Quelques mots sur…
Ce titre était, exactement, celui d’un mail, reçu hier, d’un homme qui le signait "Anonyme Relatif", et me l’avait adressé sous une adresse créée tout exprès, anonyme elle aussi -vous allez comprendre pourquoi.
Je l’ai lu, et j’en ai été suffisamment édifié, et ému, pourquoi ne pas le dire, que j’ai immédiatement pensé, une fois digérés les points de vue qu’il y fait valoir, qu’il fallait que ce texte soit publié, ici.
Parce que malgré cet anonymat, je trouve que cet homme a fait montre d’un très grand courage en me l’adressant, à plus d’un titre : il y parle de choses que l’on n’entend jamais, strictement jamais, il y prend la parole alors que l’on ne donne habituellement pas cette parole aux gens qui sont comme lui -oh, on en disserte, en tous sens, moi le premier, il me le rappelle d’ailleurs dans ce texte, mais entendre aussi directement ce que "ces gens-là" peuvent vouloir exprimer est une toute autre chose… Et c’est aussi courageux parce qu’il n’est pas encore jugé.
Car cet homme est pédophile. Et il s’explique.
Le texte d’Anonyme Relatif nous renvoie je crois à beaucoup de questions, tant sur la nature même de la pédophilie, que sur l’illégalité de certains actes, qu’enfin plus encore sur le traitement judiciaire qu’on "leur" réserve…
Il parle avec une sincérité rare, ce qui m’a décidé à livrer ici ce témoignage, avec le fait que nous sommes tous des intellectuels, ou réputés tels, moi le premier, qui écrivons et raisonnons beaucoup, sur ce blog et ailleurs, sur ce qu’est ou n’est pas la pédophilie, sur les remèdes à trouver ou les maux qu’elle cause…
Mais que lui la vit.
Ses mots ont une importance considérable pour quiconque, et je m’en vante souvent, se targue d’essayer de comprendre…
Soyons parfaitement clairs, si besoin en est : cet homme vit une forme de pédophilie, une forme parmi d’autres, très probablement, et qui dans son cas lui permet manifestement de conserver son discernement, d’une part.
D’autre part, il est totalement -c’est évident mais je me méfie, tant le sujet est difficile- exclu de valider, en quoi que ce soit, le moindre passage à l’acte pédophile -ce n’est pas ce que fait l’auteur de ces mots, qui ne cherchait je crois en m’écrivant qu’à me donner ses clés de compréhension à lui…
Et qui pose, justement, son regard à lui sur certains actes -ceux qu’il a commis, qui ici encore ne sont naturellement pas les mêmes que l’on reproche à d’autres- sans fausse pudeur, et avec ce qui demeure à mon sens l’une des question majeure en ce domaine : l’anormalité que nous, et la Justice, relevons évidemment dans les affaires de ce type, est-elle ressentie comme telle par les pédophiles eux-mêmes ? Une question plutôt importante, je crois, et vous verrez les réponses que lui y apporte.
Enfin, certaines de ses explications peuvent, sans doute, choquer -mais je crois qu’il n’y a pas l’ombre d’une provocation dans ce qu’il décrit : Anonyme Relatif raconte, tout simplement, et pour une fois -et il y a énormément à apprendre de ce que lui ressent, à commencer par l’échec, je crois que le mot convient, que représente le traitement judiciaire de ce type de cas.
Avant de vous proposer de le lire, ce témoignage, je crois utile de retranscrire, en toute transparence, les extraits importants des quelques mails que nous avons échangés préalablement à cette publication, immédiatement après ma réception du message d’origine : il s’y est dit à nouveau beaucoup de choses importantes, en marge des premières explications (les passages coupés portent sur les indispensables modifications factuelles que nous avons effectuées dans le corps du texte, afin d’en rendre son auteur non identifiable).
MM : "Merci, beaucoup…
Votre texte me passionne, et me renvoie, avec une franchise pour laquelle je vous salue, à mes ignorances, et je crois, à pas mal de celles des autres…
J’ai souvent plaidé, et écrit, que "ces gens", vous comprendrez cette expression, étaient en réalité des gens, assez "normaux" quoi que dits "déviants", mais je ne peux évidemment pas l’exprimer aussi bien que vous, ni aussi simplement, ni aussi complètement…
[...] Accepteriez-vous que je publie votre texte, comme vous me l’avez adressé ? Je pense qu’il recadre un certain nombre de choses, et qu’il est, pour tout dire, rare.
Je pense aussi que votre témoignage est édifiant, et ce n’est pas péjoratif.
Si vous êtes d’accord, je dois vous avertir de deux faits que vous connaissez déjà ( ! Je suis avocat…) : écrire, c’est se mettre à poil, même sous couvert d’anonymat, et votre texte, que je trouve beau, provoquera certainement toutes sortes de réactions, il faut y être prêt.
Et par ailleurs, je supprimerai tout commentaire que j’estimerais "dérapant", d’autres personnes, évidemment, mais aussi de vous-même. Notamment, vous osez aborder le cas de la fragile frontière entre la majorité légale, la majorité sexuelle et certaines relations, et vous avez raison de le faire -mais ce sera forcément heurtant, pour certains.
Là encore, ne prenez pas mal ce que je dis, mais, pour parler vite, autant je défends, j’espère avec force, les pédophiles, autant je ne défends pas, ni ne peux admettre qu’elle le soit, la pédophilie -ce n’est pas ce que vous faites dans votre texte, mais c’est un sujet si délicat, si lourd, que le risque existe naturellement.
[...] Et, dans tous les cas, merci, infiniment, de votre envoi, qui m’émeut de bien des façons, et notamment parce que vous avez osé le poster. Soit dit en passant, j’ignore si la Justice, finalement, vous aidera -mais je trouve que votre degré de réflexion le fait déjà beaucoup…"
AR : "Je vous remercie, d’abord, d’avoir lu mon texte.
Je ne peux vous laisser publier mon texte tel quel, puisque je n’ai pas été jugé, que plusieurs éléments mis bout à bout permettraient au juge d’instruction et au procureur de la république de savoir de façon quasi-certaine qu’il s’agit de moi…
Je souhaite apporter un éclairage le plus sincère possible, et pas à faire croire que je suis un individu parfait.
Mais devant le juge, vous comprendrez que j’aime autant qu’il ne soit pas en possession d’un texte de moi daté de 2009 dans lequel j’avoue ne pas savoir si je serais capable de me tenir à carreau toute ma vie durant. Ça a beau être la vérité, toutes ne sont pas bonnes à finir dans le bureau du Procureur et j’ai abandonné depuis longtemps l’espoir un peu naïf d’être jugé de façon parfaitement honnête et juste dès lors que j’étais parfaitement sincère…
[ J'avais interrogé Anonyme Relatif sur la réalité de son récit, ne voulant pas qu'un éventuel imposteur, même si je n'y crois pas une seconde, me trompe sur ce sujet. ] Tout ce que je vous ai dit est totalement vrai.
Cela veut dire aussi que je ne m’exprime qu’en mon nom, d’ailleurs. Par exemple, à titre personnel j’ai un respect immense pour les surveillants que j’ai rencontré pendant ma détention, et qui ont géré les choses avec brio malgré un contexte défavorable (surpopulation carcérale notable, avec jusqu’à 7 personnes pour 6 lits dans une cellule dont je soupçonne que les normes permettaient initialement de n’en accueillir que 3 en théorie). Mais peut-être d’autres personnes vous donneraient-elles un tout autre témoignage, je n’en sais rien. Cela se passe peut-être différemment dans d’autres prisons. Je ne m’exprime que pour moi et par rapport à ce que je sais, même si je me permets diverses généralisation sur la pédophilie, pour avoir eu l’occasion de discuter avec beaucoup de gens "de mon espèce".
Vous dites ne pas défendre la pédophilie, permettez-moi de chipoter : la pédophilie ne se "défend" pas, ni ne se critique. La pédophilie n’est pas l’acte, c’est l’orientation. Elle n’est pas bien ou mal : elle est, et aucun de nous ne l’avons choisie, mais nous apprenons à cohabiter et, pour certains (pas pour tous), même à s’y attacher quelque part. C’est comme une couleur de peau, ou une préférence pour telle ou telle couleur. Elle est là, on n’y peut rien, il n’y a aucun choix là-dedans, et du coup, aucun jugement de valeur ce me semble. Ce que vous refusez de défendre, finalement, c’est le passage à l’acte pédophile et la consommation de pornographie infantile.
Je comprends bien là la limite qu’un citoyen ne peut franchir. Par conviction et aussi par la loi, qui punit l’apologie des crimes et délits. J’ai conscience de flirter, moi-même, avec les limites, lorsque je réfléchis à ces sujets là, parce qu’après tout je me sens quand même directement concerné, et qu’il est normal de se demander si tout ce qui m’est interdit, et si insupportablement inaccessible, l’est pour des raisons parfaitement valables, ou par dogmatisme.
Il est difficile de se plier à la loi malgré soi, quand elle touche à quelque chose d’aussi fort que l’attirance érotico-affective, mais c’est un peu moins difficile quand on le perçoit comme parfaitement légitime. Je ne sais que trop bien que déjà ce que je vous ai dit dans le premier mail, et qui était soft, fort peu de monde est capable de l’entendre sans réaction épidermique d’indignation, sinon de haine. Ce n’est pas ce qui me fait peur.
Je tiens d’ailleurs à vous dire que j’ai le plus grand respect, la plus haute estime pour votre capacité à mettre autant d’énergie à défendre la petite Jade qu’à refuser la haine primaire et sadique de ceux qui voudraient voir les gens de mon espèce pendus par les couilles (passez-moi l’expression). Vous faites preuve d’une sagesse qui est loin d’aller d’elle même dans une société qui m’a désigné comme monstre suprême, et alors que vous avez déjà pris en pleine face la souffrance que peut causer une agression sexuelle ou un viol(1) [...]"
MM : "Juste, je m’aperçois en vous relisant, après une après-midi de rendez-vous dont deux nouvelles affaires, le croirez-vous, sexuelles, que je suis un con : avant de vouloir à tout prix publier votre beau témoignage, j’aurais dû vous dire que je me rendais compte de votre souffrance, et que je compatis, en comprenant bien tout ce que la justice peut y ajouter d’inutile, et d’accablant. Voilà, pardonnez-moi de ne vous avoir pas dit ceci avant ma première réponse. [...]"
AR : "Permettez-moi de vous remercier pour votre mot de compassion. Mais rassurez-vous, je ne vous ai pas écrit, initialement, pour être plaint.
J’ai écrit dans l’espoir de faire avancer un peu le Schmilblik, parce qu’il n’y a pas forcément un camp des méchants et un camp des gentils.
Nous ne sommes pas que des hommes méchants (il existe aussi des sadiques parmi nous, mais en proportion, il ne doit pas y en avoir plus que de sadiques hétérosexuels qui battent leur femme ou violent des femmes), nous ne souhaitons pour la plupart faire de mal à personne et surtout pas aux enfants, nous ne sommes pas des ennemis du reste de la société, que nous fréquentons et avec qui nous avons le plus souvent de bons rapports (nous avons un travail ou des études, des collègues, de la famille)…
J’imagine que vous savez déjà tout cela, au moins instinctivement si ce n’est d’expérience après avoir eu quelques clients de la sorte. Il est vrai que nous avons souvent du mal avec l’autorité judiciaire et policière que nous jugeons parfois (souvent?) injuste, mais nous n’ignorons pas non-plus leur caractère indispensable, parce qu’il n’y a certes pas que des Bisounours, ni parmi les pédophiles, ni dans le reste de la population. .."
Voilà, décision était prise ensuite de publier ce témoignage, retouché uniquement quant aux données factuelles.
Inutile je pense d’écrire(2) que, plus que jamais pour ce texte, je compte sur l’exemplaire dignité des commentaires dont ce blog a jusqu’ici constamment pu s’enorgueillir.
Bonjour, Maître.
J’ai vu votre récente note sur l’affaire Francis Évrard, mais ce qui m’a, en fait, donné envie de vous écrire, est votre article de début d’année sur les pointeurs en prison, et les nombreux commentaires qui s’en sont suivis.
Je me permet de vous écrire bien que vous ne m’ayez pas sollicité, juste pour vous donner quelques informations, dont vous ferez ce que vous voulez. Je pense qu’elles pourraient vous être utiles pour cerner, certains de vos clients… Ou certains de vos adversaires, lorsque vous travaillez pour la partie civile.
Je suis un "pointeur", ou plutôt j’étais. Pire, je suis un pédophile, un vrai. C’est à dire que mon orientation sexuelle se tourne vers les enfants. En ce qui me concerne les garçons, peu ou pas pubères.
Je fut "pointeur" lorsque j’ai été placé en détention provisoire, pendant six mois, pour avoir échangé de la pornographie infantile sur internet. Oh je n’en suis pas spécialement fier. J’étais juste, au commencement, un môme de 17 ans un peu paumé, en proie à une orientation sexuelle difficile à gérer, et qui faisait ce qu’il pouvait pour canaliser ça dans une société où le tabou est absolu sur ces questions.
Arrêté peu après ma majorité, j’ai été donc traité comme un majeur. C’était il y a quelques temps déjà, mais je n’ai toujours pas été jugé, bien qu’il s’agisse de correctionnelle, aussi vous comprendrez que je garde l’anonymat (relatif toutefois et j’en ai bien conscience).
On m’a mis deux agressions sexuelles sur le dos, aussi, et je peux le comprendre, car après tout certains éléments découverts à la suite de mon arrestation permettaient de supposer que… Je trouve juste qu’après que les deux victimes supposées aient affirmé qu’il ne s’était rien passé, à plusieurs reprises, il serait peut-être temps d’admettre que je n’ai rien fait.
Or, donc, j’ai fait six mois. Je confirme un à un tous les éléments que vous avez apporté à vos lecteurs. Je ne suis pas sorti une seule fois en promenade. Je rasais les murs, lorsque j’allais en parloir par exemple. J’ai connu aussi la hiérarchie parmi les pointeurs : en tant que pédophile, j’étais la sous-merde parmi les sous-merdes. Et comme les pointeurs morflent déjà beaucoup et en ont gros sur la patate, ils ont, plus que les autres condamnés peut-être, besoin d’un souffre-douleur.
Je veux confirmer aussi, que vous avez raison de tirer votre chapeau aux surveillants. Ils sont les seuls maîtres à bord ou à peu près. La seule chose qui sépare la prison de la torture pure et simple, c’est le comportement des surveillants. Ils ont donc une importance primordiale. Et je peux vous confirmer que oui, ils ont quasiment tous un comportement exemplaire, et font leur maximum pour éviter autant que faire se peut le règne de la violence la plus atroce, n’hésitant pas d’ailleurs à prendre quelques libertés avec le règlement quand c’est pour le bien des détenus (bien que ce ne soit pas règlementaire, ils se font fort, par exemple, de mettre les jeunes les plus vulnérables avec les vieux sages, qu’ils connaissent assez pour savoir qu’ils ne joueront pas les redresseurs de tort).
Hormis cela, puisque c’est un domaine que vous semblez connaitre assez mal(3) , je me permet de vous apporter un éclairage sur ce qu’est être pédophile.
Il est partiellement inexact de dire qu’un pédophile est attiré par "les enfants" quel que soit le sexe. Il y a souvent une nette préférence pour un sexe ou pour l’autre, quand l’attirance n’est pas strictement cantonnée à un sexe.
Je ne crois pas non-plus que la pédophilie soit une maladie, comme l’est une névrose. Je dirais qu’il s’agit d’une orientation sexuelle déviante. Certains sont hétérosexuels, d’autres homosexuels, je suis pédophile attiré par les garçons. Et, comme pour tout homme, il y a une forte composante affective dans notre orientation.
