J'ai peur, en fait, de me retrouver seul…

Je suis très, mais alors vraiment, très en colère, une véritable haine face à  un gâchis monumental, qui a failli coûter une vie, et va peut-être en coûter une autre...
Les malades mentaux et la justice n'ont, décidément, définitivement rien à  faire ensemble.
Un dossier, pour prouver que j'ai le droit de vous le dire; un homme, pour mesurer ce fait à  l'aune de ce qu'on est -d'autres hommes...
Je viens d'être commis d'office par une Cour d'Assises pour assister un jeune homme qui va y comparaitre dans quelques jours pour, excusez du peu, y répondre de faits de tentative de meurtre ayant suivi un autre crime, en l'espèce un viol commis en état de récidive légale.
Peine encourue : perpétuité, avec période de sûreté minimale automatique de la moitié de la peine, ou de dix-huit ans si la perpétuité était prononcée, ce que je ne peux pas un instant envisager.
Ce garçon a une personnalité extrêmement perturbée, l'expert psychiatre l'ayant examiné dans le cadre de cette affaire ayant d'ailleurs conclu à  une altération du discernement, on verra bien ce qu'en fera la Cour, mais mon douloureux effarement ne vient pas de ce qu'une fois de plus, on va tenter de juger sinon un fou, du moins, c'est bien certain, un malade, un grand malade, et que j'en souffre d'avance.
Non, ce qui me rend dingue à  mon tour, après examen de son dossier de personnalité, est l'enchaînement des faits suivants, qui, parmi tant d'autres, disent tellement à  quel point l'institution judiciaire est inadaptée, totalement, à  la prise en compte, plus encore à  la prise en charge, de ces personnes qui souffrent de "graves troubles de la personnalité" ...
Je suis sidéré.
Ce garçon, sur le passé familial duquel il me reste d'ailleurs tout à  faire, tant je suis certain d'anomalies majeures -la seule visible étant l'absence totale des parents du dossier criminel en cours, ce qui, c'est le moins que l'on puisse dire, particulièrement s'agissant d'un milieu social "normal", attire l'œil et contriste le cœur, quoi qu'il se soit passé, bon sang : leur fils va passer devant une Cour d'Assises pour avoir failli tuer  une jeune femme handicapée en l'égorgeant d'un coup de cutter et en tenant de lui briser les cervicales, après l'avoir violée... Et ils ne le savent peut-être même pas à  l'heure où j'écris ces lignes, heure à  laquelle leur gamin approche des deux années de détention provisoire - a, pour ce que j'en sais au travers des procès verbaux que je découvre, très rapidement manifesté des troubles, par le biais de conduites qui déjà , en elles-mêmes, auraient pu alerter son entourage et notre merveilleux monde judiciaire : vie plus ou moins désocialisée dès dix-neuf ans, hébergement en foyers suite à  rupture de relations avec ses parents (?), emplois successifs mais perdus soit du fait de petits larcins, soit par manque d'assiduité, addiction progressive au cannabis... Et... Au sexe.
Petites condamnations liées à  la drogue et au vol en 2003, il a alors 24 ans, et on ne sait pas trop ni comment, ni de quoi exactement, il vit.
En revanche, et c'est notamment ce qui lui vaut de comparaître pour un viol en état de récidive légale, il est condamné en 2004 pour une tentative d'agression sexuelle sur mineur commise mi 2003, et en 2005 pour une exhibition sexuelle commise mi 2004; dans les deux cas, les tribunaux concernés lui infligent une peine mixte, une partie d'emprisonnement ferme et une partie assortie d'un sursis avec mise à  l'épreuve de deux ans, ladite "mise à  l'épreuve" ayant consisté dans les deux cas à  une obligation de soins.
Dans les deux cas et comme dans mon dossier, les faits ont été immédiatement reconnus, non seulement sans la moindre difficulté, mais même avec une franchise dépourvue d'affectivité, mais pourvue d'une précision extrêmement nette, assez rarement rencontrée, et assortie dans les deux cas de demandes de soins, de véritables appels au secours, tout aussi nets et carrés, vous l'allez voir, je l'espère en frémissant avec moi à  l'idée que ce même dossier, là , maintenant, ait simplement pu exister, faisant déborder ma coupe, déjà  bien pleine, sur le sujet de ces "fous" que l'on ne devrait pas juger mais qu'on jugera quand-même...
Allons-y, ce dossier existe : voici comment.
Précédemment condamné, donc, à  des peines minimes pour de "petits" faits quelconques, sans ressources et coupé de sa famille, il est à  l'été 2003 logé au foyer JABRITE1 de Lille, étant SDF, et une sortie est effectuée ce jour là  vers l'une des stations balnéaires du Nord2, où, s'isolant un instant pour uriner, il avise une fillette de douze ans qui se rend elle aussi aux toilettes, et qui a dû avoir la frayeur de sa vie, puisqu'il l'attrape par derrière, lui plaquant une main sur la bouche, et tente de l'entraîner dans un but évident vers une cabine de toilette : sans doute galvanisée par sa trouille, la toute jeune fille se débat furieusement et lui échappe en courant.
Elle dénonce immédiatement les faits en le décrivant précisément, il est évidemment attrapé tout de suite, d'autant qu'il ne s'enfuit pas.
Il indiquera immédiatement reconnaître les faits, et qu'il est allé aux toilettes des filles en espérant en croiser une, dans l'intention d'en caresser une, mû par une pulsion qu'il reconnaît sans difficulté, tout comme ses intentions. Procédure, expertise psychiatrique, on le dit à  l'époque pleinement responsable, mais on lui reconnaît, déjà , "un grave trouble de la personnalité", lié à  "un trouble de l'identité sexuelle, en sentiment constant de vide, de dévalorisation, une symptomatologie anxio-dépressive avérée", bref, tout le charabia habituel qui dit très fort que ce garçon va mal et est "dangereux pour lui-même et pour les autres".
Il explique dès l'époque aux policiers qu'il "a eu un flash", qu'il "fallait qu'il touche une fille", qu'il n'a eu toute sa vie de relations sexuelles qu'avec des prostituées et des prostitués, sans bien savoir s'il est homosexuel ou pas...
Dans le même dossier, les policiers cherchent, tout de même alertés, des antécédents judiciaires de nature sexuelle, n'en trouvent pas, mais apprennent de JABRITE qu'à  deux reprises il s'est exhibé, absolument nu, à  deux éducateurs différents, sans en avoir été gêné...
L'expert psychologue relèvera lui "une personnalité peu structurée, une problématique sexuelle non résolue" ...
C'est tout ce que contiendra (un dossier de personnalité presque vide, en ce que ne contenant que la preuve qu'il a coupé les ponts avec sa famille, sans même qu'on demande pourquoi à  la famille en question, et les expertises précitées, pas même une audition au fond de qui que ce soit...) le dossier de l'instruction, instruction très rapide, puisqu'il sera jugé sans même avoir fait l'objet d'une nouvelle audition -les faits sont reconnus, les experts ont relevé de multiples troubles mais en retenant sa culpabilité, l'affaire est entendue -je ne veux pas refaire l'histoire après coup, c'est toujours trop facile, et notre homme, on va l'appeler totalement au hasard Sigmund3, ne dit pas grand chose d'autre de lui, juste qu'il a eu une pulsion, timidement qu'il aimerait être aidé, mais rien de marquant, soit; mais il est permis de dire tout de même, déjà  à  l'époque, que personne étant intervenu dans cette affaire n'a eu beaucoup de curiosité, personne non plus n'a réellement relié les constats déjà  impressionnants des experts avec ses déclarations, son comportement pulsionnel, cette très curieuse absence de relations familiales, et bien évidemment son passage à  l'acte...
On ne l'interroge pas plus, quoi qu'il en soit, il est jugé et bien évidemment condamné, à  une peine d'ailleurs très lourde, au regard de faits qui finalement ont été très minimes (tout étant relatif) : 3 ans dont deux ans et quatre mois assortis de ce sursis avec mise à  l'épreuve consistant principalement à  se soigner -je vous laisse deviner combien de mois de détention provisoire avaient été effectués4, il est libre le soir même du procès, nous sommes à  la fin du premier trimestre 2004.
Comme chacun sait que la prison fait du bien à  tous ces types là , il faut attendre quatre mois pour que Sigmund fasse de nouveau parler de lui -quatre mois pendant lesquels, suivi à  la sortie de détention et délais judiciaires étant ce qu'ils sont, il a été totalement livré à  lui-même, seul -non, un peu encadré par les éducs' de son nouveau foyer, mais pas plus que ça, ils ne sont pas là  pour ça.
Nouveaux faits donc à  l'été 2004, oh, sans doute encore moins graves que les précédents : il est arrêté dans un parc lillois bien connu, où il est en train de se masturber en public, ou plus exactement "exhibant son sexe en érection à  la vue du public", selon la phrase policière consacrée5 ; aveux, et, comme dans la première procédure, il avoue même bien plus, en réalité.
Il parle à  nouveau de pulsion, mais dit très vite qu'en fait cela lui arrive très souvent; qu'il vient souvent dans ce parc pour y rechercher des relations sexuelles masculines car là  c'est gratuit... En fait donc, au moins depuis sa sortie relativement récente de détention, évidemment, et sa première condamnation est parfaitement connue...
Ce qui n'empêche personne de le faire juger tel quel, sans aucune expertise ! Les policiers essayent, mais nous sommes en été, les experts sont en vacances ! Sigmund est sorti de garde à  vue avec une convocation dans la poche pour être jugé début 2005, et se retrouve seul, à  nouveau, et libre...
Heureusement, le tribunal relève la difficulté, lorsqu'il comparaît à  l'audience quelques semaines plus tard, et ordonne ladite expertise, dont on comprend mal qu'on ait souhaité initialement s'en passer, côté parquet : le jugement interviendra finalement mi 2005.
Seulement voilà  : entre temps, l'expertise intervient effectivement, et Sigmund, qui décidément ne cache pas grand chose, effectue, tant devant un éducateur du foyer où il réside à  présent, que devant l'expert psychiatre, la déclaration suivante :

"Le sexe, c'est une drogue pour moi... Je ne contrôle aucune pulsion, ça peut revenir à  tout moment... Je vais m'en prendre à  quelqu'un, c'est certain... Il faut me soigner...".

