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	<title>Commentaires sur : Le Grand Mal&#8230;</title>
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	<description>Petite chronique judiciaire, ordinaire et subjective, qui se développera quand elle le pourra, par un avocat au Barreau de Lille</description>
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		<title>Par : CIP12</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-21411</link>
		<dc:creator>CIP12</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 19:43:32 +0000</pubDate>
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		<description>Francis Evrard a décidé de faire &lt;a href=&quot;http://www.nordeclair.fr/Actualite/2009/11/10/francis-evrard-fait-appel-de-sa-condamna.shtml&quot; title=&quot;&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;appel&lt;/a&gt;, seul semble t&#039;il.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Francis Evrard a décidé de faire <a href="http://www.nordeclair.fr/Actualite/2009/11/10/francis-evrard-fait-appel-de-sa-condamna.shtml" title="" rel="nofollow">appel</a>, seul semble t&#8217;il.</p>
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		<title>Par : fabienne</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20583</link>
		<dc:creator>fabienne</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 17:07:16 +0000</pubDate>
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		<description>Le cas de cet homme me semble exemplaire dans la mesure où il demande au chef de l&#039;Etat une solution radicale à son problème. A partir de là, je pense qu&#039;il y a lieu de se poser la question de savoir si la société répond vraiment à sa demande. Quel programme médical met-on en place afin de soigner et éventuellement guérir la déviance psychologique de Monsieur Evrard, qui reste une personne, ne l&#039;oublions pas...
La société est-elle capable de lui conseiller et même de lui imposer d&#039;éviter tout excitant dans son alimentation : alcool et café y compris ? Nous n&#039;entendons jamais parler de telles mesures, mais n&#039;oublions pas que l&#039;alcool et le café ont des effets capitaux, l&#039;alcool on connaît, et le café, en réalité un alcaloïde au même titre que la cocaïne ou la morphine, la caféine étant présente dans le thé et le chocolat.
Je pense que toute personne qui a du mal à se contrôler devrait se voir répondre de telles injonctions.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le cas de cet homme me semble exemplaire dans la mesure où il demande au chef de l&#8217;Etat une solution radicale à son problème. A partir de là, je pense qu&#8217;il y a lieu de se poser la question de savoir si la société répond vraiment à sa demande. Quel programme médical met-on en place afin de soigner et éventuellement guérir la déviance psychologique de Monsieur Evrard, qui reste une personne, ne l&#8217;oublions pas&#8230;<br />
La société est-elle capable de lui conseiller et même de lui imposer d&#8217;éviter tout excitant dans son alimentation : alcool et café y compris ? Nous n&#8217;entendons jamais parler de telles mesures, mais n&#8217;oublions pas que l&#8217;alcool et le café ont des effets capitaux, l&#8217;alcool on connaît, et le café, en réalité un alcaloïde au même titre que la cocaïne ou la morphine, la caféine étant présente dans le thé et le chocolat.<br />
Je pense que toute personne qui a du mal à se contrôler devrait se voir répondre de telles injonctions.</p>
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		<title>Par : Elléag</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20576</link>
		<dc:creator>Elléag</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 15:50:00 +0000</pubDate>
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		<description>Alors merci Maître Mô de m&#039;avoir ôté une aile et de mettre à mal mon anonymat !!

En tous les cas, je salue le sens du pronostic, on sent une petite expérience... :P 

Pour revenir au sujet, cette plaidoirie a été un beau moment qui a su mettre en exergue l&#039;humanité d&#039;un pédophile, ce qui est loin d&#039;être antinomique, et rappeler qu&#039;un tribunal quel qu&#039;il soit juge un homme (non pas un état) pour ses actes (non pour l&#039;ensemble des atrocités commises par l&#039;humanité !!)

Ce procès m&#039;a beaucoup appris parce que ce dossier m&#039;a fait réfléchir sur pléthore de questions que l&#039;on ne se posent pas si l&#039;on n&#039;y est pas confronté. Par exemple : pourquoi un pédophile récidive ? Quel est son mode de fonctionnement ? S&#039;agit-il d&#039;une aliénation mentale ?...

Encore une expérience qui me conforte dans mon choix professionnel, il faut savourer le bonheur de faire le métier qui nous fait vibrer...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Alors merci Maître Mô de m&#8217;avoir ôté une aile et de mettre à mal mon anonymat !!</p>
<p>En tous les cas, je salue le sens du pronostic, on sent une petite expérience&#8230; <img src='http://maitremo.fr/wp-includes/images/smilies/icon_razz.gif' alt=':P' class='wp-smiley' />  </p>
<p>Pour revenir au sujet, cette plaidoirie a été un beau moment qui a su mettre en exergue l&#8217;humanité d&#8217;un pédophile, ce qui est loin d&#8217;être antinomique, et rappeler qu&#8217;un tribunal quel qu&#8217;il soit juge un homme (non pas un état) pour ses actes (non pour l&#8217;ensemble des atrocités commises par l&#8217;humanité !!)</p>
<p>Ce procès m&#8217;a beaucoup appris parce que ce dossier m&#8217;a fait réfléchir sur pléthore de questions que l&#8217;on ne se posent pas si l&#8217;on n&#8217;y est pas confronté. Par exemple : pourquoi un pédophile récidive ? Quel est son mode de fonctionnement ? S&#8217;agit-il d&#8217;une aliénation mentale ?&#8230;</p>
<p>Encore une expérience qui me conforte dans mon choix professionnel, il faut savourer le bonheur de faire le métier qui nous fait vibrer&#8230;</p>
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	<item>
		<title>Par : salah</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20562</link>
		<dc:creator>salah</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 13:19:55 +0000</pubDate>
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		<description>[aimg]http://maitremo.fr/wp-content/uploads/coffret.jpg[arel]coffret[/arel][atitre]aucune idÃ©e[/atitre][img]http://maitremo.fr/wp-content/uploads/thumbcoffret.jpg [rel]coffret[/rel][titre]aucune idÃ©e[/titre][/img][/aimg]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p><a title="aucune idÃ©e" href="http://maitremo.fr/wp-content/uploads/coffret.jpg" rel="lightbox" ><img src="http://maitremo.fr/wp-content/uploads/thumbcoffret.jpg " title="aucune idÃ©e" alt="aucune idÃ©e" /></a> </p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : pahdoc</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20559</link>
		<dc:creator>pahdoc</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 08:01:45 +0000</pubDate>
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		<description>A lire....
http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>A lire&#8230;.<br />
<a href="http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html" rel="nofollow">http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html</a></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Mathaf Hacker</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20547</link>
		<dc:creator>Mathaf Hacker</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 15:58:29 +0000</pubDate>
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		<description>Je suis assez d&#039;accord sur l&#039;inutilité des associations à un procès, cela à un côté auto-promotion plutôt agaçant. Les magistrats sont suffisament au fait des moeurs réelles dans notre société sans avoir besoin des conseils des associations.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis assez d&#8217;accord sur l&#8217;inutilité des associations à un procès, cela à un côté auto-promotion plutôt agaçant. Les magistrats sont suffisament au fait des moeurs réelles dans notre société sans avoir besoin des conseils des associations.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Maître Mô</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-1/#comment-20546</link>
		<dc:creator>Maître Mô</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 14:32:44 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://maitremo.fr/?p=802#comment-20546</guid>
		<description>Jeanne-Catherine, j&#039;ai bien prévenu que j&#039;essayais de vous répondre &quot;en vous lisant un peu rapidement&quot;, n&#039;est-ce pas...

