptée, je parle de l’homosexualité. Attention je ne suis pas en train de vous sortir le poncif pédophilie = homosexualité. Les homosexuels ne sont pas pédophiles, je ne suis pas un homosexuel, et il est parfaitement normal qu’il y ait une vraie différence de traitement entre ces deux orientations. Je dis juste que selon moi, et cet avis n’engage que moi, les processus mentaux sont dans les deux cas de l’ordre de la "déviation" d’une sexualité normale.
      Je ne suis ni fou, ni submergé de pulsions incontrôlables. Je prend le bus chaque jour, j’y croise des enfants de tout âge, et je ne ressens pas l’envie irrépressible de les tripoter.

      Vous posez la question du traitement. Je n’ai pas de réponse. Pour la castration chimique ou physique, rappelons ce qu’ont déjà dit nombre de psychiatres sur le sujet : celle-ci n’est adaptée qu’à un tout petit nombre de délinquants et criminels sexuels, ceux qui commettent des abus parce qu’un dérèglement hormonal les amène à un besoin, littéralement un besoin, quasi-physique, de passer à l’acte à tout prix.

      Ce n’est pas mon cas, même si je suis un homme et que tous les hommes ont des envies, des désirs, et qu’ils sont biologiquement programmés pour souhaiter les accomplir.

      Le fait est que vous parlez de pulsions alors que c’est terriblement réducteur : s’il ne s’agissait que de pulsions, la vie serait bien simple (et la castration chimique serait toute indiquée). Mais il s’agit d’un processus beaucoup plus complet… et complexe.

      Je suis pédophile : mon attirance érotico-affective toute entière est portée vers les enfants, plus spécifiquement dans mon cas vers les garçons. Mes pulsions, mais aussi mes fantasmes, mon affection, mes goûts esthétiques… J’aime les enfants comme un hétérosexuel aime les femmes. Je peux tomber amoureux d’un garçon, mais vraiment. Ce n’est pas juste une histoire pour endormir les naïfs. C’est qu’à 16 ans je chialais comme une madeleine à l’idée de quitter un garçon qui avait 10 ans de moins que moi. C’est qu’à 18 ans, j’écoutais en boucle des chansons tristes en pensant à un garçon en particulier. Contre ça, les ptites pilules ne peuvent rien.
      La chose va même plus loin, mais là je ne parle qu’en mon nom, j’ignore si c’est pareil pour tous les pédophiles : En ce qui me concerne, mon attirance et ma passion pour les enfants est très profondément ancrée en moi. Elle en modifie ma façon de penser, de vivre les choses. Toutes mes valeurs sont liées à ce que je crois le mieux pour les êtres que j’aime, c’en est devenue une véritable grille de lecture pour tous les sujets du quotidien. Qu’on parle de traitement de la délinquance des mineurs ou d’éducation nationale, ou même sur des sujets plus inattendu.

      Imaginez : Mon orientation sexuelle m’a amené à écrire à mon député par exemple à propos… du travail le dimanche. Parce que ma pédophilie, et donc mon affection sans borne pour les enfants, fait que je désire [ce que je crois] le meilleur pour eux à un point quasi névrotique, et que je crois qu’un enfant a besoin de partager au moins une journée complète avec ses parents pour son équilibre.

      Vous imaginez bien que contre ça, les injections d’antiandrogènes ne peuvent rien, et encore heureux, sinon je vous laisse imaginer les possibilités de contrôle sur la population.

      Être pédophile ne peut absolument pas se résumer à "des pulsions". Alors, la psychothérapie ? Mais guérir quoi, et comment ? On ne pourra jamais transformer quelque chose d’aussi ancré en moi, jusque dans mes valeurs morales, jusque dans mes idées politiques, en passant par mes fantasmes, mes désirs, mes goûts, ma façon de lire le monde qui m’entoure…

      Ce que je crois utile, c’est de suivre une thérapie pour ne jamais devenir un Evrard, ou un autre abuseur. Et encore Evrard n’est que la face immergée de l’iceberg si vous voulez mon avis. Je crois que le mal le plus répandu chez les pédophiles est le syndrome de la main baladeuse (en grande partie causé par la frustration accumulée). Je pense que la plupart du temps ça ne va pas jusqu’en justice, et quand ça y va, pas jusqu’au procès, et quand ça y va, vous n’en entendez pas parler à la télévision. Et pourtant c’est sans doute le type d’abus le plus courant. Ca, je pense qu’une bonne thérapie cognitivo-comportementale peut y mettre un sérieux frein. Et que beaucoup, beaucoup de mes "congénères" gagneraient à y travailler.

      Mis à part ce genre de choses, "guérir la pédophilie" est un leurre. Et nous enfermer préventivement va vite poser des soucis, surtout lorsqu’on va se rendre compte que la plupart des pédophiles se sont découverts tels dès le tout début de la puberté, parfois dès 12 ans. Car les pédophiles d’aujourd’hui sont les enfants d’hier et certains d’entre nous avons même été les deux en même temps (c’est mon cas).
      Il se pourrait qu’enfermer préventivement de force des enfants de 12 ans au casier judiciaire vierge dans un but de "protection de l’enfance" ne fasse pas l’unanimité, pour dire le moins.

      Il va falloir se résoudre à cohabiter, vraiment, c’est à dire tels que nous sommes, c’est à dire des hommes (et des femmes, il y en a) attirés sexuellement et affectivement par les enfants et/ou les jeunes adolescents. C’est dur à entendre, j’en ai conscience, mais à titre personnel et puisque vous me demandez mon avis, je ne vois pas d’autre solution.

      1. 5.1.1
        Panouf

        Le problème, c’est que aujourd’hui on ne conçoit pas de séparer tendance et acte: tout personne ayant des tendances homosexuelles doit avoir des relations homosexuelles sinon elle ne peut pas vivre, et tous ceux qui critiquent le fait de passer à l’acte sont des homophobes (voire pire). Pour la pédophilie c’est l’inverse!!
        Je me demande si ça ne vient du rejet du message de l’Eglise qui dit que tout pécheur peut etre pardonné mais sans cautionner le péché: haïr le péché et aimer le pécheur est je trouve une attitude qui n’existe pas beaucoup: soit on condamne péché et pécheur soit on porte le péché au panthéon des causes à défendre.
        Peut-ëtre dans ce cas la rencontre d’un prètre (qui a quand même une grande habitude de voir beaucoup d’horreurs pendant la confession(et la prière: oui je suis catholique et je l’assumes)) pourraient vous aider.
        Et désolé pour le début de mon comm un peu hors sujet, mais ça me semblait vraiment trop frappant.

      2. 5.1.2
        pahdoc

        je ne peux que désapprouvé votre façon de voir la "guérison"… impossible,
        Impossible et nous sommes tous là à émettre aussi des doutes… prouvez le contraire et vous pourrez écrire votre livre!
        Impossible car vous n’arrivez pas à réellement croire que c’est une déviance. Hélas, c’en est une et parmi les plus graves.
        J’ai du mal à croire aux thérapies comportementales, se donner un coup d’élastique à chaque fois qu’on a une mauvaise pensée ne dure que le temps de l’élastique…
        Je pense qu’on ne naît pas pédophile, on le devient… on vous a formé à l’être et la psychanalyse permet d’aller profondément dans la compréhension de ce genre de processus de construction du Moi. Il existe de très bon psychiatre-psychanalyste et il me semble qu’intellectuellement vous seriez séduit. C’est très long. Il vous a fallu plus de douze ans dites-vous pour former le pédophile que vous dites être… il faudra autant pour le déconstruire!!!
        Courage et il en faudra pour allez voir comment, pourquoi, depuis combien de génération et qui vous a construit ainsi. Ne soyez pas fataliste! douze années sur un divan c’est plus confortable et intéressant que douze années en taule et au bout… à n’en pas douter quelqu’un d’autre, mais avez-vous envie d’être autre?

        1. 5.1.2.1
          koCiz

          "on vous a formé à l’être [...] Il vous a fallu plus de douze ans dites-vous pour former le pédophile que vous dites être… il faudra autant pour le déconstruire!!!"

          Pourrais-je savoir en quoi cela pourrait lui être bénéfique, si sa ‘nature’ ou son ‘équilibre’ est d’être en symbiose érotico-affective avec des enfants ? En soit je ne voit là aucun problème, ou alors peut-être considérez-vous que la symbiose érotico-affective n’existe pas et que les enfants doivent impérativement en êtres exemptés jusqu’à leur majorité légale (que je rappelle être en France à 18 ans révolus, pas 17 ans et 364 jours) Ou alors que l’adulte exerce systématiquement une influence négative et déconstructive sur l’enfant (ne lui imposez donc alors plus de faire ses devoirs le soir, c’est déstructurant pour son équilibre émotionnel) ou simplement que la sexualité est un sujet qui vous exècre, et que combiner ‘bassesse sexuelle’, ‘vertue infantile’, ‘autorité’ forme pour vous une recette impossible.

          Je crois plutôt que cette société dogmatique, fille ainée de l’Eglise, vous "a formée à être" intolérant, inflexible, catégorique, aveugle sur la réalité du monde. Si vous croyez tant à la flexibilité de l’esprit et la ‘repentance’ possible de AR, essayez déjà de vous convaincre que la vraie vie n’est pas forcément celle que vous vous forcez de vivre (en fonction de vos acquis) et que vous prônez candidement comme étant la meilleure. Dans d’autres temps, il était accepté qu’un adulte soit le "mentor" d’un enfant, sans que cela ne déclenche un cataclysme. Peut être AR n’est-il pas adapté à notre époque actuelle qui ‘impose la liberté’ d’être et d’expression (même dans des pays souverains d’orient) pourvu que cela rentre dans les cases définies par la loi du moment et de l’endroit (cf. être sodomite dans certains états US comme par exemple http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/14/incarceree-pour-une-fellation-librement-consentie/ suivant l’état et la réforme législative)

          Sans vouloir défendre toute la pédophilie, on pourrait simplement se montrer à la hauteur de notre prétendue intelligence et étudier au cas par cas les différents dossiers, plutôt que de précipiter tout à chacun dans une abyme juridique et de s’en ensuite laver les mains sous l’excuse d’un travail "vite fait et bien fait", et de menacer un quelconque défenseur de penchant pédophile ? Un peu navrante comme réaction. Navrante et indigne…

          1. 5.1.2.1.1
            Kemmei

            Le début de votre commentaire décrédibilise en grande partie le reste. Si sa "nature" ou son "équilibre" était de prendre son plaisir dans les incendies de forêt (oublions le sexe un instant), il faudrait bien qu’il lutte contre lui-même pour essayer de vivre en harmonie avec la société, non?

            La pédophilie peut présenter un danger pour le pédophile mais aussi et principalement pour son partenaire. Cette symbiose érotico-affective dont vous parlez peut prendre différentes formes et proportions et il est tout aussi ridicule d’affirmer qu’il n’y a jamais aucun risque pour la santé et le psychisme de l’enfant que de considérer qu’elle lui sera toujours néfaste quelque soit son âge. Les cas de pédophilie qui ne causent pas de dégâts et qui ont été rapportés ne doivent pas nous faire oublier ceux qui souffrent ou ont souffert de telles relations.

            Vous généralisez trop largement à partir du cas d’AR parce que ses choix ne le guident pas vers les enfants les plus jeunes, mais dans l’état actuel des connaissances il semble qu’on ne puisse pas être assuré qu’il est "globalement inoffensif" (malgré sa bonne volonté évidente) et d’autre part votre raisonnement à base de relativisation absolue pourrait s’appliquer à des pédophiles "plus dangereux" pour les enfants. Difficile de vous suivre dans cette voie.

            Après, qu’il faille distinguer les différents cas – pas "au cas par cas" parce que la loi est la même pour tous – cela semble de bon sens. C’est sans doute prévu en partie, au moins dans l’application des peines, non? Je ne suis pas juriste donc je peux me tromper. Mais de toute façon comme il l’a été expliqué largement dans ces commentaires les enfants sont très différents d’un âge à l’autre et l’estimation de risques "au plus juste" que vous demandez est très difficile pour la société et le législateur.

            1. 5.1.2.1.1.1
              koCiz

              Kemmei, vous êtes formidable, vous semblez détenir plus de sagesse que j’en aurais jamais, du moins à vous lire. Néanmoins avez-vous fait attention à ma rhétorique volontairement conflictuelle avec le courant ordinaire anti-pédophile que l’on se doit d’adopter lorsque l’on veut faire oublier tout soupçon sur soit même ? Oublions donc pour un temps l’incendie (de forêt ou de blog) pour nous concentrer sur le vrai problème concernant une éventuelle culpabilité avérée de AR. Ou pas…

              Soyons clair, nos législateurs défendent bien la société (et certains intérêts privés, mais c’est une autre histoire… de théorie du complot :P ) mais semblent bien peu se soucier du traitement du "cas par cas" que l’avocat de la défense tente de proposer pour son client. Pour l’instant la règle est la l’épuration systématique d’une certaine frange de la population, sous couvert vous le dîtes vous même, de la mémoire de "ceux qui souffrent ou ont souffert de telles relations". Facile donc dans ce cas de n’accorder que peu de crédit au "monstre". Vous essayez bien de vous raccrocher à la thèse que "les enfants sont très différents d’un âge à l’autre [...] expliqué largement dans ces commentaires" pour ensuite défendre "[la difficulté de] l’estimation de risques ‘au plus juste’ [pour] pour la société et le législateur". Cependant comme je le notais avec justesse (par rapport à la devise Française) c’est un devoir de justice et d’équité qu’il est demandé d’observer, même envers les pédophiles. Et sans se cacher derrière une quelconque excuse péremptoire (coût financier, faiblesse infantile, etc…) pour justifier un traitement manichéen systématisé jusque dans son traitement médiatique.

              Bon je vous passe les bla-blas usuels, je vais un peu m’épancher sur le mal évident de la société contemporaine, et sa gestion schizophrénique de ses maux. En l’occurrence l’enfance. L’on prête de nos jours des vertues quasi thérapeutiques aux enfants ("Vous vous ennuyez dans la vie ? Faites des enfants ! Vous avez raté votre vie ? Réussissez vos enfants !") tout en portant l’accent sur le besoin de protection dont ils ont à juste titre besoin. Cependant on s’émerveille aussi de leur précocité – intellectuelle – que l’on favorise (cours particuliers, instituts spécialisés, …) et que l’on dresse au pinacle de la réussite communautaire (Mon fils est un génie, il a 1XX de QI) comme un placébo à l’échec relatif de ses parents, ou alors sous l’excuse bidon qu’il réussira forcément sa vie avec X diplômes en poche.

              Maintenant concentrons nous plus spécifiquement sur la sexualité d’un enfant. Ah non, pardon, celle-ci est reliée à un compteur et ne se déclenchera, comme dans les contes de fées, qu’au 12ème coup de minuit le jour de ses 18 ans. C’est quand même bien fait, n’est-ce pas ? Bon trêve de plaisanteries, imaginons que la sexualité de l’enfant soit quelque peu liée avec les évènements biologiques liés à sa croissance, de sa période pré à post adolescente, et qui explique entre autres les bouleversements psychologiques et physiologiques afférents. Après s’être interresss pendant leur première décennie à la découverte de leur environnement et du monde qui les entourent, voici qu’une introspection à lieur pendant leur deuxième décennie, étrangement juste au moment où leur corps jusque là androgyne se transforme et les identifient comme un être propre. Et c’est là que la catastrophe a lieu !

              Comprenez que si les parents trouvent totalement, voire carrément stimulant, que leur chère tête blonde s’interroge sur la mécanique cosmo-planétaire (merci Ulysse 31, Albator, …) et qu’on apprenne en classe les joies du tir balistique, un blanc a lieu quasi systématiquement quand vient la question, si bien mise en image dans une pub laitière, de la conception. Non pas de fusées inter-sidérales, mais bien… la baise, le cul, la fellation, toussa quoi ! Et là, merde, le gamin subit forcément une mauvaise influence, ce sont de vilaines paroles et de vilaines pensées, "tu comprendras quand tu seras grand" est encore usité, et pourtant rien de plus frustrant pour un gamin à qui l’on répondait volontiers jusque là ! Le gamin se sent doublement rejeté, premièrement à cause de ce problème relationnel qu’il entretien avec ses parents, et deuxièmement avec son identité sociale instable qu’il est en train de gérer avec ses anciens/nouveaux ami(e)s. Période assez large que je situerais de 8 à 18 ans, justement.

              Donc d’un coté on a une société hyper-sexuée (cf. les pubs et les émissions radio/tv par exemple) à destination des adultes, qui touche aussi les jeunes mais sans s’y adresser directement. On leur demande de l’émancipation, de l’autonomie et de l’initiative, SAUF… pour toutes ces choses que les adultes ne veulent pas aborder avec eux. D’un coté on ne veut pas en parler, et en plus il ne faut pas y goûter, hein, parce que… ben parce que "tu comprendras quand tu seras grand" ! Donc dans ce no-man’s land affectif, si un gamin un peu déluré rencontre un pédophile un peu amoureux, il se peut que les deux se rencontrent et qu’il y ai… status quo. Bref une relation qui ne fera jamais couler une seule goute d’encre (sauf en cas de ‘fuite’ de la part d’une voisine trop indiscrète, où d’une presse trop em-pressée de faire une nouvelle feuille à sensation, cf. la prof US avec son amant de 13 ans) A défaut on dresse de nouvelles lois pour scruter l’InterNet à la recherche de "monstres" potentiels, téléchargeurs d’images porno-infantiles, et les accuser d’êtres coupables de pouvoir ou vouloir potentiellement passer à l’acte ! Les vilains ! Et la présomption d’innocence ? J’aime bien les photos de Ferrari avec une demoiselle court vêtue assise sur le capot, cela fait-il de moi un potentiel braqueur de blonde conductrice de Ferrari ? Soyons sérieux…

              Il y a évidement les véritables cas de pédophilie, avec la prise en compte de tout "risque pour la santé et le psychisme de l’enfant" avéré, et réel. Mais comme il a été dit, cela est un extremum du problème, que la société ne veut pas gérer ouvertement, sauf de montrer publiquement et médiatiquement sa gestion inflexible des dossiers, certainement pour jouer sur "la peur du gendarme". Difficile d’en mesurer l’efficacité, on ne peut que constater l’inadéquation quasi-systématique entre le problème et sa pseudo-résolution (enfermement, pugilat, castration, psychothérapie, …) Il y aurait tant à faire aussi bien dans un remembrement (!) de la morale sociale et de l’éducation "des jeunes", que de la gestion de la (sur)pression sexuelle de ses citoyens, entretenu dans un artificiel désert affectif et sexuel. Étrangement très semblable à celui des adolescent !

              Bizarrement je viens d’utiliser le terme "les jeunes" à mon compte, alors que je le déteste. Justement parce qu’il stigmatise particulièrement la façon que notre société a de catégoriser certaines franges de la population – "les jeunes" – "les séniors" – "les actifs" – "les homos" – "les beurs" – "les BBR" – "les …" – qui donne la fallacieuse impression de pouvoir tout régler tout facilement : on trouve la bonne case dans laquelle coller tel ou tel individu, et on lui applique le cas général. Pour l’instant celui des pédophiles n’est pas enviable. Mais on s’excuse aisément en mettant en lumière un cas particulièrement horrible de pédophilie, et en faisant une généralité satisfaisante. Quand la justice devient aussi pragmatique, pragmatique et irrévocable que les mathématiques. Fascinant !

              Cela n’excuse pas les pédophiles, les violeurs, les fumeurs, les pollueurs, les… Catégorisons je vous prie, et condamnons à tour de bras, ça nous donnera la fausse impression d’être infiniment plus vertueux !

  6. 6
    Elléag

    Ce témoignage est très… humain, si vous voulez en lire un autre ici

    J’ai eu l’immense chance de vivre le procès d’Assises de la semaine dernière, et j’ai pu prendre la mesure du rôle de l’avocat de la défense dans ce qui s’annonçait être la mise à mort d’un pédophile.
    Son avocat est parvenu à faire entendre l’humanité d’un homme qui dépasse les actes qu’il a pu commettre, aussi atroces soient-ils.

    La pédophilie est présente dans notre société, comme dans beaucoup d’autres même si sa place est, et a pu, être différente, selon les lieux et les époques, il serait donc temps de s’y attarder afin de prendre en charge les pédophiles, de manière adaptée.

    Pour cela, il faut des moyens, certes, mais avant tout une certaine volonté, alors que certains penseront que ce n’est pas "politiquement correct" et qu’il vaut mieux laisser "ces gens" pourrir en prison plutôt que de dépenser du temps et de l’argent à tenter de les aider !