L'expert relève à  nouveau les énormes difficultés de cette personnalité, le reconnait responsable de ses actes mais avec une altération du discernement, et préconise, évidemment, des soins.
Mais surtout, et là  ce n'est pas banal, croyez-moi, le procureur en charge du suivi de cette affaire, recevant le rapport d'expertise précité, trouve les déclarations de Sigmund tellement alarmantes qu'il demande aux policiers de l'entendre plus longuement à  leur sujet ! Nous sommes pratiquement hors procédure, rien ne lui est reproché, mais il annonce quasiment de nouveaux faits : saine démarche du parquet, franchement, plutôt rare et à  saluer.
Et elle apporte un résultat particulièrement édifiant, au regard du dossier que j'ai entre les mains.
Avant son jugement de 2005 pour des faits d'exhibition sexuelle, donc, les policiers obéissent aux ordres reçus, et cherchent à  entendre Sigmund, découvrant, d'abord, qu'il n'est à  ce moment là  plus au foyer, mais a demandé lui même son hospitalisation psychiatrique !
Je résume : il est sous suivi judiciaire depuis sa précédente condamnation, actuellement en attente d'être jugé, et il a demandé son hospitalisation lui même. Comme les policiers, vous vous demandez pourquoi ? Comme à  eux, dès 2005 donc, voici la réponse de Sigmund6 :

" J'ai appelé un éducateur il y a quinze jours... Je lui ai parlé de ma crainte de récidiver, parce que je n'arrive pas à  respecter mes suivis psychologiques et psychiatriques... J'ai peur, en fait, de me retrouver seul, dans la rue, d'avoir une pulsion, d'avoir envie d'attraper une fille et de la violer, plutôt que dans la rue, dans un parc ou un endroit reculé... Des fois j'ai envie de franchir le pas. Des fois aussi, je fume du cannabis et ça augmente mes envies... Pour réfréner mes envies, je me masturbe... Ou je bouquine, mais en fait des livres de cul... Je vais aussi au parc, c'est un lieu de rencontre homosexuel, ça me permet ayant des relations avec des hommes de me soulager... Je vais aussi voir des prostituées, mais le problème c'est le prix... Par "m'attaquer à  des jeunes filles", je pensais à  des filles âgées environ d'une dizaine d'années. Il m'est arrivé d'être attiré par une fillette de six ans, il ne s'est rien passé parce que j'ai peur de retourner en prison, il faut vous dire qu'on est mal aimé en prison, quand je dis "on" j'entends les personnes qui ont commis des viols ou des agressions sexuelles, c'est surtout ça qui m'empêche de recommencer, plus que la crainte de blesser ou de détruire la vie de la victime... Je suis attiré par les petites filles parce qu'elles sont constituées comme des femmes, et on a moins de risque d'avoir de résistance... Regardez, la fois où je me suis fait attraper c'est parce qu'elle avait douze ans et qu'elle s'est débattue... C'est logique qu'une femme puisse se débattre plus qu'une petite fille... Ces pulsions, j'en ai depuis cinq ou six ans, mais c'est vrai que maintenant j'en ai beaucoup plus... En fait je suis très timide, j'ai envie de femmes mais je n'arrive pas à  faire le premier pas avec elles... Vu que j'ai des pulsions de plus en plus fréquemment et que je ne fais rien de mes journées, je suis sûr que je ne pourrai pas me retenir longtemps. Et comme je vous ai dit, je m'attaquerai plutôt( à  des jeunes filles parce qu'elles résistent moins que les plus vieilles... C'est pour ça que j'ai fait la démarche d'aller moi-même à  l'hôpital. Mais je suis inquiet parce que mon médecin m'a dit que j'allais bientôt sortir, et que j'ai vraiment peur de faire une bêtise..."

Voilà .
Ce procès verbal, hors procédure, est revenu entre les mains du parquet, qui avait eu la très bonne idée7 de demander cette audition : rien n'a été fait ensuite, et notamment pas, comme il le pouvait, la saisine du Préfet pour une hospitalisation d'office, dangerosité diagnostiquée par tous les experts à  tous les étages mais également, et c'est plus rare, par le "dangereux" lui-même...
Il était à  la procédure lorsque le tribunal a jugé Sigmund, en l'ayant, et lui n'était saisi que de faits d'exhibition, condamné à  7 mois d'emprisonnement dont quatre assortis d'un nouveau sursis avec mise à  l'épreuve de deux ans -obligation de soins notamment...
Il avait été établi le 2 septembre 2005.
Vous criez au secours ? Vous ne savez pas encore tout.
Dès août 2005, en effet, période à  laquelle il ne faut pas perdre de vue que Sigmund était suivi par l'application des peines, un rapport d'incident avait été établi dans ce même cadre, décrivant "comme particulièrement inquiétante la situation personnelle et psychologique de Sigmund. Ce dernier explique avoir des pulsions sexuelles de manière quotidienne, et fait part de son envie d'agresser des prostituées. Il reconnaît avoir des rapports avec les hommes derrière les bosquets et évoque des désirs sexuels envers les petites filles... Il s'exhibe chaque jour depuis deux semaines au sein du parc..." ...
Vous savez de quel document je tire ce premier avertissement ?
D'un rapport du juge de l'application des peines, résumant les deux années s'étant écoulées entre la présente affaire et les précédentes...
Il y est mentionné : "le parquet n'a eu ni la possibilité d'entamer des poursuites, faute de charges concrètes, ni celle de faire ordonner une hospitalisation d'office". Cette phrase est exactement à  moitié vraie.
Figurent, enfin, au dossier, postérieurement à  la dernière condamnation, différents échanges entre les éducateurs et le juge de l'application des peines, visant à  signaler que Sigmund ne suivait pas correctement ses obligations de soins, et qu'il fallait le "rappeler à  la loi" : le convoquer pour lui dire qu'attention, il faut suivre les ordres contenus dans les jugements, sinon c'est la prison...
Le dernier de ces "rappels" ? Daté du 24 avril 2006.
Je ne veux pas porter de jugement sur tout ça, il me semble que ce serait un peu indigne, parce qu'a posteriori, et donc facile.
Mais qu'en dire, sans rien juger ? Quel marasme, quel gâchis, pour tout le monde...
Sans oublier le psychiatre qui a levé l'hospitalisation que Sigmund lui-même avait demandée, considérant qu'elle n'avait pas lieu d'être, et qu'il "s'agissait d'un problème social plutôt que psychiatrique" ...
Le 17 mai 2007, Sigmund guettait les prostituées officiant non loin du parc, repérait l'une d'entre elles, choisie parce qu'elle boitait, et lui demandait une fellation, qu'il payait. Descendu avec elle dans le parc, il la menaçait, la violait, puis tentait successivement de l'égorger avec un cutter, et de lui rompre le cou. Elle hurlait et se débattait, et une groupe de jeunes accourait, la sauvant tandis qu'il s'enfuyait.
La jeune femme s'en est tirée, Sigmund, il faut croire, n'arrive pas à  réellement totalement faire mal.
Il sera bientôt jugé et encourt la perpétuité.
Le psychiatre qui l'a expertisé, une dernière fois, écrit notamment que selon lui, dans son cas, seule une "thérapie hormonale antiandrogène" apportera une solution garantissant un résultat.
Sigmund ne sera plus un homme, si tant est qu'il l'ait été -et je connais suffisamment cet expert pour savoir qu'il n'a écrit cela qu'en dernier recours, et qu'il ne l'aurait probablement pas écrit quelques années plus tôt...
Il dit aussi que "la prégnance des tensions sexuelles est à  ce point forte chez lui qu'elle a pu altérer le contrôle de ses actes", et relève par ailleurs notamment que "la fixation à  la mère va être à  l'origine de sa gêne face à  la société, et aux femmes en particulier. Le développement psycho-dynamique de sa personnalité s'est fait sur un mode névrotico-pervers, c'est à  dire en relation avec les difficultés de séparation d'avec la mère. Il ne s'affirme pas, développe un sentiment d'infériorité et toute une gamme de conduites inhibées...".
Ses parents n'ont pas été entendus, ne sont pas dans le dossier, et ne savent peut-être même pas qu'une audience a bientôt lieu, une petite audience où leur fils joue sa vie.
Le même psychiatre écrivait encore : "Nous considérons que cet homme a besoin d'être aidé".
Je le crois aussi. Mais que vais-je, moi, lui dire ? Il a appelé tellement fort au secours, tellement clairement, tellement crûment, même... Il a été entendu par des policiers, un éducateur, des psychiatres, un procureur, trois juges du siège, un juge de l'application des peines, deux psychologues, tous, tous, ont lu ce qui vient d'être dit...
Il a pratiquement annoncé le crime commis sur cette malheureuse, deux ans avant sa commission.
Les jurés vont le craindre, et le craindre d'autant plus que sa responsabilité est sensée être légalement atténuée, ultime paradoxe de l'ensemble d'un système au vu duquel il n'existe qu'une solution : séparer enfin les "fous" du monde judiciaire, constater enfin l'inadéquation absolue de ce dernier et des premiers...
Sigmund, je ne t'ai traité de "fou" que pour faire un -mauvais- résumé : je sais déjà  que tu es un homme, et que tu vas souffrir, et que tu nous avais appelé, il y a longtemps déjà ...
Personne n'est venu, dis-tu ? C'est vrai, c'était le mauvais moment, le mauvais endroit, des tas de règles stupides, conçues par des gens lointains qui ne savent pas même que tu existes, et appliquées sans même jamais t'avoir une seule fois regardé vraiment, sans même t'avoir une véritable fois parlé vraiment...
Tu vas être jugé, c'est la règle, là  encore : des gens vont venir, cette fois, ça au moins, j'aimerais te le promettre...
Je te le promets.