Vous ne manquez évidemment pas d&#039;arguments, pour un désaccord qui n&#039;en est donc, au final, pas un -même si je trouve que certaines choses jamais dites vont mieux en les disant...

- Nous sommes parfaitement en accord sur le premier point, je parlais ailleurs d&#039;une mutilation imposée dont j&#039;ignorais qu&#039;elle fût légale -et pour le reste, vos observations me semblent conforter l&#039;impression que nous avons tous de tourner en rond dans le même bassin, qu&#039;on repeint de temps à autres...

- Je pense que vous aimez les mots et leur précision : entre &quot;comprendre&quot;, quand faire se peut, son agression, et &quot;intégrer&quot; le fait qu&#039;elle a été commise par un homme en souffrance, vous m&#039;accorderez peut-être que la passerelle est tangible... L&#039;expression &quot;intégrer la souffrance&quot; est peut-être une mauvaise formulation, mais je crois que c&#039;est bien ça qu&#039;elle signifie  (En plus, on s&#039;engueule là sur une formule qui n&#039;est ni de vous, ni de moi !).

- J&#039;ai beaucoup lu, en matière de psychiatrie et de psychanalyse, un temps, je pensais que ça faisait partie de mes charges; comme je n&#039;y ai rien compris, j&#039;ai arrêté. Mais sur ce point des rapides explications données par mon confrère, je ne vous rejoins pas.

Évidemment que tous les profils qu&#039;il brossait ne font pas de violeurs pathologiques -comme tous les pauvres ne volent pas... Mais évidemment aussi qu&#039;on finit par être troublé, à force de défendre des violeurs, incestueux ou pédophiles ou tout court, si j&#039;ose dire, par la répétition des schémas mentaux et des vécus : mère dominatrice, omniprésente, surinvestie sans retour affectif, père absent, ou violent, dévalorisé : c&#039;est si souvent qu&#039;on est en droit de finir par y voir un lien, je crois.

Je ne veux pas en faire une règle, vous avez raison il n&#039;y en a pas, mais un diagramme de lecture, oui, et le soulignement majeur du fait qu&#039;un homme mal construit présente un risque, oui... Déplorer que l&#039;analyse approfondie, que je pense vous pointez également comme une source possible d&#039;explications, ne soit jamais effectuée, alors qu&#039;encore une fois ces terrains sont connus (il faut à ce propos se méfier des lieux communs : ils sont tartes, mais souvent vrais...), ne me semble pas criticable...

- Sur la rencontre des victimes et de leurs agresseurs, je crois qu&#039;il y a des résultats au Canada. Je suis partagé, effectivement, et si j&#039;y crois, c&#039;est surtout parce que, pour pratiquer beaucoup les &quot;confrontations&quot;, à l&#039;instruction ou à l&#039;audience, je sais qu&#039;elles ont, souvent, une vertu : dédramatiser, ramener l&#039;auteur à sa dimension d&#039;homme, et non plus de démon -et c&#039;est ma foi déjà ça de pris...

- Sur la responsabilité pénale, rien à ajouter, je suis pleinement d&#039;accord, et retiens notamment votre formule, que l&#039;on retrouve dans tellement d&#039;expertises : on ne vote pour la folie que si elle est évidente, létait avant, et l&#039;est encore lors de l&#039;expertise...

- Sur le JAP, c&#039;est vrai -mais à mon sens l&#039;un des problèmes est que c&#039;est également vrai en taule, le condamné est livré à lui-même, même là. Je pense cependant qu&#039;un geste, une convocation, un rappel, parfois, peuvent suffire -de même que la parole, la possibilité de dire à quelqu&#039;un &quot;j&#039;ai un problème et ça revient&quot;... Le suivi n&#039;est à mon sens pas inefficace par principe, il l&#039;est de facto parce qu&#039;il manque, en tout. Vous dites, à juste titre, que parfois la prison provoquera la réaction tant attendue : c&#039;est vrai, mais je pense aussi que n&#039;importe quoi peut avoir cet effet, et notamment, j&#039;y crois ferme, le fait de pouvoir parler librement, et de pouvoir être entendu. Je sais bien que ça ressemble à un discours, mais quand ça se produit vraiment, quand du coup le suivi est consenti plutôt qu&#039;imposé, parce que l&#039;homme a l&#039;impression pour une fois que ça fera plaisir à quelqu&#039;un d&#039;autre qu&#039;à lui-même... Il y a des déclics qui surviennent sans violence, je crois au contraire que ce sont les plus fréquents (d&#039;autant plus si l&#039;on se réfère au régime pour le moins &quot;spécial&quot; que ces hommes subissent en détention...).

Si je reviens à Evrard, je ne crois pas plus à une &quot;faute&quot; du JAP, très clairement, c&#039;est toujours très facile après coup, c&#039;est aussi con que d&#039;émettre l&#039;idée que son avocat de l&#039;époque, celui qui je suppose l&#039;a aidé à sortir, ne l&#039;aurait pas tenu par la main ensuite... Mais on peut je crois regretter qu&#039;il n&#039;y ait pas eu cette possibilité d&#039;écoute, dont ni vous ni moi ne saurons jamais si elle aurait changé quelque chose -je suis naïf, c&#039;est mon métier... Imaginons ensemble un court instant un entretien où Francis Evrard aurait été pris à rebours, par un juge lui disant qu&#039;il sait bien que l&#039;envie de passage à l&#039;acte est là, à nouveau, et qu&#039;ensemble, peut-être, on trouvera autre chose, et que le risque est immense pour lui et pour l&#039;autre, et que... Et que ce discours, cette fois sans enjeux procéduraux, fonctionne ? juste cette fois ? Si ce n&#039;est pas à ça que tout ce bazar sert...