Cela veut dire que lorsqu’un de vos clients dira être "amoureux" de sa victime, ce ne sera pas pour amadouer le juge, mais l’expression de son sentiment le plus profond.
"Pourquoi agresser la personne que l’on aime", me demanderez-vous peut-être. Il n’y a pas de réponse unique. Chez certains c’est la conviction honnête que le mineur (il ne s’agit pas toujours d’enfants de 5 ans mais parfois d’adolescents pas bien loin de la majorité sexuelle) était consentant, et qu’à partir du moment où la chose s’est faite dans le désir mutuel il ne peut y avoir de traumatisme.
Chez d’autres c’est la frustration accumulée avec les années qui pousse à déraper. Et il faut reconnaitre que notre vie n’est pas une sinécure : non-seulement nous sommes sensés "nous la mettre sur l’oreille" pour le restant de nos jours, mais nous n’avons pas même le droit de nous soulager devant un porno. Allez, juste une fois, demander à la sortie d’un lycée combien de jeunes sont prêts à renoncer à toute vie sexuelle – pornos y compris – immédiatement et pour le restant de leurs jours… Fort peu, à mon humble avis.
Pour d’autres, c’est une sorte de je m’en foutisme, du genre "advienne que pourra", étant entendu que l’immense majorité des victimes de véritables pédophiles ne sont pas violentées, mais que le rapport a été obtenu "par séduction" comme disent les psys…
Je suis pédophile et le fait d’avoir été attrapé par la justice et astreint à une thérapie, ne change rien à ma condition. J’ai travaillé avec plusieurs psys et pas plus l’actuel que les précédents ne croit vraiment pouvoir me "guérir", c’est à dire faire de moi un homo ou un hétéro. Et je n’y crois pas non-plus.
Nous essayons, plutôt, de travailler sur la gestion de mes pulsions et sur mon intégration sociale avec des gens de mon âge, de sorte que je présente le moins de risque possible de dérapage.
Mais je ne vous cache pas non-plus que même si je me tiens à carreau depuis plusieurs années maintenant, j’ai du mal à m’imaginer rester parfaitement chaste pendant la soixantaine d’années qu’il me reste à vivre.
D’autant que comme beaucoup de pédophiles, je ne suis pas non-plus à 100% convaincu que tous les interdits qui se posent à moins se justifient intégralement. Oh, je ne dis pas que l’âge de consentement devrait disparaitre, comme cela fut parfois revendiqué dans les années 70. Mais les questions du consentement, de l’âge de "maturité", de l’étrange différence de deux ans entre le moment où l’on peut partir en prison pour viol et le moment où l’on se voit accorder le droit de consentir, sont des questions que je me pose tous les jours, tout le temps même, sans jamais avoir de réponse certaine.
J’ai parfois, souvent même, le sentiment qu’un traitement injuste nous est réservé, que trop souvent on amalgame des actes illégaux mais à peine immoraux avec ceux commis par des gens comme Evrard… Ais-je raison, ou suis-je en train de me chercher des excuses ? Je ne sais pas, j’y travaille, y compris avec mon psy. Reconnaissons seulement que certaines questions se posent.
En attendant, je cherche à me reconstruire, après que mon arrestation ait détruit mes rêves, ma fierté, certains de mes rapports sociaux, ou encore des amitiés en tout bien tout honneur avec des enfants pour qui j’avais une immense affection et que je n’avais jamais touché.
Je continue à penser que ces six mois de détentions provisoires n’étaient pas justes eu égard à ce que j’avais réellement fait. Pas plus que certaines remarques dégradantes du substitut du procureur, qui a cru devoir employer le qualificatif de "futur violeur", pas plus que le moment où il m’a traité de "détraqué sexuel" parce que, du haut de ma jeune majorité, j’admettais m’autoriser un rapport sexuel avec un mineur d’au moins 15 ans puisque c’était légal (3 ans de différence d’âge, ça ne me paraît pas le crime du siècle). Je continue à penser que les longues années d’instruction liées au fantasme du "réseau pédophile" ne sont pas justes non-plus.
Mais à qui le crier ? Personne ne souhaite autre chose que de me voir souffrir (c’est réussi), ou au minimum m’auto-flageller (c’est un échec : frappez un homme à terre et l’énergie du désespoir le poussera à se rebeller, quand bien même il se laissait faire au départ).
Je suis pourtant rien d’autre qu’un homme avec des sentiments, des bons et des mauvais côté, une vie, des amis, des passions, et aussi, c’est vrai, une orientation sexuelle, que je n’ai pas choisie, mais que je dois assumer au quotidien. Au quotidien.
Je ne suis qu’un homme qui cherche à vivre sa vie à peu près heureux en faisant le moins de mal possible aux gens autour de moi, adultes ou enfants.
Et je suis au regret d’avoir le sentiment que la justice ne fais rien pour m’y aider. Rien du tout.
Voilà…
C’est décidément un domaine où rien n’est simple, et moins encore monochrome, n’est-ce pas..?
Je ne sais pas vous, mais je suis moi sorti de cette lecture un peu sonné, et très dérangé -pas pour de mauvaises raisons, je crois.
Merci infiniment, Anonyme Relatif. En tout cas.
- Je pouvais supprimer ce paragraphe, qui fait naturellement souffrir ma modestie légendaire, mais allez savoir pourquoi, je l’ai laissé -ce n’est pas parce que le sujet est grave que je vais m’interdire un sourire. (↩)
- Mais je le fais quand-même, car je suis avocat, c’est une tare que nous avons ! (↩)
- Il a raison, et je manque d’humilité, parfois, notamment dans ce domaine -profitez-en, je ne l’avoue pas souvent… J’ai défendu des dizaines de personnes concernées par ça, et pourtant, auprès de combien d’entre elles ais-je pu réellement recueillir de véritables sentiments..? Et si je n’ai pas réussi, quel autre intervenant judiciaire l’aurait pu..? (↩)




Bonsoir,
J’ai trouvé le lien vers cette lettre via Twitter et Maître Eolas. Pour tout avouer, je n’ai pas lu les plus de quatre cents interventions que celle-ci a générées, mais à peine 50. Cependant, il m’a semblé opportun de vous livrer mon témoignage d’adolescent ayant vécu une relation pédophile.
Je me prénomme Anthony, j’ai 27 ans et suis marié à une jeune femme formidable qui a donné naissance voici 3 ans à une petite fille tout à fait adorable cela va sans dire
Il est tard et bien que je sois fonctionnaire je bosse demain matin
je serai bref !
A l’âge de douze ans, un homme est entré dans ma vie, un ami de la famille, marié et père de 2 enfants plus vieux que moi. Petit à petit, j’ai été séduit par cet homme, son allure, son aisance, son train de vie, son assurance. Je précise que j’ai toujours été de nature hétérosexuelle, jamais aucun de mes camarades masculins ne m’a attiré. Les mois passant, nous nous sommes vus plus fréquemment cet homme et moi (appelons-le Pierre), notamment à l’occasion de cours de violon. Une véritable complicité s’est installée, et sans qu’il n’aborde le sujet, j’ai assez vite compris que je lui plaisais. Et quand on est adolescent, j’imagine que c’est toujours agréable de sentir que l’on plaît à un adulte. Cette séduction s’est opérée sur un an voire un an et demi. De regards évocateurs en sous-entendus, j’ai fini, du haut de mes quatorze ans, par lui demander sans être très sérieux, s’il par hasard il n’était pas tombé amoureux de moi. C’est là qu’il m’a expliqué qu’il pensait tout le temps à moi, qu’il rêvait de moi etc.
Cet après-midi là, plusieurs émotions ont parcouru mon esprit et mon corps. J’étais flatté d’apprendre que j’étais l’objet de tant d’attentions, que j’étais si important dans sa vie d’homme d’affaires de cinquante ans. Je crois avoir ressenti de la fierté même. D’un autre côté, mon égo de petit mâle en prenait un coup. J’étais passionné par les filles, n’en n’étais d’ailleurs pas à ma première conquête féminine à cette époque, et je me rendais compte que j’attirais un homme. Pourquoi moi ? avais-je l’apparence d’un "pd" ? je me souviens parfaitement qu’il avait lu cette interrogation dans mon attitude, et m’avait vite rassuré. S’il avait pensé que j’étais homo, il n’aurait pas attendu si longtemps pour me déclarer sa flamme, et cela se tenait, effectivement.
A presque 14 ans, j’étais un adolescent ayant grandi dans les milieux bourgeois de Paris. Des parents unis, de nombreux copains, des petites copines, beaucoup d’activités extra-scolaires (sport, musique), de bons résultats en cours. Bref, a priori pas de place dans ma vie pour cet homme. C’est peut-être aussi pour cela qu’autant de temps s’est déroulé entre notre première rencontre et sa déclaration d’amour (il avait pourtant eu le "coup de foudre"). Eh oui, d’amour. C’est là que mon témoignage va plutôt à l’encontre de ce que voit habituellement me semble-t-il. Car il n’y a aucun doute, cet homme éprouvait de l’amour à mon égard. Il aurait tout donné pour moi, c’est une certitude.
J’ai promis d’être concis. Le sexe est apparu très vite dans notre relation. J’avais eu des copines certes, j’avais de envies certes, mais jamais je n’avais eu l’occasion de "concrétiser". Cet homme, bien que ne m’attirant pas sexuellement de prime abord, m’a offert la possibilité de connaître les plaisirs sexuels autrement que seul dans mon lit avant de m’endormir. Il n’y a jamais eu de pénétration, tout simplement parce que cela ne me disait rien. Ce que Pierre a toujours respecté, sans jamais chercher à me forcer la main.
Cette relation a pris fin environ deux ans plus tard, lorsque très amoureux d’une fille au lycée, j’ai expliqué à Pierre que par fidélité, je préfèrais que l’on ait plus de contacts sexuels lui et moi. J’ai toujours été du genre petit gabarit, et à 16 ans je peux vous affirmer qu’il était toujours attiré par mon corps, il a cependant tout à fait respecté mon choix, comme à son habitude. Pierre et moi avons continué à nous voir fréquemment, comme deux vrais amis, pendant plusieurs années, jusqu’à sa mort en fait, lorsque j’avais 22 ans.
Que garde-je de cette relation pour le moins particulière ? une histoire d’amitié très forte, mêlée de plaisir sexuel il est vrai.
Je n’ai absolument pas été "traumatisé", comme il semblerait que j’aurais du l’être à en lire tout ce qu’on trouve en général sur le sujet. Au contraire, cet homme m’a apporté beaucoup de choses, comme la confiance en moi. Lorsque j’étais en sa compagnie, je me sentais fort, invulnérable, j’étais fier de nous. Le côté caché, interdit, était très excitant également. Parfois en cours, je me disais "si mes potes savaient !", je vivais une histoire peu banale pour un garçon de mon âge, et ça me plaisait.
Un autre élément doit être pris en compte aussi, sans aucune connotation péjorative, mais le sentiment d’avoir un adulte a ses pieds, c’est quelque chose d’extraordinaire pour un adolescent. Je me sentais responsable de lui également. La seule peur que j’aie jamais eu avec lui, c’est qu’il m’arrive quelque chose, qu’il me perde. Ah non, une autre crainte aussi, mais qui donnait du piment à l’histoire, c’était que notre relation soit découverte bien sûr. Avec passage chez les flics, chez le juge, la famille au courant, les copains aussi peut-être du coup. C’était ça, le traumatisme que je risquais dans cette relation, et aucun autre. Aucun autre. C’était un risque que lui, adulte, me faisait prendre, j’en avais conscience, mais j’acceptais le deal du haut de mes 13 ans. Mais aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que c’était très risqué et j’ai du mal à croire que personne dans notre entourage n’avait compris la vraie nature de notre relation, à commencer par sa femme et mes parents. Alors, si je devenais retenir à grief à Pierre, pour rester "politiquement correct", ce serait celui-là. Et aucun autre.
Je terminerai par un conseil à l’auteur pédophile de la lettre.
Le débat du consentement est un faux débat. Chaque être humain est différent, de l’enfance à l’âge adulte. Même si vous pensez qu’un enfant de 10 ans pour comprendre et s’engager dans une relation plus qu’amicale avec vous, n’oubliez JAMAIS le risque que vous lui faite prendre. Et si un grain de sable venait à perturber votre belle mécanique, peut importe si la faute va à la machine judiciaire ou à la vôtre, il n’y aura TOUJOURS qu’une seule victime à l’arrivée : l’enfant ou l’adolescent.
Oui, j’ai vécu une "belle histoire" comme j’ai pu le lire dans les interventions. Non, je n’ai pas du tout été traumatisé ni perturbé, au contraire. Mais je reste lucide néanmoins : le risque était énorme et je ne suis pas certain que toutes les histoires se terminent aussi bien. Loin de là…
P.
Bonjour Stradivarius ! Je vous aurais donne un peu plus que 27 ans, mais bon, sur ce blog, on n’en est plus a une surprise pres…
Puisque vous confessez ne pas avoir lu l’ensemble des 436 commentaires precedents, il me revient donc l’honneur de vous poser "THE" question :
vous etes jeune papa, si vous avez un jour un fils qui, enfant , rentre de l ecole ou du college et vous annonce : "J’ai envie de coucher avec Corentin !" (Corentin, si vous l’ignorez encore, a 23 ans), quelle sera alors votre reaction ?
Plus serieusement : nous evoluons ici sur un chemin perilleux, puisqu’en notre compagnie se trouvent a la fois :
- des adultes ayant admis avoir des attirances pour les tout jeunes enfants, a qui l’on explique que, si l’on ne peut juger des instincts d’une personne, il est en revanche tres mal de passer a l’acte (et j’en suis personnellement convaincue), ceci quel que soit le consentement/pseudo-consentement/desir volontaire exprime par l’enfant;
- des personnes qui, comme vous, ont ete enfant et ont vecu une ou des aventures sexuelles avec des adultes, ne semblant pas avoir causé de souffrance mais plutot du plaisir, tant pour l enfant que l adulte ; a ceux la, on a plutot expliqué qu ils ne doivent aucunement culpabiliser de leur sentiments et de leurs jeux sexuels,
- et meme : des gens qui se reconnaissent dans les deux categories…
Voila, moi je vous laisse reflechir : bonne chance ! Et a tout a l’heure…
Très bon résumé. Pour compléter, ici, c’est en fait un blog tenu par la Brigade des Mineurs, Maître Mô n’existe pas. C’est un gros flic moustachu. Il n’est pas en train de se faire bronzer sur la mer rouge, mais en RTT chez ses beaux-parents à Lamotte-Beuvron.
Si vous pensez que je tourne parano, faites-moi signe…
Mais enfin, on lui avait promis de ne pas en parler jusqu’à ce qu’il puisse faire une grosse prise !! Tu fous tout par terre !
Bon, Roger (tu permets que je t’appelle comme ça, maintenant qu’on est entre nous ?), c’est pas grave, de toutes façons on a déjà les trois qu’on cherchait, alors…
(ps : je sais que les flics sont cons, mais je viens de rater deux fois l’addition, faudra faire une note au chef pour qu’il mette à l’avenir un anti-spam plus accessible…)
3 seulement ? Pas terrible, le chiffre, aujourd’hui !
Et faudra vraiment dire à ton chef de mettre des chiffres corrects dans l’ordi. Parce que 9 +6, ça fait 15 et cette *£$%* de machine prétend que non.
Même dans ce sujet on peut sourire, hein? Alors merci pour l’occasion.
Bon, et qui paie sa tournée aujourd’hui ?
(oui, on peut rire partout, sinon, les marchands de kleenex seraient les rois du monde !)