  1. Le nom a été changé, on ne sait jamais, et pourtant je n'ai rien à  en dire de mal, mais nous dysfonctionnons tellement, parfois... []
  2. Bien sûr qu'il en existe, je vous sais capables d'ironiser même sur un billet dramatique, donc je vous le confirme par avance -il y fait juste très froid... []
  3. Je n'ai pourtant pas le cœur à  sourire, mais le rapport est vraiment trop évident []
  4. Huit mois, oui, bien vu []
  5. mon seul sourire en deux cent cinquante cotes : un policier a cru devoir répondre à  Sigmund, qui lui disait sans conviction ce que tous les exhibitionnistes de France disent en pareil cas, à  savoir qu'il allait uriner : "Notifions au mis en cause qu'il est particulièrement difficile d'uriner lorsqu'un sexe est en érection" ... Face à  ce raisonnement de bon sens, fruit sans doute d'une longue expérience, rassurez-vous, Sigmund avoue tout immédiatement... []
  6. Extraits évidemment authentiques, qui dans le véritable procès-verbal sont entrecoupés de questions des policiers, assez ahuris je pense de la sincérité presque maladive des réponses, rarement rencontrée ici encore... []
  7. en réalité probablement soufflée par la volonté d'aggraver le dossier d'exhibition, et aussi de vérifier que des faits non révélés n'auraient pas eu lieu []

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  1. 39 réactions

    Ouf ! J'ai eu vraiment peur de ne plus vous lire... Ce que je vais faire de ce pas mais la hâte de vous faire parvenir ma joie de vous savoir sur le ouaibe a un peu différé cette lecture...
    Je crains de découvrir dans ce billet des choses bien tristes...
    Continuez, chez maître, à  protester ainsi, à  pointer et à  nommer ces dysfonctionnements...
    Nous autres, lisons... et approuvons...
    Bien à  vous...

    1. 3579 réactions

      C'est très gentil, Nanook -mais je vous confirme que ce n'est pas demain la veille que je n'écrirai plus, c'est comme plaider : ça me démange ! :lol:

  2. 10 réactions

    rageant... pauvre monde... :shock:

  3. 1214 réactions

    Voilà  pourquoi, entre autre, je n'ai pas choisi la profession d'avocat.

    Je suis entièrement d'accord avec vous Maitre. Et pourtant je fais partie (enfin pas moi personnellement mais mes collègues) des personnes qui ont écouté Sigmund, qui ont entendu son appel à  l'aide et qui ont ressenti de l'impuissance face à  un tel cas.

    Oui des personnes comme Sigmund, on en croise quasi quotidiennement.

    En ce qui me concerne, ils sont déja jugés donc il est trop tard pour agir, du moins sur le passage à  l'acte.
    Mais on essaie d'agir pour que cela ne se renouvelle pas.

    J'ai l'exemple en tête d'un cas similaire à  celui que vous nous citer aujourd'hui.

    Mon collègue a alerté tout le monde.

    Dans un premier temps le personnel de l'établissement pénitentiaire, le personnel de l'unité médicale, le juge d'application des peines bien sûr.
    Parmi eux, seule l'unité médicale était en capacité de faire quelque chose.
    En effet, une fois la peine purgée, la justice ne peut plus rien faire.

    Et rien...

    L'ultime recours de mon collègue, faire un signalement au prefet pour une hospitalisation d'office.

    Mais là  encore, il y a des lacunes dans ce système.

    Quand bien même apèrs avoir passé les différentes étapes (expertises médicales, certificats médicaux par différents médecins...) si une HO est prononcée, elle le sera pour quelques temps.

    Une fois stabilisé par des traitements médicamenteux, le patient (puisqu'à  ce moment là  il ne sera plus détenu) sortira de l'hopital psychiatrique, et sera à  nouveau seul face à  ses difficultés.

    Croyez moi, j'en rencontre régulièrement des cas comme celui de Sigmund....

    Que faire???

    C'est pas le système pénal, ni pénitentiaire qui est à  revoir, mais le système médical et psychiatrique en particulier.

    Il y a quelques semaines, Faites entrer l'accusé était consacré à  ces "criminels fous".

    J'ai suivi avec attention cette émission espérant trouver des réponses à  mes questions.

    Il s'en est suivi une joute verbale entre un député (ou je ne sais plus quel politique) et un avocat, sans parler des deux victimes présentes sur le plateau...

    Aucune réponse concrète à  cette problèmatique dramatique...

    Sincèrement et du fond du coeur, bon courage Maitre....

    1. 3579 réactions

      Je suis totalement d'accord, il y a un vide juridico-médical évident, d'ailleurs unanimement dénoncé de longue date, ici même et ailleurs : les déséquilibrés mentaux n'ont rien à  faire en prison, que l'on tend d'ailleurs à  transformer de plus en plus en hôpital blindé, mais mal; et les hôpitaux n'ont pas à  être transformés en prisons, d'où leurs difficultés à  pouvoir gérer les dits déséquilibrés, lorsqu'en particulier ils sont dangereux pénalement...

      Nos actuels législateurs ne cessent de tout modifier, même ce qui fonctionne sur le terrain : allez-y les gars, là , il n'y a rien, ce qui me semblerait quant à  moi devoir être une institution intermédiaire à  part entière ! Faites chauffer les cerveaux...

      Il n'y a pas loin à  aller, d'ailleurs : en Belgique ça existe (on va finir par croire que j'aime les belges -et on aura raison !) !

  4. 1101 réactions

    Atroce.
    Et toujours le même problème : une personne présentant ce type de profil ne devrait jamais avoir à  comparaître devant une juridiction pénale. Surtout pas avec une "altération du discernement", formule qui n'a qu'un effet sur les jurés (et parfois, malheureusement, sur les juges), celui de laisser entendre que l'intéressé est fou, mais pas trop, et que la partie non altérée de lui-même est parfaitement consciente, raisonnable, prête à  répondre de ses actes.
    Quant aux thérapies antiandrogènes, je nourris les pires appréhensions à  leur propos.

  5. 9 réactions

    Heureuse de vous retrouver, et mal de cette lecture ... Révolte partagée face à  cette incapacité du monde judiciaire et psychiatrique à  agir avant qu'il ne soit trop tard.
    Cet hôpital remettant Sigmund à  la rue arguant d'un problème social et non mental... et ce suivi de l'application des peines qui s'il a été mis en place finalement relativement rapidement... (tout est relatif je sais...!) pour un constat d'une telle impuissance...
    J'enrage et je vous apporte tout mon soutien pour faire entendre Sigmund et aider à  ce que cette fois ci, à  défaut de liberté, il soit au moins soigné et dirigé vers une structure adéquate...

  6. 145 réactions

    arf c'est exactement le sujet de thèse que je veux faire....
    bon courage pour ce procès

  7. 3 réactions

    Cher Maître,
    Votre talent littéraire est indéniable. A quand un livre signé Me Mô?.
    Pour en revenir, à  ce post, il est, effectivement, rageant de constater qu'un homme, atteint de maladie(s) psychiatrique(s), ait été laissé sans soin réel et effectif, libre de ses agissements pour, in fine, commettre un viol suivi d'une tentative de meurtre. Une véritable incurie du système. Je comprends mieux (je l'avais déjà  compris avant, me direz-vous) pourquoi l'ensemble des acteurs judiciaires (au sens large) réclament-enfin- des moyens pour travailler correctement. Au lieu de cela, je laisse les spécialistes les dénoncer, ils le feront mieux que moi, notre appareil législatif et exécutif préférent pondre des lois comme celle imposant l'enfermement à  vie des "fous"; bref, les écarter de la société plutôt que d'essayer de les soigner voire de les guérir. J'ai cependant conscience qu'il est difficile de trouver une "bonne" solution tant la psychiatrie relève davantage de l'art que de la science exacte, ce qui nous renvoie à  l'éternelle question: que fait-on pour eux, les malades mentaux?.
    PS: je me pose une question-subsidiaire- en lisant votre post, la victime peut-elle attaquer l'Etat pour faute lourde dans cette affaire?.