    Les jurés sélectionnés dans ce genre d’affaire en ressortent, encore plus que pour d’autres affaires, transformés et il me semble que ce blog permet à un public relativement large de réfléchir à certaines questions dérangeantes…alors que cela continue.

  7. 7
    Inconnue

    Un autre témoignage sur Rue89 qui fait écho à celui d’Anonyme Relatif :

    Romain – Rue89
    Le commentaire de Martinjo suite à ce témoignage est également très éclairant.

  8. 8
    Julia

    Séduction : l’emploi de cette notion me heurte. Oui à 12, 13, 14 ans on a un sexe et une sexualité. Des fantasmes et des envies. Mais être à la hauteur de les partager c’est autre chose. J’ai rencontré un de ces séducteurs à 13 ans. Je n’ai pas dit non. Cela me rend-t-il consentante? Je ne le sais pas. D’avoir de la compassion pour vous est au-dessus de mes forces, surtout quand vous parlez de ces gens qui ne supportent plus de vous savoir en contact avec vos enfants. Parce que la sexualité comporte un trop fort risque de dérapage.
    Je ne peux que vous féliciter de vous astreindre à suivre une thérapie, mais non, la compassion je ne peux pas. On peut pardonner à un assassin, mais mon point de vue est qu’il n’est pas en droit de revendiquer son droit au pardon. Parce que je ne peux m’empêcher de ressentir dans votre lettre une certaine forme de revendication d’une certaine forme de normalité. Je vis depuis quinze ans que j’ai été "séduite" avec des pulsions très violentes, envers moi, envers les autres. Je ne les réalise pas. J’y travaille. Comme vous travaillez à vos pulsions. Le niveau de consentement de votre partenaire-victime n’est pas un critère dans ce rapport inégal.
    La prison, les pointeurs, tout ça n’est qu’une abomination venant s’ajouter à celle qui aurait déjà été commise. Je crois à la reconstruction, au travail sur soi, à la thérapie. Et même dans le cas hypothétique d’un pervers dont on serait absolument certain qu’il récidiverait, je pense encore que l’internement vaut mieux que la prison. Mais vous m’en demandez trop au travers de cette interpellation. Je ne peux pas accepter à votre préférence pour la jeunesse. Je ne peux pas reconnaître à votre sexualité le droit d’exister parce qu’elle ne peut que générer des victimes.
    Je m’excuse sincèrement de ne pouvoir ressentir que de la haine envers vous à la lecture de votre lettre. J’aimerais être capable d’autre chose. Mais cette haine ne vient pas tant de la nature de vos désirs, que de cette part de revendication que je ne peux m’empêcher d’y lire.

    1. 8.1
      Panouf

      Je vais dire une banalité, mais je crois que vous devriez quand meme accepter que l’on vous demande pardon.
      Et aussi que ce que vous nommez revendications me semble plutot etre une demande d’aide…

  9. 9
    Sophie

    Que dire, AR ? Votre témoignage est touchant. Vous avez le courage d’accepter de vous poser des questions sur vous mais aussi d’admettre la légitimité de l’interdit qui vous est opposé est au moins en partie justifiée. Mais la question se pose, en effet : que pouvons-nous faire de vous dans cette société et avec ces interdits ? Et surtout, vous, comment pouvez-vous évoluer au milieu de gens qui vous craindront s’ils ne vous haïssent pas ?
    Dans tous les cas, les deux parties seront lésées. Supporteriez-vous, comme nous l’intellectualisions avec nos idées à mille lieues de votre détresse réelle, de rester dans un centre fermé, à l’écart de nous, sans tentation, certes, mais isolé pour ce que vous êtes autant que pour ce que vous faites ? C’est en vous lisant que je me demande si il y a une solution tenable, hormis le numéro vert, l’écoute… des soins palliatifs plutôt qu’une aide à vivre.

    Merci en tout cas, pour ces mots…

    1. 9.1
      Anonyme relatif

      Vous posez plusieurs questions.

      La question de savoir comment nous vivons au milieu de vous, "les gens normaux" : comme on peut. Encore une fois, la plupart de nous sommes intégrés, socialement. Nous sommes vos frères, vos amis, vos collègues… L’instit’ si dévoué du petit dernier, le tonton dont on comprend pas qu’il soit encore célibataire à 40 ans, le collègue qui se fait tout petit quand ça parle du type de filles que les hommes préfèrent parce qu’il ne peut même pas dire "je préfère les hommes" ("je préfère les enfants" ça jette un froid). Qui sait, on s’est peut-être croisé aujourd’hui même. De toute façon vous ne m’auriez pas reconnu. On s’habitue à se dire que "si les gens savaient, ils nous lyncheraient, là, sur place", mais que "à part ça, ce sont des gens charmants", avec qui il arrive de rire franchement, ou de partager des joies et des peines.

      La question de savoir la pertinence d’un lieu clos autre que la prison pour les pédophiles : En gros vous proposez un ghetto. J’y ai déjà plus ou moins répondu sous un autre commentaire. Ce n’est ni viable, ni réaliste, ni souhaitable, ce sera loin de régler définitivement la question (au contraire, la parole se fera encore plus impossible et trop souvent, on découvrira d’un homme qu’il est pédophile parce qu’il a commis un viol). Et aucun des concernés ne l’acceptera. Je suis inserré socialement, j’aspire à vivre une vie la plus normale possible, à vivre auprès de mes amis (qui sont pour la plupart hétérosexuels ou homosexuels) à avoir un vrai métier, à pouvoir visiter un musée ou me rendre au concert de mon groupe préféré en toute liberté, et si sous un prétexte préventif on voulait me priver de tout cela, je préfèrerais mettre fin à mes jours avant qu’on n’ait eu le temps de sonner à ma porte pour venir me chercher. Sans parler encore une fois, du fait que la pédophilie ne se déclare pas comme par magie à 18 ans, ni même à 16.

      Que pouvez-vous faire de moi, alors ? Si j’avais une réponse définitive à la question, c’est à dire fondamentalement à "comment me permettre de vivre une vie parfaitement heureuse, sans reculer ne serait-ce que d’un iota sur la protection de l’enfance", alors j’aurais une réponse définitive au "problème de la pédophilie" et cela fait longtemps que je me serais engagé en politique pour proposer cette solution. Mais je n’ai pas de solution toute faite. Faut-il baisser un peu l’âge de consentement pour nous permettre un semblant de vie sexuelle avec toutefois des partenaires pas totalement innocents et ignorants ? Faut-il proposer des traitements de substitutions à la pornographie infantile avec des personnages virtuels ? Faut-il mettre le paquet sur la recherche sur la pilule qui rend hétérosexuel ? Faut-il déployer toute son énergie sur un soutien inconditionnel à l’abstinence, en espérant qu’un maximum de pédophiles arrivent à s’y tenir effectivement toute leur vie durant ? Faut-il continuer à gérer les choses "comme on peut" et à tenter de faire du damage-control quand un pédophile s’est déclaré en commettant un acte illégal (c’est plus ou moins la situation actuelle) ? Je n’en sais certes rien. J’ai bien entendu mon scénario préféré, mais vous comprendrez bien que je ne suis pas en position d’avoir toute l’objectivité requise pour affirmer avoir raison.

      En attendant, ce que je peux vous dire, c’est que certains de mes amis savent mon orientation, et la tolèrent plus ou moins bien selon les personnes, que d’autres ne savent pas et ne sauront jamais et m’apprécient parce qu’ils me croient homosexuel. Et que je mène une vie presque normale. Mais que si j’ai une vie presque normale, c’est aussi parce que j’ai moins de 25 ans et donc que je ne suis qu’au début de mes peines.

      Ce qui m’inquiète sincèrement, c’est de savoir si dans 20 ans, je ne serais pas arrivé au bout de ma tolérance à la frustration au point d’hésiter entre "vivre ma vie comme je l’entend, au diable les lois, maintenant je suis le seul à me fixer des interdits" et "me tirer une balle dans la tête". Il se pourrait qu’à terme, ce soient les deux seules options que je sois encore capable d’envisager, parce que j’aurais vécu 30 ans de frustration et de souffrance et que je suis juste à bout de ce que je peux endurer en la matière.
      Ce jour là, vous prierez pour que je choisisse la balle dans la tête (ne le niez pas, et c’est humain), et moi je prie surtout pour que si je fais le premier choix, les interdits que je me fixerais de moi-même soient suffisant pour ne causer de tort à aucun enfant, et à vrai dire à aucune personne du tout. Je ne peux quand-même pas prier pour mon propre suicide.

      Là j’ai bien conscience que je ne vous rassure pas, du tout. Mais je ne suis pas là pour ça. Je vous dit juste la vérité. Tant pis si elle doit vous amener à me condamner avec encore plus de force qu’auparavant. Au moins, ce sera à partir de faits et non de pré-jugés.

      1. 9.1.1
        Panouf

        En fait je vais plutot prier pour que vous trouviez un équilibre…

      2. 9.1.2
        Sophie

        Je ne condamne pas… je constate juste un problème qui me dépasse. Je voudrais vous condamner que je ne le pourrais pas. Condamner un acte tel que le viol d’un enfant ou d’un adulte, oui, c’est faisable. Faire de même sur la personnalité même d’une personne, non. Bon, mais au fond, nous voilà bien avancés… parce qu’en effet, pour le moment, sauf tenir le statu quo, vous n’avez guère de possibilités.

        Je l’ai dit déjà dans un autre commentaire, votre lucidité a de quoi effrayer. Mais il est plus effrayant pour moi de me dire qu’il n’y a rien à faire pour vous aider, si ce n’est vous défendre devant la justice. Ce n’est pas comme ça qu’on va s’en sortir… Vous le dites vous-même, viendra un temps où vous serez face à un choix pour lequel aucune solution ne sera positive. Et très sincèrement, je crains de vous décevoir : je trouverais aussi dramatique la balle dans la tête que le reste.

        Alors quoi ? Tout ce qu’on pourrait vous souhaiter ne serait pour l’heure que voeux pieux. Nous tenterons toujours de nous "protéger" de cette part de vous que nous ne comprenons pas. On peut compatir, vous soutenir, mais sommes-nous prêts à juste "accepter" ?

      3. 9.1.3
        Moa

        Une chose me glace AR et me fait penser que vous êtes sans doute bien plus pervers qu’on ne l’imagine, ceci n’ayant paradoxalement aucune connotation sexuelle: vous osez suggérer sous forme de questionnement certes, mais cela est écrit, dans votre commentaire de baisser l’âge du consentement.

        Au gré de vos commentaires, vous manipulez, à l’envi, avec, je le crois, la volonté de provoquer questionnements et doutes, d’instiller dans les esprits l’idée que finalement,….. ce qui est un fait (il y a des pédophiles) doit être socialement accepté, mécanisme qui a très bien fonctionné en d’autres occasions et a fini par transformer en norme ce qui pouvait à une autre époque paraître inadmissible.

        Je ne vous hais pas pour ce que vous êtes. Je vous méprise au plus haut point pour ce que vous tentez de faire.

        1. 9.1.3.1
          Nicolas

          Joli tour de passe-passe que de sortir la carte de la manipulation dès lors qu’on essaie de faire entendre son point de vue.

          Quant à votre insinuation du dernier paragraphe, elle n’engage que vous…

          1. 9.1.3.1.1
            Moa

            Facile hein de se retrancher derrière le "tour de passe passe" de la manipulation pour ne pas essayer de voir justement le glissement qui s’opère au fil des commentaires ….!!

            Même Aliocha a jeté l’éponge en ressentant ce même sentiment de malaise face à la tournure que prennent les commentaires de plus en plus nombreux de AR et qui, ne vous en déplaise, gâchent justement l’intéressant débat qui avait commencé.

            J’ai bien peur (ou faut-il s’en réjouir!) que ce débat ne fasse que renforcer les positions d’une part des compassionnels qui l’auraient été de toutes les façons, et d’autre part des gens qui sont horrifiés par ce qui peut être écrit et qui en ressortiront renforcés dans leur conviction que tous les pédophiles doivent être considérés comme des monstres.

            Ce qui aurait pu, et dû, être une occasion de faire justement la place à l’humain qui est en chacun d’entre nous, y compris celui qui de prime abord apparaît comme la lie de m’humanité, devient un immense gâchis.

            Alors qu’il y aurait tant à faire!

        2. 9.1.3.2
          Anonyme Relatif

          Ha ben oui, provoquer le questionnement c’est mal, bien-sûr, où avais-je la tête. Et moi qui croyait bêtement que créer le questionnement, amener les gens à se remettre en question, envisager ensemble qu’on puisse n’avoir pas la science infuse ni raison sur tout, c’était là tout l’intérêt d’un dialogue.

          Vous dites me mépriser ? Franchement, j’ai l’impression que vous méprisez surtout les autres lecteurs. Enfin quoi ! A vous écouter, je serais une sorte d’être suprêmement intelligent qui manipule les autres intervenants, forcément des esprits faibles à vous entendre, et qui tomberaient dans mon piège manipulateur. J’ai l’impression au contraire d’avoir affaire à des gens intelligents, absolument capable d’esprit critique face à un raisonnement qui leur est proposé, et je trouve ça franchement enrichissant, pour ma part.
          J’ai un point de vue, je le défend, je suis aussi complètement ouvert au point de vue des autres et ne croyez pas que je n’en tiens pas compte, et les gens en face de moi font pareil : ils m’écoutent, ils prennent mon avis en considération, ils en tirent ce qui leur semble valable et ils critiquent ce qui leur semble ne pas tenir la route.

          Cela ne s’appelle pas manipuler : cela s’appelle débattre.

          Vous voudriez que je débatte, mais à condition de vous donner obligatoirement raison ?

          1. 9.1.3.2.1
            Moa

            Il ne s’agit pas de refuser le débat.

            Mais si vous entendez par débat le fait de disposer d’une tribune visant à amener les lecteurs à ne plus considérer la pédophilie, à travers vous, comme devant demeurer interdite mais finalement comme une orientation sexuelle dont la normalité est finalement à géométrie variable, alors on n’est plus dans le débat sur la part d’humanité, ce qui me semblait pourtant être le sujet justement….

            Entendons nous bien : je doute, à tort peut-être, que notre hôte ait souhaité que son blog devienne la vitrine d’une forme de prosélytisme bien amené par une plume aisée qui, sous prétexte de susciter le questionnement, tend à faire passer dans l’esprit des lecteurs compassionnels l’idée qu’il faudrait par exemple modifier les règles de la majorité sexuelle, ou d’autres.

            Qu’il faille rappeler sans cesse la part d’humanité qui est en chacun est bien évidemment nécessaire lorsque l’on voit la façon dont l’opinion publique appréhende les auteurs de crimes et délits sexuels, et encore plus s’agissant de la pédophilie.

            Mais ce qui est progressivement livré sur ces pages…

            1. 9.1.3.2.1.1
              pahdoc

              Parler de pédophilie pour vous se résume à en faire le prosélytisme? Allons! Parler n’est ni un encouragement, ni un passage à l’acte! Poser des questions, même les plus "coupables" n’est un passage à l’acte. Il y a les réponses claires et nettes, L’interdit est rappelé dans tous les commentaires. Les fantasmes ne sont tout de même pas un délit! c’est la passage à l’acte qui l’est!

            2. 9.1.3.2.1.2
              Maître Mô

              Le hasard a voulu que je sois noyé de boulot ces deux jours, je n’ai pas trop le temps d’intervenir pour l’instant, du coup, mais…

              ÉVIDEMMENT, Moa, que je n’ai pas voulu me transformer en tribune en faveur de l’agression d’enfants, pour faire court et net -m’obliger à devoir le préciser est très méchant… :D

              Ni non plus d’ailleurs en tribune de quoi que ce soit.

              Je soutiens, depuis longtemps, qu’on ne peut pas juger sans comprendre -et je crois que pas un des intervenants sur ce billet n’est en désaccord avec ça, je vous trouve même tous particulièrement intelligents, pour tout dire.

              Et comprendre, c’est bien sûr évidemment d’abord écouter : Anonyme Relatif est bavard, oui, mais il se livre sans retenue, et je crois qu’il l’est parce qu’un pédophile n’a pas dix-mille occasions de livrer ses sentiments, pas même en privé, alors en public…

              J’ai dix-huit ans de Barreau, et pas une seule fois, alors même que j’interviens dans beaucoup d’affaires de nature sexuelle, des deux côtés de la barre, pas une seule fois je n’ai entendu quelqu’un a qui il était reproché des faits de ce genre, des moins avérés au plus graves, ni assumer son orientation, ni moins encore la défendre, ni moins encore l’expliquer…

              Lui nous offre ça, et je lui en suis reconnaissant.

              Que nous ne soyons pas d’accord, nous qui sommes "normaux", est une évidence, et je savais en publiant à la fois que lui, en s’expliquant encore plus, choquerait, et que nous, en lui répondant, serions forcément de plus en plus durs : ce sont deux mondes qui s’affrontent, c’est, réellement, toute la difficulté.

              Je cherche à comprendre, et pour ça il n’y a pas trente six solutions, tous les avocats qui font du pénal le savent : il faut plonger, obligatoirement -et je vous assure d’un point : si le passage à l’acte pédophile heurte considérablement, parce que la victime est un enfant, il n’y a aucune affaire, aucun dossier, dans le quel les actes commis et leurs motivations sont faciles à découvrir…

              Il n’y a pas, et il n’y aura pas, d’autorisation légale de commission d’actes sexuels sur un enfant, au sens pénal du terme c’est à dire moins de quinze ans actuellement en France, par un adulte, quelles qu’en soient les explications ou les motivations, et quel que soit l’âge qu’on instaure comme étant celui de la majorité sexuelle, pour la bonne te simple raison, qui NOUS semble évidente mais justement ne l’est pas, et ne l’est jamais, pour un pédophile, et contourner ce problème parce que l’assertion est choquante ne permet pas de l’appréhender, qu’au-delà, c’est la liberté de chacun dans des rapports consentis, et qu’en deçà en revanche ça ne peut pas l’être, parce que…

              UN ENFANT NE DISPOSE PAS DE LA FACULTÉ DE CONSENTIR !

              C’est l’une de ses définitions-mêmes !

              C’est aussi ce pour quoi la loi le protège, à défaut de quoi d’ailleurs nous ne serions pas en train de nous édifier mutuellement…

              C’est si vrai que si je demande à mon gamin de se jeter par la fenêtre, il m’aime tellement et a tellement confiance qu’il va le faire, et en souriant -je ne suis pas bien certain que je puisse en quoi que ce soit exciper plus tard de son consentement à s’écraser sur le trottoir…

              Seulement, voilà, et c’est tout le problème : un pédophile, lui, pense sincèrement qu’un enfant peut valablement consentir à une relation sexuelle proposée par un adulte, je ne sais plus combien j’en ai défendu qui affirmaient même que c’est la fillette de huit ans qui l’avait attiré, volontairement, en étant aguicheuse…

              Et c’est bien ce fossé entre ces deux affirmations que je voulais comprendre -et là se loge je crois tout le sens de la réflexion, l’attirance pour les enfants semblant souvent totalement gommer le fait que c’en sont, justement…

              Voilà, je suis sûrement le plus lourdingue des commentateurs de ce texte, mais ça valait -apparemment – d’être précisé…

              Si, à cette occasion, des propos ne sont pas admissibles, et c’était prévisible, et je vous épargne à tous trois ou quatre trucs reçus par mails privés dont j’avoue que je ne pensais pas qu’on puisse les dire, je crois qu’il faut quand-même faire l’effort, parce que cet homme en parle, justement, vous comprenez ?

              Et que je reproche terriblement à l’institution judiciaire et aux hommes qui fabriquent les lois de refuser cet effort de compréhension, et du même coup de se tromper lourdement -ne serait-ce que parce qu’on comprend bien qu’aggraver à mort les sanctions ne fera pas changer cet homme d’un iota…

              Est-il permis de dire, mais je l’avais déjà fait, que la loi idéale serait celle qui aiderait le pédophile à finir par admettre, mais vraiment, cette fois, pas pour faire semblant devant le juge et à l’application des peines, admettre au plus profond de lui, admettre comme nous l’admettons généralement d’instinct, qu’un enfant n’est rien d’autre qu’un enfant, et qu’en tant que tel il n’a pas, parce qu’il n’est pas fini, la possibilité réelle de choisir ?

              1. 9.1.3.2.1.2.1
                Moa

                Pleinement d’accord avec vous.