Bonsoir Pauline
Le fait est que j’ai réellement 27 ans, mais quand bien même j’en aurais 20 ou 35 je ne vois pas vraiment la différence ?? je ne sais d’où vient votre sentiment, mais je choisis de le prendre votre pour un compliment
Pour répondre à votre question, si ma fille rencontre du collège en me disant qu’elle a envie de coucher avec Corentin, aussi charmant soit-il, j’irais lui conseiller de ne pas toucher un seul de ses cheveux et de s’intéresser aux filles majeures, cela ne fait pas de doute !
Ma conclusion n’était peut-être pas assez claire. J’ai témoigner pour dire que vivre une relation "interdite" épanouissant c’est tout à fait possible, mais je crois plutôt que sur 100 histoires, une grande majorité se termine mal pour le mineur, ce qui justifie tout à fait qu’on les laisse tranquilles, ma fille la première.
Cela peut sembler paradoxal, mais je reste lucide malgré tout !
Bonsoir Stradivarius, merci de votre réponse,
L’allusion a vos 27 printemps n’était qu’une blague vaseuse sur le fait que les Stradivarius sont en général un peu plus vieux que ca…
On a eu beaucoup d’échanges de commentaires malicieux ces derniers temps, voila pourquoi je vous ai acueilli d’emblée avec une boutade (pas tres claire je le reconnais…je vous présente mes excuses)
Votre conclusion, elle, était tout a fait claire. Le sens de ma question (qui est au départ une question de philou, et qui a été pas mal discutée plus haut) est celui-ci : puisque vous, vous avez une expérience agréable de sexualité avec un adulte durant votre adolescence, comment réagiriez vous si vous découvrez par hasard que votre fils (fils, et pas fille), fait de meme, que ca lui plait et qu’il n aucune envie d’arreter ?
Valentine, désolé si je n’ai pas perçu cette pointe d’humour
ma réaction si le fils que je n’ai pas m’annonçait qu’il fréquente Corentin, 23 ans, et qu’il en est ravi ? là, comme ça, et avec l’expérience vécue quand j’avais son âge, je ne me braquerais probablement pas.
J’irais trouver ce jeune homme seul à seul, pour faire sa connaissance. Comme je suis plutôt du genre sûr de moi et assez impressionnant, je lui expliquerais qu’il n’a pas droit à l’erreur avec mon fils et que je suivrai leur relation de très près.
Maintenant, franchement, déjà mon côté macho assez prononcé ferait que je me demanderais si mon fils n’est pas homosexuel (ce que, à choisir, je ne préfèrerais pas), ensuite cela dépendrait beaucoup de la personnalité de mon fils (plutôt timide, plutôt responsable, plutôt décidé etc.).
Voilà miss
Question à Mmes et Mrs les juristes (ce que je ne suis pas du tout…).
Dans le cas de figure présenté par Stradivarius, quelle est la position juridique et que risque-t-il, lui (pour le garçon, j’ai déjà compris que c’était "rien" et pour l’adulte 20 ans) ? Admettons son hypothèse : son fils de 12 ans a une relation sexuelle avec un adulte. La chose s’ébruite, la justice s’en mêle (en deux mots), et il est avéré que le père était au courant et n’a rien fait pour l’interrompre. Peut-il être poursuivi ? Risque-t-il un truc de l’ordre de la complicité ? Possibilité qu’il soit jugé inapte à assurer l’autorité parentale, avec placement du gamin ? Existe-t-il des cas connus ?
Je trouve que vous répondre et donner une solution juridique ne serait pas très éthique…
En tout cas il faut écarter la complicité, mais sur le placement, la juridiction qui aura à juger de l’affaire en cas d’atteinte sexuelle pourra se prononcer sur l’autorité parentale également.
Pourtant un médecin peut être poursuivi s’il ne dénonce pas un patient qui commet des atteintes sexuelles sur mineur, non ? N’y a-t-il pas eu déjà plusieurs médecin suspendu pour ça ? Est-ce que cette même notion n’est pas applicable aux parents ?
En général l’abstention rentre difficilement dans la complicité, il faut plutôt un acte positif…
Le médecin pourrait être coupable de non assistance à personne en danger je pense ou d’une autre infraction spécifique à leur statut, mais pas de complicité.
Il n’y a pas un délit de "non-dénonciation de crime" ?
(et puis j’arrête avec mes questions de béotien…)
Bon, il n’y a pas "répondre" sous votre post, alors je me répond !!!
Oui ça existe, non-dénonciation de crime, de délit, etc.
Le code prévoit 3 ans pour la non dénonciation, à l’article 434-3, et 5 ans pour la non assistance, à l’article 223-6 c.pén.
Donc on mettra en avant l’omission de porter secours et en plus la non dénonciation.
Mais en aucun cas le médecin sera complice d’une atteinte sexuelle par son abstention.
Heu si! Ne pas dénoncer peut valoir une qualification de complicité…! Je pense notamment à un cas où une mère regardait la télé dans la pièce d’à côté pendant qu’un homme violait sa fille. On l’a condamnée (pour complicité) pour sa non intervention et son silence.
Oui en 1989… pour une "mère"… dans une espèce bien particulière… et une jurisprudence extrêmement rare qui retient l’abstention comme élément matériel…
Je ne pense pas qu’un médecin rentrerait dans les cases de l’arrêt… en tout cas j’ai rien trouvé en jurisprudence !
En tout cas le 434-3 est clair : un parent qui s’abstiendrait de dénoncer le partenaire de son fils ou de sa fille mineur de quinze ans risquerait de gros ennuis, y compris potentiellement de la prison ferme. Il est d’autant plus clair qu’il cite nommément "l’atteinte sexuelle", qui correspond au cas où le consentement du mineur est reconnu, mais où la condamnation a néanmoins lieu par principe. Même si on ne retenait pas la complicité, ça resterait grave pour le parent. Ou pour qui que ce soit d’autre, d’ailleurs.
Le secret médical interdit au médecin de révéler à un tiers" ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris". Le malade ne peut délier le médecin de son obligation de secret.
Un médecin appelé à un procès en tant que témoin doit refuser de témoigner en invoquant le secret médical.
Il existe des dérogations légales au secret médical, notamment le fait de signaler des sévices évocateurs de violences sexuelles, avec l’accord du patient ; si le patient a moins de 15 ans ou n’est pas en mesure de se protéger, son consentement n’est pas requis (Article 226-14 du code pénal). C’est donc possible, mais est-ce obligé ?Juridiquement, non. En effet l’article 434-1 du code pénal, qui définit l’obligation de dénoncer toute personne que l’on sait coupable d’un crime notamment s’il est sur le point d’en commettre d’autres, excepte «les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13 » (qui définit le secret professionnel).
La responsabilité pénale n’est donc pas engagée en cas de non-dénonciation de violences sexuelles sur mineur de 15 ans de la part d’un médecin. En revanche, il tombe sous le coup de poursuites disciplinaires, qui peuvent théoriquement déboucher jusqu’à l’interdiction d’exercer, par non-respect de l’article 44 du code de déontologie, lequel impose expressément de dénoncer aux autorités judiciaires les sévices sur mineurs de 15 ans, "sauf circonstances particulières qu’il apprécie en conscience"
(j’ai trouvé tout ça sur le site de l’ordre des médecins)
Merci de votre réponse.
Moi, personnellement, je crois que je ne supporterai pas une seconde l’idée qu’un type puisse continuer à avoir du plaisir avec mon fils petit garçon ou jeune jeune ado.
En fait je pense que je me réfugierai derrière l’age de la majorité sexuelle. Après 15 ans, tu choisira comme tu veux. Avant 15 ans, je refuse que tu fasses ce genre de choses avec un adulte, parce que c’est dangereux (pas parce que c’est mal, parce que c’est dangereux)
Ca n’empeche pas de faire parler le gamin, et de l’écouter sans porter de jugement sur ses sentiments. Mais in fine, je pense que mon attitude serait : rien ne presse, tu es petit, tu attendra d’avoir 15 ans.
et s’il continue ?
Si on se doute qu’il continue malgré les barrières, il y a toujours la solution de laisser faire en ne restant pas trop loin…
En fait, je ne sais pas ce que je ferai. Pour moi, ça reste une situation tellement surréaliste…c’est difficile de théoriser une réaction applicable à tous les cas.
C’est une solution que j’aime bien pour la pratiquer fréquemment avec mon fils. Je n’y vois que des avantages : je conserve mon contact avec lui, je ne sanctionne pas, pourtant je ne suis pas complice puisque ma position n’est pas ambigüe mais il garde la possibilité de transgresser. C’est quand même en transgressant qu’on grandit….
"J’irais trouver ce jeune homme seul à seul, pour faire sa connaissance. Comme je suis plutôt du genre sûr de moi et assez impressionnant, je lui expliquerais qu’il n’a pas droit à l’erreur avec mon fils et que je suivrai leur relation de très près."
Ainsi vous tiendriez la chandelle !?
Je ne le crois pas un instant.
Et d’ailleurs vous auriez bien tort d’agir ainsi, tant moralement que pénalement.
Votre scabreuse aventure de jeunesse tenait une partie de son piment, vous ne le cachez pas, de son côté interdit, transgressif et de son absolu secret, .
Que diriez-vous si vous appreniez aujourd’hui que votre père était au courant ?
Je partage votre réaction. On ne peut en aucun cas, en tant que parent, devenir complice, c’est mettre l’enfant dans une situation inextricable. Maintenant, quelle est l’échelle des réactions possibles ?
- Acteur (j’approuve et j’accompagne la relation)
- Complice (je laisse faire en prenant des "précautions" (lesquelles ?)
- Censeur (je désapprouve tout en laissant le garçon transgresser s’il le veut)
- Interventionniste (je fais en sorte que la relation cesse)
- Légaliste (j’interrompt et je dénonce l’adulte)
- Vengeur (je pends l’auteur par les testicules jusqu’à ce que mort s’ensuive)
N’y a-t-il à votre avis qu’une seule réponse (légaliste), ou peut-il y avoir un panel plus large fonction des actes commis, de l’âge de l’enfant, de la personnalité de celui-ci, des circonstances ayant permis à la relation de s’instaurer… ? Autrement dit, qu’est qui est le plus bénéfique à l’enfant : une réponse nuancée intégrant les paramètres ou une lecture à la lettre des obligations légales ?
Je vais prendre un exemple : mon fils a entre 14 et quinze ans. Tout le monde pense (physiquement et du point de vue du développement social) qu’il a 16 ou 17 ans. Il viendrait me dire qu’il a une relation amoureuse et sexuelle avec une fille de 22 ans, nous serions dans le cadre d’une relation pédophile, non ? Honnêtement, je me vois mal aller à la gendarmerie demander l’arrestation de l’agresseur… Ce que j’aurai indéniablement fait si il m’avait dit à 6 ans que son prof de gym (il est bien connu que ce sont tous des pervers) le tripotait dans les vestiaires.
En fait les situations caricaturales (enfant très jeune, attitude de prédation caractérisée…) ne pose pas de problème (à moi), ce qui m’en pose plus, ce sont les situations intermédiaires où je vais me poser la question (est-ce que mon intervention ne va pas faire plus de mal que de bien à mon fils…). Mais j’exclurais (dans la configuration citée) je crois spontanément de rencontrer l’adulte, ce qui à mon avis priverait mon fils d’un recours possible si la situation se dégradait.
Je ne sais pas. Mais il me semble souvent y avoir un gouffre infranchissable entre les obligations purement légales et l’intérêt de l’"enfant".
(Je mets "enfant" entre parenthèses parce que je différencie franchement enfant impubère et ado. Dans le premier cas, je ne sais franchement pas ce que j’aurais fait si j’avais surpris mon fils dans les bras de Corentin… Ou plutôt je le sais très – trop peut-être – bien.)
J’opte pour "interventionniste".
Le propre des parents est de donner des repères, de fixer des limites.
L’enfant développe sa personnalité en partie en s’opposant à ce que cherchent à lui imposer ses parents. Et c’est bien pour cela qu’ils doivent tenir bon.
Comme disait de Gaulle, paraît-il : "on ne s’appuie bien que sur ce qui résiste".
Aimer ses enfants ne signifie pas faire ce qui leur plaît, ni les laisser faire ce qui leur plaît.
Pour les parents, tendre vers la perfection c’est cultiver l’imperfection. Et c’est admettre cet insoluble paradoxe.
L’ennui, avec moi, c’est que je n’ai aucune connaissance théorique, donc je ramène les choses à moi, pour vérifier si elles fonctionnent… Votre dernière phrase me parle (si tant est que je l’ai correctement interprétée). Il ne me semble pas que ce paradoxe soit systématiquement insoluble. Je ne frappe ni ne punit jamais mon fils, pas par doctrine mais parce que j’en suis incapable. Ce qui fait que les "revendications non satisfaites" et les conflits prennent entre nous la forme d’infinies discussions et "combats" verbaux. Au bout d’un moment, je suis allé au bout de ce que je pouvais raisonnablement négocier, et c’est l’impasse totale. Et c’est généralement au moment où je lui avoue mon impuissance à dégager une solution (mon imperfection ?) que l’ouverture se fait en lui et qu’il dégage de lui-même une solution qu’aucun de nous deux n’avait vu jusque là.
De Gaulle a aussi dit, à propos de la contraception : "On ne va pas sacrifier la France à la bagatelle". Je pense donc qu’on pourrait le tenir à l’écart de notre petit débat…
A propos de ces "infinies discussions" dont vous parlez, voilà une anecdote que racontait mon grand-père et que j’aime beaucoup raconter.
Un jour, dans sa maison de campagne, il recevait deux jeunes femmes et chacune était venue avec un enfant en bas âge. Les deux enfants furent attirés, cela ne ratait jamais, par les parterres de géraniums avec leurs belles fleurs rouges. Les 2 mères les en dissuadèrent. Les 2 enfants continuèrent à arracher aux géraniums leur pétales. Alors l’une des 2 mères donna une tape à son enfant, qui alla jouer à autre chose et passa une excellente après-midi. L’autre mère se perdit en d’infinies discussions, l’enfant ne cessa pas de chercher à aller vers les géraniums, à grogner et à pleurnicher, et tout le monde fut malheureux.
La première solution est préférable.
. .
Votre souvenir déclenche un des miens que racontait ma belle-mère : son jardinier avait pour habitude de trancher les litiges par de petites tapes distribuées généreusement aux enfants qui cueillaient ses fleurs. Un jour, un grand routier musclé de passage entreprit de cueillir toutes les fleurs du parterre. Le jardinier lui opposa toute sa force de discussion.
Il n’est pas absurde d’avoir une attitude envers un enfant et une attitude différente envers un adulte
Disons que je constate que les tenants de la violence comme méthode de résolution des conflit ont tendance à composer en fonction du rapport des forces en présence.
De plus, l’histoire que vous tronquez fait l’impasse sur l’élément essentiel qui est la fin de l’histoire. Savez-vous comment ont évolué les deux enfants.
J’ai des employés. Je peux leur donner des ordres et ils obéissent. Et recommencer chaque jour. Ou je peux leur expliquer les tenants et aboutissants et faire en sorte que la fois d’après ils aient n’aient pas besoin d’un ordre.
Je préfère passer des heures à parler avec mon fils pour ancrer quelque chose, plutôt que le frapper pour obtenir une obéissance. De toutes manières le problème sera bientôt réglé sur le plan législatif…
Le langage n’est pas inné, il s’acquiert. C’est le rôle des parents (et d’abord de la mère, ne parle-t-on pas de "langue maternelle" ?) que d’apprendre à leurs enfants le sens des mots, et parmi les mots importants il y a le mot "non". Un geste (une tape sur les doigts, une secousse dans le bras, une fessée…) peut aider l’enfant à comprendre que "non" c’est "non". Appeler "violence" ce geste c’est ne plus savoir ce qu’on dit. L’interdire par la loi c’est sombrer dans le n’importe quoi.
Les relations d’un patron avec ses employés ne sont pas identiques aux relations d’un père ou d’une mère avec leurs enfants, même si on peut leur trouver des points communs.