- Je suis d&#039;accord avec vous, sur la Loi, notre Mère à tous, et ses effets; c&#039;est bien en ce sens que je dis qu&#039;il est totalement illusoire d&#039;ajouter encore à ce qui existe déjà, justement : soit ça peut marcher, et notre arsenal, s&#039;il était bien outillé, suffit largement; soit ça peut pas, et y ajouter n&#039;y changera strictement rien. Je pense au surplus que dans le domaine des infractions sexuelles, même la peine de mort ne servirait à rien, sauf à empêcher les quelques cas rarissimes de récidive, certes. Ce mobile échappe aux lois, c&#039;est bien ce qui désarçonne, jusqu&#039;à la bêtise, ceux qui les votent.

Enfin, last but not least, vous avez raison, comme pour strictement tous les chiffres relatifs au crime, dont on sait que contrairement à l&#039;adage, il paie à plus ou moins 90 %...

Si je me réfère à mes stats&#039; à moi, qui en valent sûrement d&#039;autres, avocat moyen, ville moyenne, département où le crime sexuel est prégnant (j&#039;ose à peine l&#039;écrire), je dirais que l&#039;on dénonce beaucoup plus qu&#039;avant, évidemment; mais que je constate aussi qu&#039;on dénonce quelques faits anciens, et beaucoup de faits récents : je pense quand-même qu&#039;il y a plus d&#039;infractions sexuelles que, mettons, il y a 50 ans -ne serait-ce d&#039;ailleurs que parce que la population a considérablement augmenté entre temps...

Mais il n&#039;y a rien de scientifique là-dedans, c&#039;est juste mon impression -nette.

Bon, je veillerai une autre fois à me garder d&#039;interpréter trop avant, c&#039;est promis -enfin, dès bien sûr qu&#039;on fera bénéficier les avocats de la même bienveillance ! :D 