                Je trouve seulement, mais c’est là mon sentiment et certains lecteurs semblent le partager, que les commentaires dérivent …

                Avocat tout comme vous, je pense également que la compréhension judiciaire de ces comportements et le traitement pénal du délinquant sexuel en France méritent que l’on aille plus loin que ce que réclame la plèbe qui a besoin de se voir sans cesse rappeler qu’un délinquant ne peut être réduit à cette seule qualification.

                Et je dis et redis que la formidable opportunité que vous nous offrez d’y réfléchir me semble prendre une tournure qui laisse un goût amer…

              2. 9.1.3.2.1.2.2
                Sophie

                Oui mais là, on arrive au coeur du fossé qui nous sépare d’AR… Et toute la compréhension et l’empathie mutuelles ne peuvent plus rien : on a compris l’autre, accepté que ce n’est pas un c….rd anonyme… et après ? Certains d’entre nous poussent AR dans ses retranchements, d’autres l’accusent de manipulation, c’autres comme Belläm (ou moi, pour être franche) craquent…
                Tu crois vraiment qu’il y a moyen d’alller plus loin dans l’exploration sans qu’on explose tous et qu’on perde notre courtoisie, AR parce qu’on en arrive à lui dire "non" et à essayer de lui expliquer qu’on n’a pas de solution pour le soulager, nous parce qu’entre impuissance et colère, on en vient à le rendre responsable de cet échec?

                Le dialogue vaut pour cet échange inédit et précieux. Mais il me laisse un sale arrière-goût et l’impression que tout ce qu’on avait imaginé auparavant avec toi pour aider les pédophiles n’était qu’un château de cartes intellectuel. Un peu comme si nous étions des ennemis qui se respectent mais doivent se combattre tout de même.

                1. 9.1.3.2.1.2.2.1
                  valentine

                  je ne partage pas votre sentiment d echec. je pense simplement que la discussion a ete un polluee par moments par un debat premature autour de l age de consentement.
                  Je crois qu il est beaucoup trop tot pour en discuter. Je pense que pour le moment, tout ce que l on peut faire c est essayer de comprendre et de mettre des mots sur le fonctionnement mental, affectif et sexuel d AR qui, rappelons-le, n est pas passe a l acte. Utilisons juste les mots, ca ne coute rien, et ca n’est pas trop dangereux si l on garde a l esprit que nous naviguons dans l’univers du fantasme et de la representation psychique. Pour les idees de reforme penale il est beaucoup, beaucoup trop tot pour meme y penser…essayons d abord d ecouter et de comprendre un mecanisme psychique sans y apposer de jugement de valeur…

              3. 9.1.3.2.1.2.3
                Pseudo Requis

                Bonjour,

                je souhaite apporter mon témoignage aussi, en garantissant qu’il ne s’agit pas d’une provocation.

                Le témoignage d’Anonyme Relatif ne me surprend pas. Ce qui me surprend, c’est… qu’il vous surprenne… J’aurais pu l’écrire, à des détails près, que je tairais volontairement. Mais l’important est que, dans mon cas, comme dans le sien, l’existence d’une composante "pédophile" m’apparaît comme une partie de mon être, qui n’est pas exclusive (j’aime aussi, beaucoup, les femmes adultes) et que je n’en souffre pas – je ne vois donc pas sur quelle base catégoriser cela comme une "maladie", sauf à s’en tenir à une position officielle dogmatique, la même que celle qui a pu décréter ici ou là que l’attirance pour un partenaire de même sexe était une maladie, ou que la masturbation rendait sourd. Je précise aussi avant d’être lynché que je ne suis jamais "passé à l’acte" (terme que j’abhorre) avec des enfants.

                Mais là n’est pas le coeur de mon témoignage. Ce qui me frappe, c’est la récurrence d’un discours selon lequel, dans un rapport enfant/adulte (oui, car dans le cas d’un rapport enfant/enfant, on tombe sur une aporie) – dans un rapport enfant/adulte donc, l’enfant serait nécessairement victime, c’est à dire qu’il subirait un préjudice. Je n’ignore pas les développements habituels, qui notamment expliquent qu’il peut y avoir traumatisme inconscient, qu’il existe des cas de résilience, mais que cela n’empêcherait pas qu’il y ait eu, initialement, traumatisme.

                Pourtant, je veux témoigner de ma réalité. La voilà : j’ai souffert, étant enfant et adolescent, du refus consensuel des adultes d’avoir des relations sexuelles avec moi. Ne prenez pas cela pour de la provocation. Cela m’a, durablement, traumatisé. Pourquoi était-je, moi, exclu de cette fête ? Moi qui était précoce intellectuellement, moi qui fréquentait souvent des gamins plus vieux que moi… mais moi qui, physiquement, suis resté un enfant longtemps… Pourquoi l’accès au plaisir charnel m’était-il refusé ? Car la faculté de consentir, je l’avais, je le sais bigrement, puisque j’étais demandeur !

                Appelez cela de la frustration, mais ne faites pas le coup du qualificatif péjoratif de "frustré". Oui, frustré je l’ai été, et je l’ai vécu comme une vraie souffrance. Un déni de mon être, de ma sexualité, de mes besoins. Une castration arbitraire. Un traumatisme, à part entière. Et de plus j’étais jaloux de ce qui, à mon âge, avaient déjà une sexualité. De cette réalité, je n’en entends jamais parler. Combien d’enfants ou d’adolescents, parce qu’ils ont été exclus de la fête charnelle, se sont construits autour de cette frustration, sont devenus des vieux garçons ou des vieilles filles, ou des pervers nuisibles, des grenouilles de bénitier ou des petits tyrans du quotidien, ou je ne sais quelle sorte encore d’individu pénible… ? J’espère avoir échappé, adulte, à ces tares, qui, si elles ne sont pas dans le DSM IV, ne m’en semblent pas moins tout à fait délétères pour la société.

                Je reformule une fois encore mon propos, pour qu’il soit clair, et entendu. Etant jeune et adolescent, je n’ai PAS été impliqué dans des relations sexuelles avec des adultes (ni avec d’autres enfants). C’est DE CELA que j’ai souffert – car j’en avais envie. Cette privation a été une souffrance. Pour l’avoir vécue et ressentie, je ne peux pas imaginer qu’elle soit si exceptionnelle, et j’ai la conviction que nombreux sont celles et ceux qui l’ont aussi ressentie.

                Finalement, je pense que ce genre de manque, puisqu’il est certain qu’il ne pourra jamais être comblé (plus jamais je ne serai un enfant et plus jamais je ne pourrai, en tant qu’enfant, en tant qu’adolescent, avoir des relations sexuelles), peut largement expliquer l’empressement de beaucoup à réprouver la sexualité adulte/enfant : simplement parce qu’il est humain de vouloir priver l’autre de ce que l’on n’a jamais pu avoir… C’est humain, mais c’est une forme de loi du Talion idiote.

                Il est des cas de viol avec violence, de torture, de contrainte physique ou psychologique, de peur… Je ne les ignore pas. Je les déplore au delà de tout. Mais il y a aussi des cas de "pédophilie" sans violence. Je le dis honnêtement : j’aurais aimé être un des enfants impliqués dans ces relations. Peut-être aurait-ce été un traumatisme… Mais traumatisme pour traumatisme, il y aurait eu un agresseur, j’aurais pu être socialement reconnu comme victime et traité comme telle. Ceci dit je doute qu’il y ait eu traumatisme. Empreinte durable, oui, comme mes premières relations (adultes, hétérosexuelles) ont provoqué une empreinte durable en moi. Mais empreinte durable ne veut pas, nécessairement, dire empreinte néfaste, traumatisme.

                Voilà, en résumé, et en écho à toutes les victimes qui crient leur souffrance d’avoir eu des relations quand elles étaient enfants, je voudrais crier ma souffrance de n’en avoir pas eu. Et je voudrais aussi demander que cette souffrance ne soit pas considérée comme inférieure.

                Signé : Pseudo Requis

                PS : il est pénible de devoir (sur tous les sites) fournir un email pour faire des commentaires. Afin de garder l’anonymat, cela conduit à créer un compte bidon à chaque fois.

  10. Difficile de dire quoi que ce soit de pertinent.
    Difficile pour moi, contrairement à Julia, de ne pas éprouver de compassion.

    AR parle pour lui, et c’est très bien comme ça. Comme je parle pour moi. Un pédophile n’est pas l’autre. Et un violeur d’ado n’est pas pour autant pédophile (je ne puis cataloguer mon agresseur ainsi. A 12 ans 1/2, on m’en donnait 18 et je faisais 95 de tour de poitrine).
    Il me semble pourtant que le seul moyen de lutter contre ce "fléau" (et donc d’éviter de nouvelles victimes) c’est d’essayer de comprendre et de soigner (ou de rééduquer – même si je n’aime pas ce mot qui renvoit trop à des heures sombres). J’ai très difficile aussi de condamner une personne qui a des relations avec un jeune pubère-mais-mineur. Peut-être parce que j’ai moi-même failli consentir à 13 ans, et qu’avec celui-là, aussi trentenaire et marié (seule et unique raison du "non") fût-il, ce n’aurait pas été un viol. Pardon de parler encore une fois de moi.

    Quoi qu’il en soit, ce témoignage (comme celui de Romain sur Rue 89) est important. Est essentiel. "Ces gens-là" sont des êtres humains qui doivent à la fois être intégrés à la société (la prison étant aussi une part de la société – et les ados postpubères étant parfois – trop souvent – violés derrière les barreaux ) et aidés à ne plus nuire. C’est, selon moi, le seul moyen d’éviter que trop d’enfants soient victimes d’abus.

  11. 11
    DMonodBroca

    On pourrait parler d’"orientations sportives", ou d’"orientations ludiques", ou d’"orientations addictives"… comme on parle d’"orientations sexuelles".
    Moi je fais du tennis, moi je joue au bridge, moi je bois de l’alcool…. ce n’est pas que je l’ai choisi, ce n’est pas que je trouve ça bien ou mal, non, c’est que c’est mon "orientation", c’est que c’est comme ça que je suis, et puis voilà.
    Cette idée d’orientation sexuelle que AR reprend à son compte, et pourquoi s’en priverait-il ?, est fallacieuce.
    Si effectivement les relations sexuelles n’étaient qu’un sport, ou qu’un jeu, ou qu’une drogue, cela n’aurait guère d’importance, chacun pourrait bien de s’y adonner de la façon qui lui convient et on pourrait bien les appeler "orientations", ces différentes facons de s’y adonner. Cela n’aurait guère de conséquences.
    Mais les relations sexuelles sont autre chose que cela. Elles ne sont pas seulement jeux érotiques.
    Attention à ce qui va suivre ! cela en choquera plus d’un ! mais au point où nous en sommes…
    Vous n’êtes pas obligés de continuer ! vous êtes prévenus !
    Voilà :
    Les relations sexuelles sont le moyen par lequel l’espèce se reproduit.
    Si !
    Il y a en elles, que nous avons en commun avec les animaux, les animaux sexués au moins, tout le mystère et toute la merveille du monde et de la vie.
    Il se trouve, mais ce n’est pas un hasard, notre survie en dépend, qu’elles produisent un certain plaisir. Il se trouve aussi, conséquence au moins en partie de ce plaisir qu’elles procurent, qu’elles sont la source de jalousies, passions, souffrances, violences, interdits, transgressions, etc.
    Si nous étions sages, un tout petit peu sages, si nous nous savions, aussi peu que ce soit, tirer les leçons des milliers de générations qui nous ont précédés sur cette terre, nous nous efforcerions, en toute conscience et lucidité, de donner un caractère sacré à cet "acte de chair" qui nous fait ce que nous sommes.
    Au lieu de ça, jouant avec le feu, échafaudant des théories mensongères, refusant d’admettre mystère et merveille de la réalité telle qu’elle est, nous ne voulons voir que ses simulacres, tous plus déviants les uns que les autres.
    Ne nous étonnons pas des conséquences : les pratiques rivalisent dans la déviance.
    Et alors, scandalisés, jouant les innocents, nous sanctionnons toujours plus arbitrairement, toujours plus implacablement, ceux qui ont le tort de se faire prendre.
    Si nous ne savons pas nous voir nous-mêmes tels que nous sommes et corriger nos errements, les choses continueront à empirer, et les Jade d’un côté, et les AR de l’autre, continueront à payer les pots cassés…

    1. 11.1
      Shue

      Mr, il faut prendre les choses comme elles sont, même quand elles ne sont pas très belles, même si elles vous dégoutent.

      Les milliers de générations dont vous nous incitez à suivre l’exemple ne sont pas exemptes de "déviances" : l’humanité s’est construite, il semble – et les exemples historiques proches ou lointains n’y manquent pas -, au contact de cette perversité dont vous accablez notre société actuelle, et surement à celle d’une démence bien pire encore (sacrifice humain, cannibalisme, pédophilie communément acceptée ne constituent pas un joli petit jardin d’Eden). La solution n’est pas ici je le crains.

      De plus, nous devrions, à vous entendre, donner sa valeur pure et originale à l’acte sexuel afin d’éviter de faire naitre ceux qui ne pourront s’empêcher de commettre des faits si regrettables. Ici aussi, et je m’excuse de faire appel une fois de plus à l’Histoire par un résumé aussi vulgaire (mais il faut être bref), le passé condamne vos espoirs : le christianisme s’est efforcé pendant plus de mille ans, avec un pouvoir moral absolue sur la société, a réssolidariser l’institution qu’est la famille, en rendant une place dominante à ces fameuses "valeurs antédiluviennes". Mais condamner tout comportement déviant n’a, sous son influence, jamais éteint les pulsions perverses de l’homme. Pendant des siècles l’homosexualité fut condamnée de tous : peut-on vraiment être sûr que durant ce temps, aucun homme n’a jamais eu le moindre désir pour un autre homme ? Suffit-il de convaincre chacun que l’acte sexuel n’est qu’acte de procréation pour qu’il en soit ainsi pour tous, même pour ceux qui hier encore en étaient convaincu ? Il semble que non : après mille ans de persuasion, plus beaucoup n’y croient apparemment.

      Mais même si aucune effort collectif moral ne peut nous venir en aide sur ce point, il ne faut pas désespérer Mr.
      L’homme n’a pas à être parfait. Si l’homme peut, de sa nature, causer de terribles dommages sans même qu’il l’ait jamais voulu, il faut vraiment le comprendre, parce que c’est cet homme que nous sommes, et que c’est aussi celui qui nous causera tant de tord.

      1. 11.1.1
        DMonodBroca

        Je ne dis pas qu’il faut suivre l’exemple des générations qui nous ont précédés mais au contraire tirer la leçon de leurs erreurs.
        "Le christianisme s’est efforcé pendant plus de mille ans… " dites-vous, c’est à voir car comme disait le regretté Théodore Monod : "c’est bien joli de critiquer le christianisme, encore faudrait-il commencer par le mettre en application"
        "…avec un pouvoir moral absolu sur la société" là aussi c’est à voir : d’une part ce pouvoir n’a jamais été absolu et d’autre part pouvoir absolu et pensée chrétienne sont antinomiques, le Dieu de la Bible laissant les hommes libres, maîtres de leur destin.
        Et c’est bien parce que, héritiers de la pensée biblique, nous sommes, plus ou moins, tant bien que mal, libres, maîtres de notre destin, qu’il nous appartient de tenir les discussions que nous avons ici et de corriger, autant que possible, nos erreurs.
        Vous pouvez considérer que la société actuelle, que selon vous j’ai tort d’accabler, est exempte de reproches et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Je pense pour ma part que nous commettons collectivement des erreurs, en la matière des erreurs de nature idéologique, et que nous devrions nous efforcer de les corriger. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

        1. 11.1.1.1
          Shue

          Quant aux générations passées : excusez mon appréciation précipitée.
          En revanche, par le christianisme, j’entendais l’Église (très différent je sais, erreur encore de ma part), ou qu’importe, un pouvoir moral dominant qui a appliqué en vain votre solution d’un respect commun de mœurs sains. Définie dans ce sens, ma réfutation demeure.

          Je ne pense pas d’autre part que la société soit bonne, mais la condamnation de notre attitude générale ne semble pas pouvoir l’améliorer toute entière.
          C’est ici ailleurs qu’il faut chercher : la seule discipline morale n’est pas toujours assez puissante pour empêcher le mal de nous accabler. La question reste ouverte, mais la réponse que AR donne dans ses commentaires me paraît assez sage quant aux tords que la pédophilie peut entraîner : qu’il combatte les pulsions qui le mèneraient au viol (ou apparenté), et nous de notre part, que nous comprenions la lutte qu’il mène et l’y aidions.

      2. 11.1.2
        Panouf

        Personnellement je ne penses pas que la morale puisse supprimer les déviances, ni même les comportements. Par contre, je pense qu’elle peut donner une ossature pour pouvoir résister aux déviances pour ceux qui le veulent (les autres, on ne peut pas faire grand-chose). Je pense ici comme morale ce que AR appelle psychologie comportementale: une grille de lecture permettant d’apprécier le bien et le mal de façon objective, et de se donner les moyens de choisir le Bien.
        Je ne parle pas ici de la caricature de morale consistant en fait en une culpabilisation au nom de l’enfer qui est en fait un choix libre (eh oui). Je crains que dans la pratique cela n’ai pas été tellement appliqué par les chrétiens.

        Je précise aussi que je distingue pédophilie, par rapport à laquelle je m’efforce d’avoir de la compréhension, et prédatuer sexuel. Pour ces derniers, tout comme pour les personnes bisexuelles (je ne parle pas de personnes qui se cherchent, mais de personnes faisant ça pour avoir des expériences multiples alors que leur identité sexuelle est parfaitement normale) je les considèrent comme des personnes qui font passer avant tout leur plaisir, même devant la souffrance que peuvent ressentir à cause d’eux des personnes qui seraient fragiles sur ce terrain là; c’est évidemment bien plus grave que lorsqu’il s’agit d’enfants: ils sont plus fragile, et il leur est bien plus dificile de se reconstruire et de se confier, sans compter qu’avec les enfants il s’agit généralement de viol, contrairement à l’autre cas…)

        Je sens que je vais me faire des mais sur ce blog…

        1. 11.1.2.1
          Panouf

          J’espère que je n’ai bléssé personne avec mon comm précédent… je suis des fois un peu maladroit en formulation.

        2. 11.1.2.2
          Oph

          On n’est pas là pour ça et il y a déjà un beau débat sur le statut de la sexualité ci-dessous, mais j’avoue que j’ai du mal à faire semblant de ne pas avoir vu le coup du bisexuel qui ne pense qu’à son plaisir et à avoir des expériences multiples.

          Je crois que vous mélangez deux notions qui n’ont rien à voir :
          - d’un côté, l’orientation sexuelle. Un mythe encore vivace veut qu’on soit hétéro ou homo, et que la bisexualité n’existe pas vraiment. Mon expérience de la vie tendrait à me faire penser qu’au contraire, nous sommes presque tous bisexuels, répartis le long d’une gradation continue entre "100% hétéro" et "100% homo". Les "bi réels" (50/50) sont rares, mais j’en connais au moins deux, des gens qui peuvent tomber amoureux d’un homme comme d’une femme et être sincères dans leurs sentiments.
          - de l’autre, le rapport à la sexualité. Des gens qui accumulent les expériences, parfois juste pour l’exploit sportif, sans trop se préoccuper des sentiments du partenaire, il y en a dans toutes les orientations sexuelles. Étre bi augmente certes le nombre de partenaires potentiels, mais je ne suis pas sûre qu’en proportion, il y ait plus de "prédateurs" chez les bis avérés que chez les autres. Inversement, des personnes fidèles, aimantes et à l’aise dans des relations au long cours, il y en a aussi dans toutes les orientations.

          Désolée d’avoir dévié du sujet, mais dans la mesure où je me considère, non pas comme hétéro, mais comme bi à dominante hétéro, je me suis un peu sentie visée.

          1. 11.1.2.2.1
            Panouf

            Dans le cadre que vous parlez, je ne vous visais pas: je visais bien ceux qui considdèrent la sexualité comme un jouet et qui se moquent des blessures qu’ils peuvent susciter chez leurs partenaires. J’en connais pas mal, et je ne les jugent pas mais il n’en reste pas moins qu’ils ne regardent les autres que comme des objets, et cela le problème, et aussi cela que je visais.

    2. 11.2
      Jastrow

      À vous suivre, les relations sexuelles avec mineures seraient autorisées à partir de la puberté, c’est-à-dire à partir de 10 ans environ pour certaines filles précoces, plutôt 12-13 pour les autres : la puberté signifie précisément qu’on est fertile, prêt à porter des enfants. On a vu d’ailleurs des civilisations pratiquer le mariage entre une toute jeune fille et un homme adulte, âgé de 25-30 ans disons. Il me semble que ce serait considéré comme de la pédophilie aujourd’hui.