Le point commun c’est le choix que l’on fait entre se faire obéir ou éduquer.
Quant à la fessée, si elle fait du bien et donne un plaisir particulièrement érotique à celui qui la donne, elle n’apprend strictement à celui qui la reçoit, sinon que le plus fort a toujours raison. Une leçon que l’enfant aura à cœur de mettre en pratique dans l’avenir.
Ceci dit, fessées et suppositoires étant les deux seules plages restantes où la ménagère de moins de quarante ans peut exprimer sa pédophilie, on ne va quand même pas la frustrer…
LOL
Je croyais qu’on parlait sérieusement…
Moi aussi, mais je croyais que l’apologie des châtiments corporels, ça n’existait plus que dans les sites SM…
14 ans.
Juste une chose, Philou, quel âge a votre fils ?
Je me suis trompé d’endroit pour la réponse. Il a 14 ans, mais je ne vois pas trop l’intérêt stratégique de l’info…
Je ne pense pas que l’on puisse éduquer de la même manière (et même avoir un rapport d’autorité puisque c’est ici le débat via la fessée) un enfant lorsqu’il a 3 ou 14 ans.
Bien sûr, les voies éducatives changent, mais à trois ans je ne lui donnais pas de fessées non plus, ni claques, ni martinet, ni… Rien que des mots, encore et toujours des mots, et un amour inconditionnel. Je suis de toutes manières incapable de frapper qui que ce soit, enfant ou adulte…
(et c’est lié à aucun traumatisme à cet égard !).
Je trouve ton témoignage pertinent et intéressant. Celà dit, je rebondis sur cette phrase: "homosexuel (ce que, à choisir, je ne préférerais pas)": où est le problème? (sauf si tu considères que dans notre belle société il est encore difficile voire problématique d’être homosexuel(le)…c’est pour prévenir ton enfant d’éventuels problèmes, ou de par tes opinions? (Et nonobstant, bien sûr, toute expérience personnelle qui ne regarde que toi, et que tu relates avec une admirable franchise).
Bien à toi.
W.
Texte en attente de relecture.
J’ai pas lu jusqu’au bout, mais franchement ce style me fait gerber. "L’enfant se laisse faire gentiment". Rien que cette phrase me hérisse le poil. Ça me donne envie de ne méchamment pas me laisser faire. Ce texte est gluant, visqueux et malsain. Il sent l’imperméable vert avec vue imprenable sur les mollets poilus.
Je vais aller prendre une petite douche…
Ca devient too much pour moi
Et connaître l’auteur ne m’interesse pas, Maxime. Je suis d’accord avec Philou "Ce texte est gluant, visqueux et malsain." D’ailleurs, je me désabonne des commentaires. J’espere ne plus revenir car rester commence sérieusement à ressembler à cautionner…
Connaissez vous la signification du terme DÉBATTRE ? Il semble bien que non.
Si pour vous DÉBATTRE c’est:
"J’exprime ma position, laquelle est une vérité intangible et je vous demande d’y croire tel que, à défaut, passez votre chemin, il n’y a rien à voir"
Je ne puis évidemment être d’accord avec cela.
Si, par ailleurs, le terme DÉBATTRE devient pour vous l’exact synonyme de CAUTIONNER, c’est que vous commencez singulièrement à manquer d’argument !!
Vous souhaitez ne plus participer à ce que j’ai cru être jusqu’à présent un débat, libre à vous, nous sommes encore en démocratie que je sache (enfin plus tout à fait, mais cela, c’est un autre débat !)
Personnellement, débattre du bien ou mal fondé de la pédophilie ne m’intéresse pas. Ce n’est pas pour ça que je suis resté ici. Je me suis arrêté parce que j’ai été touché par le premier témoignage et que je trouvais intéressant de parler de la façon dont notre confrontation à la loi, écrite ou orale, pouvait bouleverser nos vies, pas pour débattre du bien-fondé de la loi elle-même que je ne remets pas en cause. Votre intervention ne relève pas de la liberté d’expression, mais elle est tout simplement déplacée ici, à mon goût. Si j’ai envie de débattre du fond de la pédophilie (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), j’irai chercher les lieux de discussion appropriés.
Edit : Je répondais à Maxime ci-dessus mais mon message ne veut pas s’imbriquer.
Tout est question de rester dans le cadre du débat. Je doute fortement qu’en publiant le texte d’Anonyme Relatif Maître Mô ait tenu à lancer la discussion dans le sens que vous lui donniez avec ce texte, sa réponse à l’Autre Anonyme étant assez éloquente à ce niveau. Le choix du mystérieux modérateur me parait donc être le seul possible vu la lourde responsabilité que le Maître lui a laissé et je l’approuve d’autant plus qu’il m’a semblé (mais je peux me tromper) qu’une bonne part du contenu tombe sous le coup des lois qui limitent cette liberté d’expression dont vous vous revendiquez. Cela dit je ne suis pas juriste.
Ce texte m’a aussi mis mal à l’aise, parce qu’il semblait émaner de quelqu’un de très sûr de son point de vue, lequel semble pourtant cautionner quelque chose à la fois dangereux et illégal. Pourtant, certains aspects concernant la description de la pédophilie, la façon dont elle est vécue et l’image qui en est faite dans l’inconscient collectif m’ont parus dignes d’intérêt. Une sélection d’extraits en rapport avec le sujet plutôt qu’un ensemble laissant l’impression d’une apologie d’un goût douteuse aurait peut-être été pertinente.
Par contre, j’ignore ce que vous avez voulu préserver comme suspense, mais pas de source et pas d’informations sur l’auteur c’est totalement impossible… Sur un sujet pareil il faut d’autant plus savoir qui parle et d’où pour que les mots aient du sens.
[Edit : Messages toujours pas imbriqués]
Après avoir relu le mail avec le texte que vous avez posté, je confirme qu’à la relecture que les formes prudentes de mon message précédent étaient inutiles. Certains rares passages sont intéressants, mais le gros du texte et surtout sa trame principale est inacceptable. Parce qu’il n’ouvre pas le débat, parce qu’il soutient sans l’ombre d’un doute sa… je n’ai pas de mot. Thèse? Vision?
Et effectivement, la forme de l’écriture est effrayante aussi. Toutes proportions gardées cela me fait penser aux tracts qui pourrait être publié par une secte et le mot "propagande" qui a été utilisé ne me parait pas excessif.
Il n’est pas sûr qu’une telle brochure soit la meilleure publicité que vous puissiez faire à votre cause… et certain qu’elle n’avait rien à faire ici.
Pour débattre, il faut commencer par ne pas hurler.
Réponse a 83
Pour débattre, il faut commencer par ne pas hurler.
Bof, non, on peut rester justement comme rempart, aussi… Et quoique l’on puisse reprocher à votre virulence passée, vous avez un mérite : ne pas céder un pouce de terrain. Peut-être qu’au final, c’est en restant que vous arriverez à faire une brèche dans les logiques en présence ?
J’exprime le souhait que ce texte de Maxime soit retiré de ce Blog : ce n’est qu’un acte de propagande qui n’a rien à faire ici…
Je répète à l’intention spécifique de Philou que ce texte n’est pas de moi, pour autant qu’il existe et qu’il mérite d’être lu !
Que faites vous de la liberté d’expression ? Il est vrai que le censurer serait bien plus commode !! (Voilà qui est fait ! Lorsque Maître Mô reprendra le contrôle de son blog, il pourra toujours lire votre 1er message et éventuellement le remettre en ligne.) Faut pas être dérangeant dans ce petit monde si bien formaté !!
Si lire ce texte vous répugne de la sorte, vous n’y êtes pas obligé, mais cela peut en intéresser d’autres, moins obtus et plus enclin à rechercher à se forger sa propre opinion.
La censure était aussi, que je sache, une des méthodes de prédilection de ceux dont vous parlez si aisément !
et si vraiment ce débat d’idée vous devient par trop dérangeant, vous n’êtes là encore pas obligé de le suivre …
Vous dites que ce texte "mérite d’être lu". Je vous laisse la responsabilité de cette affirmation, mais ici il serait dommage de donner dans le procès d’intention. Si vous le voulez bien, peut-être pourriez-vous préciser un peu votre rapport aux écrits que vous avez voulu porter à la connaissance du public restreint mais plutôt ouvert d’esprit de ce blog.
Sur le texte lui-même, j’aurais beaucoup de questions mais il me parait contraire à l’intention du modérateur d’en parler alors qu’il a été supprimé (sans compter que c’est désagréable pour les autres). Juste une petite question "personnelle" donc :
Adhérez-vous au contenu, et plus particulièrement au type de changements sociaux que l’auteur propose? Pensez-vous que vous auriez pu l’écrire? Si oui, dans les même termes?
Il est courageux de témoigner comme vous le faites, peut-être le serait-il aussi d’assumer vos opinions sans se cacher devant un auteur inconnu, ou au contraire de dénoncer fermement toute l’indécence de cette brochure (quelque soit l’intérêt de certains passages par ailleurs) afin que ceux qui l’ont lu puissent comprendre le sens de votre démarche.
Ha, j’ai compris de quoi il s’agit en fait, bien que je sois arrivé trop tard pour lire le texte de Maxime. La citation faite par Philou me permet de confirmer la chose : il s’agit d’une brochure publiée par une association de planning familial néerlandaise à la fin des années 70. On le sait assez bien quand on relit la presse de l’époque (Libération par exemple), ou quand on se rappelle du fameux bouquin de Cohn-Bendit qui a fait scandale : les années 70 ont été une période pendant laquelle sont apparues en europe de fortes revendication de "libération de la sexualité de l’enfant", et de défense de la pédophilie (passage à l’acte compris). Il faut se rendre compte que les Pays-Bas sont un pays dans lequel ce mouvement et cette mentalité étaient beaucoup plus forts et avaient conquis beaucoup de sphères intellectuelles.
Vu la différence entre les Pays-Bas en 1979 et la France de 2009, cette brochure n’a aucun autre intérêt que purement historique à mon avis. Pour le reste, à mon sens, c’est un texte assez provoc et plutôt mal écrit (ou mal traduit je ne sais pas) qui réplique à des dogmes mal démontrés par une série d’autres dogmes au moins aussi mal démontrés, sur un air de "on vous a tout caché et vous avez été trop bête pour le voir, mais nous on a la vraie vérité vraie et on va vous la dire" – mouais. Pour ma part, ça me provoque essentiellement un haussement d’épaules. Quelques passages qui pourraient être intéressants, mais l’aspect jusqu’au boutiste, affirmé sans être démontré, non-sourcé, non-prouvé de la chose, font que le texte se décrédibilise de lui-même et quand bien même on aurait envie d’approuver le message général, c’est tellement mal dit que ça ne peut pas emporter l’adhésion de qui que ce soit.
Ceux qui défendent l’idée de l’innocuité du sexe avec un enfant ont parfois des arguments ou des sources qui peuvent donner à réfléchir, en tout cas qu’il est intéressant de connaitre avant de se forger sa propre opinion. Pour moi, ce texte n’en fait pas partie.
J’ai une question pour Anonyme Relatif (ou l’un ou l’autre des personnes ayant admis ici des attirances pédophiles).
Vous évoquez votre attirance pour des personnes pré-pubères, et spécialement elles. Que ressentez-vous par rapport au fait que cet enfant ou adolescent va nécessairement devenir un adulte ? N’aspirez-vous pas à vivre un amour durable ? Comment conciliez-vous vos aspirations et attirances ? Celles-ci ne vous enchaînent-elles pas dans le monde Peter Pan, où personne ne devrait jamais grandir ?
Deux fois la même question, à peu de choses près. Je vous renvoie surla discussion qui a eu lieu suite au commentaire 18 où ces questions sont abordées.
J’ajouterais, au cas où il restait une incompréhension, que je ne conçois pas le fait qu’une personne soit pré-pubère comme un trait physique, comme pourrait l’être la couleur des cheveux par exemple. Pour schématiser très grossièrement, disons que pour moi, dans les processus mentaux que sous-tend une orientation sexuelle, il n’y a pas deux, mais quatre sexes : l’homme, la femme, le garçon et la fille. Je suis attiré par les garçons, les hommes sont aussi étrangers à mon orientation sexuelle qu’ils le sont à celle d’un homme hétérosexuel, même s’ils sont techniquement, biologiquement, du même sexe (masculin). C’est même ce qu’il y a de plus étranger. (dans l’ordre, ce qui est le plus proche du garçon à mes yeux est la fille, puis la femme, et en dernier l’homme).
Mais bien sûr, cela reste une version schématique des choses, en pratique c’est beaucoup plus complexe (par exemple: un adolescent déjà bien pubère au point d’être considérable comme "homme" mais gardant des traits un peu juvéniles peut m’attirer infiniment plus qu’une femme mature ne le pourra jamais).
Reste que pour moi on est loin du simple trait physique. Il y a, je pense, au moins autant de différences entre un garçon et un homme, qu’entre un homme et une femme. C’est assez logique quand on y pense : il y a sûrement au moins autant de différences entre "personne qui n’a pas les caractères sexuels secondaires" et "personne qui a les caractères sexuels secondaires masculins" qu’entre "personne qui a les caractères sexuels secondaires masculins" et "personne qui a les caractères sexuels secondaires féminins". Ce qui est le plus étonnant, finalement, c’est sans doute que je sois attiré par les garçons alors que les fillettes ne me font que très peu d’esprits : les deux appartiennent pourtant à la catégorie des "personnes sans caractères sexuels secondaires" : je suppose que l’éducation et les différences de looks conditionnent beaucoup cette particularité, en créant une différence culturelle entre garçon et fille là où elle n’existe que peu au naturel.
Pour le reste, comment on envisage l’apparition des caractères sexuels secondaires chez l’être aimé quand on est pédophile, je vous renvoie au lien donné en début de message. Je ne peux dire mieux que ce que j’ai dit dans mes quelques messages sous le commentaire 18.
J’espère avoir éclairé – un peu – votre lanterne.
Merci pour votre réponse rapide, je vois que nous partageons les nuits d’insomnie sur la Toile.
Je trouve, pour ce que cela vaut, que vous vous débattez vigoureusement et bravement avec vos démons et vos doutes, que vos interrogations et les réponses qui vous sont apportées ici ouvrent des perspectives, j’espère que cela vous aide.
J’ai des doutes quant au caractère immuable et figé de la nature "déviante" de votre attirance, et la lecture de vos réponses au commentaire 18 me conforte dans l’idée que vous êtes en cheminement, et qu’amoureux les choses pourraient être très différentes de ce qu’elles sont à l’heure actuelle. De plus vous me semblez tout à fait sensible aux souffrances que vous pourriez infliger, et capable de ne pas le faire.
Je vais rejoindre mon oreiller et méditer un peu sur le fait que mes points de vue aussi bougent. Éducatrice de métier, ayant côtoyé des victimes mineures, des jeunes mineurs prostitués bousillés par les "michetons", je ne pensais pas pouvoir dire un jour à un jeune homme se déclarant pédophile qu’il m’était néanmoins sympathique, et qu’il me touchait.
Bonne nuit.