    1. 3579 réactions

      Elle pourrait, théoriquement, mais je ne crois pas que ce cas présente de "faute lourde" au sens de la jurisprudence administrative -à  voir peut-être quand-même, quant à  l'inertie du parquet après retour du procès-verbal d'audition, qui contenait l'annonce littérale d'un prochain crime, mais il n'existait alors pas de cadre juridique d'action à  proprement parler...

      Merci pour le compliment, sinon, Sylvain; j'ai déjà  cependant essayé d'écrire un livre, mais c'est un vrai travail, pour lequel je manque de constance...

  8. 6 réactions

    Je vais sans doute aller à  contrecourant sur ce billet :
    - Sigmund est sans doute pshychiatriquement sévèrement atteint,
    - le système médico-judiciaire est sans doute un gouffre d'inefficacité,
    - notre système pénal est sans doute inadapté aux "troublés mentaux",

    mais là , vous me pardonnerez, je ne raisonne pas en tant que professionnel de la Défense mais en tant que père de 2 filles ; je n'ai strictement aucune compassion pour Sigmund !

    et le coup que l'on voit venir de "c'est pas de ma faute, j'avais prévénu, on ne m'a pas empêché" : foutaise et carabistouille !

    certes la ligne de Défense est quasiment déjà  toute tracée, et c'est celle que j'emprunterai aussi sans doute si je devais être commis d'office pour défendre Sigmund ... il n'empêche que malgré toute la force que je mettrai à  le défendre, je ne pourrai m'empêcher de penser, et de lui dire d'ailleurs, que je n'ai aucun compassion pour lui ... et que toutes mes pensées vont à  ses malheureuses victimes et que ma révolte c'est contre lui que je la tourne !

    Votre Bien Dévoué

    1. 1214 réactions

      Je ne pense pas que quelqu'un ici cautionne le c’est pas de ma faute, j’avais prévénu, on ne m’a pas empêché

      Certes on peut le dire et le penser.

      Je parlais tout à  l'heure de Faites entrer l'accusé spécial. Juste avant était rediffusé l'émission sur le jeune Romain qui a tué dans d'horribles conditions les deux infirmières de Pau. Là  aussi il y avait eu des appels au secours. Pas forcément de Romain mais de sa maman.

      Personnellement, ici je me contente de constater les carences du monde médical et du système pénal.

      Alors oui Sigmund a peut être une bonne "excuse".

      Une pathologie psychiatrique que lui même ne nie pas.

      Mais la souffrance et la douleur des victimes et de leurs proches est indéniables.

      La question ici, pour moi tout du moins, est de se demander comment on agirait, et d'ailleurs comment on agit tous les jours, face à  de tels cas.
      Que l'ont soit avocat commis d'office, magistrat, conseiller d'insertion et de probation, surveillant pénitentiaire, ou tout simplement citoyen...

      1. 145 réactions

        Le problème c'est que : si on fait de la HO à  outre mesure, on va crier à  la fin de l'état de droit et à  la nouvelle ère de la répression, voire même de "ghettoisation" des malades mentaux....
        bien que faudrait déjà  avoir les moyens (j'entends en terme de place en psychiatrie) pour le permettre....

    2. 528 réactions

      @ Fabien Dupielet :

      Moi j'ai de la compassion pour les victimes de Sigmund ET pour Sigmund qui sont les victimes d'une politique cynique aux motivations uniquement d'ordre budgétaires : une place en prison coûte 4 fois moins cher (au bas mot) qu'une place en HP. D'ailleurs vous remarquerez que le nombre de place en HP diminue tandis que l'on va ouvrir cette année une nouvelle prison tout les 2 mois! C'est ce choix politique (pour lequel les citoyens n'ont pas été véritablement consulté mais "qui ne dit mot consent", n'est ce pas? ) qui est le véritable responsable des souffrances endurées par les victimes de Sigmund.

      Quitte à  faire dans le cynisme, allons y gaiement, espérons que Sigmund se pende rapidement dans sa cellule afin que sa détention nous coûte le moins cher possible (cf le billet "Dépendez les pointeurs").

      PS : moi aussi, j'ai deux enfants.

      1. 3 réactions

        Eh bien, je dirais que vous mélangez les genres, le sigmund avec ses victimes. Ou plutôt que vous utilisez la détresses des unes pour pousser le pion sur le cas de l'autre. C'est la méthode du cavalier.

        Le véritable responsable des souffrances des victimes de Sigmund, c'est sigmund. Parce que, à  vous lire, on va bientôt entendre que ce sont les victimes elles-mêmes ("elles n'avaient qu'à  pas être là ", "je l'ai écrasé mais il n'avait qu'à  pas traverser la route!"). Ce qu'on juge, c'est l'homme. Si vous voulez juger le système, mettez-vous dedans.

        J'ai bien compris que vous stigmatisiez le gâchis des politiques pénales et HP. Mais alors, il ne faut surtout pas mélanger. C'est manquer de respect aux victimes qui sont l'alpha et l'omega de tout cela pour le cas où vous l'oublieriez.

        1. 528 réactions

          Je ne comprend absolument pas ce que vous essayez de dire : Où avez vous vu lu que je manque de respect aux victimes? Vous imaginez que je m'apprête à  rendre les victimes de Sigmund responsables de leur malheur, qu'est ce qui vous permet d'insinuer cela?

          Et c'est justement en pensant aux éventuelles futures victimes de Sigmund que je stigmatise l'indigence de nos politiques pénitentiaires et psychiatriques, car un jour, si la prison ne l'a pas tué, Sigmund sortira de prison! Et je ne vois vraiment pas ce qui aura pu améliorer l'état psychique de Sigmund en prison...

    3. 419 réactions

      vous vous laissez envahir par une émotion qui 'est liée à  la colère et non à  la souffrance des victimes. Votre colère est justifiée, mais pardonnez-moi de vous le dire, elle se trompe de cible. Petit exemple: Les écoles sont faites pour les enfants, les casernes pour les militaires. Maintenant, si on commencent à  mélanger les rôles, à  dénaturer les lieux et les choses, vous imaginez... les enfants dans des casernes ?
      je comprends parfaitement que l'on pense aux victimes, mais cette compassion ne doit pas nous rendre barbare, autrement nous tournons en rond.
      Nous nous devons de faire en sorte que chacun trouve sa place et celle de Sigmund n'est certainement pas en prison, elles n'ont pas été pensé pour enfermer les "fous".
      j'ai aussi deux enfants merveilleux.

    4. 3579 réactions

      Cher Fabien,

      ça mériterait tellement de niveaux de réponses que je suis obligé de me limiter -mais vous avez bien fait d'écrire ce commentaire, je pense que c'est un bon reflet de ce que pense la majorité des gens, dont, je le crains, les jurés seront un bon échantillon représentatif...

      On peut ou pas avoir de la compassion pour Sigmund, mais ce n'est pas tellement le problème (enfin le mien si, en tant que son avocat, mais ce n'est pas le sujet) : le problème, c'est plutôt celui de la compassion qu'ont peut ou pas avoir pour les déséquilibrés mentaux, pour lesquels la loi, et la loi pénale en son article 122-1, IMPOSE, en principe, qu'on en ait !

      Et on peut aussi compatir au monstrueux ratage qui fait qu'aujourd'hui, il risque cher, et a fait entre temps une victime.

      Votre ressenti humain est respectable, normal, logique. Bon, vous n'avez donc aucune compassion pour Sigmund, et dirigez votre colère contre lui, c'est d'accord. Mais vous en faites quoi ? Je suppose que vous n'allez pas à  contre-courant pour le plaisir, qu'il y a un but : lequel ?

      Serait-ce le même que celui poursuivi par ceux qui l'ont incarcéré la première fois ? Hum, j'ai bien l'impression que ça n'a pas trop fonctionné, non ? Alors là , maintenant ? Une lourde peine ferme, je suppose, je ne vous crois pas extrémiste, on ne va pas le tuer tout de suite, mettons vingt ans dont la moitié de période de sûreté, ou bien même tiens, trente, et on porte la sûreté à  vingt ans : pas mal non, une peine extrêmement lourde, je pense, dans le contexte...

      Voyons voir... 27 ans qu'il a actuellement, plus, mettons 22 ans, ça nous fait une libération aux alentours de ses 49 ans... Bien sûr, en étant devenu entre temps cette fois totalement dément, à  force de se faire enculer ou égorger dans toutes les coursives et tous les recoins des quinze établissements qui se le seront repassés, et d'y avoir vécu comme un rat enfermé par peur, mais bon, au moins on aura eu 22 ans de tranquilité...