      1. 11.2.1
        DMonodBroca

        Vous extrapolez, non : vous divaguez.
        Mes propos ne mènent en aucune façon à ce que vous leur faites dire.
        Critiquez-les, oui, mais à bon escient.

        1. 11.2.1.1
          Jastrow

          C’est la conséquence que je vois à votre phrase : « les relations sexuelles sont le moyen par lequel l’espèce se reproduit. » Dans l’intérêt de l’espèce, mieux vaut se reproduire tôt, quand la fertilité est maximale. C’est ça aussi, « les leçons des milliers de générations qui nous ont précédés sur cette terre ». Or les filles en sont physiquement capables à un âge où la plupart des sociétés modernes considèrent qu’elles sont trop jeunes pour consentir librement à un rapport sexuel. Si on prend en compte la robustesse de la constitution physique, pour améliorer la chance de survie à l’accouchement, ça repousse sans doute un peu l’âge optimal de procréation, mais ça reste assez jeune. Visiblement, nous faisons intervenir dans notre conception de la pédophilie autre chose que des données purement biologiques.

          1. 11.2.1.1.1
            DMonodBroca

            Pourquoi vous obstiner à lire ce que je n’ai pas écrit. Relisez mon texte. Je dis que nous devrions être un tout petit peu sages. Il n’y a rien de sage à vouloir que les fillettes aient des enfants dès la puberté. Pourquoi avoir inventé cela ?

            1. 11.2.1.1.1.1
              Jastrow

              Je me fais mal comprendre. Je ne prétends pas que vous disiez cela ; je pense que c’est une conséquence de ce que vous prônez, conséquence qui apparemment ne vous agrée pas. Être sage, voilà une belle injonction, mais si tout le monde était d’accord sur ce qu’était la sagesse, Maître Mo aurait sans doute moins de travail. Pour finir, et sauf exceptions, la puberté est précisément le moment où on cesse d’être une fillette.

              1. 11.2.1.1.1.1.1
                DMonodBroca

                Etre sage est un objectif, qui donne une direction à suivre. Il est vrai que tout le monde n’est pas d’accord sur sa définition. C’est une difficulté majeure. Je crois qu’il faut commencer par combattre les idéologies, ces idolâtries modernes, et que cette notion d’"orientations sexuelles" est idéologique. Nous sommes des êtres sexués, homme et femme, pas des êtres sexuels, hétéro-, homo-, bi-, trans-, pédo-, multi-, SM-, etc.
                Il n’est pas sûr qu’un peu plus de sagesse retire beaucoup de travail à Maître Mô. Il y aura toujours des fautes commises, des fautifs à défendre, et des conflits à résoudre, même s’il perdent en gravité…

                1. 11.2.1.1.1.1.1.1
                  PiTRe

                  Je ne suis pas expert en sexualité animale, mais il me semble que peu d’espèces, en dehors de l’Homme, se livrent à l’acte sexuel en dehors de l’acte de reproduction (ou alors, comme le caniche qui vient se frotter à votre jambe : "ça" le démange, et vous êtes un exutoire comme un autre). Tout ça pour dire que l’Homme est plus une espèce sexuelle qu’une espèce sexuée.

                  1. 11.2.1.1.1.1.1.1.1
                    Pseudo Requis

                    ""il me semble que peu d’espèces, en dehors de l’Homme, se livrent à l’acte sexuel en dehors de l’acte de reproduction""

                    C’est un poncif, mais c’est faux. Je n’ai pas le temps de faire des recherches de références pour vous mais, dans la nature, les cas d’"homosexualité" ne sont pas rares (un chien qui en monte un autre…), il y a des cas de zoophilie (un âne qui monte une jument), des cas de "pédophilie" (les bonobos, très proches cousins de l’homme, sont souvent cités pour leur sexualité débridée et, selon tous les canons de la morale et du droit humain, déviante).

                    Il y a deux choses, probablement un peu plus vraies :
                    - la sélection naturelle favorise plutôt les comportements reproductifs efficaces… donc par exemple précoces (mais pas trop)
                    - mais l’évolution n’est pas dirigée dans le sens d’un progrès constant, mais procède au hasard (essais et erreurs, hasard et nécessité dirait Jacques Monod) donc il peut y avoir des comportements contraires au principe que j’ai écrit juste au dessus. Donc en matière sexuelle, des "déviances"

                    Par contre, je n’ai connaissance d’aucun exemple (Humains mis à part) d’espèce animale dans laquelle les jeunes individus fertiles seraient exclus des activités reproductrices jusqu’à un certain âge.

                2. 11.2.1.1.1.1.1.2
                  lambertine

                  "La différence entre l’animal et l’homme, c’est que le premier recherche la femelle dans l’autre, et le second recherche l’autre dans la femme". Je cite de mémoire et la "femme" peut être du même sexe, plus âgé(e), plus jeune etc…

          2. 11.2.1.1.2
            lambertine

            Nous faisons intervenir aussi des données sociales. Car la sexualité est aussi, je crois, outre un acte sacré, un acte impliquant le psychisme de la personne, un acte social. Même si on peut le déplorer.
            Nous vivons (on peut le déplorer aussi, ou s’en féliciter) dans une société où l’enfance est "prolongée" parfois bien au delà de la majorité. L’enfance dans le sens "irresponsabilité sociale", dépendance totale des parents ou de la famille. Un "enfant" d’ici et aujourd’hui aurait agi, et aurait dû agir comme ce que nous nommons "adulte" ailleurs et autrefois. Je crois que la majorité sexuelle est liée à cette "prolongation – en moyenne – de l’enfance".

    3. 11.3
      Sophie

      DMonodBroca, vous vous basez régulièrement sur un raisonnement dont j’aimerais ciontester un axiome qui me laisse perplexe…Et si la sexualité n’avait pas pour "but" de créer la vien, si ce n’était qu’une conséquence accessoire ? Votre démonstration s’écroulerait d’elle-même.

      1. 11.3.1
        DMonodBroca

        La vie, conséquence accessoire de la sexualité ?
        A mon tour d’être perplexe : quel raisonnement construire sur un tel axiome?

        1. 11.3.1.1
          Sophie

          Celui que la sexualité n’a rien de sacré ?

          1. 11.3.1.1.1
            DMonodBroca

            Non, elle n’a rien effectivement de sacré. Elle est naturelle, instinctive, hormonale, animale… tout sauf sacré. Les sociétés primitives l’ont faite sacrée (les ethnologues s’accordent pour penser que le tout premier interdit fut l’interdit de l’inceste) et cela leur a permis de se protéger des violences auxquelles elle peut conduire. Il ne s’agit bien sûr pas de revenir à ce sacré-là. Mais de faire comme si, d’aller aussi loin que possible dans ce sens-là, de traiter la sexualité "comme si" elle était sacrée, de lui redonner tout son mystère et toute sa merveille, etc…
            Peut-être suis-je un dangereux illuminé mais enfin il me semble bien qu’il y a concomittance entre d’une part cette "libération sexuelle" dont nous sommes si fiers et d’autre part la multiplication, dans le domaine sexuel, des déviances, crimes, frustrations, souffrances en tous genres, celles des victimes comme celles des bourreaux… et il me semble bien qu’il nous appartient d’en prendre conscience et de corriger ce qui peut l’être.

            1. 11.3.1.1.1.1
              Prof Timbré

              Ces déviances n’existaient-elles pas avant ce qu’il convient d’appeler la libération sexuelle ? Sauf qu’elles étaient tues.

              1. 11.3.1.1.1.1.1
                DMonodBroca

                Oui, elles existaient. Les libérer n’est pas la meilleure façon de les combattre.

              2. 11.3.1.1.1.1.2
                Sophie

                Tues ?! Eh beh, j’en ai pas l’impression, moi, hein… De Socrate au célèbre "lolita", on en a toujours eu des traces…

                DMonod… corrifger comment ?! Peut-on s’interdire de ressentir une attirance quelconque ? Si oui, donnez-moi le mode d’emploi !

                1. 11.3.1.1.1.1.2.1
                  Prof Timbré

                  Oui, mais ces "traces" ne concernaient qu’une élite minoritaire. Dans la campagne profonde du moyen-âge rural à 90%, cela se savait, mais cela ne se disait pas… Et il y a même encore peu de temps…

                  1. 11.3.1.1.1.1.2.1.1
                    Sophie

                    joli paradoxe, non ? Les élites clamant et admettant ce que le peuple de base cherche à taire…

                    1. 11.3.1.1.1.1.2.1.1.1
                      Prof Timbré

                      La différence ? La morale religieuse !

                      Et la religion n’est-elle pas l’opium du peuple ?

                2. 11.3.1.1.1.1.2.2
                  Shue

                  Il ne s’agit pas pour lui de s’interdire, mais d’empêcher de faire naitre certain sentiment grâce à une vision pure de l’amour. Le raisonnement se tient, mais l’expérience a déjà échoué dans le passé, en mon sens, et vous semblez connaître nombre d’exemples allant dans ce même sens.

                  1. 11.3.1.1.1.1.2.2.1
                    Sophie

                    Qu’y a-til de pur dans sa façon de voir l’amour ?! Persionnellement, je me heurte gentiment régulièrement à DMonod sur ce sujet : pour moi, il cherche à appuyer sur des boutons qui ne sont pas les bons. Nous ne sommes pas des esprits, ni des anges : nous ressentons et nous apprenons à gérer ces émotions. J’y vois un problème uniquement lorsque ça nuit à autrui, autrui étant né vivant et viable.

                  2. 11.3.1.1.1.1.2.2.2
                    DMonodBroca

                    @ Shue et Sophie

                    Je ne sais pas si ma vision est "pure". La question est-elle là ?
                    Nous sommes bien d’accord qu’il s’agit d’éviter de nuire à autrui (lire ci-dessous le texte d’autre anonyme et la réponse de Maître Mô)
                    Je crois que nous avons tort de confondre la réalité ("l’acte de chair") et ses simulacres (les jeux érotiques).
                    Un simulacre n’est pas néfaste en soi, il n’est pas néfaste tant que celui qui s’y livre a conscience qu’il s’agit d’un simulacre, mais quand s’installe la confusion, la confusion entre le simulacre et l’acte simulé, c’est que la folie guette.
                    Tant qu’il s’agit de jeux entre adultes consentants dans un lieu privé, on peut dire "qu’est-ce que ça peut faire ?"
                    Mais quand une société, c’est ce que fait la nôtre, établit une équivalence, sur la place publique, petit à petit dans la loi, entre ce qu’elle appelle les différentes "orientations sexuelles", il y a lieu de s’interroger sur sa santé mentale.
                    Je sais bien que je rame à contre-courant et, dans ces cas-là, on s’exprime toujours maladroitement, mais je refuse formellement la notion, à mes yeux purement idéologique, d’"orientation sexuelle".
                    Les propos de AR me renforce dans mon opinion : sa pédophilie est à ses yeux une "orientation", une de plus, et qu’il n’a pas choisie, puisqu’il est comme ça. Je crois qu’il utilise à son profit, et on le comprend, une idée fausse. Sa pédophilie ressemble plus à une addiction qu’à une orientation.

            2. 11.3.1.1.1.2
              lambertine

              Juste une question, là :

              Si la sexualité n’a rien de sacré, comment se fait-il que le viol simple soit considéré, et soit d’ailleurs vécu, comme un crime affreux alors qu’il y a souvent dans cet acte bien moins de violence que dans bien des "banalités" ? Ce n’est pas une provocation, mais une question sincère. Si le viol est à ce point horrible, traumatisant, n’est-ce pas parce que le sexe est lié à la transmission de la vie ? A la mort aussi (on l’a un peu oublié dans notre société médicalisée, mais donner la vie consiste aussi à se mettre en danger de mort – et d’ailleurs, on donne la mort en même temps que la vie) ? En clair, parce que le sexe est "sacré" ? Parce que le sexe (et par là, les crimes sexuels) n’atteint pas que le corps (même s’il l’atteint aussi. On en parle rarement, des conséquences médicales du viol) mais aussi "autre chose" ?

              1. 11.3.1.1.1.2.1
                valentine

                C’est une question intéressante.
                Je dirais que le corps définit de façon physique les limites entre l’individu et le monde extérieur. Ces limites, ce sont les organes des sens (la peau, les yeux, les oreilles, la bouche, le nez) et les organes génitaux. Les organes des sens mettent en contact l’individu avec le monde extérieur de façon permanente, globale et instinctive. Les organes génitaux sont impliqués pour les relations sexuelles, c’est à dire des relations privilégiées avec un individu donné, de façon intermittente et choisie.
                Imposer une relation sexuelle par la violence, c’est non seulement nier la définition physique de l’individu (ton corps m’appartiens, j’en fais ce que je veux) mais également nier le libre-arbitre et la volonté propre de l’individu (tu ne choisis pas ton partenaire sexuel, c’est moi qui décide). C’est donc un acte de violence qui déstructure complètement et de façon très brutale le schéma corporel et mental de l’individu.

                Voila une explication, qui vaut ce qu’elle vaut, il y en a probablement beaucoup d’autres…

              2. 11.3.1.1.1.2.2
                Pseudo Requis

                Encore une fois (désolé) je n’ai pas mes sources sous la main. Mais une thèse sur l’histoire du droit relatif à la sexualité met en évidence que jusqu’à assez récemment, ce qui était puni dans le viol, c’était la transgression de l’institution… du mariage – donc en fait l’autorité de l’état à travers l’institution. Violer une femme, c’était en somme s’attribuer les droits qui devaient revenir exclusivement à son mari…

                Plus récemment, le respect du corps et du libre arbitre (droit de disposer de sa personne librement) sont devenus les fondements de la prohibition du viol. Notons que penser que le droit a pour but d’éviter les traumatismes est une erreur – sinon on ne punirait personne (séjourner en prison est traumatisant) ou, plus sérieusement, on interdirait la guerre !!!

      2. 11.3.2
        Panouf

        Au niveau de la théorie de l’évolution, surout vu la dépense d’énergie, la réponse est claire…

    4. 11.4
      rem

      Bonjour DMonodBroca,
      Je me permet un petit commentaire car il me semble que votre argument est fallacieux car il mélange deux choses qui doivent être séparées. D’un côté l’orientation sexuelle et de l’autre le but des relations sexuelles.
      Et donc vous confondez un fait objectif, que les relations sexuelles aient pour but la procréation, avec un fait subjectif, les préférences personnelles (et donc l’orientation sexuelle). Ce sont les relations sexuelles qui ont pour but la procréation, pas l’orientation sexuelle (celle-ci, à la rigueur, a pour but de faciliter les relations sexuelles). L’orientation sexuelle n’exprime qu’une préférence sur le partenaire (et donc une préférence entre autre esthétique) pas une opinion sur le but de l’acte.

      Or si l’on vous suit, au prétexte que l’objet de la préférence possède une caractéristique particulière (la procréation) vous rejetez l’idée même qu’elle puisse faire l’objet d’une préférence. Si tel était le cas, alors je ne devrais pas pouvoir apprécier les relations sexuelles pour autre chose que leur raison première, or justement c’est tout à fait possible, c’est même courant, et encore plus, c’est entièrement naturel puisque l’évolution a fait qu’elles nous apportent du plaisir.

      Il est tout naturelle d’avoir des préférences sur les choses de ce monde, même si elles ont un but bien particulier. Cela dit, ça ne veut pas dire que toutes les préférences sont bonnes. Il y a des préférences immorales, dangereuses etc.

      1. 11.4.1
        Pseudo Requis

        "D’un côté l’orientation sexuelle et de l’autre le but des relations sexuelles."

        @Rem

        Je pense pour ma part que vous commettez une erreur omniprésente depuis que la religion a formatté le sens commun : celle de penser qu’il y a un "but" en toute chose…

        Et si les relations sexuelles étaient (point) ? Eh oui. Elles sont… ce qu’elles sont. Il se trouvent par contre qu’elles ont certaines caractéristiques et produisent certains effets : elles procurent du plaisir à l’individu, elles contribuent à la perpétuation de l’espèce. Ainsi, par effet indirect, le comportement de chaque individu cherchant à satisfaire son désir a pour conséquence de contribuer à la perpétuation de l’espèce. Mais ce n’est pas la seule conséquence : les autres sont, par exemple, la transmission des MST, la création de tensions et de conflits inter-individuels, etc…

        Le but dans tout ça ? une notion téléologique un peu dépassée, pour ne pas simplement dire naïve.

  12. 12
    amon2010

    :x cela fait peu de temps que je vous lis Maitre mais de billet en billet vous me mettez des claques que je savoure le long de vos excellentissimes réflexions.
    Aujourd’hui vous avez un complice et pas n’importe lequel, un que beaucoup condamne sans connaître sans comprendre.
    Je dois avouer AR que, si un jour, un pédophile touche à une de mes filles je serais sans pitié.
    Cependant je suis aussi conscient que cela ne doit pas être un état facile à gérer au quotidien.
    Je vous remercie AR pour votre témoignage qui montre la souffrance et la difficulté de tels penchants.
    Mais, pour un comme vous, combien se complaisent dans cet état ??

    Bref merci encore pour ce témoignage et en espérant que vous trouviez une solution à votre "problème"

  13. 13
    Thinklessridemore

    je suis assez d’accord avec certains commentaires, tout n’est pas monochrome, même le gris ^^

    Je suis abasourdie par ce témoignage, ce n’est pas une mauvaise chose. Il me semble que le grand problème est de "catégoriser" y compris les délinquants. on met derrière le terme pédophile tout et n’importe quoi. Je dirais que AR ne m’inquiète pas dans le sens où il semble conscient de son problème et souhaite s’intégrer dans une société qui l’exclut. Mais en le disant pédophile, on le met au même rang qu’un Evrard ou autre, alors qu’il y a des degrés dans tout.

    Vous dites avoir fait l’objet de remarques insultantes de la part d’un substitut du procureur. Pour ma part, il me semble que je suis plus encline à condamner quelque chose que je ne comprends pas et qui me fait peur, mais comment chercher à comprendre quelque chose qui va à l’encontre de la morale judéo-chrétienne si ancrée dans notre société. Je pense que nous sommes tous comme ça et qu’il nous faut faire des efforts pour prendre du recul. Alors, sans excuser une "condamnation" systématique, je pense comprendre le procureur, le juge qui porte un regard intransigeant sur ce genre d’affaires. On ne peut pas tout comprendre, tout pardonner, malheureusement ce sont des hommes tels que AR qui en font les frais et cela aussi m’attriste.

    1. 13.1
      Anonyme relatif

      Il y a une nette différence entre être intransigeant avec une affaire, et insulter un homme avec des qualificatifs injustes et déshumanisants. J’ai en effet passé sous silence certains des qualificatifs les plus violents auquel j’ai eu droit pour des raisons de "confidentialité".
      J’ai fait une bêtise et je dois être puni. Il n’y a effectivement pas à transiger là-dessus. Encore que je trouve la technique du "pot de miel" incompatible avec le principe de loyauté de la preuve et avec le principe qui veut qu’il faille à tout prix faire cesser la diffusion de ces images (puisqu’il s’agit là de policiers qui participent à leur diffusion pour faire leur "pêche" aux consommateurs).
      En tout état de cause, ça n’autorise en tout cas pas un magistrat, ce me semble, à me traîter comme à une sorte de monstre, de sous-homme, de bête immonde. Condamne-t-on ce que je fais ou ce que je suis ?
      J’ai merdé, oui, et pas qu’un peu. Et il est sans doute heureux que la justice m’ait attrapé dès ce moment là et avant que je ne présente un risque de dérapage plus grave.
      Mais encore une fois, j’étais un adolescent paumé qui gérait sa sexualité comme il le pouvait (c’est à dire bien mal) et même si j’ai fait une grosse connerie, j’estime que ça ne fait pas de moi un monstre, auquel on pourrait nier sa part d’humanité. Je ne crois pas que l’humiliation et le rabaissement plus bas que terre ne fassent partie intégrante de la psychothérapie à laquelle je suis astreint, et les psychiatres que j’ai rencontré jusqu’alors ne semblent pas penser autrement. A force de traiter les gens en monstre, le risque est qu’ils s’identifient un peu trop au personnage…

      J’estime qu’être considéré comme un être humain à part entière n’est pas un privilège mais un droit inaliénable – même pour un pédophile pris la main dans le paquet d’images jpeg. Et il me semble qu’un magistrat, plus que n’importe qui peut-être, a le devoir de ne pas l’oublier.

      1. 13.1.1
        Prof Timbré

        Merci AR de votre témoignage. Sa qualité en fait son humanité et son humanité en fait sa qualité.