Mais de mes raccourcis sont venues des idées précises, et finalement peu antagonistes à mon sens, donc tout va bien...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Jeanne-Catherine, j&#8217;ai bien prévenu que j&#8217;essayais de vous répondre &quot;en vous lisant un peu rapidement&quot;, n&#8217;est-ce pas&#8230;</p>
<p>Vous ne manquez évidemment pas d&#8217;arguments, pour un désaccord qui n&#8217;en est donc, au final, pas un -même si je trouve que certaines choses jamais dites vont mieux en les disant&#8230;</p>
<p>- Nous sommes parfaitement en accord sur le premier point, je parlais ailleurs d&#8217;une mutilation imposée dont j&#8217;ignorais qu&#8217;elle fût légale -et pour le reste, vos observations me semblent conforter l&#8217;impression que nous avons tous de tourner en rond dans le même bassin, qu&#8217;on repeint de temps à autres&#8230;</p>
<p>- Je pense que vous aimez les mots et leur précision : entre &quot;comprendre&quot;, quand faire se peut, son agression, et &quot;intégrer&quot; le fait qu&#8217;elle a été commise par un homme en souffrance, vous m&#8217;accorderez peut-être que la passerelle est tangible&#8230; L&#8217;expression &quot;intégrer la souffrance&quot; est peut-être une mauvaise formulation, mais je crois que c&#8217;est bien ça qu&#8217;elle signifie  (En plus, on s&#8217;engueule là sur une formule qui n&#8217;est ni de vous, ni de moi !).</p>
<p>- J&#8217;ai beaucoup lu, en matière de psychiatrie et de psychanalyse, un temps, je pensais que ça faisait partie de mes charges; comme je n&#8217;y ai rien compris, j&#8217;ai arrêté. Mais sur ce point des rapides explications données par mon confrère, je ne vous rejoins pas.</p>
<p>Évidemment que tous les profils qu&#8217;il brossait ne font pas de violeurs pathologiques -comme tous les pauvres ne volent pas&#8230; Mais évidemment aussi qu&#8217;on finit par être troublé, à force de défendre des violeurs, incestueux ou pédophiles ou tout court, si j&#8217;ose dire, par la répétition des schémas mentaux et des vécus : mère dominatrice, omniprésente, surinvestie sans retour affectif, père absent, ou violent, dévalorisé : c&#8217;est si souvent qu&#8217;on est en droit de finir par y voir un lien, je crois.</p>
<p>Je ne veux pas en faire une règle, vous avez raison il n&#8217;y en a pas, mais un diagramme de lecture, oui, et le soulignement majeur du fait qu&#8217;un homme mal construit présente un risque, oui&#8230; Déplorer que l&#8217;analyse approfondie, que je pense vous pointez également comme une source possible d&#8217;explications, ne soit jamais effectuée, alors qu&#8217;encore une fois ces terrains sont connus (il faut à ce propos se méfier des lieux communs : ils sont tartes, mais souvent vrais&#8230;), ne me semble pas criticable&#8230;</p>
<p>- Sur la rencontre des victimes et de leurs agresseurs, je crois qu&#8217;il y a des résultats au Canada. Je suis partagé, effectivement, et si j&#8217;y crois, c&#8217;est surtout parce que, pour pratiquer beaucoup les &quot;confrontations&quot;, à l&#8217;instruction ou à l&#8217;audience, je sais qu&#8217;elles ont, souvent, une vertu : dédramatiser, ramener l&#8217;auteur à sa dimension d&#8217;homme, et non plus de démon -et c&#8217;est ma foi déjà ça de pris&#8230;</p>
<p>- Sur la responsabilité pénale, rien à ajouter, je suis pleinement d&#8217;accord, et retiens notamment votre formule, que l&#8217;on retrouve dans tellement d&#8217;expertises : on ne vote pour la folie que si elle est évidente, létait avant, et l&#8217;est encore lors de l&#8217;expertise&#8230;</p>
<p>- Sur le JAP, c&#8217;est vrai -mais à mon sens l&#8217;un des problèmes est que c&#8217;est également vrai en taule, le condamné est livré à lui-même, même là. Je pense cependant qu&#8217;un geste, une convocation, un rappel, parfois, peuvent suffire -de même que la parole, la possibilité de dire à quelqu&#8217;un &quot;j&#8217;ai un problème et ça revient&quot;&#8230; Le suivi n&#8217;est à mon sens pas inefficace par principe, il l&#8217;est de facto parce qu&#8217;il manque, en tout. Vous dites, à juste titre, que parfois la prison provoquera la réaction tant attendue : c&#8217;est vrai, mais je pense aussi que n&#8217;importe quoi peut avoir cet effet, et notamment, j&#8217;y crois ferme, le fait de pouvoir parler librement, et de pouvoir être entendu. Je sais bien que ça ressemble à un discours, mais quand ça se produit vraiment, quand du coup le suivi est consenti plutôt qu&#8217;imposé, parce que l&#8217;homme a l&#8217;impression pour une fois que ça fera plaisir à quelqu&#8217;un d&#8217;autre qu&#8217;à lui-même&#8230; Il y a des déclics qui surviennent sans violence, je crois au contraire que ce sont les plus fréquents (d&#8217;autant plus si l&#8217;on se réfère au régime pour le moins &quot;spécial&quot; que ces hommes subissent en détention&#8230;).</p>
<p>Si je reviens à Evrard, je ne crois pas plus à une &quot;faute&quot; du JAP, très clairement, c&#8217;est toujours très facile après coup, c&#8217;est aussi con que d&#8217;émettre l&#8217;idée que son avocat de l&#8217;époque, celui qui je suppose l&#8217;a aidé à sortir, ne l&#8217;aurait pas tenu par la main ensuite&#8230; Mais on peut je crois regretter qu&#8217;il n&#8217;y ait pas eu cette possibilité d&#8217;écoute, dont ni vous ni moi ne saurons jamais si elle aurait changé quelque chose -je suis naïf, c&#8217;est mon métier&#8230; Imaginons ensemble un court instant un entretien où Francis Evrard aurait été pris à rebours, par un juge lui disant qu&#8217;il sait bien que l&#8217;envie de passage à l&#8217;acte est là, à nouveau, et qu&#8217;ensemble, peut-être, on trouvera autre chose, et que le risque est immense pour lui et pour l&#8217;autre, et que&#8230; Et que ce discours, cette fois sans enjeux procéduraux, fonctionne ? juste cette fois ? Si ce n&#8217;est pas à ça que tout ce bazar sert&#8230;</p>
<p>- Je suis d&#8217;accord avec vous, sur la Loi, notre Mère à tous, et ses effets; c&#8217;est bien en ce sens que je dis qu&#8217;il est totalement illusoire d&#8217;ajouter encore à ce qui existe déjà, justement : soit ça peut marcher, et notre arsenal, s&#8217;il était bien outillé, suffit largement; soit ça peut pas, et y ajouter n&#8217;y changera strictement rien. Je pense au surplus que dans le domaine des infractions sexuelles, même la peine de mort ne servirait à rien, sauf à empêcher les quelques cas rarissimes de récidive, certes. Ce mobile échappe aux lois, c&#8217;est bien ce qui désarçonne, jusqu&#8217;à la bêtise, ceux qui les votent.</p>
<p>Enfin, last but not least, vous avez raison, comme pour strictement tous les chiffres relatifs au crime, dont on sait que contrairement à l&#8217;adage, il paie à plus ou moins 90 %&#8230;</p>
<p>Si je me réfère à mes stats&#8217; à moi, qui en valent sûrement d&#8217;autres, avocat moyen, ville moyenne, département où le crime sexuel est prégnant (j&#8217;ose à peine l&#8217;écrire), je dirais que l&#8217;on dénonce beaucoup plus qu&#8217;avant, évidemment; mais que je constate aussi qu&#8217;on dénonce quelques faits anciens, et beaucoup de faits récents : je pense quand-même qu&#8217;il y a plus d&#8217;infractions sexuelles que, mettons, il y a 50 ans -ne serait-ce d&#8217;ailleurs que parce que la population a considérablement augmenté entre temps&#8230;</p>
<p>Mais il n&#8217;y a rien de scientifique là-dedans, c&#8217;est juste mon impression -nette.</p>
<p>Bon, je veillerai une autre fois à me garder d&#8217;interpréter trop avant, c&#8217;est promis -enfin, dès bien sûr qu&#8217;on fera bénéficier les avocats de la même bienveillance ! <img src='http://maitremo.fr/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' />  </p>
<p>Mais de mes raccourcis sont venues des idées précises, et finalement peu antagonistes à mon sens, donc tout va bien&#8230;</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : lambertine</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20541</link>
		<dc:creator>lambertine</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 08:15:11 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://maitremo.fr/?p=802#comment-20541</guid>
		<description>Qu&#039;elles défendent une cause et aident les victimes, c&#039;est, me semble-t-il, leur raison d&#039;être. La question que je me pose, c&#039;est leur place au procès, en tant que partie civile. Parce je ne vois pas quel préjudice elles ont subi. 
Leurs avocats participent à la curée, et c&#039;est, me semble-t-il aussi, inévitable. Puisque c&#039;est précisément pour ça qu&#039;elles sont parties civiles.

Je suis assez mal à l&#039;aise d&#039;écrire celà : je considère que, autant les &quot;associations&quot; ont leur utilité dans l&#039;assistance juridique, sociale, psychologique aux victimes, autant elles ont leur rôle à jouer en tant que témoins, autant je ne comprends pas en quoi être parties civiles peur aider, et la victime, et la cause défendue.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&#8217;elles défendent une cause et aident les victimes, c&#8217;est, me semble-t-il, leur raison d&#8217;être. La question que je me pose, c&#8217;est leur place au procès, en tant que partie civile. Parce je ne vois pas quel préjudice elles ont subi.<br />
Leurs avocats participent à la curée, et c&#8217;est, me semble-t-il aussi, inévitable. Puisque c&#8217;est précisément pour ça qu&#8217;elles sont parties civiles.</p>
<p>Je suis assez mal à l&#8217;aise d&#8217;écrire celà : je considère que, autant les &quot;associations&quot; ont leur utilité dans l&#8217;assistance juridique, sociale, psychologique aux victimes, autant elles ont leur rôle à jouer en tant que témoins, autant je ne comprends pas en quoi être parties civiles peur aider, et la victime, et la cause défendue.</p>
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	<item>
		<title>Par : Jeanne-Catherine</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-1/#comment-20536</link>
		<dc:creator>Jeanne-Catherine</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 10:11:22 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://maitremo.fr/?p=802#comment-20536</guid>
		<description>À maître Mô

Je conçois que certaines de mes formulations prêtent à confusion mais vous-même avez déformé des propos clairs.