      Quoi, vos filles ? Dans 22 ans, elles peuvent le croiser, et il sera cent fois plus dangereux et n'aura plus rien d'humain, de telle sorte que cette fois il se servira sauvagement de son cutter ? Ah, ben oui, mais qu'est-ce que vous voulez, c'est un fou dangereux, pas de compassion quand on pouvait encore le soigner et le récupérer dans le monde cohérent...

      Vous comprenez ? Aimer tout être humain, et particulièrement ceux qui sont en marge de l'humanité, ce n'est pas seulement utile pour eux, ça l'est aussi pour nous tous.

      Je n'ai aucune envie, moi non plus, que Minimô ou Mômette croisent un jour le chemin de Sigmund... Sauf s'il est soigné entre temps et traité avec humanité, une humanité dont il aura peut-être enfin grapillé les morceaux de construction qui lui manquent actuellement.

      Et puis, il y a encore un autre degré de compassion qu'on ne peut pas ignorer : je pense que les parents de Sigmund, il y a vingt ans, auraient pu commenter ce texte comme vous l'avez fait... Si Sigmund était l'un de vos enfants, que vous auriez chéri et élevé comme eux l'ont fait (il a d'ailleurs un frère d'un an son aîné pour qui tout va bien), et qui était devenu "ça", la question ne se poserait même pas...

      Sigmund est responsable de ses actes, tout le dossier le dit; mais avec une responsabilité atténuée par ses troubles psychiatriques -et vous reconnaitrez avec moi qu'il n'a pas choisi d'en avoir, oui ? Et, aussi, par celle d'un joli système qui dit qu'on ne juge pas les fous, mais qui quand il en croise un est incapable de le gérer correctement, même lorsque le fou en question le lui demande clairement.

      Je m'arrête là , mais il y a encore une chose à  méditer dans cette affaire, et croyez-moi j'en ai vu quelques unes où il n'y avait pas cet élément : la petite fille se débat, il la lâche; la prostituée crie et il l'égorge avec un cutter, mais si peu profondément qu'elle n'aura, Dieu merci, "que" quatre jours d'ITT et une très laide cicatrice (elle refusait elle-même de croire qu'il avait utilisé un cutter, fille de la rue habituée des armes blanches qu'elle est, déclarant "s'il avait eu un cutter je serais morte"...) : je suis moi persuadé qu'il est sauvable, rattrapable, qu'il n'a pas pas totalement basculé, même sous l'effet de ses pulsions.

      Ce qui veut dire que ça vaut aussi le coup d'avoir de la compassion pour lui, même pour lui.

  9. 1242 réactions

    Bonsoir Maître,

    Que dire ?

    Bien des choses me sont venues à  l'esprit à  la lecture de votre (encore une fois excellemment écrit) article.

    Tout d'abord cette série de trois articles parus sur le site de Marianne :

    http://www.marianne2.fr/Enfermes-dehors-1-3_a94482.html
    http://www.marianne2.fr/Enfermes-dehors-2-3-quand-la-folie-fait-mourir-de-froid_a94499.html
    http://www.marianne2.fr/Enfermes-dehors-3-3-qu-avons-nous-fait-de-nos-fous_a94504.html

    Vous y trouverez cette phrase édifiante "On estime que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux."

    Autre chose dont nous avions déjà  parlé, cet exemple de cet ex-collègue arrêté en 2006 pour des faits de pédophilie et qui lors de son jugement avait réclamé des soins qui lui ont été refusés.

    J'avoue mon désarroi, mon dégout et ma colère face à  une société qui préfère attendre qu'il soit trop tard avant de se décider à  agir, et qui le fait de plus dans une vision uniquement sécuritaire.

    Rentabilité, rentabilité...

    Je pense aussi au problèmes relationnels que Sigmund a rencontré avec ses parents. L'importance de l'éducatif y est ici criant. Sur ce plan bien des choses aussi pourraient être faites, qui ne le sont pas, et encore une fois pour des raisons financières ou par manque de volonté politique.

    Prof le Fataliste.

    1. 3 réactions

      Merci Prof Timbré (ne le sont d'ailleurs-t-ils pas tous un peu...non, point de souvenirs des bancs du lycée mais tout ceux qu'aujourd'hui je connais, aime et côtoie, le sont...sans exception !) merci donc, une fois de plus je me perds dans ma parenthèse, pour ces liens qui envoient vers trois très belle vidéo (enfin belles...mouais voilà  j'me comprends).

      Enfin merci quoi, pour le lien tout ça et beaucoup de mots pour peu dire.

      1. 1242 réactions

        Je n'ai aucun mérite, si ce n'est d'être tombé un jour par hasard sur ce blog sur lequel nous discutons aujourd'hui. Blog créé par quelqu'un que j'ai eu le plaisir de rencontrer en "direct live", et qui est terriblement humain.

        Si, si terriblement humain, Maître Mô.

        1. 3579 réactions

          C'est vrai, c'est vrai... Merci, Prof ! :P

  10. 436 réactions

    Bien sûr on peut incriminer le monde judiciaire, ou le monde pénitentiaire, ou le monde psychiatrique, ou le monde médical, ou tous à  le fois....

    Mais c'est la société toute entière, nous tous, qu'il faut incriminer.

    Quelle est la "folie" de Sigmund (quel excellent nom d'emprunt !) ? Elle consiste à  constater, il le fait très lucidement, que quand il a une pulsion il ne peut pas y résister. A cette aune-là  notre société est atteinte de la même foilie. Rappelez-vous la bronca nationale que valut au pourtant si aimé abbé Pierre le simple fait de faire l'éloge de l'abstinence un jour sur un plateau de télévision ! Dans notre société qui se croit si libérée, l'abstinence, la chasteté sont des gros mots ou presque. Quand on a le malheur d'affirmer, et c'est pourtant une vérité première, que s'abstenir est encore le meilleur moyen contraceptif ( et de protection contre le sida), on obtient comme réponse, à  condition qu'une affirmation aussi scandaleuse obtienne une réponse : "mais c'est impossible, voyons !", "impossible" est le mot qui sort automatqiuement en pareil cas !

    Sigmund, dans sa "folie" ne dit pas autre chose et il le met en pratique. Comme la société le met en pratique de mille manières. Ne devons-nous pas "jouir sans entraves" ? ...

    (les enfants des soixante-huitards sont cependant, il faut le reconnaître, sur ce sujet, nettement plus raisonnables que leurs parents, mais la pente sera longue à  remonter)

    Et du coup, parce qu'on ne sait plus dire "non", parce qu'on ne sait plus apprendre à  dire "non", on en arrive à  envisager pour de pauvres hommes comme lui une castration chimique ! Quelle incohérence ! (mais il ya là  ausi du sacrificiel : punissons-en quelques'uns de la faute commune pour nous en libérer)

    Je vois bien que ces considérations ne vont guère aider ni à  le juger ni à  le défendre mais il faut quelque fois essayer de retrouver la raison.

    1. 8 réactions

      Je suis pas du tout d'accord, on a pas attendu 68 pour faire des galipettes, les hommes ont toujours eu beaucoup de pulsion et parfois etranges (lisez Sade). La revolution de 68 c'est a mon avis, avant tout d'en parler librement, pas d'en faire plus. C'est la que l'evolution post 68 est difficile, on parle beaucoup de sexualite et donc ceux qui sont ont une pratique sexuelle marginale s'en rendent compte. Par ailleurs il y a 150 ans pas besoin de draguer pour trouve une femme la plus part des gens etaient marie d'office avec quelqu'un, donc tout le monde (ou presque) avait un partenaire sexuel. Aujourd'hui il y a beaucoup d'homme qui sont dans des deserts affectifs et cela accentue les problemes.

      Enfin je finirais ma reponse a ce commentaire reactionnaire qui nous dit revenons aux bonne vieilles valeurs de l'abstinence par un phenomene de societe aux USA. Les familles protestantes pratiquantes qui mettent en avant la regle de l'abstinence sont aussi les plus touchees par les grossesses d'adolescente! Preuve de l'efficacite de cette methode pour ameliorer la societe.

      PS desole y a pas d'accent sur les claviers US

      1. 436 réactions

        Bien sûr on a toujours fait des galipettes. Ce qui a changé en 68, même si c'est bien sûr simpliste et caricatural de dire les choses ainsi, même si chaque génération remet en cause les préceptes de la génération précédente, c'est qu'a disparu la différence entre galipettes interdites et galipettes autorisées, puisqu'il faut jouir sans entraves.

        Aussi réactionnaire que soit mon propos, il faut se méfier des étiquettes, je maintiens que la retenue a bien des mérites, éternels, universels. Et qu'il y aurait moins de Sigmund dans une société qui, à  la différence de la nôtre qui croit la retenue impossible, en ferait la promotion.

        Est moral selon Kant le comportement qui peut se multiplier à  l'infini sans nuire à  la société. Dans cette opitique, céder à  ses pulsions n'est pas moral, les encadrer l'est.