Je suis hétéro (surtout) et j’aspire "vivre un amour durable". N’empêche que, dans la pratique, j’en suis à mon second mariage et à ma troisième grande aventure sentimentale avec vie commune et reproduction. Sans compter les périodes réduites à faire des virements à la fin du mois. Si l’on passe de l’évocation des délices de la vie conjugale aux tristes réalités statistiques, je dirais que la moyenne corrigée des variations saisonnières de mes aventures conjugale est de 7 ans. Et je pense être plutôt dans la fourchette haute de mes concitoyens. Comme disait l’autre "nous vivons dans une époque moderne". En plus, il me revient avoir lu que de très sérieuses études scientifiques (elles sont toujours scientifiques donc très sérieuses) établissaient que la durée de la phase "amoureuse" d’une vie de couple ne pouvait biologiquement excéder trois ans, ce qui correspondait à une programmation de la nature qui (et oui, je vais tout mettre dans une seule phrase), dans son immense sagesse, avait prévu de garantir un maximum de chances que le couple reste apairé le temps de l’élevage du premier enfant durant les trois années où il est totalement dépendant de ses parents, notamment pour la nourriture. Notons, si j’observe l’état du développement de mon fils à trois ans, qu’il me paraissait peu apte à assure sa survie alimentaire, mais c’est un autre débat. Je voulais simplement dire que l’argument de la longévité des couples hommes-enfants, ne me paraît pas si nettement en faveur de l’hétérosexualité. Et puis il me semble qu’il y a une légère contradiction à vouloir interdire aux pédophiles leurs relations avec les enfants, tout en leur reprochant leur inéluctable brièveté.
Question de pure curiosité : existe-t-il quelque part une étude (scientifique et sérieuse) qui se pencherait sur le cas des couples qui se seraient formés dans un cadre "pédophilique" avant de s’installer de manière stable à l’âge adulte. Est-ce une réalité ou des exceptions ?
Une étude je ne sais pas. La seule chose que je peux dire, c’est que tous les couples pseudo-pédophiles (c’est à dire qui se sont formés quand le ou la partenaire avait 13 ans environs) de mon entourage "tiennent" depuis un sacré bout de temps (40 ans pour le plus ancien). Je dois préciser que ce sont tous des couples hétéros, et que je ne parle que de ceux dont j’ai eu connaissance, souvent longtemps après le "début de l’histoire", quand elle était devenue légale. Donc, finalement, que je n’ai connu que ceux qui ont tenu. C’est un peu le serpent qui se mord la queue…
(En ce qui concerne les gamines enceintes en foyer de garçons en prisons pour les avoir engrossées, j’en ai connu plusieurs qui se sont mariées après avec le père de l’enfant, mais était-ce parce qu’il y avait un enfant, parce que les liens amoureux avaient été resserrés par l’épreuve ? Je n’en sais rien. Je me pose la question.)
(bravo pour le 500ème message sur le sujet !)
Je ne sais pas si on peut amalgamer une relation sexuelle homme/fille pubère et homme/garçon impubère (ou l’inverse…). Je vais peut-être dire une énormité, mais il me semble qu’un couple adulte / fille pubère (non incestueux et basé sur un souhait mutuel) n’enfreint qu’un interdit social récent, pas un tabou ?
Je suis d’accord avec vous, mais visiblement pas tout le monde ici. Donc, j’ai répondu "au sens large". Au sens "pédophilie selon la loi française" (et même selon la loi belge) et non au sens physiologique. Mais l’un de ces couples (le plus ancien, celui qui scandalisait mes parents) était un couple femme (mère et divorcée en plus !) / garçon pubère.
Sur les couples hommes/enfants impubères, je ne peux malheureusement rien vous dire, parce que je n’en ai jamais connu. Sauf à considérer que des viols fondent un couple. Je ne veux pas dire qu’il n’y en avait pas dans mon entourage. Il y en avait peut-être, mais dans ce cas ils étaient bien cachés.
Je n’en ai pas connu non plus, mais à croiser de temps à autres des couples homos ayant une nette différence d’âge, je me suis déjà demandé à quel âge ils s’étaient rencontrés, mais de là à leur poser la question, comme ça…
Bonjour,
Une petite question me reste en tête après avoir lu une bonne partie des commentaires et des réponses d’AR.
AR, il me semble que vous définissez votre attirance physique pour les adolescents prépubères comme la composante essentielle et presque certainement immuable de votre "futur amoureux" Vous parlez aussi à un moment de pédophiles qui expliquent avoir été amoureux de leurs victimes. Sur quoi ce base cet amour selon vous ? Je m’interroge car, à titre personnel, le physique de mon partenaire actuel, même s’il me convient, n’a pour moi que peu d’importance comparé à notre complicité, notre entente intellectuelle, notre vision commune de nos vies. J’admets que mon attirance reste de nature hétérosexuelle (bien que je puisse trouver une femme attirante) et que même si le physique change je suis essentiellement attirée par les hommes. Toutefois, je ne suis pas attirée par un partenaire au sens figé du terme, une image d’un partenaire qui resterait similaire au fil des jours, des mois.
Comment envisagez vous d’avoir une relation à long terme un jour, peut-être une vie de couple ? Vous ne pouvez manifestement pas "conserver" le physique de votre compagnon dans du formol. Comme dans n’importe quel couple, vous faites face aux transformations physiques, au vieillissement, aux rides communes, et le corps de votre partenaire devient un peu moins celui d’un éphèbe.
Pensez-vous que votre "amour" ne se base que sur la qualité physique de votre partenaire ? Envisagez-vous qu’une relation amoureuse puisse vous faire évoluer sur le sujet de la pédophilie? Que vous puissiez, pas à pas, et par amour, ne plus voir que le corps qui aurait vieilli, mais voir la personne à travers ce corps, et l’amour qu’elle vous porte et rester attiré par elle?
edit : Oh Incarnare, je crois que nos interrogations se rejoignent ^^.
La question ne s’adresse pas à moi, mais tant pis. D’ailleurs je ne vais pas y répondre mais faire un commentaire. Si on ramène la pédophilie à une orientation sexuelle, pourquoi ne voir dans le pédophile qu’un être attiré par la forme du partenaire et non par une globalité ? Transposition : si on va jeter une coup d’œil (uniquement dans un souci scientifique) sur des sites porno hétéro et gays, on trouve essentiellement des "artistes" ayant 18 ans tout juste, dont on s’arrange surtout pour laisser suggérer qu’ils en font moins. Doit-on en déduire que l’homme ne peut s’attacher qu’à des partenaires de 18 à 20 ans ? Ça me fait penser à mon fils (qui a visiblement passé la phase œdipienne) qui me demandait très sérieusement l’autre jour comment je pouvais avoir encore envie de faire l’amour avec ma femme (qui se trouve accessoirement être sa mère) alors qu’il y a tellement de jolie jeunes filles de par le monde. A part ça, il est adorable.
Peut-être parce que la façon dont Anonyme Relatif nous en parle nous incite à croire que cela tient davantage à l’aspect extérieur ? Pas seulement mais davantage. Dans un précédent commentaire (très très loin) je lui demandais s’il n’avait pas envie ainsi que vous le dites de vivre avec l’être aimé sous-entendant par là un engagement de durée a priori incompatible avec son désir sexuel. Il m’a répondu que n’en n’ayant pas l’expérience, il ne pouvait me répondre. Qu’il ne puisse me répondre avec certitude sans l’avoir vécu, ok, mais une envie on sait si on l’a ou pas. Je crois que tous ici quelle que soit notre orientation sexuelle, nous désirons que l’amour que nous vivons dure le plus longtemps possible et au début toujours c’est pas assez. Ensuite c’est autre chose.
Bon maintenant, Anonyme Relatif est jeune et pas forcément à un âge où amour toujours fait rêver. Que ça reste entre nous, mais j’ai l’impression, malgré la maturité dont il fait preuve, d’entendre parfois un adolescent. Ce qui n’a rien de honteux à son âge, quand on sait qu’un homme rentre dans l’âge adulte six mois après son décès.
Ok je sors.
"(…) on sait qu’un homme rentre dans l’âge adulte six mois après son décès."
Eh bien, voilà qui résoud la question : si tous les hommes ne sont que des enfants, ben y’a plus de pédophiles, ce ne sont que des garçons jouant entre eux à des jeux bien innocents ?
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ce n’était qu’une boutade même si je demeure persuadée avoir deux enfants à la maison et pas seulement un.
Une loi existe qui interdit tout rapport sexuel entre un adulte et un mineur de moins de 15 ans. Et je pense qu’elle est tout à fait adaptée car l’âge du premier rapport sexuel s’établit à 17 ans que ce soit pour les garçons ou les filles selon l’INED.
L’âge moyen selon les sondages. Pas l’ "âge". Pour certains c’est plus tôt, pour d’autres beaucoup, beaucoup plus tard. Je me demande d’ailleurs combien de ceux-là ont le cran de dire la vérité aux sondeurs.
Maintenant, la loi est la loi et faut faire avec.
(Non, Maître, je ne suis pas un être humain).
"Ce n’était qu’une boutade même si je demeure persuadée avoir deux enfants à la maison et pas seulement un."
Donc, psychologiquement, quand vous faites l’amour avec votre mari, vous le faites avec un enfant, donc vous êtes pédophile ?
(vous n’avez pas le monopole de la boutade…)
Un smiley permettrait d’en être sûre.
Rien n’est plus délicat que l’interprétation d’un écrit. On ne voit pas le visage, son expression, les sourires éventuels, …
Pas de smiley oblige à entrer dans la psychologie de son correspondant. Je trouve ça plus drôle que les émotions pré-mâchées. Vous imaginez Desproges en train de rigoler ?
"(…) car l’âge du premier rapport sexuel s’établit à 17 ans que ce soit pour les garçons ou les filles selon l’INED."
J’ai toujours été surpris de cette statistique, car quand j’interroge des gens autour de moi, ils donnent des âges très nettement inférieur. Et j’ai pas l’impression de vivre dans un milieu particulièrement "libéré"…
Idem.
Mais entre la réalité et ce que l’on dit à un enquêteur, particulièrement sur un sujet aussi "intime", il y a de la marge.
N’empêche : 17 ans comme âge moyen, c’est possible, entre ceux qui commencent avant, et ceux qui commencent après (les "loosers", les "coincés" selon la mentalité actuelle).
… j’ai salement plombé la moyenne…
personnellement je déteste etre dans la moyenne. Je préfère etre au-dessus…
Moi, j’aime qu’il y ait de la variance dans l’écart-type…
@ philou
mais plus il y a de variance, plus le risque alpha ou beta va croitre…
Z’avez été sondé ?
Maintenant, franchement, si un enquêteur était venu vous voir, vous lui auriez dit la vérité ?
J’ai tenté une fois le coup. Don du sang. Questionnaire. Je coche la case "avez-vous eu des relations sexuelles homo". Le médecin parcours le questionnaire, s’arrête "ah, vous avez eu des relations…" ; "Oui" ; "il y a longtemps ?" , "Pas mal, j’ai commencé à six ans". Le médecin, ravi, "Mais les trucs entre enfants, ça ne compte pas !" ; "Il était adulte !" Silence…."Je suis désolé…" ; "de quoi ?" ; "ben, pour ce viol…" ; "Ben qui vous a dit que j’ai été violé ?" ; "C’est vous qui m’avez dit que…"
Vous voyez le genre ? J’ai arrêté de cocher la case…
Chère Inconnue,
Avez-vous lu le commentaire 18.1.1.1.1 ?
Oui Valentine, mais la pédophilie à côté de la lui-o-philie, comme l’écrit Anonyme Relatif, ne me semble toujours pas correspondre à l’amour inconditionnel.
Toutefois, il semble avec votre commentaire et celui évoquant les couples qui vivent un accident avoir perçu, malgré le manque d’expérience qu’il évoque, que ce qui lui paraissait inenvisageable au début de ses interventions pourrait peut-être le concerner un jour.
Je ne suis pas sûr que l’amour inconditionnel concerne beaucoup de monde. Ce que j’ai expliqué sur le fait qu’il y aurait non pas 2, mais 4 sexes, permet de mieux l’appréhender.
Car soyons franc : Beaucoup d’hommes auraient un sérieux problème à appréhender l’avenir de leur couple s’ils savaient leur femme est atteinte d’une maladie qui fait que petit à petit, elle va se transformer en homme, littéralement (aussi bien physiquement que mentalement). Beaucoup vous diraient, je pense, la même chose que moi : qu’ils ne savent pas comment ils réagiraient et comment évoluerait leur amour, et qu’ils ne pourront que voir "sur pièce".
L’évolution à laquelle fait face un pédophile amoureux d’un jeune garçon est de même ordre.
Moyenne, la métaphore… Grandir, pour un enfant, ce n’est pas une maladie !
Quatre sexes, je veux bien écouter. Vous pourriez expliquer comment se caractérise le "sexe garçon" et en quoi il vous semble complémentaire ou conjugable, je ne sais pas comment dire, avec le "sexe homme" ?
J’ai utilisé la métaphore de la maladie non-pas parce que je considère la puberté comme une maladie, mais parce que c’était à peu près la seule façon crédible d’imaginer qu’une femme se transforme en homme autrement que par une opération chirurgicale majeure (ce qui implique un choix et un changement immédiat/radical). La puberté n’est pas comparable à une opération de changement de sexe. Elle est un processus d’évolution biologique inéluctable qui change une personne de façon progressive mais radicale.
Pour les 4 sexes, j’en ai parlé auparavant. Le plus probable est qu’il y en ait en fait 3, mais qu’une différenciation sociale entre garçon et fille amène une différenciation dans les attirances.
Pourquoi un homme hétérosexuel aime-t-il les femmes, et non les hommes ? Biologiquement, la différence principale entre une femme et un homme, hormis ce qui a trait direct à la génitalité, ce sont les caractères sexuels secondaires. Une femme a une voix différente d’un homme, une pilosité différente, un grain de peau différent, elle a des seins qu’un homme n’a pas, une silhouette différente, des traits de visages différents… c’est ce qui fait qu’un homme hétéro remarque direct quand il parle à un autre homme, et que cela ne le branche pas de flirter avec et d’envisager de partager des moments, disons "intimes", avec.
Un enfant n’a carrément pas de caractères sexuels secondaires. Il est donc très différent d’un homme (et d’une femme). Du point de vue des caractères sexuels secondaires d’ailleurs, la femme en a à bien des égards des moins visibles que les hommes, ou plus proches de l’enfance (au niveau du grain de peau et de la pilosité par exemple), ce qui fait que beaucoup de gens n’étant pas pédophiles exclusifs préfèrent encore les femmes aux hommes. Je connais des gens qui se sentent hétéro et pédophiles attirés par les garçons, mais pas du tout homos.
Un enfant a donc une silhouette qui lui est propre, une voix qui lui est propre (et on aurait vraiment tort de croire qu’elle est comparable à celle d’une femme sous prétexte qu’elle est aiguë), un grain de peau qui lui est propre, une pilosité qui lui est propre… sans parler des différences de développement génital (car on sort là du cadre des caractères sexuels secondaires). Même le squelette est très différent ! Au point que quand les scientifiques découvrent des squelettes humains, ils peuvent définir s’il s’agit d’un adulte homme, d’une adulte femme, ou d’un enfant… mais ils sont incapables de définir le sexe de l’enfant à partir du squelette alors qu’ils le peuvent sur les squelettes d’adultes.
Il y a, je pense, autant sinon plus de différences entre un garçon et un homme qu’entre un homme et une femme, car si le garçon est muni d’un pénis, au niveau des autres éléments qui forment la différence des genres, les différences entre homme et garçon sont énormes.
Et inutile de revenir sur la différence psychologique entre un enfant et un adulte : elles sont l’évidence même dans ce débat, puisqu’elles sont la justification même de la condamnation de la pédophilie.
Êtes-vous certain de savoir comment vous réagiriez si vous appreniez que votre femme va progressivement voir sa voix s’agraver jusqu’à devenir plus grave et plus profonde que la votre, qu’une moustache et une barbe vont progressivement apparaitre, de même que des poils sur le torse et le ventre, torse qui va changer puisque ses seins vont être progressivement remplacés par des pectoraux, que sa peau va devenir plus dure, que son squelette et sa silhouette vont évoluer jusqu’à ce qu’elle devienne aussi imposante que vous, et qu’elle va se mettre petit à petit à vivre, réfléchir, penser comme un homme (avec les mêmes passions, la même façon de réagir, le même humour que vos collègues mâles, etc.) ? Même en admettant qu’il ne lui pousse pas de pénis (mais en imaginant que son vagin va changer sensiblement au point de devenir "autre chose", de presque méconnaissable).