D&#039;abord vos interprétations.

- Je n&#039;ai pas dit que maître Pianezza aurait prétendu que l&#039;on pouvait déjà imposer la castration chimique. J&#039;ai au contraire indiqué que c&#039;est à tort qu&#039;il prétend que madame Alliot-Marie se serait limitée à proposer quelque chose qui existerait déjà, que ce soit par ignorance que cela existe ou par esprit de « marketing ». 
Non, elle propose quelque chose de nouveau, que les juges puissent imposer la castration chimique alors qu&#039;actuellement, les juges peuvent seulement imposer les soins (sous forme d&#039;obligation ou d&#039;injonction), cette « médication » se faisant au seul choix du médecin qui suit le condamné et dans le secret de son cabinet. À cet égard, Le Monde qui mentionne dans son édition du 29 octobre qu&#039;Evrard aurait eu une obligation de prendre un traitement anti-hormonal, se trompe. 
Jusqu&#039;à présent, en principe du moins, le secret médical s&#039;oppose à ce que le juge sache que X ou Y prend un traitement anti-hormonal, ce qui explique d&#039;ailleurs que la Chancellerie soit dans l&#039;impossibilité de savoir combien de personnes y ont été soumises ou y sont soumises.

À part ça, MAM a effectivement indiqué qu&#039;elle envisageait aussi de réduire encore les réductions de peine des délinquants sexuels. L&#039;ironie de la chose, c&#039;est que la « surveillance judiciaire » (en tant que notion juridique) ne peut durer qu&#039;autant que les réductions de peine dont a bénéficié le condamné et qu&#039;à force de réduire ces réductions de peine, on ne pourra plus prononcer de « surveillance judicaire » et que les condamnés sortiront avec encore moins de contrôle. 

Maître Pianezza peut être content puisque, depuis son interview par vous, un début de réponse est venu à la demande de castration physique d&#039;Evrard. 
Une deuxième nouveauté ...
Sur ce point, Madame Alliot-Marie semble toutefois ignorer que le serment d&#039;Hippocrate interdit tout traitement et, donc, tout acte chirurgical qui ne soit pas nécessité par une maladie et que toute mutilation, non justifiée par une raison médicale, est passible de poursuites pénales. 
Mais elle trouvera peut-être des chirurgiens prêts à ce genre de chose. Ils ont d&#039;ailleurs d&#039;ores et déjà accepté de donner ces médicaments avant même qu&#039;ils n&#039;aient une autorisation de mise sur le marché pour cette indication. (Ces médicaments servent à soigner le cancer de la prostate et avaient une autorisation de mise sur le marché pour le traitement de ce cancer mais ils n&#039;en avaient pas, jusqu&#039;à il y a peu, pour servir d&#039;inhibiteurs de libido.) 

- Où ai-je dit que les victimes se fichent de comprendre ? J&#039;ai réagi à l&#039;expression « intégrer la souffrance ». Car « intégrer la souffrance » de l&#039;agresseur, ce n&#039;est pas la même chose que d&#039;essayer de comprendre le pourquoi du passage à l&#039;acte. Les mots ont une importance. Intégrer, c&#039;est au-delà de la compréhension d&#039;un fonctionnement psychique, c&#039;est « absorber, assimiler, incorporer ». Et la souffrance, ce n&#039;est pas le pourquoi de l&#039;acte.
 
Evidemment que les victimes veulent comprendre pourquoi il y a eu le passage à l&#039;acte et pourquoi c&#039;est tombé sur elles (pourquoi moi ?). 

- Et il y a des explications. Où ai-je dit qu&#039;il n&#039;y en avait pas ? Je dis en revanche que les éléments qu&#039;évoquent maître Pianezza n&#039;en sont pas. C&#039;est une sorte de vague socio-psychologie et je ne vois pas en quoi les victimes peuvent vivre cela comme une explication. 

Car si tant est qu&#039;avoir une image paternelle dégradée et une mère omniprésente soient des notions définissables scientifiquement, ce que je ne crois pas, il y a sûrement beaucoup de gens dont on pourrait dire cela et pourtant, ils ne commettent pas tous des infractions à caractère sexuel. C&#039;est donc qu&#039;il y a d&#039;autres explications. 
Pour moi, seule la psychanalyse a des chances de les approcher, ces explications, car elle s&#039;intéresse au sujet et à sa parole à lui et ne le traite pas comme un numéro parmi d&#039;autres dont on cherche les caractéristiques qu&#039;il partagerait avec d&#039;autres au lieu de chercher ses spécificités.

Si vous voulez un exemple, pas d&#039;une psychanalyse bien sûr mais d&#039;une lecture psychanalytique du pourquoi du passage à l&#039;acte d&#039;un criminel à travers le dossier de l&#039;intéressé, il faut lire « Le Cas Landru » de Francesca Biagi-Chaï, qui est psychiatre à l&#039;hôpital psychiatrique de Villejuif et psychanalyste.  

Je ne pense pas que ce soit en rencontrant celui qui a tiré jouissance de soi et en parlant avec lui qu&#039;une victime comprendra quelque chose.  D&#039;abord, les condamnés ne comprennent pas la cause. De plus, il y a un risque sérieux que des situations malsaines se produisent dans ces rencontres. Et de toutes façons, c&#039;est aux « psys » d&#039;éclairer le passage à l&#039;acte à partir de leur écoute de la parole de chaque accusé, pris un par un, et d&#039;en présenter la conceptualisation aux victimes. 