        Il est très dommage que, dans une large mesure, nous ayons abandonné toute volonté d'encadrer nos pulsions (sauf pour jeter en prison et éventuellemnt castrer chimiquement les pauvres malheureux qui, n'ayant pas su se donner des règles à  eux-mêmes, se retrouvent victimes de l'absence de règles communes)

        PS j'avoue que les statistiques sur les grossesses d'adolescentes américaines protestantes ne m'inspirent guère de réflexion

        1. 31 réactions

          Commentaires hors sujets et sans aucun intérêt, vous n'avez pas compris de qui il est question

          1. 3579 réactions

            Jugement radical qui hérisse tout de suite, Bidule, n'hésitez pas à  argumenter -je pense personnellement n'avoir jamais lu encore de commentaire de DMB "sans intérêt", et il n'est pas hors sujet; simplement, il y exprime, à  nouveau, une opinion, plutôt construite...

            1. 31 réactions

              Les considérations de DMB sur le "laxisme post soixante huitard" sont tout aussi hérissantes, au point qu'il admet lui même être simpliste et caricatural.
              Quant au hors sujet il est patent, on parle des faits commis par un homme à  la responsabilité pour le moins atténuée ...en68, en 38, en 98, rien n'y aurait fait

          2. 436 réactions

            Je suis hors sujet c'est vrai dans la mesure où mes réflexions ne peuvent guère aider à  juger ce cas particulier qu'est le malheureux Sigmund.

            Pour autant il ne me paraît pas complètement sans intérêt de m'interroger sur les ressorts d'une société dans laquelle s'épanouissent tant de Sigmund.

            Certains disent que la culpabilité est une pathologie. Je crois pour ma part au contraire que s'affranchir de sa culpabilité est en soi un coupable aveuglement.

            Je crois que nous récoltons ce que nous avons semé. Ayant jeté la morale aux orties nous avons fait de notre société une société amorale. Et il ne faut pas s'étonnner d'y trouver des gens qui, tel Sigmund, ne savent plus où ils en sont.

            1. 1440 réactions

              DMB,

              même si j'aime bien vous contredire ( :D ), en général, je suis vos raisonnements et je reconnais que vos ceux-ci sont portés par un certain humanisme.

              Mais là , par contre, j'avoue que j'ai du mal ...

              Vous dites "Je crois que nous récoltons ce que nous avons semé. Ayant jeté la morale aux orties nous avons fait de notre société une société amorale. Et il ne faut pas s’étonnner d’y trouver des gens qui, tel Sigmund, ne savent plus où ils en sont.". Moui ... Bof en fait. L'augmentation du nombre de gens comme Sigmund (et même cette appelation me gêne : c'est quand même la base du racisme, ce genre de propos mal interprêté. Ils sont pas comme nous, ils méritent notre haine / crainte / mépris (au choix ...) ... Sigmund est quelqu'un comme vous et moi, avec une déficience mentale maladive ? liée à  son enfance ? Je doute que ce soit la société qui l'ai rendu comme ça ... Car dans ce cas, il ne manifesterait pas de remords et il n'aurait pas conscience que son acte le rend coupable aux yeux de la société. J'en veux pour exemple ces jeunes qui se livrent à  des tournantes sous prétexte que "elles aiment ça, autrement elles le feraient pas dans les pornos". Eux n'ont ni remords ni conscience d'avoir enfreint une quelconque loi) me semble plus liée à  des facteurs extérieurs :

              Augmentation de la population (si vous avez 1% (chiffre au hasard hein !) de personnes à  troubles, vous aurez forcément plus de "comme Sigmund" sur une population de 66 millions de candidats que sur une population de 30 millions (évolution depuis 1800 environ). Surtout si en même temps, la durée de vie est passée de 40 ans à  75 ... Le trouble a plus de temps pour se déclencher s'il est d'origine génétique ou maladive.

              Information générale : Ne serait ce qu'au début du siècle dernier, un sigmund au fin fond de la creuse, honnêtement ... Qui en aurait parlé ? Qui l'aurait diagnostiqué ? Recensé dans des stats ? Personne ...

              Et j'irais même jusqu'à  dire : culture générale. Aujourd'hui, Sigmund a suffisament d'éducation et de "connaissances globales du fonctionnement d'une société" (?) pour avoir su dire "je vais faire une connerie, aidez moi". Ce n'est pas donné à  tout le monde.

              Je doute que notre société qui se veut si libre dans ses pensées (et qui, en réalité, est de plus en plus sclérosée et réac' (et je parle de la société hein, je ne vise personne !) ... La censure a repris le dessus dans énormément de domaines. En gros, hormis dans le domaine du nu (et encore .. Il doit être codifié) notre société est beaucoup plus stricte qu'il y a 20/25 ans ... Vous ne pourriez plus aujourd'hui avoir de groupes comme les Bérus (sans estimation de la qualité musicale :mrgreen: ) qui chantent "Et hop, Chirac se prend un coup de matraque" sans se retrouver immédiatement poursuivi par des hordes d'avocat. Vous n'avez plus d'émissions "de réflexion", type "Droit de réponse" ...) ait produit un Sigmund. Elle produit d'autres cas, sans pathologie derrière, mais pas des Sigmund.

              1. 436 réactions

                Il ne me semble pas que Sigmund soit plus un déficient mental que ne l'est un fumeur, un alcoolique ou un drogué. Sa drogue à  lui, c'est le sexe, voilà  tout. Il en est prisonnier. Cela dit, oui, vous avez raison, c'est quelqu'un comme vous et moi.

                Le nombre de délinquants n'a qu'une importance relative et qu'il y en ait moins aujourd'hui qu'hier est sans doute vrai, tant mieux, mais il y en a quand même toujours trop .

                Sans nier la part de la responsabilité individuelle de chacun dans les crimes et délits qu'il commet, je trouve intéressant de s'interroger sur la part de notre responsabilité collective dans ces mêmes crmes et délits.

                En matière de moeurs mon opinion est que cette part de responsabilité est importante.

                Vous soulevez la question de la censure. Vous avez raison. Mais la censure dont vous parlez et qui effectivement a fait son apparition n'est pas une censure officielle et c'est la pire car elle est insidieuse, non-dite.

                Quand il y a une censure officielle, elle peut être combattue, et c'est ce qui s'est passé, elle a été combattue, tant et si bien qu'elle a perdu la bataille, il n'y a plus de censure officielle. Mais il y a maintenant cette redoutable censure en quelque sorte immanente, insidieuse, qui ne dit pas son nom, mais qui n'en est que plus redoutable, dont tout le monde et personne n'est responsable...

                1. 1440 réactions

                  Je suis d'accord avec vous sur le fait que notre société a une responsabilité dans certains crimes et délits de cet ordre. Mais, (et là , nous allons entrer dans du hors-sujet certain ...), je ne suis pas certain que cette responsabilité soit liée à  la libéralisation des moeurs (ou pas uniquement). Elle est, peut-être, également liée à  l'évolution globale de notre société, qui nous voit aujourd'hui travailler plus loin de notre domicile, qui incite les deux parents à  travailler pour avoir des revenus décents, ces facteurs amenant les parents à  être moins présents pour l'éducation des enfants qui se retrouvent livrer à  eux-mêmes sans barrieres.

                  Mais je maintiens que, dans le cas de Sigmund, notre société ne peut se voir reprocher les actes de celui-ci. On peut lui reprocher de n'avoir pas su entendre Sigmund quand il appela au secours, de n'avoir pas su le protéger de ses pulsions ni se protéger elle-même de celles-ci, mais je ne vois pas en quoi nos moeurs soit-disant assouplis peuvent expliquer l'infantilisme de Sigmund ou une sur-production hormonale qui le conduit à  avoir besoin de se masturber sans arrêt. Qu'on recherche des causes dans sa jeunesse, des raisons médicales, soit. Mais des raisons sociétales ? je n'en vois pas.

                  Pour la censure, oui, effectivement, il s'agit d'une censure larvée, non dite. L'empire romain avait poussé le concept "du pain et des jeux" à  son paroxisme avant de s'effondrer. La léthargie induite par la télévision remplace les jeux mais le résultat est le même. Moins de reflexion, plus de jeux dans les arènes de la télé-réalité, tout va bien bonnes gens, nous veillons au grain ...

                2. 31 réactions

                  Lorsque vous comparez Sigmund à  un tabagique, vous sous estimez le tabagique: il est en effet très courant de voir les accros à  la cigarette tenter d'égorger les braves citoyens non fumeurs :P
                  et je crois bien d'autre part que n'importe quel "addict" à  n'importe quelle drogue est un "déficient mental" quand il atteind un certain degré d'addiction tant les mécanismes psychiques qui y conduisent sont étranger à  la volonté(de s'en sortir) ou à  la conscience (de la nocivité)du problème
                  L'addiction au sexe, si c'est de celà  qu'il s'agit concernant Sigmund,n'a rien à  voir avec un "laxisme" de la société
                  et il n'est pas du tout sûr qu'il y en ait davantage qu'au Moyen Age
                  Des "fadas" qui montraient leur bistouquette , des beurdets qui essayaient de tripoter des petites filles il semble bien qu'il y en ait toujours eu, simplement la façon dont on les regarde a changé.