      2. 13.1.2
        Sophie

        On comprend votre envie d’être traité en homme mais… c’est dur, de l’autre côté. Il y a la peur dans le fossé qui nous sépare de vous. Il y a de la colèren, aussi. Il y a enfin de l’impuissance. Et ces trois sentiments sont réciproques. Alors vous traiter avec respect, c’est complexe, puisque vous matérialisez ce que l’on craint. Et vous êtes en plus lucide, vous écrivez avec une belle plume, ce qui laisse supposer que vous parlez aussi bien, bref, vous seriez indétectable si vous ne vous ouvriez pas à nous… ça augmente sans doute le malaise de vos vis-à-vis, non ?

        1. 13.1.2.1
          Panouf

          Ce que vous demandez, c’est précisément ce que je demandais dans une réponse précédente: le comportement chrétien qui manque dans notre société est précisément celui que vous demandez…

      3. 13.1.3
        Thinklessridemore

        AR, je suis parfaitement d’accord avec vous, un magistrat ne devrait pas l’oublier.

        Mais, tout comme je cherche à vous comprendre, je cherche à comprendre la réaction de ces magistrats. je n’excuse aucune attitude, ni la votre, ni celle de l’homme de loi. Mais là où vous demandez de l’indulgence pour votre erreur, je pense qu’il faut regarder avec indulgence, tout autant, la réaction d’un homme qui est sans doute confronté à de multiples affaires toutes aussi dures les unes que les autres.

        Le magistrat est lui aussi un être humain, c’est parfois ce qui "sauve" un délinquant, mais cela suppose aussi que parfois sa peur, ses craintes prennent le dessus. Je ne peux qu’espérer que lors de l’audience au tribunal, vous n’avez apparemment pas été encore jugé, vous trouviez face à vous des gens sereins et prêts à vous entendre, tout comme nous le sommes aujourd’hui.

        Mais il me semble important de rappeler que vous entendre, comprendre votre souffrance, n’aboutit pas nécessairement à une acceptation, loin de là. Une erreur se paye, vous semblez être d’accord avec cela. je ne peux qu’approuver votre demande de traitement juste. Mais il y a des infractions qui effraient, je ne suis pas juge, mais il me semble compréhensible qu’une personne qui a peur d’une récidive éventuelle, puisse être enclin à une dureté mal comprise.

        lorsqu’ici vous affirmez que vous ne pourrez pas rester toute votre vie chaste. vous expliquez également qu’alors que vous étiez un jeune homme, vous avez un choix d’adolescent pas beaucoup plus jeunes que vous. Dans dix ans, vingt ans, trente ans… ces jeunes le seront beaucoup plus que vous, trouverez vous cela toujours moral? Votre age, votre expérience ne fera-t-il pas penser à certains que vous pouvez avoir une influence, un ascendant sur ce jeune? Je comprends votre souffrance, mais je comprends également la peur du magistrat qui est celle de ses concitoyens.

        1. 13.1.3.1
          Marie

          Je serai moins indulgente que vous, Thinklessridemore, avec ce type de réactions dont j’ai malheureusement parfois été témoin.

          Je crois qu’au contraire, le magistrat doit être celui qui, entre tous, n’a pas à laisser apparaître ses sentiments (positifs ou négatifs d’ailleurs) vis-à-vis de la personne qui est en face de lui. Ne serait-ce que parce que l’un des objectifs de l’action judiciaire en général, c’est que nos décisions puissent être compréhensibles par ceux auxquelles elles s’appliquent. Si vous traitez le déféré, le prévenu, le mis en examen qui est devant vous comme un moins que rien, comment voulez-vous qu’il puisse ne serait-ce qu’essayer de comprendre ce que vous lui dites, à travers cette décision ? Si vous lui signifiez que ses actes et sa personnalité l’excluent complètement de la société des hommes, pourquoi accepterait-il que la justice de ces mêmes hommes s’applique à lui ?
          Or, la Justice, ce n’est pas que le Tribunal ou la Cour qui rendra la décision finale, c’est l’ensemble des intervenants, Parquet, juge d’instruction, JLD …

          Même si on estime n’avoir rien de commun avec la personne que l’on a en face de soi, même si les actes commis paraissent révulsants, le respect est à mon sens un impératif auquel rien ne permet d’échapper.

          Désolée si je peux avoir l’air donneuse de leçons (je ne suis après tout pas moins faillible que mes collègues), mais le spectacle d’un magistrat rabaissant un justiciable m’a toujours paru des plus pénibles.

          1. 13.1.3.1.1
            thinklessridemore

            Je ne vous ai pas senti en donneuse de leçon, ça c’est un aparté. Je suis d’accord avec vous dans le sens où l’on doit avoir une justice sereine, chez tous les intervenants. Donc un magistrat se doit de garder pour lui son horreur, sa peur et ne pas la faire sentir.

            D’un autre côté, je plaide effectivement l’indulgence, que ce soit pour le délinquant ou pour le juge. Le respect est le maitre mot d’une justice idéale. Mais parfois, là où on voit un manque de respect, il y a peut-être une peur, une volonté de mettre quelqu’un face à son erreur.

            Je vois aujourd’hui un homme qui tente de nous expliquer en quoi son « penchant » l’a amené devant un juge, un homme qui tente de nous faire comprendre son mal-être, ses interrogations. Plus je le lis et plus je suis sceptique sur un point… a-t-il réellement et profondément conscience que ce qu’il fait est mal ? Je ne veux pas le juger, mais je cherche à travers ses propres mots à comprendre. Quand vous avez face à vous quelqu’un qui vous martèle qu’il a compris qu’il avait commis une erreur mais qui tente également de vous convaincre que son erreur n’en est une que parce que la société l’a décidé ainsi et que moralement ce n’est finalement peut-être pas punissable, je prends peur. Peut-être plus que face à une personne qui nie en bloc sa responsabilité.

            Je ne suis pas magistrat. Mais dans mon métier de juriste des forces, j’ai eu l’occasion pendant cinq ans d’accompagner des jeunes soldats dans les méandres de la justice. Il m’est arrivé d’être sévère avec eux, sans leur manquer de respect, mais très ferme. A point tel, qu’un jour un capitaine commandant m’en a fait la remarque. Quand j’en ai discuté avec le jeune en lui demandant s’il m’avait trouvé trop dur avec lui, la réponse a été sans appel : « vous êtes la seule à me dire ce que je ne veux pas entendre, à me le dire avec des mots crus, j’en ai besoin. ». Alors parfois être cru, dur, ce n’est pas forcément une mauvaise chose.
            Je n’étais pas dans le bureau avec AR, je n’ai pas entendu les propos du substitut du procureur. Mais quand j’entends AR dire qu’il ne pourra rester chaste tout le reste de sa vie, qu’il ne peut pas contrôler ses pulsions et que finalement on ne devrait même pas le lui demander, j’ai peur pour l’avenir. La comparaison faite avec un jeune à qui on demanderait de n’avoir ni relation ni exutoire, me sidère.

            Alors, loin de vouloir condamner une attitude, je me pose une question simple : pourquoi le substitut du procureur a-t-il réagit de la sorte ? Nous avons les propos d’AR, mais c’est tout, je ne veux pas mettre en doute sa parole, mais l’interprétation des propos était-elle la bonne ? Le sentiment de culpabilité n’a-t-il pas accentué la dureté du discours du magistrat ? Je ne crois pas faire preuve de beaucoup d’indulgence en tentant de replacer le débat. Nous avons une personne qui tente de nous faire comprendre sa souffrance en tant que pédophile et par là-même, c’est le sentiment que j’ai, de nous convaincre que son attitude n’est pas si immorale que ça (dans son contexte, je ne parle bien entendu pas de certains autres). Alors quand quelqu’un lui dit que c’est immoral, que c’est illégal et qu’il le fait avec des mots crus, sans doute trop, qu’elle est sa réaction ? si je suis d’accord pour comprendre sa souffrance, le côté un peu mielleux de certains commentaires me laisse un sentiment profond de gêne. Comprendre ce n’est pas tout acceptait. Cela vaut tant pour AR que pour le magistrat indélicat. Moi je cherche à comprendre quelque chose qui, par chance, me dépasse.

            Il me reste une question à poser à AR. Les photos que vous avez utilisées n’ont-elles pas au moment où elles ont été prises blessé quelqu’un ? Ne pas les avoir fait vous-même enlève-t-il votre responsabilité dans la souffrance infligée à ces victimes. Vous ne vous êtes pas contenté de ne pas réagir face à un acte, vous avez alimenté, par votre utilisation, une souffrance.

            1. 13.1.3.1.1.1
              Marie

              D’accord avec vous sur finalement tout, en fait.
              Je fais preuve tous les jours de sévérité, voire de dureté, parce que je pense que c’est mon rôle de dire certaines choses telles qu’elles sont, sans les enrober. Mais comme AR mentionnait l’emploi, en citant textuellement apparemment, des termes de "détraqué sexuel", je maintiens qu’un tel comportement ne correspond pas à l’idée que je me fais du respect entre magistrat et justiciable. Oh, ce n’est probablement pas la pire insulte du monde (j’ai entendu bien pire, hélas, sortir de bouches extrêmement cultivées et compétentes), mais elle porte quand même la marque d’un mépris que l’on n’est jamais censé faire ressentir au prévenu.
              Très intéressantes questions posées en fin de post, sinon.

            2. 13.1.3.1.1.2
              Anonyme Relatif

              Préambule : Ayant quelques légères difficultés avec le système de commentaire, il se pourrait que celui-ci ne se trouv pas en réponse au bon. Mes excuses par avance si c’est le cas. Je tente de répondre au 13.1.3.1.1

              Pour l’indulgence pour le juge. Je n’ai pas à faire preuve d’indulgence parce que je ne peux pas le juger. Ce n’est pas moi qui ai le pouvoir de réclamer 10 ans de prison à son encontre, je vous le rappelle, mais lui. Évidemment, je peux le comprendre, ça peut échapper. Évidemment, il n’y a pas mort d’homme. Évidemment, s’il reconnait lui-même qu’il a été un peu loin, je n’ai pas besoin qu’on le cloue au pilori pour passer outre. Je m’oppose juste à ces comportements comme mode de gestion des justiciables, sous prétexte que "il est pédophile tout est permis c’est open-bar, c’est un monstre alors je peux me lâcher". Je m’oppose à cela. Mais qu’un type ait eu des mots qui aient pu dépasser sa pensée, je ne vais certes pas lui en vouloir toute ma vie pour ça.

              "La comparaison faite avec un jeune à qui on demanderait de n’avoir ni relation ni exutoire, me sidère. "

              Où voyez vous une comparaison ? Ce n’est pas une comparaison ! C’est mon EXACTE condition. Je suis un jeune et on me demande, toute ma VIE durant, de n’avoir ni relation ni exutoire ! VOILÀ la réalité que je dois endurer tous les jours depuis le début de l’adolescence.

              Alors permettez moi de dire très clairement une chose : Quoiqu’on en pense sur le plan moral, ce n’est juste pas réaliste. 99% des humains, du moins 99% des êtres humains de sexe masculin (je connais moins les femmes évidemment) sont incapables de tenir ce régime pendant 80 ans. Un jour où l’autre, je me retrouverais à la croisée de trois chemins : le chemin du "j’ai pas le droit je prend le gauche", le chemin du "je pète un plomb et je finis en hosto, ou en prison puis en rétention de sûreté", et le chemin du "je me tire une balle". C’est ptèt moche mais franchement, je vois pas 36000 autres scénarios, à part l’accident qui arrive entre temps et vient mettre une fin brutale aux questions que je me pose.

              C’est sidérant, sans doute, mais répondez honnêtement : Et VOUS votre vie sans relation ni exutoire, vous pourriez la tenir combien de temps ? Honnêtement ?

              "Les photos que vous avez utilisées n’ont-elles pas au moment où elles ont été prises blessé quelqu’un ?"

              Raaaaah mais j’y ai déjà répondu cent fois ! Oui, oui, et re-oui ! Je suis d’accord avec ça. Ce que j’ai fait est mal. Je vais pas développer en détail, mais il me paraît évident que la circulation de ces photos est une insulte aux victimes, et que même si on supposait qu’il ne s’agisse pas forcément de victimes (dans mon cas certaines l’étaient, clairement, sans qu’aucune discussion ne soit possible là-dessus même avec le plus extrêmistes des apologistes de la pédophilie), par exemple quand il s’agit de matériel produit par les mineurs eux-même avec leur webcam, il s’agit au minimum d’une insulte à leur pudeur et au fait qu’ils n’ont pas envie d’être matté par tous les pervers de cette planète.

              Allez, je le redis encore une fois pour faire bonne mesure : ce que j’ai fait est mal, et je ne l’ai jamais, jamais, jamais, jamais nié.
              Je dis exclusivement que ça me paraît MOINS grave que d’autres actes comme le fait de violer, soi-même, des enfants, ou de les tuer.
              Si vous n’êtes pas d’accord avec ça, allez au bout de vos convictions, et faites savoir que pour vous, toute personne ayant téléchargé, au début de la guerre en Irak, cette vidéo atroce qui a fait un buzz terrible auprès de tous les amateurs de "gore", de membres d’Al Qaeda décapitant au couteau un soldat américain, bref dites que ceux qui l’ont téléchargée ont fait quelque chose d’aussi grave que ces membres d’Al Qaeda eux même, et qu’ayant fait quelque chose d’aussi grave que "assassinat précédé de séquestration et de tortures et d’actes de barbarie", ils devraient tous encourir la perpétuité. Et là, moi je dormirais tranquille (je l’ai pas téléchargée, je suis sensible), mais je connais un bon paquet d’hétéros et d’homos bien sous touts rapports qui vont rigoler jaune…

              Ca ne veut PAS dire que ce que j’ai fait n’est pas grave. En principe, quand on ne "triche" pas avec les procédures, c’est punis d’un maximum de 5 ans de prison. C’est à la fois beaucoup, et très peu quand on pense qu’un vol c’est 3 ans. Je trouve que l’échelle des peines maximales est cohérent : 3 pour un vol, 5 pour ça (c’est plus grave), 5 pour une atteinte sexuelle (c’est à dire qu’on reconnait juridiquement que le mineur était consentant, mais qu’il n’avait pas l’âge requis pour que ce consentement soit valable), 7 pour une agression (c’est encore plus grave), 20 pour un viol (c’est encore beaucoup plus grave), 30 pour un meurtre si je ne m’abuse (c’est encore pire)…

              Ce n’est pas moi qui dit que je suis plutôt, dans l’absolu, dans le bas de l’échelle de la gravité, mais le Code Pénal. Maintenant, risquer 5 ans de prison, ce n’est pas non-plus un stationnement interdit, la loi est claire là-dessus et elle a raison de l’être. Aucun problème, je ne le remet pas en question. Je ne suis pas un simple automobiliste distrait. Je n’ai pas juste téléchargé des mp3. C’est clair, c’est net, il n’y a pas matière à discussion. Ce n’est pas pour autant que je considère qu’on doit me traiter comme le pire des criminels. Il y a une infinité de nuances entre prétendre être un saint, et accepter d’être vu/traité comme le nouveau Marc Dutroux.

              1. 13.1.3.1.1.2.1
                Panouf

                En fait je pense que je pourrais faire ce choix si j’ai une autre espérance dans la vie… que la vie sur cette terre. Mais il est vrai que primo j’ai la chance de croire, et secundo que j’ai la chance d’avoir une éducation claire et sans tabou sur ces sujets.
                Encore une chose: comme je suis chrétien, je ne peux répondre qu’une chose que je crois: à l’homme beaucoup de choses sont impossibles, mais à Dieu tout est possible.

                Queqlues conseils bateuax: avant tout (et c’est le plus dur, acceptez de ne pas avoir de relations sexuelles avec un enfant. Pour l’instant c’est une chose que vous vous imposez, et c’est vrai que cela serait trop dur.
                Conséquence du précédent: ne cherchez pas à entretenir ce désir en vous, et ne croyez pas que vous vous résumez à cela. Et aussi: dès que vous sentez du danger, fuyez! C’est cela le courage dans votre cas.

                Par ailleurs, vous avez tout de même la chance de voir et de vouloir défendre les intérets des enfants: pourquoi ne pas chercher un métier où vous pourriez vous donner à cette cause sans risque trop importants de tomber? Ce serait une façon d’etre heureux sans vous juger vous même comme un monstre…

                Et enfin, il y a deux sortes d’hommes forts sur ce type de chemin: ceux qui ne tombent jamais et ceux qui se relèvent toujours: le plus important est de chercher à avancer pour ne plus commettre ces actes.

                Et aussi, sachez que croyant ou non, baptisé ou non, vous pourrez toujours crieez vers Dieu et il vous répondra (mais peut-etre d’une façon à laquelle vous ne vous attendrez pas). C’est une méthode qui peut marcher, je l’ai moi-même testée…

              2. 13.1.3.1.1.2.2
                Thinklessridemore

                comme il semble que ce commentaire me soit destiné, je vais prendre le temps d’y répondre. votre discours est clair, net et précis. il ne souffre d’aucune ambigüité pour vous. Très bien. Mais pour moi il est impensable.

                Passer sa vie sans relation ni exutoire? là n’est pas la question. Parce que vous pouvez avoir un exutoire, moral et légal. C’est ce qui fait une différence. Je ne vous empêcherai pas de penser, de fantasmer chez vous, mais de là à dire qu’un jour vous n’aurez pas le choix, honnêtement ca me dégoute. On se retrouve tous un jour à la croisée des chemins à devoir faire des choix, mais non je ne peux pas accepter que pour vous éviter la folie il faille accepter vos déviances.

                Je ne vous case pas dans la catégorie des gros criminels, mais dans la catégorie des gens qui me font peur. Honnêtement si demain on me vole la totalité de mes affaires, je me sentirai mal, j’aurai du mal à m’en remettre, mais les choses reviendront naturellement. Mais quand on touche à un enfant (de manière directe ou indirecte) on l’esquinte à vie. Quoi que vous puissiez en dire. il n’y a rien pour "réparer" et faire comme si rien ne s’était pas passé.

                Franchement, au départ j’ai lu votre message et j’ai eu envie de vous comprendre, mais plus vous commentez plus vous me donnez envie de stopper là ma contribution, de ne pas alimenter le troll. Vous êtes venus ici certainement pour de bonnes raisons, mais finalement vous vous cherchez des excuses et vous attendez de nous que l’on comprenne VOTRE point de vue et lui seul.

                Vous affirmez aimer les enfants et chercher à les aider coute que coute mais vous mettez comme prolégomènes qu’un jour vous craquerez. Franchement, c’est n’importe quoi. J’ai le sentiment que votre seul amour c’est vous. vous ne voulez pas avoir à vous sacrifier, peu importe que vous ayez à blesser, détruire même des personnes qui ne vous ont rien fait pour vous satisfaire.

                Parfois il faut savoir ce sacrifier pour le bonheur de ceux qu’on dit aimer.

                1. 13.1.3.1.1.2.2.1
                  Anonyme Relatif

                  C’est vous qui avez utilisé le mot : " se sacrifier". Et il ne s’agit pas, dans ce contexte, d’une métaphore. Il s’agit quasiment du mot au sens propre.

                  C’est pas n’importe quoi que vous me demandez là. Se sacrifier tout de même. C’est pas juste se priver d’un petit plaisir. C’est quasiment renoncer à la vie.

                  Et là je vous renvoie au billet de départ : Me sacrifier quand je suis 100% convaincu que c’est nécessaire, oui, sans problème. Enfin non pas sans problème. Pas sans problème du tout, ce n’est jamais facile, mais oui quand-même.
                  Me sacrifier, en revanche, quand j’ai le sentiment, même partiel, même fugace, que ce n’est pas vraiment nécessaire, que c’est juste pour faire plaisir, que ce n’est pas tant une question de protéger les enfants que de faire plaisir à une société qui psychote plus que de raison sur le sujet, ça, c’est non. Je n’en ai ni l’envie ni la force.

                  On va donc résumer très clairement : convainquez-moi que tout passage à l’acte, même avec des adolescents consentants, matures, bien au courant, proche de l’âge de majorité sexuelle, les blesserait.
                  Le jour où j’en serais parfaitement convaincu, je me sacrifierais. Jusqu’au bout s’il le faut.
                  Vous sacrifier jusqu’au bout (mesurez bien ce terme : jusqu’au bout) pour un interdit dont vous n’êtes pas convaincu de la pertinence, vous le feriez, vous ? Honnêtement ?