- Sur la responsabilité pénale, je pense que, malheureusement, les expertises ne sont pas satisfaisantes. Les experts ne savent pas reconnaître la psychose si elle ne se manifeste pas avec l&#039;évidence, à travers le délire et/ou les hallucinations. Même lorsqu&#039;il y a délire, il y en a qui hésitent. Il n&#039;y a qu&#039;à voir le cas de cet homme qui a tué un enfant d&#039;une dizaine d&#039;années, il y a un an ou deux, d&#039;une bonne centaine de coups de couteau. Les gendarmes l&#039;ont interpellé très vite et ont eux-mêmes constaté qu&#039;il était complètement délirant, avec un délire mystique où il se sentait persécuté par le diable qu&#039;il a cru voir dans cet enfant. Il s&#039;est malgré tout trouvé des experts pour estimer qu&#039;il n&#039;était pas sous l&#039;empire de la folie au moment du meurtre !!!

Après vos interprétations, une formulation pas assez claire de ma part.

Le condamné qui sort de prison avec une mesure de suivi quelconque (libération conditionelle, semi-liberté, surveillance judiciaire, suivi socio-judiciaire, placement sous bracelet électronique, etc.) ne sera plus sous surveillance quasi continue, 24 heures sur 24, comme il l&#039;était en prison. Au mieux, il verra le JAP une fois en début de mesure (et encore, pas dans tous les cas de figure. Et il ne le reverra ensuite que s&#039;il ne respecte pas ses obligations) et c&#039;est tout. Quant au SPIP, il le verra au mieux une fois par mois. Le reste du temps, le condamné devra se prendre en charge lui-même, qu&#039;il y parvienne ou pas, qu&#039;il soit perturbé ou pas. C&#039;est comme ça et ce serait comme ça même si les effectifs du SPIP permettaient qu&#039;il soit vu toutes les semaines. Le condamné devrait se prendre en charge lui-même le reste du temps. Et faire face seul à ses difficultés (si tant est qu&#039;il les admette et les vive comme telles).
Il faut accepter l&#039;idée que le condamné n&#039;est plus sous le contrôle constant des représentants de la loi. Si on ne veut pas courir de risques, la seule solution, c&#039;est la détention à vie. 
C&#039;est tout ce que j&#039;ai dit. 

Sur le reste.

- Je maintiens que ce n&#039;est pas un passage devant le JAP qui va miraculeusement changer quelque chose. 
Ou les condamnés ont un vrai désir de s&#039;en sortir et ils vont se saisir du soutien que leur proposent le JAP et le SPIP et, le cas échéant, le « psy ».  Ou ça n&#039;est pas le cas. 
De nombreux détenus, pour des affaires non sexuelles, beaucoup plus banales, m&#039;ont dit (j&#039;ai été JAP pendant 5 ans) que, longtemps, les peines d&#039;emprisonnement n&#039;avaient eu aucun effet sur eux. Mais un jour, un déclic peut se produire. 

Et pour parler plus spécialement d&#039;Evrard, sans m&#039;appuyer sur le fait qu&#039;à l&#039;audience, il y a un ou deux jours, il souriait pendant le passage du film de l&#039;audition d&#039;Enis car malgré ce sourire, on ignore ce qu&#039;il pensait, on sait et là, il s&#039;agit de propos et d&#039;actes, qu&#039;il avait réussi à se procurer des photos douteuses d&#039;enfants en détention et qu&#039;il se vantait auprès des surveillants de prison de ce qu&#039;il allait pouvoir faire une fois libre. On sait aussi qu&#039;il avait accepté un traitement anti-hormonal en prison pour obtenir une libération conditionnelle et que, quand il a vu qu&#039;il ne l&#039;obtenait pas, il l&#039;a arrêté. Et puis il a quand même été condamné plusieurs fois pour des agressions sexuelles.
Alors, s&#039;imaginer que parce qu&#039;Evrard aurait vu le JAP une fois à la minute où il est sorti de détention, il y avait une chance que cela change quelque chose !!! D&#039;ailleurs, il y avait eu peu de temps auparavant l&#039;audience à l&#039;issue de laquelle il a été placé sour surveillance judiciaire, les conséquences de ce placement lui avaient été expliquées oralement par les juges et il avait ensuite eu le jugement de placement sous surveillance judiciaire. Il avait donc vu le JAP.

Force est donc de constater que l&#039;application de la loi n&#039;avait eu aucun effet de limitation sur les débordements de jouissance d&#039;Evrard depuis des dizaines d&#039;années. 

Et, là, miraculeusement, on aurait eu une chance que ce soit le bon moment ? Alors, effectivement, je pense qu&#039;il n&#039;y a pas de « faute » des JAP. 

- Il y a des gens sur lesquels la loi a un certain effet. Je dis « un certain effet » car la plupart des gens s&#039;autorisent des non respects dans tel ou tel domaine (circulation routière, déclarations fiscales, etc.). Mais il y a des gens sur qui cela n&#039;a aucun effet. Et là, ce n&#039;est pas une impuissance du droit et des institutions judiciaires, c&#039;est une impossibilité. Il y a de l&#039;impossible et cela n&#039;a pas à être vécu comme une impuissance fautive. La loi ne peut pas, c&#039;est une impossibilité, limiter tous les débordements de jouissance (et pas seulement au sens sexuel du terme)

- Et pour répondre à une autre de vos interprétations erronées, je ne pense évidemment pas que le JAP soit inutile. Mais il est impossible de savoir ce qui influe sur le condamné. C&#039;est un ensemble de faits, de paroles, d&#039;évènements, d&#039;interrogations du condamné sur lui-même, ... Mais on ne peut pas distinguer l&#039;influence de l&#039;intervention du JAP et du SPIP de celle de tous les autres aspects de la vie, de la réflexion du condamné et de son désir. Et puis, il y a des gens sur qui cette influence sera nulle. C&#039;est ce que j&#039;appelle l&#039;impossible. Et peut-être aussi que, pour un condamné donné, il y a de l&#039;impossible à un moment et que ça changera ... mais tout indique que ce n&#039;était pas le cas pour Evrard.