Peut-être que vous réagiriez bien car vous êtes quelqu’un d’ouvert, que vous avez déclaré si je ne m’abuse rester 10% homo, tout ça tout ça. Mais je pense qu’un paquet d’hommes se poseraient beaucoup de questions si on leur annonçait qu’il est inéluctable que leur femme vive de tels changements.
Or, si vous réfléchissez à ce qui sépare l’enfant de dix ans de l’homme de vingt cinq ans, vous remarquerez que les changements sur le corps et l’esprit sont guère moins spectaculaires qu’entre l’homme et la femme.
Je ne suis pas sûr que votre question sur le "changement de sexe" ait vraiment de l’intérêt. En tous cas dans cette discussion. Il me semble que la base d’une relation sexuée et amoureuse entre adulte, c’est d’aimer l’être tel qu’il est. C’est un amour "statique", la seule modification censée s’inscrire est celle du temps, mais qui frappe les deux partenaires dans la même mesure. Il est dès lors naturel qu’un changement radical comporte une certaine trahison du contrat de départ. Si ma femme double de volume ou le divise par deux (je ne veux pas me fâcher aussi avec les obèses, ils sont de plus en plus nombreux), il y a remise en cause du contrat et un nouveau choix à faire. Il me semble que l’amour pédophile que vous défendez est un amour qui s’adresse à un objet dynamique et non pas statique, et que nombreux sont les pédophiles qui mettent ça en avant en premier. L’évolution du garçon est donc une donnée sur laquelle se fonde la relation ? Il me semble qu’il y a contraction entre le fait de déclarer est celui qui accompagne l’évolution et rejeter l’enfant dès lors que cette évolution se produit… J’ai jamais vu un pédophile rabattre ses choix sur un nain… (j’espère qu’il n’y a pas de nains ici…)
En fait, vous n’avez pas répondu à l’aspect de votre point de vue qui m’intéressait. Quand vous avez parlé du garçon comme espèce sexuée isolée des autres humains, je ne pensais pas que vous l’entendiez uniquement en tant qu’objet d’un désir sexuée, mais aussi comme individu ayant sa propre sexualité "active", différenciée des autres. Mais j’ai sans doute mal compris.
Ah, à la réflexion, si ma femme se transformait en homme disons, deux jours par mois, je serais… comblé…
Si je comprend bien ce que vous voulez dire, il y aurait un type amour qu’on qualifierait de "statique" (un amour pour une personne censée ne pas vivre de transformation de façon significative), et un type "dynamique" (un amour pour une personne dont la future transformation fait partie intégrante de l’existence, et qui ne peut donc être évacuée au début de la relation). Le type d’amour est conditionné par le sujet du sentiment amoureux qui est "statique" ou "dynamique" : un enfant est dynamique (il va devenir un adulte) tandis qu’un adulte est censé être statique (il peut lui arriver quelque chose comme un accident, mais a priori on part du principe que non).
Du coup la question qui se pose est : "L’amour du pédophile est-il dynamique (auquel cas il est compatible à long terme avec la personne dont il est amoureux), ou statique (auquel cas il y aura tôt ou tard des questions à se poser, qui n’impliquent pas forcément la fin de la relation – comme à la suite d’un accident dans un couple hétéro – mais qui pourraient le faire) ?"
Je ne m’étais jamais posé la question en ces termes. Et je crois que je l’approuve, même s’il me pose pour légère difficulté l’idée qu’apparamment, je ne vois pas quel autre type d’amour peut-être dynamique à part l’amour pédophile.
J’approuve ce que j’ai compris de votre façon de présenter les choses, donc. Pour autant, je n’ai pas de réponse à votre question. Je ne peux pas vous dire si mon amour est statique ou dynamique. Je ne ressens pas de réponse intuitive, et je ne peux vous faire part non-plus de mon expérience, faute d’avoir vu un garçon dont je suis tombé amoureux grandir suffisamment pour que la question se pose de façon concrète.
Merci, vous avez bien reformulé les choses, même si vous n’avez pas les réponses. Ma question allait encore au-delà. Vous avez lancé le concept de "4 sexes", en citant celui de "garçon". Pour moi, un individu sexué est tour à tour objet de désir et sujet de son propre désir. J’ai bien compris le regard que vous posiez sur le garçon "objet" du désir de l’adulte, mais pas celui de sujet de son désir. En gros, selon vous, le garçon a-t-il une manière d’aimer et de regarder le monde distincte des autres catégories sexuées que vous citez. Je ne sais pas si je suis clair. En fait, on ramène toujours tout à soi, et si ça m’intéresse, c’est que je ressens toujours un besoin de normalité, et donc de savoir si ce que j’ai vécu fait de moi un pervers précoce faisant exception ou un garçon qui a pu, par un concours de circonstance favorable, aller au bout de lui-même. Bien sûr, c’est moi qui répond, pour moi-même, à cette question, c’est votre vision garçonnière générale qui m’intéresse. C’est vous qui avez lancé cette notion de garçon = sexe à part, et j’aimerais que vous le développiez dans les différents aspects.
Je ne tiens pas à parler à la place des garçons eux-même, d’autant que ma vision a des chances raisonnables d’être viciée par mes propres désirs.
Mais je comprends votre question. Je ne pourrais y apporter une réponse ultra précise mais je pense, comme vous, que chaque "sexe" a sa sexualité qui lui est propre, et que c’est le cas pour le garçon, qui a une sexualité différente de celle des adultes (c’est encore un lieu commun de le dire), et des filles du même âge.
Et quand je dis sexualité, je ne parle pas que de la façon dont ils appréhendent la façon de se servir de leur zizi. Mais plus généralement de leurs attirances, de leur façon d’envisager le contact charnel, de leurs ressentis, etc.
Si je devais comparer la sexualité garçonnière à la sexualité des hommes, je commencerais par reprendre une métaphore déjà employée ailleurs, celle de la gourmandise et de la faim. En matière érotico-affective, un homme a "faim" à partir de la puberté tandis qu’un garçon est plutôt gourmand. Je puis me tromper mais il me semble que la sexualité pré-pubère est moins pulsionnelle.
Je pense, aussi, qu’il y a une dimension ludique beaucoup plus important. Je parle pas seulement de jeux sexuels, mais bien d’une vision globale.
A mon avis, une erreur commise couramment par les pédophiles est de s’imaginer que leur attirance pour les garçons peut être réciproque. Je pense qu’elle ne peut pas l’être. Ca ne veut pas dire que le garçon ne peut avoir aucune attirance attention, ça veut dire qu’elle est différente. Ca veut dire qu’un garçon, quand bien même il prétendrait être amoureux d’un adulte, ne met pas exactement les mêmes choses derrière ce mot que ne le fait l’adulte. Il y met, sans doute, des sentiments, forts parfois même, mais pas les mêmes.
Ca veut dire aussi qu’il n’est pas possible à mon avis de s’envisager "en couple" avec un garçon. Même pas en couple platonique (je l’ai dit, je parle là de sexualité au sens beaucoup plus large que la sexualité génitale, un peu à la manière psychanalytique).
Enfermer un garçon dans un modèle de "couple" adulte est une fumisterie, même si c’est purement platonique, ne serait-ce que parce qu’un enfant a besoin de multiplier les expériences, les rencontres, les interactions, pour se construire, et qu’un couple, mine de rien, ça reste relativement "enfermant". C’est valable d’ailleurs y compris pour un jeune ado en cours de puberté ça je pense.
Hors de toute considération morale sur l’ascendant de l’adulte etc. – qui ne sont pas des sujets à prendre à la légère mais que j’évacue volontairement de CE post pour exprimer un point de vue plus général – je pense que la relation pédophile a quelque chose de très spécifique, parce que clairement, un enfant n’est pas un adulte, un garçon n’est pas un homme (ni une petite fille).
Dans l’hypothèse d’une relation amoureuse entre un garçon et un homme, il y a toute une part de relation amoureuse ordinaire, mais aussi je pense tout une part de relation adulte-enfant plus conventionnelle (éducative, presque "filiale") qui n’est pas à négliger. Le garçon est naturellement conditionné par ses rapports aux autres adultes qui ne se considèrent quasiment jamais comme ses égaux : je ne parle pas forcément d’ascendance même si ça joue, mais aussi de responsabilité (un garçon a l’habitude que ce soit l’adulte qui prenne les responsabilités et pas lui). De ce point de vue, l’autre stupidité qui pourrait être commise, ce serait de se prendre pour une espèce de père : l’enfant d’un autre est l’enfant d’un autre. On peut devenir son complice, son mentor, son ange gardien, mais il faut prendre garde à ne pas prendre de place indue auprès de lui, et ne surtout pas chercher à le faire.
A mon avis, ces deux éléments de la relation sont très imbriqués, et forment une alchimie qui dépasse la somme des parties.
Je ne suis pas sûr d’avoir répondu à votre question en fait, mais je pense que cela tient en partie au fait que votre question reste assez vague et qu’il y en a des tonnes à dire, sans que les choses ne soient vraiment objectivables ni démontrables.
Mon sentiment général est qu’hormis le fait qu’un garçon soit moins dans le classique "préliminaires-coït-dodo ensemble" que l’adulte, il a aussi une façon qui lui est propre de tisser ses liens affectifs, il a aussi des symboles qui lui sont propres et n’attachera pas d’importance aux mêmes choses, et il n’a pas les mêmes besoins pour être épanoui sur ce plan.
Bien entendu, être "différent" ne veut pas dire incompatible (la femme et l’homme sont différent mais ont démontré avec les millénaires une certaine forme de compatibilité), ça ne veut pas dire le contraire non-plus (j’ai tendance à croire, en fait, la fille beaucoup plus incompatible que le garçon – mais encore une fois mon regard est sans doute en partie vicié).
Je ne sais pas si ma réponse correspond à ce que vous attendiez. Mais si vous avez l’impression que c’est flou et "hors-sujet", je vous suggère de reformuler avec des questions plus précises/directes, car la dissertation sur un sujet général est un exercice que je maîtrise fort mal.
Je n’ai pas de réflexion théorique sur le sujet. J’ai pris une journée pour essayer de laiser résonner vos propos en moi et voir ce que ça éveillait de ma propre enfance, et ce que je pouvais apercevoir de celle de mon fils.
Une sexualité garçonnière gourmande et ludique ? J’adhère totalement. J’ai encore le souvenir d’être allé vers des hommes, enfant, d’avoir "fait des choses" complètement orientées vers moi-même, sans aucune considération de l’autre ni attention à son plaisir dont je me foutais. Et je me souviens aussi du dilemme éternel : reprendre un peu de la caresse dont je connaissais le plaisir sûr, ou explorer de nouvelles voies. Le même rapport d’ailleurs qu’aux histoires qu’on me contait quelques années auparavant.
Une sexualité moins pulsionnelle ? C’est un terme professionnel que je ne suis pas sûr de cerner. Disons que l’élan qui me projetait vers les hommes était profond et assez irrésistible. Ce n’était pas un produit de ma réflexion
Une attirance réciproque ? Difficile question. Mon attirance était réelle, profonde et violente. Mais je dirais que c’était une attirance à l’homme de manière générale, à une sorte de concept fait de force, de puissance, de muscle, de virilité, qui me permettait de m’abandonner totalement et avec délices à ma faiblesse et mon impuissance. Je jouissais de cet écart, de cette disproportion, de vivre cette chair tellement inégale. Et je ne garde qu’un souvenir assez confus de ces quelques hommes. Ils sont voilés dans ma mémoire. Je crois que je n’étais pas attaché à leur être. Je tenais à eux mais l’attachement était superficiel en fait, pas basé sur une connaissance profonde de l’autre. C’est à partir de dix ans que j’ai commencé à avoir une relation plus en profondeur. C’est là aussi que j’ai commencé à souffrir.
Un "couple" homme/enfant ? Pour ma part, je n’ai jamais été quelqu’un de "papillonnant". Je n’ai jamais eu de plaisir en toutes choses qu’on allant le plus loin possible dans celle-ci. Quand j’entrais dans une expérience, j’allais aussi loin que possible. C’était vrai dans mes relations aussi. J’étais vraiment, un enfant-couple. C’est d’ailleurs ce qui a provoqué une rupture avec celui que j’appelle mon "amant principal". Je crois que je l’ai épuisé par une demande trop forte, constante. Il s’est littéralement enfui au bout de deux ans. Je n’ai pas compris et ça a été douloureux.
Amoureux ? Encore une question complexe. Mes relations me plongeaient dans des états amoureux, c’est indéniable. Mais une sorte d’amour curieux, comme une nébuleuse d’amour en moi et autour de moi, comprenant le partenaire dans ce halo, mais pas forcément centré sur lui. C’est difficile à expliquer. Comme si la relation déclenchait un processus amoureux, une mécanique, mais que celle-ci n’était pas suffisamment au point pour cibler cette émotion sur le partenaire. Il était l’élément déclencheur mais pas la cible.
L’homme mentor ? Je n’ai pas vécu ça. J’étais très volontaire, déterminé et jai choisi, je le constate, des hommes qui n’avaient pas une très forte personnalité. Aucun d’entre eux na joué de rôle important dans ma vie.
Je constate que mon fils, alors que nous sommes très (trop) fusionnels, a une personnalité et un fonctionnement symétrique inverse au mien, en ayant une personnalité tout aussi forte…
Merci Lyr pour votre très beau message (64.1.1).
Comme le tennis il est susceptible de se pratiquer entre hommes, entre femmes, en simple, en double, en double mixte, avec plus jeune ou plus âgé que soi, en public ou en privé, avec ou sans filet même….
N’y parle-t-on pas de "partenaires" ?
Mais ce n’est pas un jeu.
Il est la vie.
Etant le moyen de la transmettre, il est la vie. Il en contient toutes les merveilles et tout le mystère.
Cela, ce n’est pas un dogme, c’est le résultat de l’observation.
L’oublier conduit à tous les errements possibles.
Les récits du début de la vie divergent mais se ressemblent : la première femme, Eve « la vivante », sortant d’un tas de boue en forme d’homme ou bien le premier être unicellulaire se formant dans la « soupe primitive », c’est à peu près la même chose. La précision est plus grande ici que là mais le mystère, dans les deux récits, reste entier. C’est ainsi. Et, êtres vivants, nous sommes partie prenante de ce merveilleux mystère. Tous nous sommes nés d’un homme et d’une femme. Tous, nous sommes susceptibles, à condition d’être deux, de donner naissance à notre tour. Il n’y a pas vie sans transmission de la vie. Tout être vivant, mortel lui-même, est vecteur de vie. C’est ainsi. Et l’assistance médicale à laquelle il est fait appel dans certains cas n’y change rien. C’est de la rencontre de deux gamètes que nait un nouvel être. Et c’est ainsi que le vie se perpétue.
Oublier cela c’est oublier l’essentiel. Faire comme si ce n’était qu’un jeu alors que c’est la vie, faire comme si ce jeu se pratiquait selon diverses « orientations », c’est retomber dans l’illusion, c’est s’enfermer dans la pensée dogmatique. C’est s’aveugler pour ne pas voir les choses telles qu’elles sont. C’est prendre le risque de beaucoup d’injustices et de beaucoup de souffrances.
Et c’est bien ce qui se passe : le dogme en vigueur, issu de la soi-disant libération sexuelle, conduit à beaucoup d’injustices et à beaucoup de souffrances.