                  1. 13.1.3.1.1.2.2.1.1
                    Thinklessridemore

                    par chance, le sexe n’est pas toute une vie. Ou alors, effectivement vous avez un problème. Je ne minimise pas sa place prépondérante dans une vie équilibrée, mais vous ne seriez pas le premier ni le dernier à vous privé. d’autant plus que vous êtes assez extrême dans votre affaire: "si c’est pas un enfant je n’en veux pas!"

                    Je persiste et signe, vous ne souhaitez qu’une chose, qu’on abonde en votre sens, qu’on vous donne raison. Et bien non VOUS AVEZ TORD. Parce que la loi et la morale vous l’interdisent.

                    Et quant à la preuve que cela blesserait un jeune, personnellement quand il y a un risque de blesser quelqu’un, même minime, je ne le prends pas. Je n’attends pas qu’on me prouve le contraire. parce que à ce jeu, on prend toutes les autres infractions et on fait la même chose.

                    Alors franchement, arrêtez vos caprices! Ça ne peut pas être autre chose, puisque vous avez affirmé ne pas être malade, mais aussi ne pas pouvoir faire autrement. Vous voulez de jeunes hommes, très bien. Allez vous trouver un jeune homme majeur, consentant, qui comprend la totalité de ce qu’il va faire et après on en reparle. Mais non… je veux que ce que j’aime!!! Na!! On apprend quand on est jeune qu’on a pas toujours ce qu’on veut. Noter vie n’est pas forcement celle dont on rêvé. l’acceptait c’est faire preuve de sagesse, vivre avec et faire quelque chose de sa vie malgré tout, c’est s’assurer de vivre sereinement.

                    L’attirance physique et l’amour sont quand même assez fort pour ne pas se contenter d’une tranche d’age. Qui n’a pas déjà été attiré par une personne plus âgée quand on était jeune, plus jeune quand on vieillit.

                    Je terminerai avec une remarque. Je lis ce blog depuis un bout de temps maintenant. Je porte une admiration réelle à Maître Mô, j’ai trouve ses analyses justes et sa manière de les aborder agréables. Aujourd’hui, j’ai un regret, j’ai le sentiment, Maître, que vous vous êtes laissé "berné" par un homme qui vous a laissé penser qu’il voulait faire comprendre en toute ouverture son problème. Au final, comme avec beaucoup de gens comme lui, l’ouverture ne se fait que d’un côté, ceux qui cherchent à comprendre, posent des questions et se voit opposer des "nan, ma vie je ne la veux pas comme ça, alors faites comme je le veux!"…

                    1. 13.1.3.1.1.2.2.1.1.1
                      Thinklessridemore

                      je reprends mon commentaire, car un peu pressée par le temps tout à l’heure, je m’aperçois que je n’ai pas répondu à l’une de vos question pourtant essentielle. Le sacrifice.

                      A mon sens, il y a deux manières de l’aborder. Soit vous mettez en retrait, entre parenthèses une partie de votre vie, vous la sacrifiez. c’est à mon sens ce à quoi vous êtes confronté. Soit vous faites le choix de risquer de perdre la vie pour une chose plus importante à vos yeux. Ne pas avoir la vie sexuelle que vous voulez n’a aucune raison d’être ce genre de sacrifice, heureusement.

                      Mais je vais quand même vous répondre dans les deux cas. vous me posez la question de savoir si je me sacrifierai pour "un interdit dont vous n’êtes pas convaincu de la pertinence". ma réponse est simple: il n’y a jamais de certitude. Jamais. j’insiste bien, car quand vous faites le choix de vous sacrifier, dans les deux sens du terme, vous avez toujours un doute, c’est d’ailleurs ce qui fait la force du sacrifice.

                      Vous posez la question à une personne qui se l’ai dejà posé un milliers de fois. Je me suis poser la question du sacrifice en son premier sens, pour des raisons qui me sont personnels. Ma réponse a été sans équivoque: oui je suis prête à me sacrifier, à mettre ma vie entre parenthèse pour ce combat là. Je l’ai fiat et je le fait encore tous les jours. Pour le second sens, pas de bol la question m’a été posée dejà. J’ai fais le choix de m’engager et de devenir militaire pour servir mon pays, peu importe ce que cela doit me couter, alors oui la question s’est posée, je pense que sans certitude sur mon comportement le jour où j’aurai y été confrontée, ma réponse à été donnée le jour où j’ai signé mon contrat avec le ministère de la défense.

                      il y a une chose qui nous différencie, sans que je puisse dire si c’est bien ou mal. Vous vous sacrifiez pour vous et vous seul, pas par amour. je le pense parce que tous vos commentaires nous ramènent à vous et vous seul, je vous l’ai fait remarqué ci-dessus, je en reviendrai pas dessus. Je suis incapable de me sacrifier pour moi. c’est un non sens, ce serait finalement du suicide. je n’ai accepté de me sacrifier que pour une cause plus grande que moi, ou pour quelqu’un que j’aimais plus que moi. c’est ce qui me permet de toujours tenir, car je ne rentre pas dans le problème de base.

                      Comment voulez-vous accepter un sacrifice si vous ne le faites que pour vous? Faites le pour ces enfants que soi-disant vous aimez d’un amour très profond, regardez les choses de leur côté et si finalement vous les aimez vraiment, le sacrifice n’en sera pas un, ce ne sera que de l’amour.

                    2. 13.1.3.1.1.2.2.1.1.2
                      Anonyme Relatif

                      J’ai déjà répondu plusieurs fois à vos objections alors je fais lapidaires. Reportez vous à mes autres commentaires pour plus de précisions :

                      - Si vous êtes si sûrs de vous qu’une vie sans sexualité ni sentimentalité d’aucune sorte est possible, FAITES L’EXPÉRIENCE AUTOUR DE VOUS en demandant à 20 jeunes hommes s’ils en seraient capables, toute leur vie durant, sans aucune exception possible, sans aucun substitut intéressant possible. Si vous trouvez au moins 10 types qui vous disent "ouais j’pourrais, je suis sûr de mon coup, j’y arriverais, je serais même pas malheureux, et je craquerais jamais de toute ma vie", alors vous pourrez venir me parler de caprices. Sinon, vous êtes juste un donneur de leçon qui se permet d’exiger des autres ce qu’il n’a jamais cherché à s’imposer à lui-même.

                      - Je suis pédophile. Vous pourrez tourner le problème dans tous les sens, les hommes et les femmes ne m’intéressent pas. C’est bien beau de dire que c’est capricieux de dire "si c’est pas un enfant j’en veux pas", mais est-ce que je vous demande de renoncer aux femmes pour vous porter vers les chêvres, moi ?
                      Demandez donc à 20 types autour de vous (bis) ! "Est-ce que vous pourriez vous priver de toute vie sexuelle et sentimentale, toute votre vie durante, sans aucune exception, envers toutes les personnes qui vous attirent ? Vous avez quand-même le droit d’aller draguer les grand-pères dans les maisons de retraite. Mais uniquement ça. Tout le reste, hommes, femmes, de 20 à 70 ans, c’est interdit. Mais bon hein, au pire pour tirer un coup vous avez les grands-pères c’est déjà ça".
                      Si vous trouvez 10 types qui vous répondent "ouais c’est vrai, c’est déjà ça, bah oui je pourrais tenir ça toute ma vie, fastoche !", vous pourrez revenir me parler de caprice. Sinon, vous êtes juste un donneur de leçon qui se permet d’exiger des autres ce qu’il n’a jamais cherché à s’imposer à lui-même.

                      Je ne suis pas meilleur qu’un autre ni plus apte qu’un autre. Trouvez moi 50% de votre entourage masculin qui serait capable de tenir à vie ce que vous me demandez (aucune vie sexuelle ni sentimentale, sauf éventuellement avec des personnes pour lesquels ils n’ont AUCUNE attirance et AUCUNE affinité sentimentale), et on pourra reparler de mes "caprices". En attendant, vous êtes bien content de pouvoir satisfaire les vôtres, de caprices, et vous n’accepteriez pas qu’on vous en prive.

                      C’est toujours plus facile de demander des sacrifices aux autres, surtout quand on parle la bouche pleine pour demander à un pauvre de se priver de manger "pour la planète".

                  2. 13.1.3.1.1.2.2.1.2
                    LauBe

                    Proche de la majorité sexuelle? Ben si ça se joue à 6 mois près, pourquoi ne pas attendre…?!

                    "adolescents consentants, matures, bien au courant", n’existent pas.
                    Comme le rappelait maître Mô, le mineur n’a pas la faculté de consentir.
                    Adolescence et maturité sont antinomique. Tout au mieux va-t-on parfois parler d’une maturité relative par rapport à d’autres DE LEUR AGE!
                    "Bien au courant" : de quoi? Ca veut dire quoi?

  14. 14
    Achille

    DMonodBroca :

    "Les relations sexuelles sont le moyen par lequel l’espèce se reproduit."

    Les humains savent se reproduire avec des éprouvettes et pourtant ça me parait davantage contre-nature que la pédophilie. L’orientation sexuelle ne sert pas qu’à reproduire sinon vous auriez beaucoup d’enfants ce qui ferait sans doute le bonheur des pédophiles.

    "Il y a en elles, que nous avons en commun avec les animaux, les animaux sexués au moins, tout le mystère et toute la merveille du monde et de la vie."

    Nous avons aussi en commun avec les animaux, la pédophilie. Et c’est vrai, nous n’avons pas en commun la reproduction par éprouvette.

    "Si nous étions sages, un tout petit peu sages, si nous nous savions, aussi peu que ce soit, tirer les leçons des milliers de générations qui nous ont précédés sur cette terre, nous nous efforcerions, en toute conscience et lucidité, de donner un caractère sacré à cet "acte de chair" qui nous fait ce que nous sommes."

    Les milliers de générations ont pratiqué par exemple la pédérastie (souvent confondue avec pédophilie).

    Les choses arrêteront d’empirer quand la société commencera à écouter les enfants. Actuellement, l’adulte hétérosexuel impose souvent sa doctrine et sa puissance sur ses enfants, leur interdisant (ou lui cachant) même le plaisir sexuel (sans parler de relation).

    1. 14.1
      DMonodBroca

      "Les choses arrêteront d’empirer quand la société commencera à écouter les enfants. Actuellement, l’adulte hétérosexuel impose souvent sa doctrine et sa puissance sur ses enfants, leur interdisant (ou lui cachant) même le plaisir sexuel (sans parler de relation)."

      Mais non, ce n’est pas le rôle des enfants d’apprendre aux adultes ce qu’est la vie, C’est le contraire évidemment. C’est avec des raisonnements comme cela qu’on devient incapable de tirer les leçons du passé.

      Le savoir, la raison, la sagesse, la connaissance des règles… ne sont pas des caractères innés. Ce sont des caractères acquis, c’est-à-dire transmis d’une génération à l’autre.

      Le voilà bien l’infantilisme moderne : faire table rase du passé, jeter aux orties les règles, usages, interdits transmis par nos pères, s’imaginer que nous enfin, pour la 1ère fois dans l’histoire de l’humanité, prenant modèle sur nos enfants, nous savons ce qu’est la vie, le sexe et le reste…

      1. 14.1.1
        Cassandre

        Bonjour à tous.

        Je crois, DMonodBroca, que vous commettez une certaine erreur de concept, en parlant d’une sacralité de la fonction reproductive. Certains comportements, favorisant la reproduction, ont pu être adoptés par nos ancêtres et, héréditairement, par nous mêmes, parce qu’ils présentaient une certaine utilité, mais ne peuvent pas être jugés "bons" ou "mauvais" sur ce critère, surtout dans le un cadre de pacte social. La violence exercée sur les congénères permet parfois de s’assurer territoire, patrimoine et descendance, et a été employée à ces fins par des milliers de générations avant vous et moi. Aujourd’hui, pourtant, je doute que vous la légitimiez. Il en va de même des théories rétributivistes du pénal. Le lien ou l’absence de lien avec la reproduction et la succession des générations ne me semble pas, objectivement, un bon critère pour amener un jugement de valeur sur un comportement humain.

        Parlez nous de la Bible si vous le souhaitez, mais ayez, s’il-vous-plaît, la dignité de la nommer.

  15. 15
    Maître Tî

    Cher Anonyme Relatif

    J’ai défendu un certain nombre de prévenus ou d’accusés poursuivis pour des faits de "pédophilie". Aucun n’a pu, ou n’a voulu, se dévoiler comme vous le faites, même dans le cadre des entretiens confidentiels que j’ai pu avoir avec eux.
    Votre propos peut choquer certains, car il enfreint un tabou de notre société.
    Mais je pense que c’est particulièrement salutaire en cette période, car vous permettez d’étendre la réflexion au prévenu, qui n’est pas le monstre que l’on tente parfois de nous décire, mais un homme, avec ses envies, ses doutes et ses peurs…
    Bravo, merci, et bon courage.

  16. 16
    Xaphalys

    Cher Maître, cher Anonyme Relatif,

    Lectrice régulière, je poste pourtant rarement (c’est la seconde fois ici). Actuellement étudiante en Master de Droit, ce genre de témoignage est précieux, vraiment. Il rend un peu d’humanité au droit. Je suis un cours de droit pénal spécial, où on parle de "ces affaires-là", mais seulement à grand renfort d’articles de code. On lit ces affaires là dans des arrêts, mais on ne nomme pas les parties, on ne détaille pas les faits. On déshumanise au possible chaque cas.

    Un témoignage comme le vôtre, Anonyme Relatif, nous rappelle que derrière les appellations, il y a des hommes, des femmes, des êtres humains. Votre récit permet aussi une meilleure compréhension de l’autre. Certes, je comprends la souffrance de la victime, le traumatisme. Une amie à moi, comme Jade, veux devenir avocate au pénal, parce qu’elle a subi des actes graves de la part d’un parent. Mais à trop caricaturer, on en oublie que parfois, le "monstre" est aussi une victime de ses démons intérieurs. Certains les gèrent mieux que d’autres.

    Cette stigmatisation est dangereuse, je pense. Anonyme Relatif, vous en êtes la preuve : vous n’osez pas (et qui vous le reprocherez ?) vous dévoiler. Je m’avance peut-être mais, avant d’être pris, auriez-vous eu recours à un recours psy ? J’en doute et c’est dommage : combien de pédophiles auraient pu être aidés à vivre avec leurs pulsions, et combien de victimes n’en seraient pas, si les "prédateurs absolus" n’avaient pas peur de se retrouver en prison à chaque fois qu’ils souhaitent en parler avec des professionnels ? En parler, c’est avant tout faire un pas dans la compréhension l’un de l’autre. Je ne parle pas d’excuser ceux qui passent à l’acte : de même que je n’excuse pas les violeurs tout court. Mais en parler avec des personnes formées pour ça, c’est libérer une certaine frustration et pourquoi pas éviter le passage à l’acte de certain, en les aidant à se comprendre.

    Je ne suis pas certaine d’être bien claire, mais j’espère que mon message sera bien passé. Anonyme Relatif, vous m’avez permis d’entrevoir la couleur de l’herbe de l’autre côté du pré. Ce soir, je suis plus riche, parce que j’ai un autre point de vue. Merci pour ce témoignage.

  17. 17
    Dd

    Qui est Jade ?

    (Ceci est un commentaire jetable)

    1. 17.1
      CIP12

      Commentaire jetable ou non, question sérieuse ou non, vous trouverez la réponse ici.

  18. 18
    valentine

    J’aimerais vous poser une question un peu idiote, mais c’est pour essayer de comprendre ce qui se passe dans votre esprit.
    Voila, vous dites qu’il y a une forte composante affective, qu’on est "amoureux".
    Imaginez que vous soyez amoureux de facon platonique, d’un enfantde 15 ans ( puisque c est l’age que vous citez). Qu’advient-il de vos affects lorsque cet enfant devien pubere, puis adulte ?
    ou bien imaginons que vous viviez dans une autre societe, et que vous ayez une relation affective avec un garcon pre-pubere, relation qui vous satisfait pleinement ; est-ce que cette relation est vouee a s’eteindre apres quelques annees lorsque l’enfant devient un adulte ?

    1. 18.1
      Anonyme relatif

      Vous posez là une excellente question. Bon d’abord signalons que l’immense majorité des adolescents âgés de 15 ans sont totalement pubères, même si j’ai connu quelques exceptions. Malheureusement, je ne peux vous donner de réponse absolue, parce que pour autant que j’en sais, la réponse est très variable d’un individu à l’autre. Et pour certains, cela varie encore d’une histoire à l’autre. Je ne pense pas que les sentiments s’éteignent totalement à l’arrivée de la puberté, mais l’attirance sexuelle le peut chez certains. Et j’imagine que chez beaucoup, les sentiments ont tendance à changer de nature pour devenir quelque chose de plus proche de… comment pourrait-on dire… des amis de 30 ans ? Ce n’est pas systématique toutefois. Et je connais au moins un cas où deux amants avec une forte différence d’âge et dont le plus jeune était d’abord mineur, ont fini par se pacser à la majorité du plus jeune des deux. A ma connaissance, ils sont encore ensemble, bien que le garçon soit, totalement, devenu un homme.
      Souvent, le fait de "vieillir ensemble", et de voir la personne que l’on aime grandir, fait que les sentiments ne s’étiolent pas. Pour vous donner une image, je vous dirais que mon grand-père n’a initialement rien d’un gérontophile. Et pourtant il aime encore ma grand-mère d’un amour sincère.
      Mais j’imagine qu’il est aussi des gens pour qui le fait qu’un garçon devienne un homme représente un blocage absolu.

      1. 18.1.1
        Panouf

        Merci, la question était en effet très intéressante…

        1. 18.1.1.1
          valentine

          mais ca veut dire que si vous vivez une relation epanouie et durable, ou l affect est bien au-dessus de la simple attirance sexuelle, vous allez necessairement "guerir" (ou plus exactement vous detacher) de votre attirance pedophile ?
          Imaginez que vous soyez tres amoureux d’un mineur, que vous decidiez consciemment de le frequenter et d apprendre a mieux le connaitre tout en gardant de la distance, jusqu a ce qu’il ait 15 ou 16 ou 17 ans , age auquel vous tentez d etablir avec lui une relation affective et sexuelle. est-ce ce n’est pas une facon de sortir du probleme ? ( en supposant que cette relation soit partagee, epanouie, equilibree…)

          1. 18.1.1.1.1
            Anonyme relatif

            Encore une excellente question… décidément. La réponse est : je ne sais pas, mais je pense que ça ne se passe pas exactement comme ça. Ce que je pense, mais encore une fois c’est pure spéculation de ma part, c’est que je pourrais continuer à l’aimer et peut-être même à le désirer. Et en cela, je deviendrais, quelque part, comme bisexuel. Je serais toujours pédophile, du moins je le pense. C’est comme gravé en moi. Mais il est imaginable qu’à côté de ma pédophilie comme attirance principale, je développe une forme de "tolérance" aux grands ados puis aux adultes en voyant mon amoureux grandir. J’avoue avoir du mal à imaginer que je puisse perdre des sentiments de la force de ceux qu’il m’est arrivé de connaitre juste parce que mon amoureux grandirait. J’imagine que l’amour, le vrai, c’est pour la vie.
            Je resterais malgré tout pédophile. Mais il est possible que je devienne, à côté, Lui-o-phile. Et qui sait si par "contagion" ça ne peut pas me développer une forme d’attirance homo ?

            C’est une piste à creuser, donc. J’ai pas la réponse, mais je vous remercie beaucoup de l’avoir soumise.

            1. 18.1.1.1.1.1
              valentine

              Votre réponse m’intéresse car elle tend à distinguer deux éléments de la relation affective et sexuelle :
              - d’une part, l’attirance initiale, sur laquelle on ne peut pas grand chose : hétérosexuelle le plus souvent, parfois homosexuelle, rarement (je l’espère) pédophile, ou encore hétérosexuelle-mais-parfois-j-ai-des-fantasmes-d-une-autre-nature. C’est une attirance générique, "animale" pourrais-je dire, elle se définit par les caractéristiques communes d’un groupe : les hommes, les femmes ; mais on peut aussi imaginer des groupes plus spécifiques : les hommes bruns musclés avec un beau sourire, les femmes a forte poitrine qui s’habillent sexy, les hommes sensibles et discrets, les femmes qui ont du caractère et de la volonté…
              - d’autre part, le sentiment amoureux qui va se développer sur une personne donnée, une personne dans toute ses dimensions (le physique, le tempérament, les idées, les projets, la facon de dire bonjour, le grain de beauté sur la joue gauche…), une personne qui le plus souvent appartient au groupe sus-cité pour lequel on a une attirance particulière, mais pas toujours ; et puis qui peut appartenir a ce groupe au début de l’histoire d’une relation, mais en sortir par la suite. Je pense en particulier a quelques très tristes mais très belles histoires de couples ou le conjoint a eu un grave accident qui le laisse handicapé a vie : sans doute n’y aurait-il pas eu d’histoire d’amour si les personnes s étaient rencontrées après l’accident, et pourtant on ne doute pas de la sincérité du sentiment qui persiste meme après des années et une grosse tuile comme celle qui leur est arrivée. "J’aurais pu partir, m’enfuir, craquer; mais si je suis resté, ce n’est pas par pitié, c’est parce que ma femme, je l’aime" : je me souviens tres bien de la voix de cet homme dont l’épouse avait eu un grave accident vasculaire cérébral quelques années auparavant.