- Un dernier mot : vous dites qu&#039;il y a toujours plus de victimes mais ce n&#039;est pas du tout démontré. Dans la mesure où le chiffre « noir » est, par définition, non connu, on ne peut pas savoir s&#039;il y a plus d&#039;infractions à caractère sexuel ou si les victimes les dénoncent plus ou les deux.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>À maître Mô</p>
<p>Je conçois que certaines de mes formulations prêtent à confusion mais vous-même avez déformé des propos clairs.</p>
<p>D&#8217;abord vos interprétations.</p>
<p>- Je n&#8217;ai pas dit que maître Pianezza aurait prétendu que l&#8217;on pouvait déjà imposer la castration chimique. J&#8217;ai au contraire indiqué que c&#8217;est à tort qu&#8217;il prétend que madame Alliot-Marie se serait limitée à proposer quelque chose qui existerait déjà, que ce soit par ignorance que cela existe ou par esprit de « marketing ».<br />
Non, elle propose quelque chose de nouveau, que les juges puissent imposer la castration chimique alors qu&#8217;actuellement, les juges peuvent seulement imposer les soins (sous forme d&#8217;obligation ou d&#8217;injonction), cette « médication » se faisant au seul choix du médecin qui suit le condamné et dans le secret de son cabinet. À cet égard, Le Monde qui mentionne dans son édition du 29 octobre qu&#8217;Evrard aurait eu une obligation de prendre un traitement anti-hormonal, se trompe.<br />
Jusqu&#8217;à présent, en principe du moins, le secret médical s&#8217;oppose à ce que le juge sache que X ou Y prend un traitement anti-hormonal, ce qui explique d&#8217;ailleurs que la Chancellerie soit dans l&#8217;impossibilité de savoir combien de personnes y ont été soumises ou y sont soumises.</p>
<p>À part ça, MAM a effectivement indiqué qu&#8217;elle envisageait aussi de réduire encore les réductions de peine des délinquants sexuels. L&#8217;ironie de la chose, c&#8217;est que la « surveillance judiciaire » (en tant que notion juridique) ne peut durer qu&#8217;autant que les réductions de peine dont a bénéficié le condamné et qu&#8217;à force de réduire ces réductions de peine, on ne pourra plus prononcer de « surveillance judicaire » et que les condamnés sortiront avec encore moins de contrôle. </p>
<p>Maître Pianezza peut être content puisque, depuis son interview par vous, un début de réponse est venu à la demande de castration physique d&#8217;Evrard.<br />
Une deuxième nouveauté &#8230;<br />
Sur ce point, Madame Alliot-Marie semble toutefois ignorer que le serment d&#8217;Hippocrate interdit tout traitement et, donc, tout acte chirurgical qui ne soit pas nécessité par une maladie et que toute mutilation, non justifiée par une raison médicale, est passible de poursuites pénales.<br />
Mais elle trouvera peut-être des chirurgiens prêts à ce genre de chose. Ils ont d&#8217;ailleurs d&#8217;ores et déjà accepté de donner ces médicaments avant même qu&#8217;ils n&#8217;aient une autorisation de mise sur le marché pour cette indication. (Ces médicaments servent à soigner le cancer de la prostate et avaient une autorisation de mise sur le marché pour le traitement de ce cancer mais ils n&#8217;en avaient pas, jusqu&#8217;à il y a peu, pour servir d&#8217;inhibiteurs de libido.) </p>
<p>- Où ai-je dit que les victimes se fichent de comprendre ? J&#8217;ai réagi à l&#8217;expression « intégrer la souffrance ». Car « intégrer la souffrance » de l&#8217;agresseur, ce n&#8217;est pas la même chose que d&#8217;essayer de comprendre le pourquoi du passage à l&#8217;acte. Les mots ont une importance. Intégrer, c&#8217;est au-delà de la compréhension d&#8217;un fonctionnement psychique, c&#8217;est « absorber, assimiler, incorporer ». Et la souffrance, ce n&#8217;est pas le pourquoi de l&#8217;acte.</p>
<p>Evidemment que les victimes veulent comprendre pourquoi il y a eu le passage à l&#8217;acte et pourquoi c&#8217;est tombé sur elles (pourquoi moi ?). </p>
<p>- Et il y a des explications. Où ai-je dit qu&#8217;il n&#8217;y en avait pas ? Je dis en revanche que les éléments qu&#8217;évoquent maître Pianezza n&#8217;en sont pas. C&#8217;est une sorte de vague socio-psychologie et je ne vois pas en quoi les victimes peuvent vivre cela comme une explication. </p>
<p>Car si tant est qu&#8217;avoir une image paternelle dégradée et une mère omniprésente soient des notions définissables scientifiquement, ce que je ne crois pas, il y a sûrement beaucoup de gens dont on pourrait dire cela et pourtant, ils ne commettent pas tous des infractions à caractère sexuel. C&#8217;est donc qu&#8217;il y a d&#8217;autres explications.<br />
Pour moi, seule la psychanalyse a des chances de les approcher, ces explications, car elle s&#8217;intéresse au sujet et à sa parole à lui et ne le traite pas comme un numéro parmi d&#8217;autres dont on cherche les caractéristiques qu&#8217;il partagerait avec d&#8217;autres au lieu de chercher ses spécificités.</p>
<p>Si vous voulez un exemple, pas d&#8217;une psychanalyse bien sûr mais d&#8217;une lecture psychanalytique du pourquoi du passage à l&#8217;acte d&#8217;un criminel à travers le dossier de l&#8217;intéressé, il faut lire « Le Cas Landru » de Francesca Biagi-Chaï, qui est psychiatre à l&#8217;hôpital psychiatrique de Villejuif et psychanalyste.  </p>
<p>Je ne pense pas que ce soit en rencontrant celui qui a tiré jouissance de soi et en parlant avec lui qu&#8217;une victime comprendra quelque chose.  D&#8217;abord, les condamnés ne comprennent pas la cause. De plus, il y a un risque sérieux que des situations malsaines se produisent dans ces rencontres. Et de toutes façons, c&#8217;est aux « psys » d&#8217;éclairer le passage à l&#8217;acte à partir de leur écoute de la parole de chaque accusé, pris un par un, et d&#8217;en présenter la conceptualisation aux victimes. </p>