    2. 10 réactions

      @DMonodBroca: L'abstinence craque plus facilement que le préservatif... ne répandez pas d'idées fausses sur le sida.

      1. 436 réactions

        Quand l'abstinence craque, comme vous dites si justement, rien n'empêche d'utiliser un préservatif. L'inverse n'est pas vrai. Quand le préservatif censé protéger craque, c'est trop tard pour l'abstinence...

        Cela situe bien les priorités.

      2. 1440 réactions

        Ca dépend ... Quand on met le préservatif à  l'index, il peut toujours craquer, c'est pas gênant :mrgreen: Personne n'est volontaire pour aller expliquer au locataire du "Va 'ti (quand) mourrir ?" que ça ne se met pas la ?

    3. 146 réactions

      Je pense que votre comparaison avec notre société qui ne sait pas dire non n'est pas appropriée.

      La castration chimique est loin d'être une punition dans le cas présent.

      Pour l'avoir subie dans un tout autre contexte (on l'utilise aussi bien pour des maladies chroniques que pour la procréation médicalement assistée - je préfère préciser avant que vous vous imaginiez des choses à  mon sujet :D ), je pense que cela peut aider Sigmund à  redevenir maître de lui. Il le dit bien. Ses pulsions deviennent de plus en plus fréquentes et même s'il est conscient du mal, il n'arrive pas à  y résister. Il ne s'agit rien de moins qu'une drogue. Et le drogué n'est préoccupé que par une seule chose : se procurer sa drogue. Tout le reste n'existe simplement plus. Le libérer par un médicament de ces pulsions pourrait tout simplement l'aider à  se concentrer sur lui et à  se reconstruire, et, peut-être, soyons "fou" !, lui permettre de vivre normalement sans médicament.

      Sigmund n'est pas fou. Il est malade. Raison pour laquelle sa place n'est pas en prison mais à  l'hôpital.

      Cette triste histoire est simplement révélatrice des politiques budgétaires successives en matière de justice et de santé, politiques rendues possibles par nous, citoyens et électeurs.

  11. 22 réactions

    bonjour Maitre
    vous signez votre retour avec un billet bien triste
    oui comme vous le dîtes si bien un gâchis monumental
    c'est d'ailleurs tout le secteur de la psychiatrie qui est à  revoir ( voir notamment le dossier Marianne sdf mentionné par Prof Timbré)
    et en prison vous imaginez ce que ce jeune homme va devenir
    son cas n'est pas isolé malheureusement
    hier j'ai vu sur Arte un documentaire sur les "asiles psychiatriques "dans les années 50 un crève coeur
    aujourd'hui beaucoup de malades sont en prison une honte

    1. 3579 réactions

      Un pointeur, et en plus un pointeur "fou", oui : pas d'étonnement à  ce que sa juge d'instruction ait souhaité qu'il soit à  l'isolement, pour sa sécurité... Preuve s'il en était besoin que tout le monde sait parfaitement ce qui se passe en détention pour ces personnes-là ...

  12. 2 réactions

    Bonjour à  tous!

    Heureux, tout d'abord que ce blog reprenne vie. :D

    Je comprends totalement le fait que les victimes demandent un jugement mais il faut bien se rendre compte, et pas besoin d'être psychiatre pour le comprendre, que ces 'fous' sont sous l'emprise de forces irrésistibles. Ils sont dans un état psychique tel que leur raison déraille et qu'ils commettent les actes les plus graves. Dans ces conditions, je ne vois pas l'utilité de les juger. La peine de réclusion doit servir à  protéger la société par la neutralisation d'individus dangereux, à  prononcer un châtiment contre des comportements antisociaux, et à  procéder à  l'amendement du condamné ainsi que sa réinsertion.
    Ma question s'adresse donc à  Fabien Dupielet. Comment peut on croire que l'emprisonnement est la bonne réponse au comportement d'un Homme qui ne peut se contrôler; qui, dans bien des cas, ne comprend même pas la peine qui va lui être infligé, et qui pour se réinsérer socialement aurait besoin d'un traitement psychiatrique?
    Une société qui juge sans comprendre est sans nul doute injuste. Comment expliquer que personne n'ait voulu comprendre les souffrances de Sigmund avant qu'il ne commette l'irréparable?

    Cordialement

    1. 3579 réactions

      C'est bien posé, Solal, il y a un vide évident sur "l'avant passage à  l'acte", d'autant plus criant dans ce cas qu'il était clairement annoncé, et conforté déjà  par les premières expertises, c'est ce qui me rend... Fou, à  mon tour : je ne comprends pas qu'on n'ait pas, au moins, à  l'époque, ordonné un placement d'office, qui certes n'est pas la panacée, mais pouvait l'être, et aurait peut-être changé le cours des choses...

  13. 140 réactions

    Grande négligence et grande confusion de la part des institutions, comme dans l'affaire Romain Dupuis, comme dans l'affaire Susanna Hettenberg qui a été assassinée alors que le suspect sortait pratiquement du bureau du juge d'application des peines.
    A la lumière de ces affaires où les signaux précurseurs étaient envoyés et non exploités, on peut se demander à  quoi pourra servir un fichier sur des centaines de milliers de sujets "à  risque". La machine est grippée, mais elle peut quand même broyer.

    1. 3579 réactions

      D'autant plus que ces cas, tout de même, aussi paroxystiques, ne sont pas si fréquents : qu'on les "rate" est encore moins pardonnable...

  14. 419 réactions

    Maître, je comprends votre désarroi, mais Sigmund va avoir la première chance de sa misérable vie, celle de vous rencontrer. Pour la première fois de sa vie, il va être écouté et surtout entendu par un homme, et c'est d'une importance qu'on n'imagine pas. Maigre consolation pour vous, mais ça ne le devrait pas. C'est aussi important qu'un bon repas pour un homme qui aurait toujours eu faim. C'est votre "croix"...
    Amicalement.

    1. 3579 réactions

      C'est très gentil, Pahdoc, mais, même si c'était vrai, je crois que j'arrive très tard... Et puis, il y a le cadre judiciaire : Sigmund bénéficiait d'une excellente juge d'instruction, et d'un véritable psychiatre en expertise : il leur a parlé, à  tous les deux, avec cette étrange franchise... Je ne sais pas, pour qu'il y ait une avancée, il faudrait qu'il m'accepte comme "ami", mais dans un parloir avocat... Je vous dirai si on y parvient.

  15. 528 réactions

    Question technique (Marie? Mô? un parquetier de passage?) : Le jury d'assises peut il déclarer l'accusé irresponsable et rendre un non lieu ou bien est il tenu de juger?

    1. 3579 réactions

      Un Mô de passage : la Cour peut, non plus vraiment acquitter, mais, répondant positivement à  la première question sur la commission des faits, et tout aussi positivement à  la question de l'application de l'article 122-1 du code pénal, (n'étant en principe pas tenue par les expertises...), "prononcer un arrêt portant déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental" (Articles 706-129 et suivants du code de procédure pénale).

      1. 1101 réactions

        Pareil ! (évidemment)
        Le non-lieu est réservé à  la phase d'instruction.

        Quant à  l'irresponsabilité, certes, les juridictions de jugement ne sont pas tenues par les expertises, mais je n'ai jamais vu en pratique de déclaration d'irresponsabilité prononcée à  l'égard d'un prévenu/accusé qui aurait été considéré comme entièrement responsable de ses actes par les experts.
        L'inverse est malheureusement plus fréquent : ainsi un homme, diagnostiqué schizophrène par un psychiatre qui a relevé qu'il "entendait des voix" et a conclu à  une atténuation de sa responsabilité, a-t-il récemment pu se voir infliger la peine maximum.

        1. 3579 réactions

          Pareil (évidemment aussi) !!!

          J'ai vu une fois, une seule, un "atténué" à  dires d'experts devenir un "aboli" à  dires de cour d'assises, mais c'est parce qu'il avait entrepris pendant le procès de manger l'un des policiers d'escorte, on a beau dire, ça ne se fait pas. :mrgreen:

          Quant à  la fameuse "atténuation" du discernement, j'en ai déjà  parlé, elle est sensée selon la loi être prise en compte lors du prononcé de la peine, mais ne fait l'objet d'aucune question spéciale : résultat, elle fait peur, et il n'est pas rare que non seulement elle n'atténue rien, mais encore que l'on "cogne" d'autant plus...

          J'ai très peur de ça pour Sigmund, d'autant qu'il "présente bien", paradoxalement, et qu'on va dès lors s'en méfier encore plus, paradoxalement itou...

          1. 1101 réactions

            En même temps, si mes souvenirs sont bons (attendez, je vérifie - ouf, ils le sont), l'altération du discernement impose à  la juridiction d'en "tenir compte", sans préciser dans quel sens (même si l'on se doute que le législateur pensait à  une atténuation). Et j'ai déjà  assisté à  des délibérés où on en tenait compte, précisément, pour estimer que non seulement la personne était bien responsable, mais présentait de plus un surcroît de dangerosité.
            Et aux Assises, dès lors que l'on parle de dangerosité, la répression grimpe en flèche. Je comprends vos appréhensions pour Sigmund : l'expertise psy fait ressortir une dangerosité que l'on va plaquer sur un accusé dont l'apparence est raisonnable ...