La guerre est une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires, dit-on. Le sexe serait-il une chose trop sérieuse pour être laissée aux hommes ?…
Je pense que l’éducation sexuelle catholique traditionnelle, qui pose des interdits très stricts partout, considère que les pulsions sexuelles sentent le soufre et que les homosexuels ne sont pas dignes de s’assoir a la meme table que les autres, peut faire beaucoup de dégats sur des jeunes esprits influencables et soucieux de vivre au plus pres du dogme parce qu’ils sont en quete de la reconnaissance et de l’affection des adultes.
Je ne dis pas non plus que c’est le role de l’Eglise de distribuer des preservatifs et des pilules abortives, chacun son job. Mais quand on est parent, on devrait penser avant tout a l’epanouissement et au bien-etre de son enfant, avant de souhaiter qu’il soit un parfait petit catholique (ca devrait venir en second lieu, si c’est dans la liste des priorités).
C’est juste un ressenti personnel bien sur…Chacun est libre de ses convictions religieuses, et je n’emets aucun jugement la-dessus.
Je ne suis pas catholique mais je crois que, héritiers des pensées hébraïque, grecque, chrétienne nous avons atteint un certain niveau de conscience, de rationnalité, de capacité à voir les choses comme elles sont, que nous avons bien tort de l’oublier, qu’en l’oubliant effectivement nous pouvons nous faire toutes sortes d’illusions mais que ces illusions sont dangereuses.
Parmi ces choses que nous nous devons de voir comme elles sont, il y a le sexe. Le voir comme il est, c’est voir qu’il n’est pas un simple jeu qui se joue entre des partenaires, qu’il n’est pas une technique menant à la jouissance, qu’il n’est pas un moyen de posséder l’autre, c’est voir qu’il est une chose sérieuse, pas une chose sacrée mais une chose que devrions considérer comme sacrée, tout comme nous considérons la vie comme une chose sacrée.
Pardonnez moi d’insister, mais vous n’avez toujours pas répondu à ma question : qu’est-ce qui vous fait tirer un jugement de valeur de la transmission ou non-transmission de la vie ?
D’ailleurs, puisque vous parlez des Ecritures et de pratiques bien ancrées dans le temps, si la reproduction est moteur de l’existence, comment expliquer le voeu de chasteté ?
J’ai toujours du mal à cerner votre raisonnement dans sa globalité…
Mon raisonnement dans sa globalité ?
Aie !
Ca devait arriver…
Je vais essayer de répondre.
En un mot voici : nos productions scientifiques et techniques sont capables de prodiges à côté desquels les contes de fées, avec leurs bottes de 7 lieux et autres carrosses magiques, font pâle figure mais dans le domaines des relations humaines et notamment sexuelles nous en sommes restés aux belles princesses endormies, aux princes charmants, aux ogres et aux petits chaperons rouges… Ce n’est vraiment pas à mettre à notre crédit.
Nous décryptons tant les mystères de l’infini du cosmos que ceux de l’infiniment petit mais nos foyers sont le lieu de toutes sortes d’horreurs et nos prisons sont pleines de criminels sexuels. Il doit bien y avoir moyen de faire quelques progrès dans ce domaine, de nous rapprocher de ce que devrait être une société civilisée.
L’essentiel, pour progresser, aussi bien en matière de science qu’en matière de sagesse, est de savoir "faire la différence" : faire la différence entre le vrai et le faux, entre le juste et l’injuste, entre le bien et le mal. En l’affaire qui nous occupe ici, faire la différence entre l’acte de chair et les jeux érotiques, faire la différence entre l’acte authentique et ses simulacres.
Tout est fait dans le dogme moderniste pour gommer ces différences, et même pour les inverser : la chose importante et noble devenant les plaisirs amoureux et érotiques sous toutes leurs formes et la chose secondaire et suspecte devenant l’accouplement en vue de la reproduction.
Si nous en sommes là où nous en sommes c’est de notre fait. Si nous arrivons à nous en sortir, ce sera par notre action.
Et je crois qu’actuellement nous faisons fausse route, que nous aggravons les choses en croyant les améliorer.
La libération des désirs a un double effet. Le premier effet, direct, est d’exacerber l’envie de les assouvir. Le second effet, moins direct, est, après avoir affaibli les désirs, puisqu’ils tenaient une partie de leur force des interdits édictés contre eux, de développer l’envie, par tous moyens, de les renforcer. D’où le culte de la transgression, d’où le développement de cette fiction des "orientations sexuelles", d’où des frustrations insupportables, d’où une sévérité aussi arbitraire qu’implacable contre certaines pratiques et une indulgence aussi arbitraire que dogmatique contre d’autres pratiques, etc.
Les règles qui nous viennent de notre passé judéo-chrétien n’ont pas été édictées par des imbéciles et des ignorants. Imparfaites, comme toutes les règles, elles ont été lentement polies par des siècles de pratique. Elles méritent de l’être encore. Elles sont faites pour contenir nos désirs. Loin d’être un progrès, leur rejet est une régression terrible née d’un aveuglement coupable.
Quand on est dans une impasse la seule façon de progresser à nouveau est de commencer par faire demi-tour.
Vous ne répondez pas plus à ma question que précédemment…
"Pardonnez moi d’insister, mais vous n’avez toujours pas répondu à ma question : qu’est-ce qui vous fait tirer un jugement de valeur de la transmission ou non-transmission de la vie ?"
Jugement de valeur ? Ce n’est pas exactemet cela.
Mais oui, effectivement, rien n’est comparable à la transmission de la vie.
Grâce à elle il y a la naissance, la vie, la mort.
Et puis, à côté, d’une autre nature, il y a tout ce que nous faisons de la vie, la façon dont nous occupons le temps qui nous est donné entre notre naissance et notre mort, les jeux auxquels nous jouons, etc.
Il y a entre les deux à peu près la même différence qu’entre le spirituel et le temporel.
"D’ailleurs, puisque vous parlez des Ecritures et de pratiques bien ancrées dans le temps, si la reproduction est moteur de l’existence, comment expliquer le voeu de chasteté ?"
Pour les questions sur la chasteté des prêtres adressez-vous à l’église catholique.
Mon Dieu… qu’il est difficile d’arriver à suivre ce blog sans se perdre, avec plus de 50 mails dans sa boîte aux lettres le matin au ptit dej, sans pouvoir les repérer sur ledit blog pour pouvoir y répondre… Me Mô, à votre retour va falloir remettre de l’ordre là-dedans LOL
Je m’exprime peu, mais la première idée qui me vient là, c’est que l’on tourne en rond, et même si je considère la vie comme une valse, il me semble parfois que l’on ne peut pas casser des murs avec une aiguille à tricoter. Et d’ailleurs, la question se pose pour moi en ce qui concerne AR, est-il vraiment nécessaire de vouloir casser un mur qu’il persiste à consolider à chaque faille que l’on tente de faire pour l’amener à voir les choses différemment.
Le post de base, est basé sur son expérience à lui, qu’il refuse systématiquement d’envisager sous un autre angle que celui du : je suis perdu à vie. Je crois que l’on ne peut rien faire contre cela, et que c’est une perte inutile d’énergie. Le temps fera son oeuvre et lui prouvera probablement le contraire.
Tout le monde ici, essaie de le sauver, moi y compris, même s’il ne le comprend pas, de son auto-destruction. Mais diable, nous ne sommes pas ni Zorro, ni Superman pour croire que nous pourrons être le sauveur de quelqu’un qui ne veut pas se sauver de lui-même…
Cela relèverait d’une propre incapacité à accepter que nous ne sommes ni omniscients, ni ominpotents, parce que la solution ou la guérison d’une tendance suicidaire nécessite que les deux parties soient actives et consentantes.
Ceci dit j’ai beaucoup apprécié nombreux de vos posts, en particulier, ceux de Lau Bee, qui sont extrêmement pointus et ceux de Philou dont l’humour décapant m’a fait mourir de rire, ainsi que de la tendance à l’expérience qu’il utilise pour élever son enfant, qui n’est pas sans me rappeler, il y a plus de 30 ans déjà, certaines de mes propres façons d’agir avec ma fille.
Parce que seule l’expérience permet à un enfant de s’élever. On ne vit pas, avec l’expérience des autres, ni ne comprend l’expérience des autres, et le fait de favoriser une expérience encadrée, permet justement à l’enfant de pouvoir la faire sans danger pour lui. Cela nécessite une sacrée dose d’intuition et aussi de sens du jeu, c’est à dire d’avoir su garder au fond de soi, cette part d’enfance, qui permet de comprendre les enfants. Les concepts sont totalement inopérants sur les enfants. On peut leur expliquer et il le faut bien sûr, les risques, les conséquences d’actes. Mais si cette explication n’est pas suivie d’une expérience de vie protégée et leur permettant de se rendre réellement compte à travers leurs émotions et leur vécu du danger, ils n’en auront pas conscience au plus profond d’eux-mêmes. La méthode de Philou, qui consiste à générer une expérience guidée et protégée me semble être la meilleure preuve pour un enfant qu’il y a des domaines à éviter.
Cela rejoint d’ailleurs les méthodes d’éducation de Steiner qui dans ses écoles apprend aux enfants en même temps à expérimenter et à comprendre un concept, comme par exemple la gravitation. Avant d’expliquer le phénomène de façon théorique, l’on se contente d’observer des objets qui tombent par terre et lorsque la théorie arrive, l’enfant est prêt à recevoir l’enseignement et à l’intégrer.
Je ne crois pas un seul instant que Philou puisse être un danger avec ses 10 % de pédophilie reconnue, comme le suggérait Valentine je crois, même s’il est en contact avec des enfants dans son travail, parce que justement, il a ce sens d l’humour qui lui permet de prendre le recul avec cette tendance, le discernement et la lucidité qui y sont associées.
Pour DMonodBroca :
Je dirais qu’effectivement, le sexe a une connotation sacrée, indépendamment de toute forme de religion, c’est néanmoins une façon de se "relier à" quelque chose qui nous dépasse. Mais cela n’est pas un concept que l’on peut imposer, cela ne peut résulter que d’un vécu, d’une expérience et qui dépasse complètement la volonté de vouloir y parvenir ou non. C’est juste un état de grâce qui est là ou pas et qui n’est pas reproductible à volonté à mon avis et n’a rien à voir avec la jouissance, l’orgasme ou toute autre terme que l’on pourrait utiliser. Cet état résulte probablement d’un parfait alignement entre les énergies de deux personnes, sur tous les plans, ce qui est plutôt rare et me paraît bien difficllement réalisable dans le cas d’un acte pédophile ou l’enfant n’est pas en mesure pour son immaturité émotionnelle, physique, spirituelle de pouvoir y accéder.
Donc les personnes attirées par les enfants, rechercheraient peut-être cet état de grâce et de pureté qu’ils ne pourront jamais vraiment obtenir. La recherche constante de cet état pourrait être aussi une addiction pour eux de ne pouvoir en sortir, s’ils ne peuvent envisager une autre forme d’échange avec une personne suffisamment mature sur tous plans et surtout vibrant à la même énergie pour pouvoir le réaliser.
Ce n’est encore une fois qu’une hypothèse que j’en suis sûre personne ne comprendra et qui suscitera quelques violences épistolaires
))
Mais si l’on ajoute celle-ci au phénomène des neuro-transmetteurs qui donnent les ordres à notre cerveau qui est finalement le moteur de notre ordinateur interne sur tous les plans… qui nous dit que celui-ci ne nous impose pas une forme pensée, une forme d’action, d’interaction et de réaction dont nous serions complètement dépendants ?
Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas en changer la programmation…
Mince, après tout cela va falloir que je compte 4 + 7…. au secours…. ai toujours été nulle en maths
Du moins quand cela dépassait les 10 doigts
Je ne suis pas sur qu’en mettant ce témoignage sur son blog, Maitre Mo nous aie chargé de ramener AR dans le "droit chemin". Je pense qu’il lui a tout simplement offert l’occasion de s’exprimer, ce qui est rare puisque imaginable uniquement dans un espace anonyme.
A mon avis le but n’était pas tant de " l’amener à voir les choses différemment", que de nous amener à changer de regard.
Valentine,
Il ne s’agit pas de le remettre sur le droit chemin
Mais vous-même avez essayé plusieurs fois de l’amener à considérer son avenir autrement que vers une impasse
Nous avons simplement utilisé d’autres moyens pour tenter d’y parvenir, même si je sens bien que le mien ne vous plait pas, moi, je n’ai rien contre le vôtre.
Le fait est que d’autres témoignages plus ouverts nous permettent d’avoir un échange plus constructif et qui laisse la possibilité à un avenir différent que le suicide.
Le post d’AR devrait nous amener à changer de regard sur sa pédophilie, et nous ne pourrions pas tenter de rendre la pareille à son auteur?
Entre le convaincre qu’il peut et doit devenir hétéro/homo et le soutenir dans son idée que sa personnalité sexuelle et affective est figée jusqu’à la mort, il y a une zone grise dans laquelle il n’est peut-être pas malpoli de s’exprimer, surtout quand on le fait avec humanité. AR m’a semblé avoir la langue suffisamment bien pendue pour être capable de recarder le débat si des commentateurs prenaient trop de liberté à son goût…
On ne peut sauver personne à part soi-même. Je suis convaincu qu’on n’aide jamais son prochain. Autant n’avoir aucun projet sur les autres. Si AR reste ici, c’est qu’il y trouve avantage. Peut-être a-t-il besoin d’épuiser certaines choses par le verbe pour pouvoir les lâcher, ou à l’inverse renforce-t-il ses défenses, lui seul le sait et de toutes manières, ce sont ses choix…
Sinon, j’adore l’idée de dire d’un homme qui parle de se suicider qu’il a la "langue bien pendus". C’est très Devos…
je suis assez d’accord avec Philou sur sa premiere phrase. Je pense que les gens peuvent changer, mais ca viendra toujours d’eux meme, on ne peut pas imposer un changement mental a quelqu un…
par contre c’est tres bien de discuter ! le sens de mon propos n’est surtout pas d empecher ca !
c’est juste que par moments, j’ai l impression que nous sommes quinze donneurs de lecons face a une voix qui tente de se faire entendre.
Ouaouhhh !
J’aime bien ce que vous dites sur moi, je sais pas pourquoi : – )
Peut-être que ça compense avec tout ce que j’ai entendu au fil des années !
Je devrais peut-être écrire un livre : "La méthode Philou" avec comme sous-titre "Comment transformer votre enfant rebelle en Adolescent rebelle". Je vais faire un tabac.
N’empêche que, accoupler mes petites anecdotes empiriques au nom de Steiner, c’est une putain de promotion ! Vous recommencez quand vous voulez !
Je crois comprendre ce que vous dites au sujet de la quête d’un Graal vibratoire dans la relation, mais encore une fois, je regrette que cette vision ne parle que de l’adulte dans cette relation. J’ai du mal à croire qu’on avance dans la compréhension, tant qu’on cantonne le garçon dans le rôle de la victime subissant quelque chose qui le dépasse.
(Je dis toujours "le garçon" et pas l’enfant, je pense que l’amalgamme garçon/fille dans cette question embrouille les choses et j’y connais rien en filles…).
Ce fil est réellement passionnant de par la qualité des intervenants… dont je ne me sens absolument pas faire partie, ne me sentant pour le moins pas du tout au niveau…
Mais ayant 4 jeunes garçons, je lis avec intérêt tous les posts… parfois terrifiée, d’autres fois moins…
Petit commentaire en appartée.
Quand je vois la façon dont la justice est en train de traiter le cas du gamin tellement désespéré, déprimé, anxieux et au bout du rouleau qu’il a envisagé si sérieusement de mettre fin à ses jours (et aux jours d’une poignée d’autres personnes avec) avec le fusil de ses parents, comme un criminel, un Mesrines en culotte courte, qualifiant mensongèrement son acte de "tentative d’assassinat" (ce qui ne tient pas la route une seule seconde, il suffit de lire la définition de la tentative dans le Code Pénal) au lieu de le traiter comme enfant victime, je me dis que la justice, quand-même, face à la souffrance des enfants, elle a l’indignation sélective… Et qu’au même âge, vous pouvez être un grand criminel psychopathe ou un petit être en détresse selon la thèse qui arrange le parquet (c’est à dire celle qui permet de condamner quelqu’un au bout du compte : ils touchent une prime à la condamnation ou quoi ?)