<p>- Sur la responsabilité pénale, je pense que, malheureusement, les expertises ne sont pas satisfaisantes. Les experts ne savent pas reconnaître la psychose si elle ne se manifeste pas avec l&#8217;évidence, à travers le délire et/ou les hallucinations. Même lorsqu&#8217;il y a délire, il y en a qui hésitent. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir le cas de cet homme qui a tué un enfant d&#8217;une dizaine d&#8217;années, il y a un an ou deux, d&#8217;une bonne centaine de coups de couteau. Les gendarmes l&#8217;ont interpellé très vite et ont eux-mêmes constaté qu&#8217;il était complètement délirant, avec un délire mystique où il se sentait persécuté par le diable qu&#8217;il a cru voir dans cet enfant. Il s&#8217;est malgré tout trouvé des experts pour estimer qu&#8217;il n&#8217;était pas sous l&#8217;empire de la folie au moment du meurtre !!!</p>
<p>Après vos interprétations, une formulation pas assez claire de ma part.</p>
<p>Le condamné qui sort de prison avec une mesure de suivi quelconque (libération conditionelle, semi-liberté, surveillance judiciaire, suivi socio-judiciaire, placement sous bracelet électronique, etc.) ne sera plus sous surveillance quasi continue, 24 heures sur 24, comme il l&#8217;était en prison. Au mieux, il verra le JAP une fois en début de mesure (et encore, pas dans tous les cas de figure. Et il ne le reverra ensuite que s&#8217;il ne respecte pas ses obligations) et c&#8217;est tout. Quant au SPIP, il le verra au mieux une fois par mois. Le reste du temps, le condamné devra se prendre en charge lui-même, qu&#8217;il y parvienne ou pas, qu&#8217;il soit perturbé ou pas. C&#8217;est comme ça et ce serait comme ça même si les effectifs du SPIP permettaient qu&#8217;il soit vu toutes les semaines. Le condamné devrait se prendre en charge lui-même le reste du temps. Et faire face seul à ses difficultés (si tant est qu&#8217;il les admette et les vive comme telles).<br />
Il faut accepter l&#8217;idée que le condamné n&#8217;est plus sous le contrôle constant des représentants de la loi. Si on ne veut pas courir de risques, la seule solution, c&#8217;est la détention à vie.<br />
C&#8217;est tout ce que j&#8217;ai dit. </p>
<p>Sur le reste.</p>
<p>- Je maintiens que ce n&#8217;est pas un passage devant le JAP qui va miraculeusement changer quelque chose.<br />
Ou les condamnés ont un vrai désir de s&#8217;en sortir et ils vont se saisir du soutien que leur proposent le JAP et le SPIP et, le cas échéant, le « psy ».  Ou ça n&#8217;est pas le cas.<br />
De nombreux détenus, pour des affaires non sexuelles, beaucoup plus banales, m&#8217;ont dit (j&#8217;ai été JAP pendant 5 ans) que, longtemps, les peines d&#8217;emprisonnement n&#8217;avaient eu aucun effet sur eux. Mais un jour, un déclic peut se produire. </p>
<p>Et pour parler plus spécialement d&#8217;Evrard, sans m&#8217;appuyer sur le fait qu&#8217;à l&#8217;audience, il y a un ou deux jours, il souriait pendant le passage du film de l&#8217;audition d&#8217;Enis car malgré ce sourire, on ignore ce qu&#8217;il pensait, on sait et là, il s&#8217;agit de propos et d&#8217;actes, qu&#8217;il avait réussi à se procurer des photos douteuses d&#8217;enfants en détention et qu&#8217;il se vantait auprès des surveillants de prison de ce qu&#8217;il allait pouvoir faire une fois libre. On sait aussi qu&#8217;il avait accepté un traitement anti-hormonal en prison pour obtenir une libération conditionnelle et que, quand il a vu qu&#8217;il ne l&#8217;obtenait pas, il l&#8217;a arrêté. Et puis il a quand même été condamné plusieurs fois pour des agressions sexuelles.<br />
Alors, s&#8217;imaginer que parce qu&#8217;Evrard aurait vu le JAP une fois à la minute où il est sorti de détention, il y avait une chance que cela change quelque chose !!! D&#8217;ailleurs, il y avait eu peu de temps auparavant l&#8217;audience à l&#8217;issue de laquelle il a été placé sour surveillance judiciaire, les conséquences de ce placement lui avaient été expliquées oralement par les juges et il avait ensuite eu le jugement de placement sous surveillance judiciaire. Il avait donc vu le JAP.</p>
<p>Force est donc de constater que l&#8217;application de la loi n&#8217;avait eu aucun effet de limitation sur les débordements de jouissance d&#8217;Evrard depuis des dizaines d&#8217;années. </p>
<p>Et, là, miraculeusement, on aurait eu une chance que ce soit le bon moment ? Alors, effectivement, je pense qu&#8217;il n&#8217;y a pas de « faute » des JAP. </p>
<p>- Il y a des gens sur lesquels la loi a un certain effet. Je dis « un certain effet » car la plupart des gens s&#8217;autorisent des non respects dans tel ou tel domaine (circulation routière, déclarations fiscales, etc.). Mais il y a des gens sur qui cela n&#8217;a aucun effet. Et là, ce n&#8217;est pas une impuissance du droit et des institutions judiciaires, c&#8217;est une impossibilité. Il y a de l&#8217;impossible et cela n&#8217;a pas à être vécu comme une impuissance fautive. La loi ne peut pas, c&#8217;est une impossibilité, limiter tous les débordements de jouissance (et pas seulement au sens sexuel du terme)</p>
<p>- Et pour répondre à une autre de vos interprétations erronées, je ne pense évidemment pas que le JAP soit inutile. Mais il est impossible de savoir ce qui influe sur le condamné. C&#8217;est un ensemble de faits, de paroles, d&#8217;évènements, d&#8217;interrogations du condamné sur lui-même, &#8230; Mais on ne peut pas distinguer l&#8217;influence de l&#8217;intervention du JAP et du SPIP de celle de tous les autres aspects de la vie, de la réflexion du condamné et de son désir. Et puis, il y a des gens sur qui cette influence sera nulle. C&#8217;est ce que j&#8217;appelle l&#8217;impossible. Et peut-être aussi que, pour un condamné donné, il y a de l&#8217;impossible à un moment et que ça changera &#8230; mais tout indique que ce n&#8217;était pas le cas pour Evrard.</p>
<p>- Un dernier mot : vous dites qu&#8217;il y a toujours plus de victimes mais ce n&#8217;est pas du tout démontré. Dans la mesure où le chiffre « noir » est, par définition, non connu, on ne peut pas savoir s&#8217;il y a plus d&#8217;infractions à caractère sexuel ou si les victimes les dénoncent plus ou les deux.</p>
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		<title>Par : Mathaf Hacker</title>
		<link>http://maitremo.fr/2009/10/24/le-grand-mal/comment-page-2/#comment-20530</link>
		<dc:creator>Mathaf Hacker</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 19:24:29 +0000</pubDate>
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		<description>Hugh !</description>
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