              Bref on peut imaginer que personne n’est prisonnier de son attirance initiale. Sauf si elle est trop forte, qu’elle depasse completement la raison, que le sentiment n existe plus, il y a juste l attirance qui devient une pulsion irrepressible : la, on tombe dans le monstrueux du violeur, qu il soit homo, hetero ou pedophile.
              Mais si vous mettez le sentiment au dessus de la pulsion, et c’est ce qui ressort de vos textes il me semble, et c’est ce qui nous permet d’avoir un échange constructif sur le sujet, alors je crois que l’avenir est ouvert.

              Ca me rappelle un entretien d’embauche ou le patron m’avait dit : etre sensible, ce n’est pas une tare, c’est ce qui nous empeche de faire de grosse betises dans la vie…

              Ca me fait aussi penser que c’est intéressant de discuter de votre expérience, parce que vous donnez des cles pour mieux comprendre la vie affective et sexuelle en général, et pas juste la pédophilie en particulier

              1. 18.1.1.1.1.1.1
                Anonyme Relatif

                Je partage votre analyse. Ce que vous dites sur les couples qui se maintiennent après qu’un accident change radicalement la personne (physiquement ou mentalement), alors qu’il ne se serait rien passé s’ils s’étaient connus après l’accident, me parait très intéressant et recoupe pas mal ce que je pense. Après, ça reste à vérifier dans les faits dans mon cas, mais ça me parait plausible. La question que je me pose est toutefois la suivante : sur la question du désir sexuel, celui-ci sera-t-il ainsi entretenu s’il ne commence pas avant – pardonnez-moi la métaphore – "l’accident" ? Pour parler crument, si la première fois que je découvre le sexe de mon partenaire c’est une fois que c’est un sexe d’homme, ne serais-je pas dégouté comme je le suis d’ordinaire, tandis que si je le découvre au début de son développement pubertaire et que je le "vois grandir" lui aussi, je tolèrerais plus facilement d’avoir devant les yeux un sexe d’homme ? Encore une question qui, malheureusement, ne peut obtenir de réponse certaine à ce jour.

                N’empêche, c’est là je crois un vrai dialogue intéressant que nous venons d’avoir. Ca recoupe bien-sûr des discussions que j’ai déjà eu avec moi-même, mais poser les mots dessus avec une personne hétérosexuelle, et votre excellente comparaison que j’ai cité plus haut (et à laquelle je n’avais jamais pensé, pour le coup), ça ouvre des pistes nouvelles.

                1. 18.1.1.1.1.1.1.1
                  valentine

                  Ca, c’est une phrase qui m’a beaucoup fait sourire (très gentiment) et réfléchir…Vous dites :"si la première fois que je découvre le sexe de mon partenaire c’est une fois que c’est un sexe d’homme, ne serais-je pas dégouté comme je le suis d’ordinaire ? ". Ben, vous savez, moi personnellement, je ne trouve pas qu’un sexe d’homme soit quelque chose de tellement attirant. D’abord ca peut ne pas sentir très bon, et puis quand c’est en érection, c’est gros, rigide et un peu fou, et ça peut faire mal, même non intentionnellement : si vous êtes une femme pas très à l’aise avec son anatomie et sa mécanique sexuelle (je ne parle même pas de la première fois…), un sexe d’homme, c’est vraiment pas le truc qui vous met à l’aise ! Non, franchement, à la question : "est-ce que vous trouvez que le pénis en activité est un objet qui stimule votre désir ?"…moi je réponds non. C’est dingue, vous ne trouvez pas ? Et pourtant, j’ai bien un amoureux, j’aime faire l’amour avec lui, et ça se passe très bien. …
                  En fait, je suis amoureuse de mon amoureux pour tout un tas de raison (on est très proches, on se comprend parfaitement, on partage beaucoup de centres d’intérêts), j’ai envie d’être proche de lui, et puis, comme tout le monde, je trouve qu’avoir un orgasme est quelque chose d’encore plus agréable quand c’est lui qui me le donne.
                  Je ne pourrais pas avoir une relation avec une femme, ca je ne peux pas expliquer pourquoi. Mais la taille et l’aspect du sexe de mon amoureux, pour moi, ce n’est pas quelquechose qui rentre en ligne de compte, la seule chose qui importe c’est qu’on puisse avoir du plaisir ensemble…

          2. 18.1.1.1.2
            Nicolas

            Cela semble être la "solution" idéale dans le cas d’Anonyme Relatif. Vivre une relation amoureuse, affectueuse, sans relation sexuelle, réservant sa sexualité aux fantasmes et aux pratiques masturbatoires.

            En espérant qu’il ne rencontre pas un jour un adolescent un peu trop entreprenant.

            1. 18.1.1.1.2.1
              Pas encore pendu

              Tout de même, vous semblez être en train de suggérer qu’il "élève" son animal de plaisir jusqu’à ce qu’il lui devienne autorisé.

              Excusez un pédophile qui s’est lui-même, dans une certaine mesure, rendu coupable de ce genre de choses de vous le dire : ça me paraît extrêmement choquant.

              Quoi, il devrait choisir un gamin de 14 ans, commencer à le fréquenter, le séduire, le préparer doucement à devenir un jeune homosexuel légal qui, comme par hasard, serait amoureux de lui et attiré par un jeune adulte d’une dizaine d’années de plus?
              Et si ledit gamin, finalement, préfère les jeunes filles de son âge? Et même si ce n’est pas le cas, que dire de cette manipulation de plusieurs années qui pourrait l’amener à tomber dans ses rêts.

              J’ai l’impression d’une fort fâcheuse Fausse Bonne Idée, là…

              1. 18.1.1.1.2.1.1
                Anonyme Relatif

                Où avez-vous vu qu’il s’agissait de "préparer" ou de manipuler qui que ce soit ? Il faut être bien tordu pour voir le mal dans l’idée que deux personnes qui s’aiment puissent vouloir faire un bout de chemin ensemble, quitte à s’attendre un peu. Il ne s’agit pas de forcer un garçon à devenir homo, ou à être attiré par quelqu’un en particulier.

                Vous avez l’impression qu’un homme qui drague une femme force la pauvre demoiselle à être hétéro contre son gré et à aimer monsieur à son corps défendant, et que le jeu de séduction relève de l’odieuse manipulation ?

                Tout votre message ne parle que de manipulation, coercition, hypocrisie… Quelle drôle d’image vous avez de l’amour !

                1. 18.1.1.1.2.1.1.1
                  Pas encore pendu

                  J’ai peut-être surinterprété la suggestion initiale de ce fil:

                  "Imaginez que vous soyez tres amoureux d’un mineur, que vous decidiez consciemment de le frequenter et d apprendre a mieux le connaitre tout en gardant de la distance, jusqu a ce qu’il ait 15 ou 16 ou 17 ans , age auquel vous tentez d etablir avec lui une relation affective et sexuelle. est-ce ce n’est pas une facon de sortir du probleme ?"

                  Ou pas.

                  Et oui, je suis plutôt pas mal tordu. Et non, je ne prétends pas savoir ce qu’est vraiment l’amour, en dehors de l’illusion commodément déculpabilisante que j’ai voulu entretenir une ou deux fois.

                  Cette notion a l’air si simple et si évident pour tout le monde… Vous avez de la chance si ça l’est effectivement pour vous, à condition que vous ne soyez pas en train de vous leurrer comme je l’ai fait.

                  1. 18.1.1.1.2.1.1.1.1
                    Philou

                    On ne sait jamais à quel moment on se leurre… C’est comme les trains : un leurre peut en cacher un autre. A quel moment vous leurrez-vous ? Hier ou aujourd’hui ? La façon dont vous le parlez me fait penser à la méthode Alcooliques Anonymes (en tant qu’ancien alcoolo, je sais de quoi je parle…) : au début on répète des trucs auxquels on ne croit pas, mais à force de les répéter, ma foi…

                    On pourrait peut-être fonder un truc du genre "Pédophiles Anonymes" avec les 10 étapes de la guérison ? Après tout le seul but qui intéresse tout le monde, c’est que plus personne ne touche une bouteille… euh, non, je voulais dire un gamin ! L’état dans lequel ça laisse la personne, c’est pas grave, c’est pour faire le bien des enfants, même s’ils désirent autre chose. Il va bien falloir quand même qu’ils apprennent à dire non, depuis le temps qu’on leur répète !

                    - comment ça, t’as envie avec le Monsieur, on t’a dit "non" !
                    - mais j’ai envie !
                    - puisqu’on te dit que c’est "non" !
                    - même un petit peu ?
                    - t’es sourd ou quoi, on t’a dit "non" !
                    - euh, même le mardi avec le prof de guitare , j’ai pas école le lendemain ?
                    - Ah, mais c’est têtu à c’t'âge-là ! "Non", c’est "non" !
                    - ben ce sera "oui" quand ?
                    - Euh, quand t’auras fait ton service militaire…
                    - Ça existe plus…
                    - Une bonne guerre, alors, ça forme le tempérament ! Moi, tiens, quand j’étais jeune…
                    - n’empêche que j’ai toujours envie !
                    - Ah, mais il insiste en plus ! On t’a dit "non" ! Si tu continues, je t’envoie chez Dmonodbroca et t’auras la fessée que tu mérites ! Cul nu !

                    Bon, j’me calme, ok…

                  2. 18.1.1.1.2.1.1.1.2
                    Anonyme relatif

                    L’amour n’a rien de simple, clairement, mais ce n’est pas une raison pour n’y voir que coercition et manipulation. En tout cas pas plus qu’ailleurs. C’est un peu négatif, quand-même, de dire que celui qui se rend agréable pour plaire à une demoiselle est un odieux manipulateur, que l’homo amoureux fait rien qu’à entretenir son partenaire dans la perversité pour son propre intérêt, que le type qui cherche à établir une relation avec une personne qu’il aime et respecte profondément en fait forcément son objet de plaisir et lui dénie toute humanité…

                    On ne peut certes pas nier que certains font des vacheries par amour, que des relations amoureuses font parfois mal, et que dans certains couples l’un des deux partenaire ne traite pas toujours très bien l’autre… de là à jeter le bébé avec l’eau du bain et à voir dans toute relation amoureuse (ou tentative de) une insupportable prédation déshumanisante, je ne peux vous suivre sur ce terrain.

                    1. 18.1.1.1.2.1.1.1.2.1
                      Pas encore pendu

                      Ce n’est pas de ça qu’il s’agit, je suis très mal placé pour donner des leçons d’amour à qui que ce soit.

                      Admettons que j’aie surinterprété la suggestion en question en y injectant de la tromperie et de la dissimulation, admettons que vous envisagiez ce scénario "d’attente" en toute clarté sans manipulation.

                      Vous envisagez donc qu’il soit possible à, disons 25 ans, d’entreprendre un gamin de 14 ans, de lui dire assez clairement "je t’aime et j’ai envie de toi, peut-être toi aussi mais la loi te refuse la capacité à le dire et en tous cas à le vivre, fréquentons-nous amicalement en tout bien tout honneur pendant 4 ans, et puis ensuite on saute au pieu !" ?

                      Et vous vous croyez capable de fréquenter "en tout bien tout honneur" celui qui est, entre autres je vous l’accorde, mais qui est quand même, votre "objet de désir", ce pendant quelques années sans risques énormes de dérapage?

                    2. 18.1.1.1.2.1.1.1.2.2
                      Anonyme relatif

                      Je trouve vos nouveaux arguments plus convaincants, Pas encore pendu.
                      Je n’aime toutefois pas trop le terme de "dérapage", qui sonne trop comme une main baladeuse ou un viol. Oui, je pense pouvoir fréquenter quelqu’un sans risque de l’agresser, et sans risque de lui imposer mes désirs, comme le font tous les jours nombre d’hétéros et d’homos amoureux de personnes qui ne les voient que comme des amis.
                      Maintenant, si un garçon de 14 ans qui me plait beaucoup et que j’aime me faisait du charme et exprimait son désir de dépasser le stade de la relation platonique, ou s’il percevait ce désir chez moi et m’exprimait son souhait de me suivre sur ce terrain, je vous avoue franchement qu’effectivement, je doute de ma capacité à lui résister bien longtemps. Sur ce point, je suis assez d’accord avec vous : il est à mon avis assez illusoire de croire que la loi peut vraiment suffire à freiner très longtemps deux personnes qui s’aiment et se désirent mutuellement.

                      Cela étant, la majorité sexuelle en France, c’est 15 ans, pas 18. ;-)

                    3. 18.1.1.1.2.1.1.1.2.3
                      Pas encore pendu

                      AR,

                      15 ans, 18 ans, je ne sais pas, je ne suis pas un spécialiste. A votre différence peut-être, je n’ai jamais trop cherché à cerner les limites exactes de l’interdit pour flirter avec elles, je les ai clairement outrepassées sans ambiguïté. J’ai tripoté des gamins de 12 ans qui ne le souhaitaient pas (et qui était juridiquement incapables de le souhaiter de toutes façons), à la fois complètement conscient de ce que je faisais et incapable d’amener cette perception dans le domaine de l’actionable pour réagir correctement.
                      Alors je n’en étais pas au niveau des marchandages sur la limite de la légalité.

                      Je reconnais pourtant avoir marchandé sur la partie pédopornographie: je tentais de me persuader que la consommation que j’en faisais (frénétique, mais c’est un autre sujet) pouvait me servir d’exutoire et éviter des passages à l’acte plus graves, que ces victimes-là existaient déjà et que le visionage que je faisais de leurs photos n’ajoutait pas à leur souffrance, d’autant que je ne faisais rien pour "encourager" objectivement le trafic (pas d’échanges, pas de communication, pas de paiement…) J’ai encore, je l’avoue franchement, un peu de mal à avaler l’argument "s’il n’y avait personne pour les regarder, ces photos, il n’y aurait pas de victimes faites par les pornographes", qui est à la fois vrai dans la théorie et complètement illusoire dans la pratique. Mais j’ai pris une totale conscience que c’est quoi qu’il en soit tout simplement dégueulasse de tirer une jouissance du résultat de la souffrance d’enfants-victimes.
                      Et de toutes façons, cette consommation virtuelle ne m’a pas empêché de mal agir dans le réel. Peut-être même y a-t-elle contribué, faisant peu à peu tomber les tabous et galvaudant les actes?

                      Mais reprenons, parce que cette digression sur les petits marchandages n’est pas le sujet (encore que?)…
                      Je vous cite:

                      "amoureux de personnes qui ne les voient que comme des amis."
                      et
                      "s’il percevait ce désir chez moi"

                      Ah mais non mais non, dans le scénario dont nous parlons, vous lui avez d’entrée déclaré votre flamme impossible, et vous attendez tous deux quelques années (1 ou 4, je ne sais pas) que ça devienne légal.

                      Parce que sinon, si vous le fréquentez sans lui avoir dit que vous souhaitiez l’aimer, mais dans l’espoir que quelques années plus tard il vous tombe dans les bras (voire, puisque vous l’évoquez, qu’il le fasse "trop tôt", "de sa propre initiative"), on se rapproche à nouveau du vil scénario que vous avez récusé, tout fait de manipulation et de ce que les anglo-saxons appellent "grooming".

                      Nous sommes je suis expert en manipulation, et j’ai été très fort pour me manipuler moi-même en plus de mes victimes, m’interdisant de prendre conscience que je n’arrivais plus à contrôler ma frustration et que je me mettais à faire du mal. Alors que j’ai tout l’équipement intellectuel et moral pour prendre du recul et les "bonnes" décisions. Le déni est une des bases de nos mes passages à l’acte. C’est pourquoi je me permets d’attirer votre attention sur l’irréalisme du scénario qu’on vous a proposé et que vous semblez envisager.

                    4. 18.1.1.1.2.1.1.1.2.4
                      Anonyme relatif

                      J’ai du mal à voir en quoi le fait de ne pas déclarer sa flamme dès qu’on la ressent tiendrait de la manipulation. J’essayerais d’en parler à mes amis hétéros pour voir, mais je n’en connais pas un seul qui a été immédiatement voir la personne aimée pour lui déclarer sa flamme. Tous les couples que je cotoie sont des gens qui se sont tourné autour, se sont attendus, ont attendu le moment propice pour déclarer leur flamme, ont commencé par se fréquenter "en tout bien tout honneur" avant que la relation n’évolue…
                      Ce que vous appellez "grooming" a une série de synonymes en français : draguer, séduire, charmer, mais c’est vrai que c’est moins péjoratif et que c’est généralement ce qui fait la base de tous les couples durables. J’en connais fort peu qui se soient rencontrés en boîte et se soient dit le soir même "je t’aime, j’ai envie de faire l’amour et de me marier et d’avoir des enfants avec toi", et ceux là ne tiennent généralement pas plus d’une semaine. Cela prend parfois des années pour dire ses sentiments à l’autre, des années de plus pour que l’autre dise "moi aussi", et encore quelques années supplémentaires pour qu’ils se mettent en couple et/ou aient des rapports sexuels. Le plus souvent, ça prend au minimum quelques semaines à quelques mois. Appelez cela grooming si vous voulez, moi j’appelle ça ne pas mettre la charrue avant les boeufs.

                    5. 18.1.1.1.2.1.1.1.2.5
                      Pas encore pendu

                      "Ce que vous appellez "grooming" a une série de synonymes en français : draguer, séduire, charmer, mais c’est vrai que c’est moins péjoratif"

                      Clairement, parce que dans "grooming", il y a la notion "d’élevage" que j’évoquais dans ma première intervention sur le sujet.

                      Je fais une différence entre une relation qui commence (des deux côtés) sur un mode amical, puis affectueux, puis amoureux, mais qui évolue naturellement sans qu’un des partenaires ait 2 coups d’avance sur l’autre et plein d’arrières-pensées, et une relation telle que suggérée où le partenaire adulte s’engagerait avec l’objectif assez clair d’aller beaucoup plus loin, alors que l’adolescent n’en saurait rien, et ce non pas pour 1 ou 3 ou 6 mois, mais pour des années de préparation…

                      Enfin bref, je crois que je commence à me répéter, là.

                  3. 18.1.1.1.2.1.1.1.3
                    DMonodBroca

                    Ah, l’amour !…

                    Tout est là en effet.

                    A condition de ne pas le confondre avec la possession, ni avec le désir, ni avec le plaisir…

                    Pasteur disait de l’infini qu’il était une idée aussi incompréhensible qu’indispensable à la compréhension du monde.

                    Ne peut-on pas dire de l’amour qu’il est une idée aussi incompréhensible qu’indispensable à la compréhension d’autrui ?

      2. 18.1.2
        valentine

        En vous relisant je réfléchis à ma propre expérience affective et sexuelle (beaucoup plus simple, quoique…)
        Les premiers affects, je les date tres précisement a l age de 10 ans. J ai été extrêmement amoureuse, de facon purement platonique, de deux garcons successivement, le premier avait 15/16 ans, le second 18 ans. C’était des affects très forts, qui ont duré longtemps : près d’un an pour chacun, un an ou je vivais tous les jours avec cette attirance terrible, des fantasmes envahissants et quotidiens, mais plus de l’ordre du rêve, et dépourvus de connotation sexuelle. Il y avait tout au plus une dimension physique : l’envie d’être proche, d être seuls ensemble et de se faire de gros calins. Il ne s est rien passé parce que j’eus été bien incapable de demander quoi que ce soit, et puis je pense qu un garcon de 18 ans n est le plus souvent pas intéressé par une gamine de 11 ans, pour le coup totalement pré-pubère.
        A l age de 14 ans, j’ai été extrêmement amoureuse d’un adulte d’environ 55 ans, qui avait autorité sur moi : un de mes profs… schéma on ne peut plus classique. Encore une fois, c’était davantage un désir de proximité et d’intimité, bien que j aie pu avoir par moment des envies très vaguement sexuelles, mais très très vagues. A 14 ans, l adolescente que j étais n avait pas encore la moindre idée du fonctionnement de la machinerie génitale. Ca peut paraitre étrange pour un homme, ou la mécanique est plus simple, mais moi a 14 ans je ne savais pas ce que c était qu un orgasme, encore moins comment on pouvait y arriver, qu on soit une femme ou un homme.