Vous je sais pas, moi quand je vois un gamin tellement sous pression qu’il préfère encore mettre fin à ses jours que de subir une réunion parents-profs, je me dis que ses parents ou ses profs devaient lui faire vivre un calvaire que je me targue d’être sûr de ne jamais faire vivre à un enfant de cet âge quand bien même j’en arriverais à prendre des libertés avec la loi. En tout cas si je devais le lui faire subir, j’aurais honte et je me constituerais moi-même prisonnier, et ce n’est pas l’enfant qu’il faudrait condamner.
Intéressante étude du Centre canadien de protection de l’enfance
http://www.protegeonsnosenfants.ca/app/fr/media_release#research
Je ne vois pas bien ce que cette étude apporte de vraiment nouveau? Les statistiques sur l’âge des enfants et la gravité des agressions?
A mon avis, elles ne sont ni vraiment garanties, ni vraiment nouvelles, ni vraiment utiles.
1/ L’échantillon étudié résulte de signalements. Bien évidemment, les signalements vont porter sur les sites et images les plus choquants, on ne va pas beaucoup dénoncer les images de gamins en maillot de bains. De même on sera plus tenté de signaler une image de viol de bébé que celle de relations apparemment consenties entre adolescents presqu’adultes. Il y a toute une gradation d’images, qui vont des portraits les plus innocents (mais dont l’accumulation sur les sites ou disques durs de collectionneurs indique une motivation trouble) aux images "naturistes" (idem) jusqu’aux représentations les plus graphiques d’abus les plus évidement dramatiques et interdits. La gravité des images étudiées est probablement biaisée par le fait qu’elles résultent de dénonciations. Mais peu importe (voir 3/ ci-dessous).
2/ Il semble acquis qu’une forte majorité de ceux d’entre nous qu’on étiquette "pédophiles" sont attirés par les enfants aux alentours de l’âge de la puberté. Pas étonnant, dès lors, qu’une bonne proportion des images qui nous sont destinées représentent des victimes de moins de douze ans.
3/ Cet appel à l’émotion signifierait que s’il ne s’agissait que d’abus moins graves sur des enfants moins jeunes, il ne faudrait rien faire?
4/ L’autopromotion de ce rapport est transparente dans la phrase "Cyberaide.ca a reçu près de 40 000 signalements qui ont mené à au moins 52 arrestations policières et à la prise en charge de nombreux enfants abusés." D’un seul coup, on passe de statistiques précises (à défaut d’être fiables) à de "nombreux" enfants sauvés. C’est presque un aveu de l’inefficacité de l’approche, et ça ne m’étonne pas : au delà des problèmes de trans-nationalité qui font qu’il est difficile à une agence canadienne d’aller sauver des enfants russes ou thaïs, une très grande majorité (mes statistiques floues à moi) des images qui circulent ont quelques années voire quelques dizaines d’années. Ces enfants-là n’en sont plus et il est bien tard pour leur venir en aide.
Bien sûr qu’il est probablement nécessaire de lutter contre la diffusion de ces images, mais je ne vois là rien de bien nouveau. Et ce me semble un peu un combat d’arrière-garde, nécessaire sans doute, mais largement insuffisant. Pour tarir (ou du moins contenir) la demande, il faut sûrement une lutte et une répression au quotidien, mais sans un travail de fond pour comprendre les demandeurs et tenter de les aider à ne plus exprimer cette demande-là, la peur du gendarme ne suffira jamais.
Il faut une action plus en amont et plus au long terme pour protéger les victimes potentielles à venir en aidant leurs futurs potentiels agresseurs à comprendre et contrôler leur déviance.
Dans mon histoire personnelle, je n’ai pas pu ni su appeler à l’aide quand il était encore temps. Et on ne m’offrait pas cette aide de façon accessible. J’ai l’impression que le temps est venu pour une vraie réflexion là-dessus, sans exclusive de la répression de faits délictueux ou criminels, mais sans non plus tout axer là-dessus, au risque de passer à côté des vraies solutions.
Je suis en train de lire le rapport complet ( http://www.cyberaide.ca/pdfs/Cyberaide_rapportderecherche.pdf ), me demande bien pourquoi, d’ailleurs.
Je viens, au passage, de relever une erreur d’interprétation méthodologique manifeste:
Mais, justement, leurs analystes sélectionnent, parmi les images qu’ils analysent (et qui leur ont été signalées, donc un échantillon biaisé), justement les images des enfants les plus jeunes:
(IMS=Indice de Maturité Sexuel, en gros, âge apparent de l’enfant)
Comment, dès lors, s’étonner que les enfants les plus jeunes soient sur-représentés dans l’échantillon? Et en tirer des conclusions sur les politiques à en dériver:
Pour moi, une énormité pareille décrédibilise pas mal ledit rapport.
Ceci, nonobstant le fait que la pédo-pornographie soit un vrai problème et une vraie souffrance pour ses victimes, ce n’est certainement pas pour tenter de l’excuser que je "m’attaque" à ce rapport. Mais cette cause mérite un meilleur traitement.
Ceci n’est pas un troll. Merci de ne pas lyncher avant d’avoir lu, si vous avez le temps, mes autres messages, qui expliquent la situation…
Voilà, pour avoir vu passer depuis un certain temps un certain nombre de "contenus" pédoporno sur Internet, il me semble assez clair qu’il y en a de différentes sortes. Ce qu’il me semble clair aussi, c’est que certains d’entre eux mettent en scène des jeunes/mineurs/enfants qui font des victimes fort peu convaincantes… tant il est évident qu’ils ne souffrent pas. A une nuance près : il est aussi évident que l’impératif de clandestinité ne fait rien pour rendre le contexte "cosy".
Un exemple ? Un seul : le film "baccanale de adolescentes", sorte de porno mainstream maintenant prohibé, met en scène un jeune acteur (13, 14 ans ?) qui manifestement aime ce qu’il fait…
Ensuite, l’honnêteté oblige à dire que dans pas mal de ces "contenus", les enfants impliqués paraissent sinon contraints du moins manipulés. Ceci dit, par honnêteté aussi, je pense qu’il faut dire que pas mal de gamins vont à l’école, font du piano ou mangent des épinards non pas de leur plein gré, mais par contrainte ou par obéissance…
Mais voilà, cela est dérangeant, à double titre.
Premièrement, pour une raison que je n’ai pas encore élucidé, il est dérangeant d’imaginer que des ados ou des enfants puissent avoir une activité sexuelle ou amoureuse et que ça leur plaise. Et il est dérangeant aussi de poser la question (à laquelle je me garde de répondre) d’une sexualité "obéissante" comme il peut y avoir des cours de piano par obéissance (merci de ne pas lancer le fil sur le poncif "oui mais le piano c’est pour le bien de l’enfant, le sexe pour celui de l’adulte" – dans bien des cas, les parents cherchent à se réaliser en envoyant leur enfant faire telle ou telle activité, sinon en en faisant un chien savant).
Seconde raison, systémique : les contenus pédoporno qui mettent en évidence une implication d’enfants consentants et même ravis, s’il sont rares, démontent d’un coup tout l’argumentaire simpliste dans lequel l’enfant n’a pas de faculté de consentement et est nécessairement victime… En somme, certains contenus sont des témoignages qui démontrent que la thèse qui les prohibe est (sinon fallacieuse) pour le moins hâtive…
La loi concoctée par Ségolène Royale (prohibition de la simple possession de contenus pédoporno) est à ce titre exemplaire d’une justice qui préfère casser le thermomètre que traiter la fièvre !!
Si l’on arrive à se convaincre (je l’ai fait) que certains des enfants dont nous regardons les images ont l’air de prendre plaisir à leurs activités sexuelles, peut-on aussi facilement se convaincre qu’ils ont du plaisir à les voir photographiées, filmées et diffusées, pour toujours et mondialement ?
Que, même s’ils ont pu sembler y consentir un jour (je pense par exemple aux jeunes "modèles", pinups sexy mis en scène sur certains sites quasi-officiels, très probablement avec contrat et accord des parents), ils ne vont pas quelques mois plus tard, concevoir une vraie souffrance d’avoir ainsi vu exhiber leur impudeur ?
(et je suis d’accord, il faut aussi interdire les cours de piano
)
Dutoudutou, mon bon. Pas plus que l’apparent "consentement" de ma victime qui se laissait faire et ne m’a jamais dénoncé ne valide les actes que je lui imposais. On peut être d’accord ou pas avec la loi qui dit que l’enfant ne peut être consentant, mais c’est une faute de logique de dire que l’apparent plaisir pris par l’enfant démontre qu’il est capable de consentement (valide).
Bonjour
Je viens de passer un temps certain à lire une bonne partie des commentaires (en fait, surtout ceux de la "défense")
J’ai vu l’argument répété qu’aucun homme ne souhaiterait passer sa vie chastement, sans exécutoire, sans pouvoir tricher
J’ai trouvé cet argument … déconnecté ou quelque chose de ce genre. Parce que ce n’est la plupart du temps pas un choix volontaire et dénué de contrepartie. Les rares qui le décident (prêtres, nonnes et que sais je) choisissent un mode de vie, pas juste l’abstinence.
Il y a des hommes et des femmes qui ne connaitront jamais ou presque de relations amoureuses/sexuelles satisfaisantes ou non. S’ils ne se sont pas suicidés ou ne sont pas devenus des monstres, c’est probablement parce que jamais on ne leur a annoncé enfants que ce serait non, jamais, sous aucune forme, et ad vitam eternam. Et que si plus tard ils ont atteint le stade ou cela devenait évident, le sexe était devenu plus accessoire (j’ai dis plus, dans le sens d’une blessure qui fait souffrir mais qui reste supportable)
Bref, ils avaient l’espoir de rencontrer quelqu’un, l’espoir de vivre ces choses (oui, je sais, c’est terriblement imprécis, mais j’avoue ne pas savoir quoi mettre derrière exactement)
C’est cet espoir qu’AR ne devrait pas abandonner. Certes, ces chances de vivre une relation épanouie mutuellement enrichissante et légale sont bien plus faibles que pour beaucoup de gens. Il n’est cependant pas seul dans ce cas, et rien dans son discours n’exclu la possiblité d’une relation avec un jeune, d’abord platonique puis allant peut être plus loin quand l’âge de ce dernier et son propre cheminement le permettraient. Effectivement reste la question d’un amour durable ou non, avec l’évolution et l’âge venant… mais c’est possible. Peu fréquent, mais possible.
Je pense pas qu’il soit facile d’imaginer qu’on va changer et qu’on va se mettre à baver devant des images d’hommes ou de femmes matures en deux coup de cuillère à bois, et je ne dis pas non plus que cela va se produire même sur une durée plus longue.
Je dis juste qu’une évolution est possible, que ce soit de votre part, ou d’une relation tissée avec quelqu’un. Pas de garanties, juste un possible à garder comme une graine d’espoir (j’allais dire comme un chaudoudoux) dans son coeur
Que nenni, que nenni très chèr(e). Cela n’a rien de pervers, questionner la loi est même une saine activité, en démocratie. En allant même jusqu’à la désobéissance civique, lorsque la loi est manifestement inique (cf la Résistance, et ne me faites pas dire ce que je nai pas écris, je ne conclus pas ici au sujet d’une quelconque loi en particulier).
Le problème de la Loi comme absolu est que cette idée est battue en brèche, par KO debout, dès qu’on regarde les choses sur le plan historique. Je ne développe pas tant ce point est l’évidence.
Le problème du bien et du mal comme absolu est peut être moins évident, mais depuis Levi Strauss, on a compris que les organisations sociales sont multiples et que pour les comprendre, le mieux était encore de les étudier de l’intérieur, dans leurs systèmes de pensée. Ce structuralisme a eu pour effet de dégager des invariants sinon universels, du moins très majoritaires. "Malheureusement", si l’inceste est un tabou très fort et universel, la "pédophilie" n’en est pas un… Désolé, on peut appeler Dieu à la rescousse, mais ne connaissant pas la confession de tous les lecteurs de ce blog, quel(s) dieu(x) va-t-on invoquer ? Eh oui, le problème de Dieu est qu’il n’est pas unique… Pourquoi pas ceux des anciens égyptiens où (par dérogation du fait de leur statut divin) les pharaons se mariaient et se reproduisaient entre frères et soeurs ?
Heureusement que la liberté d’opinion permet encore de contester la Loi et d’en proposer l’évolution. Sinon, nous serions dans la plus ultime, infâme et oppressantes des dictatures. Et au passage nos députés seraient au chômage.
Faut juste faire attention avec le concept de “norme”.
L’être humain est un animal moral. Tu trouvera jamais un être humain amoral, c’est à dire en dehors de toute morale. Il en aura toujours une. Il aura toujours l’idée qu’il y a un bien un mal un beau un pas beau. Et la norme se construit de manière quasi exclusivement sociale. Ce que tu décris en parlant de Lévi-strauss.
La question est plus souvent de savoir comment on s’intègre dans un ensemble de normes (souvent contradictoire, une même société comportant plusieurs cultures, et chaque cultures plusieurs normes qui ne s’associent pas forcément)
Le texte d’anonyme relatif est très intéressant par ailleurs. Il souligne ce problème d’intégration des pratiques dans un réseaux de normes.
Là où je vais rejoindre le sujet, c’est sur un point concernant ces normes. Je pense très sérieusement que les normes gravitant autour de la pédophilie. Un enfant est statutairement dominé/dépendant d’un adulte. Le soucis vient que l’acte pédophile instaure une relation, à la fois physique et morale, qui pose problème. L’enfant n’a pas su faire naître ses désir, dès lors peut-il consentir à quelque chose dont il ne peut que deviner le sens? Je ne crois pas, au final il se trouve moralement écrasé, socialement phagocyté par la relation (comme un membre d’une secte avec son gourou en quelque sorte) -je me base sur des témoignage lu ici où là. Au moment du passage a l’acte, l’enfant en général CROIS être consentant car, dépendant de l’adulte, il va se fier à son jugement. Sans compter la situation délicate de complicité dans laquelle on le met. Il sait que c’est mal, qu’il doit se taire, le cacher aux autres adultes, a ses amis, etc… le silence est un véritable poids. D’autant que la sexualité étant tabou, il ne sait même pas à quel point la situation est normale ou non.
Enfin, les enfant sont des handicapé sociaux, a savoir qu’ils ont physiologiquement une conscience amoindrie des autres et de la projections de soi. Il leur est plus facile de consentir a une douleur temporaire mais récurrente, que devoir s’opposer a une relation proposée par un adulte chose socialement très difficile.
D’ailleurs, si tu passe par là Anonyme relatif, as-tu lu des témoignage de victime? C’est en général une relation très aliénante pour eux, et cela même si le coupable fût amoureux ou non. Enfin, je parle surtout des prépubère. La période de la puberté est aussi une période de fragilité. Mais a mon sens un ados est plus apte a comprendre ce qu’est la sexualité pour lui même comme pour l’autre (ce n’est d’ailleurs pas pour rien que c’est en général a cette période que soit les affaires se révèle, soit prennent fin, l’enfant commençant à fuir/se défendre/manifester sa détresse.
Après, je ne condamne pas le désir. Peut-on interdire à un homme ce qu’il ne maitrise pas lui même?
(et je suppose que les psy ont aussi essayé de vous orienter vers des adultes aux pratiques enfantines? Au dela du corps, dans ce que j’ai lu, il y a aussi l’attirance vers tout un univers, manière de faire de penser et d’agir qui attirent elles aussi.)