        Donc je résume : j ai eu très jeune des attirances amoureuses extrêmement fortes et prolongées envers plusieurs hommes plus agés, voire beaucoup plus agés que moi, mais sans la moindre connotation sexuelle, ou alors de facon très vague et diffuse. Il se trouve que ces hommes n’avaient pas de temdance pédophile, et qu’il ne s’est rien passé. Maintenant imaginez que l’un d’entre eux eut été pédophile. Mes affects étaient réels, passionnés, durables, donc je ne doute pas qu’ils auraient pensé avoir devant eux une mineure certes, mais une mineure consentante. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était la machinerie sexuelle, comment se faire plaisir et comment donner du plaisir, et peut-etre un pédophile aurait pu imaginer un role de Pygmalion, "je lui apprends en douceur a mieux connaitre son corps".

        Eh bien je suis bien contente que rien ne se soit passé.

        Il y a un age pour le pur fantasme, flou et imprécis, il y a un age pour la realité. C’est a moi seule qu’il a appartenu de faire un pas vers la réalité. J’avais 21 ans.
        Je vous rejoins sur le fait qu’un age en lui meme ne peut etre pose en loi : d’autres jeunes filles ont deja une connaissance plus complete de leur corps a 15-16 ans et auraient pu réellement donner un consentement éclairé. Moi pas. Je ne connaissais rien, et j’aurais donné un consentement non éclairé avec une illusion de lumière. Il y a un stade ou l’on éprouve un affect d’adulte sans sexualité, et un stade ou l’on a un affect d’adulte avec une sexualité d’adulte. La trasition entre les deux peut durer des mois ou des années, mais c’est a l’individu seul d’en définir le rythme. Ne cherchez pas a faire vieilllir trop vite un enfant.

    2. 18.2
      Nicolas

      Valentine, votre question est pertinente.

      Ce n’est pas parce qu’un garçon de 14 ou 15 ans a une relation amoureuse et/ou sexuelle avec un homme, par exemple, qu’il est homosexuel. Cela peut-être considéré comme une expérience, un fantasme difficile à réaliser avec un copain de son âge et que l’on peut mettre en pratique avec quelqu’un de plus âgé, avec tous les avantages que cela comporte.

      L’adolescent grandit, le pédophile n’est plus attiré par son corps et l’on peut penser que le garçon se tourne vers les filles tout simplement.

      Ensuite, rien n’empêche, bien au contraire, qu’ils restent de très bons amis :)

  19. 19
    NoOne

    J’ai une question toute bête. Si on est amoureux d’un enfant, comme vous l’indiquez, comment imaginer son avenir avec lui, sachant qu’il finira par grandir, devenir adulte, et ainsi quitter sa condition d’enfant. N’y a t’il pas dès le départ l’impossibilité d’y construire une relation durable, condamnant par là à changer de ‘partenaire’ encore et encore, afin de maintenir le désir d’une relation avec un corps ‘jeune’. Ce qu’on pourrait traduire par ‘agresser’ d’autres enfants encore et encore ?

    Olivier

  20. 20
    bellâm

    Bonsoir. Merci à Maître Eolas pour avoir signalé le billet et Maître Mo pour l’avoir publié.

    Je n’ai pas lu tous les commentaires, je présente mes excuses si je suis redondante.

    On ne peut commencer à envisager de résoudre un problème sans comprendre, ou tenter de comprendre le problème. Ce témoignage est une occasion rare pour tenter cette démarche.

    AR, avant toute chose, je ne vous trouve pas courageux. Votre démarche l’est peut -être mais je ne peux vous qualifier en tant que tel. En tentant de nous aider à appréhender vraiment la pédophilie, je suppose que c’est vous que vous essayez d’aider avant tout.

    D’autre part, je ne commenterai pas vos actes qui vont être jugés. Etes vous pire ou meilleur que ce que la justice vous soupçonne ? Un jugement y répondra.

    Pour autant, votre témoignage à coeur ouvert est interessant. Allons.. lâchons le mot, fascinant. Ce qui me frappe, c’est votre notion du bien et du mal qui est, elle, incontestablement déviante. Je ne crois pas que , l’homosexualité et la pédophilie puissent être mises sur le même plan. C’est pourtant ce que vous faites. L’homosexualité est une orientation sexuelle qui suppose des actes sexuels entre adultes consentants. Ou ado consentants. J’ai bien dit ado ( à savoir 15 ans et plus). Des personnes en âge de pouvoir un tant soi peu analyser ce qu’ils font et avoir certains "outils" pour le faire. La pédophilie n’a strictement rien à voir avec ça. Rien. Je vois bien que pour vous, les frontières sont floues. C’est bien ça le fond du problème. Parce que si je vous suis , il y aurait l’hétérosexualité, l’homosexualité et la pédophilie. Je ne suis pas d’accord.

    La question, c’est pourquoi n’avez vous pas conscience que des enfants ne peuvent être en aucun cas l’objet d’un amour tel que celui-là ? Vous n’aimez pas les enfants. Vous n’êtes pas amoureux d’un enfant. Parce que porter ce regard là, ces sentiments là, c’est précisément leur retirer leur statut d’enfant. Vous en faites des "adultes" ou plutôt des êtres aptes à la sexualité active tout en étant totalement innocents. Ce n’est pas la même chose à mon sens.
    Comprenez-moi, je ne cherche pas à être brutale mais juste à vous faire pointer du doigt que vous raisonnez parfois juste mais sur des bases complètements fausses.
    Même dramatiquement fausses….

    "de l’étrange différence de deux ans entre le moment où l’on peut partir en prison pour viol et le moment où l’on se voit accorder le droit de consentir"

    Mais la différence, c’est d’etre conscient que l’autre vous choisit, est capable de vous choisir, en toute liberté, toute conscience ! Ces garçons ne vous ont pas choisi, ils ne vous ont pas aimé. Je suis désolée. Avez-vous déjà dit à un gamin, allez 13 ans selon mes calculs "voilà, je suis pédophile, il n’y a que les jeunes garçons qui me font bander, tu me plais, veux tu m’aimer ? "
    Je suppose que non. Vous avez donc travesti ce que vous êtes. En tout état de cause, ce garçon, ces garçons ne vous aimaient pas pour ce que vous étiez.

    La prison est efficace d’apres ce que j’en sais , le taux de récidive pour les pédophiles est faible. 10% il me semble. Donc ça fonctionne. Reste 10% qui n’ont pas pris conscience du mal qu’ils ont fait. Parce qu’accessoirement, si la vie d’un pédophile est un enfer,je le conçois tout à fait, il se trouve qu’il brise des vies, des sexualités, des innocences.

    Où avez-vous perdu la votre pour la chercher à travers d’autres ? Je ne cherche pas à vous psychanalyser , lol, mais j’aimerai tant comprendre cette mécanique qui fait que vous ne portez pas le même regard que moi sur des enfants ou des préados qui ne sont pas pour moi des objets de désir.

    J’ai peur qu’on ne se comprenne jamais, en fait. C’est ça qui est fou d’ailleurs. Se dire que vous ne voyez pas l’évidence. Et que vous ne compreniez pas, du moins que vous n’arriviez pas à percevoir réellement et à faire vôtre, ce que la société vous dit : cette voiture est bleue et au fond de votre coeur, même si vous appelez de tout votre être qu’elle vous apparaisse bleue, elle reste désespérément rouge. Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à faire semblant, je le crains.

    Désolée, si je me suis un peu étalée. Le sujet m’interesse vraiment.
    Et la comparaison avec la voiture est pathétique, je sais ;) ))

    1. 20.1
      Panouf

      Merci de rappeler les raisons de certains principes, ça manquait…

    2. 20.2
      Anonyme Relatif

      Beaucoup de choses à répondre, je vais le faire point par point. Hum, juste ce coup ci car c’est affreusement chronophage.

      "En tentant de nous aider à appréhender vraiment la pédophilie, je suppose que c’est vous que vous essayez d’aider avant tout. "

      Oui et non. A partir du moment où je prends l’initiative, c’est bien que j’en avais envie, et donc que ça satisfait un désir personnel. Pour autant, si cela peut m’aider, c’est en permettant à chacun d’y gagner en ayant mieux conscience de ce que je suis, de ce que nous sommes. Je ne suis pas là pour me faire aimer ou accepter ou plaindre. J’aurais pu jouer le rôle du type malheureux et dans une totale démarche d’auto-flagellation, succès garanti. Je ne l’ai pas fait, je préfère dire la vérité même quand elle ne me met pas sous un jour le plus absolument favorable. Je pense que c’est dans l’intérêt de tout le monde. Mais sans nul doute, je n’aurais pas écrit si je n’avais pas eu le sentiment d’en tirer une satisfaction, au moins celle d’être jugé sur pièces et non sur des poncifs, quitte à ce que le jugement final ne varie pas d’un iota.

      "Je ne crois pas que , l’homosexualité et la pédophilie puissent être mises sur le même plan. C’est pourtant ce que vous faites. L’homosexualité est une orientation sexuelle qui suppose des actes sexuels entre adultes consentants."

      Nous ne parlons pas de la même chose. Vous vous placez sur un plan moral. Je vous parle de ce qu’est la pédophilie, sur le plan de la psychologie. Ce que j’essaye de dire, c’est que je ne suis pas un hétérosexuel ou un homosexuel qui s’intéresserait aux enfants par peur des adultes, ou parce que c’est plus facile, ou parce que je serais un sadique qui veut faire le mal autour de lui. Il se trouve juste que je suis attiré physiquement, sexuellement, et affectivement, par les traits spécifiques à l’enfance. Par exemple leurs traits de visage, la texture de leur peau, pour l’attirance physique. Par exemple leur côté irrévérencieux, non-formaté, ou leur humour si inattendu, ou leur sensibilité très spécifique, pour l’aspect affectif. Je suis attiré par les enfants. Les hommes et les femmes ne m’intéressent pas plus que vous ne vous intéressez aux grand-mères : il y en a d’adorables, mais rien qui ne vous fasse rêver. Voilà ce que je veux dire.

      "Vous n’aimez pas les enfants. Vous n’êtes pas amoureux d’un enfant. "

      Soyez gentille, et ne prétendez pas savoir mieux que moi ce que je ressens, a fortiori sans même me connaître. C’est une notion essentielle pour comprendre autrui : Un individu peut éventuellement avoir tort de ressentir quelque chose, mais vous ne pouvez pas affirmer qu’il ne le ressent pas. Nous sommes les seuls experts de nos propres sentiments.
      Appelez cela comme vous voulez, mais je peux vous dire que j’ai connu des enfants. Qu’il est indiscutable qu’il s’agissait d’enfants. Qu’il est indiscutable qu’à aucun moment je n’ai cru avoir en face de moi des adultes miniatures et que si ç’avait été le cas, ils n’auraient d’ailleurs pas eu du tout le même intérêt à mes yeux. Qu’il est clair comme de l’eau de roche que c’est précisément tout ce qui fait la spécificité de l’enfant par rapport à l’adulte qui me plaisait. Moins que quiconque, un pédophile peut prendre les enfants pour des adultes en miniature. Précisément parce que la pédophilie ce n’est que cela : l’attirance pour ce qui fait la différence entre un enfant et un adulte.
      Je puis vous certifier, également, que si je n’étais pas amoureux ça y ressemblait drôlement, et qu’en tout cas j’ai eu des sentiments d’affection, d’attachement, d’amour, d’une force dont vous ne pouvez même pas imaginer les contours.

      "Vous en faites des "adultes" ou plutôt des êtres aptes à la sexualité active tout en étant totalement innocents. "

      Non. En tout cas pas tout à fait ni toujours. Quand j’ai été amoureux d’un enfant très jeune, à aucun moment je n’ai pensé, intellectuellement, qu’il était apte à donner un consentement éclairé à un rapport sexuel avec un adulte. Jamais. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas eu de fantasme, mais dans sa tête on peut tout imaginer. Un fantasme c’est comme un conte de fée, on sait bien que ce n’est pas vrai, mais que c’est plaisant de rêver. Pour autant, je ne me faisais aucune illusion. Quand on parle de jeunes adolescents, mon point de vue est différent, et si vous lisez le commentaire n°10 de lambertine, vous verrez qu’il n’y a pas que les pédophiles pour penser que parfois, à 13 ans, on n’en est déjà plus exclusivement à "jouer au docteur".

      "Mais la différence, c’est d’etre conscient que l’autre vous choisit, est capable de vous choisir, en toute liberté, toute conscience !"

      La différence avec quoi ? Ce que je disais justement, c’est que je trouvais étrange qu’on considère un jeune de cet âge à ce point déjà conscient de sa sexualité qu’il puisse partir dans une vraie prison pour 10 ans – DIX ANS – pour viol (notez bien qu’on ne parle pas de passer 6 mois dans un foyer, mais bien d’une peine tout à fait comparable aux peines précédentes de Francis Evrard), si on part du principe qu’à son âge, il n’a pas encore conscience de ce qu’est la sexualité active. Il y a pourtant un principe de base en droit pénal, c’est qu’on ne peut condamner quelqu’un pour ses actes que s’il a agi avec discernement. Ainsi, le fou ne peut être condamné pénalement pour viol. L’enfant de 5 ans non-plus. Mais l’adolescent de 13 ans, lui, le peut. Je trouve surprenant qu’on le trouve à ce point conscient de ce qu’il fait lorsqu’il est sur le banc des accusés pour avoir eu un rapport sexuel avec une personne non-consentante, et inconscient de ce qu’il fait s’il prétend avoir eu un rapport sexuel avec une personne consentante et majeure.

      "Avez-vous déjà dit à un gamin, allez 13 ans selon mes calculs "voilà, je suis pédophile, il n’y a que les jeunes garçons qui me font bander, tu me plais, veux tu m’aimer ? "

      Je n’aborde pas les gamins de 13 ans. D’abord parce que c’est punis par la loi et que je n’ai pas très envie, là tout de suite, d’être encore puni (j’ai déjà donné et ça pique), ensuite parce que je ne saurais de toute façon pas m’y prendre, enfin parce que je ne suis pas certain que ce soit sain – j’ai seulement dit que je m’interrogeais (rien qu’au sein de l’Union Européenne, l’âge de majorité sexuelle varie de 13 à 18 ans selon les pays : je ne prétend pas pouvoir affirmer lequel de ces pays a l’âge de consentement idéal).
      Quand je dis que j’ai aimé des garçons, cela ne voulait pas dire que nous étions en couple. Je n’ai jamais été en couple, je ne suis jamais "sorti" avec qui que ce soit. Je n’ai jamais eu de petit ami, de quelque âge que ce soit. J’ai dit que j’avais connu des garçons, et que j’avais eu pour eux un amour sans borne, et que je définis comme l’état amoureux. Cet état n’a jamais été réciproque, et je n’ai jamais cherché à ce qu’il le soit. Je ne l’ai même pas espéré, en fait, ça me paraît juste… invraisemblable. Être amoureux est un ressenti, pas un comportement actif.

      Mais relevons l’hypothèse, celle qui voudrait que j’aborde des garçons de 13 ans. Admettons par exemple que je vive en Espagne, où cela est permis, et que ma réflexion m’amène finalement à penser que ce n’est pas immoral : je ne le ferais évidemment pas comme vous le présentez. Vous avez l’habitude d’aller vers les hommes en disant "je suis hétérosexuelle, et il n’y a que les hommes bruns, plutôt musclés, d’1m70 à 1m90 aux cheveux frisés qui me font mouiller. Tu as l’air barraqué, tu es brun frisé, tu me plait. Tu veux m’aimer ?", vous ? Vous leur faite signer un contrat aussi je suppose ? Étrange façon d’envisager les rapports humains.

      En vrai, je ne suis pas sûr de comprendre où vous voulez en venir avec cette question. Êtes-vous en train de me demander si, dans l’hypothèse où j’aborderais des garçons de cet âge, je leur cacherais que s’ils avaient 10 ans de plus, je ne les aborderais pas, et qu’il ne s’agit donc pas d’un bête rapport homosexuel ordinaire ? Si c’est la question, je vous répondrais qu’en l’état actuel de ma réflexion, dans l’hypothèse où j’étais citoyen espagnol convaincu que cet âge est le bon, je pense que pour parler de "consentement éclairé", on ne peut se permettre de cacher cela. Se faire passer pour un homosexuel serait de la manipulation.

      Notez que l’autre possibilité pour m’ôter tout sentiment de bizarrerie sur cette différence entre âge de responsabilité pénale et âge de consentement, serait de remonter l’âge de responsabilité pénale à 15 ans, au moins en matière sexuelle. Mais à en juger par les dernières déclarations de Brice Hortefeux, il semble que ce n’est pas exactement ça qui soit au programme… L’enfant innocent (c’est vous qui avez utilisé le terme en premier), on y croit dur comme fer quand on me parle à moi, mais dès que l’on parle délinquance juvénile, le concept d’innocence disparaît comme par magie.

      C’est un peu brut de décoffrage, j’en conviens. Mais c’est à l’image de ce que je pense à un instant T. C’est un sujet sur lequel je m’engueule assez régulièrement avec moi-même (je ne suis pourtant pas schizophrène), alors c’est un peu fouillis et sans doute dit sans pincettes. Je ne fais pourtant l’apologie de rien du tout. Pour ma part, je n’ai pas de réponse définitive à ces questions. Mais déjà j’ai les questions. Et poser ces questions, c’est risquer d’avoir à choisir entre insultes et censure dans la plupart des espaces de discussion de ce pays. Or, elles ne me paraissent pas non-plus complètement délirantes et stupides.
      Je veux dire, quel élément factuel et objectif permet d’affirmer qu’il est totalement idiot et ridicule de se demander laquelle de la loi espagnole ou française est la plus juste ?

      1. 20.2.1
        Pseudo Requis

        "Etre amoureux est un ressenti, pas un comportement actif.
        "

        Hmmm. En lisant tout ce fil à ralonge, je suis tombé sur cette phrase miniature qui me semble mériter qu’on s’y attarde…

        Il y a dans la notion "d’être amoureux" quelquechose de passif qui me semble contredire la réalité de l’expérience. Je vais essayer de m’en expliquer.

        Les sentiments évoluent. Ils évoluent, en particulier, dans l’interaction. Ainsi, telle personne pour qui on a eu un coup de foudre va, au fil du temps nous sembler finalement peu intéressante. Cela peut se produire très vite (le lendemain…), ou très lentement (avec l’âge ?), mais cela peut se produire. Et d’ailleurs la flamme, si on le l’alimente pas, a tendance à s’éteindre. A contrario, parfois le premier élan se confirme, se renforce, se consolide dans la réciprocité. Ou bien deux personnes se découvrent, alors qu’elles n’étaient qu’amies, avec le temps… Bref, premier point : je ne pense pas qu’on "soit" amoureux de qq’1 comme on "est" son frère, son oncle ou sa soeur. Ce n’est pas un état statique.

        Ensuite, il y a un côté actif à l’état amoureux. on peut, dans une certaine mesure, le décréter, le nourrir, l’entretenir ou, a contrario, le nier, le tuer. Il suffit d’avoir été amoureux, d’avoir été quitté, d’être passé à autre chose, pour savoir que l’état amoureux peut, dans une certaine mesure, se "gérer". Second point : être amoureux est à la fois un ressenti, certes, mais c’est aussi un comportement délibéré. Qu’il soit plus ou moins facile de poser certains actes (par exemple, négateur) est une autre chose : tous les gens confrontés à l’impératif de fidélité, alors qu’ils éprouvent des attirances multiples, le sauront…

        Ainsi, Anonyme, aussi, si je vous suis globalement dans votre témoignage, je ne suis par contre pas sûr d’être d’accord pour aller jusqu’à affirmer pouvoir être amoureux (un peu durablement) de quelqu’un sans qu’il y ait une part active à cet amour…

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FIN DES COMMENTAIRES - MAIS ATTENTION !


Suite à la pénétration inéluctable de la modernité numérique dans le monde judiciaire, il a bien fallu que je m'y (sou)mette moi aussi : les commentaires sont désormais "imbriqués", ce qui ne signifie pas qu'ils s'accouplent, mais que l'on peut y répondre directement, la réponse s'affichant alors non plus ici, mais sous le commentaire concerné ci-dessus...


Le fait que vous n'en aperceviez pas de nouveau à cet endroit ne signifie donc pas qu'il n'y a en pas eu... (Et là vous me direz : "Mais alors, il faut les chercher..?" Et je vous répondrai, avec la franchise qui me caractérise, et dans l'attente n'en doutez pas d'une nouvelle amélioration géniale : "Oui !"

 

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