            1. 528 réactions

              La cour peut, si j'ai bien tout compris, prononcer de surcroît une mesure "rétention de sûreté" si la peine prononcé est supérieure à  15 ans, n'est ce pas?

              Nous avons bien compris que vous êtes malade, mais avant de vous envoyer à  l'hôpital, vous allez nous faire le plaisir de fair 15 ans de prison. J'adore.

            2. 3579 réactions

              Vous avez raison de facto, mais interpréter ce "tenir compte" dans le sens d'une aggravation de peine est dénaturer l'esprit de ce texte, vous le savez bien, texte suivant une cause légale d'abolition de responsabilité pénale, et classé dans un Chapitre intitulé : "Des causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité", tout de même !

              1. 1101 réactions

                Je suis bien d'accord avec vous (ça en devient usant ... :D ), mais quand on voit certains juges-jurés déclarer en délibéré que "si encore il avait été complètement fou, les choses auraient été simples, mais là , il est quasiment intégralement responsable, et ses troubles du comportement le rendent encore plus dangereux", on se dit qu'une telle dénaturation peut parfois arriver.

  16. 34 réactions

    La tendance actuelle en psychiatrie c'est de transférer les hospitalisations complètes en hospi de jour, pour réduire le nombre de lits et fermer des pavillons.
    Sauf qu'à  force d'en fermer, le "taux de remplissage" de notre établissement atteint régulièrement les 100-110%. Vous me direz qu'en prison c'est pareil voire pire, mais en psy on ne fait pas (encore ?) de surpopulation. Ce qui oblige à  faire sortir des gens qui pourtant auraient besoin de rester hospitalisés pour en laisser entrer d'autres. Et il faut ajouter à  celà  la pénurie de médecins et infirmiers.
    Je ne suis pas un soignant, mais le fait qu'on ait fait sortir Sigmund d'hospi (qui plus est une hospitalisation libre) ne m'étonne pas plus que ça.

    C'est pas vraiment étonnant qu'on préfère mettre les Sigmund en prison, là  où on peut les entasser pour un cout moindre.

    1. 3579 réactions

      C'est clairement ce qui s'est produit, le psychiatre qui l'a vu à  l'entrée ayant immédiatement rédigé un billet prévoyant déjà  sa sortie deux jours plus tard, aux motifs allégués qu'il s'agissait plus d'un problème social que psychiatrique (et je ne vois pas comment il a matériellement pu poser ce diagnostic, étant précisé qu'on dispose de l'horaire précis d'admission, et de celui de rédaction de ce mot... Exactement douze minutes plus tard !!!) -ce qu'il y écrit en deux lignes en ajoutant seulement "patient calme, RAS" !!! Saveur amère : ce praticien est un expert judiciaire bien connu des cour d'assises, lui aussi...

    2. 22 réactions

      bonsoir DRIC

      J e suis entièrement d'accord avec ce que vous affirmez pour en avoir été le témoin direct
      les familles sont en outre trés désorientées pour ne pas dire perdues et souvent dans le désarroi de garder à  leur domicile des proches en hospitalisation de jour :( :( :(

  17. 6 réactions

    "J’ai appelé un éducateur il y a quinze joursJe lui ai parlé de ma crainte de récidiver, parce que je n’arrive pas à  respecter mes suivis psychologiques et psychiatriquesJ’ai peur, en fait, de me retrouver seul, dans la rue, d’avoir une pulsion, d’avoir envie d’attraper une fille et de la violer, plutôt que dans la rue, dans un parc ou un endroit reculéDes fois j’ai envie de franchir le pas. Des fois aussi, je fume du cannabis et ça augmente mes enviesPour réfréner mes envies, je me masturbeOu je bouquine, mais en fait des livres de culJe vais aussi au parc, c’est un lieu de rencontre homosexuel, ça me permet ayant des relations avec des hommes de me soulagerJe vais aussi voir des prostituées, mais le problème c’est le prixPar m’attaquer à  des jeunes filles, je pensais à  des filles âgées environ d’une dizaine d’années. Il m’est arrivé d’être attiré par une fillette de six ans, il ne s’est rien passé parce que j’ai peur de retourner en prison, il faut vous dire qu’on est mal aimé en prison, quand je dis on j’entends les personnes qui ont commis des viols ou des agressions sexuelles, c’est surtout ça qui m’empêche de recommencer, plus que la crainte de blesser ou de détruire la vie de la victimeJe suis attiré par les petites filles parce qu’elles sont constituées comme des femmes, et on a moins de risque d’avoir de résistanceRegardez, la fois où je me suis fait attraper c’est parce qu’elle avait douze ans et qu’elle s’est débattueC’est logique qu’une femme puisse se débattre plus qu’une petite filleCes pulsions, j’en ai depuis cinq ou six ans, mais c’est vrai que maintenant j’en ai beaucoup plusEn fait je suis très timide, j’ai envie de femmes mais je n’arrive pas à  faire le premier pas avec ellesVu que j’ai des pulsions de plus en plus fréquemment et que je ne fais rien de mes journées, je suis sûr que je ne pourrai pas me retenir longtemps. Et comme je vous ai dit, je m’attaquerai plutôt( à  des jeunes filles parce qu’elles résistent moins que les plus vieillesC’est pour ça que j’ai fait la démarche d’aller moi-même à  l’hôpital. Mais je suis inquiet parce que mon médecin m’a dit que j’allais bientôt sortir, et que j’ai vraiment peur de faire une bêtise

    la relecture des propos de Sigmund me conforte dans mon idée première et je mets en exergue en gras les propos qui me semblent hallucinants.
    voilà  quelqu'un qui dispose de suffisament de lucidité et d'objectivité pour :
    - se rendre parfaitement compte qu'il a un problème psy important par lequel il peut mettre en danger la vie d'innocentes,
    - n'hésitant pas d'ailleurs à  amplifier ses symptomes notamment en fumant des joints,
    - rôdant délibérément dans des endroits isolés où il sera plus facile de trouver une proie,
    - qui reconnaît que le seul élément qui le retient, ce n'est non pas de briser une vie, mais la crainte du traitement qui l'attend en prison, à  lui le "pointeur" (ce qui nous renvoit à  l'un de vos billets précédents)
    - et qui enfin avoue préférer s'en prendre à  une fillette qui offre "moins de résistance" qu'une adulte

    fou ? pas tant que ça !

    alors se réfugier derrière ses "crises", "pulsions" outre accès de démence , je pense que c'est un peu simpliste et que s'il avait voulu maîtriser vraiment un tant soi peu le Mister Hyde, des mesures étaient à  prendre, qu'il était à  même de prendre seul, sans aide de quiconque :
    - éviter les lieux isolés (parcs ...)
    - arrêter sa consommation de pétard
    - s'astreindre à  ses suivis psy

    il a tout fait pour se mettre en situation de crise et ce en parfaite conscience et c'est à  ce titre que je ne peux avoir de compassion !

    P.S. : il faudrait que je songe à  changer de camp ... je me verrai bien au Parquet pour un dossier pareil !

    VBD

    1. 10 réactions

      il a donc le tords d'être honete et lucide dans son analyse de son problème... qu'il reste dans la logique dangereuse qui le tente (cannabis, errements seul) me parait logique à  défaut d'être raisonnable, on a affaire à  un individu qui n'arrive pas a se construire, alors changer de style de vie? Je pense que c'est la cause du diagnostique expeditif du medecin, ne voyant pas que sigmund n'est pas capable de sortir de cette logique ou il s'enfonce... il y a surement un problème plus profond qui aurait pus être résolu là ... l'envoyer en taule 20 ans c'est le condamner à  s'enfoncer au dela de tout point de non retour...

      1. 516 réactions

        Je suis d'accord : le fait que Sigmund se rende compte que ça ne va pas dans sa tête ne lui donne pas pour autant les moyens de briser le cercle. N'avons-nous pas tous, un jour ou l'autre, fait quelque chose que nous savions être "mal", tout simplement parce que ça nous faisait trop envie ? "Manque de volonté", sans aucun doute. Mais pour sortir de certains écueils, il faut des quantités de volonté que la plupart des gens n'ont pas.

        Un exemple tout con :
        Sans même parler de comportements criminels, mon fils a une fâcheuse tendance à  vider le flacon de gel douche dans son bain. Il sait que c'est mal, il s'est fait gronder et punir plusieurs fois, il est d'ailleurs extrêmement penaud quand on le prend sur le fait... Alors, sachant que s'empêcher de vider le gel douche est au-dessus de ses forces, il me demande de mettre le flacon hors de sa portée. Il m'est arrivé une fois ou deux d'oublier de le faire, et pouf, petit bonhomme est retombé dans ses travers. Fait-il volontairement du mal à  nos finances et à  la planète ? Non. Il a envie et il ne sait pas se dire non.
        Heureusement, ça commence à  aller mieux. Avec un suivi rigoureux de la part de ses parents, il commence à  faire moins cette bêtise (au profit d'autres, bien évidemment).

        On me dira que je décris le comportement d'un garçon de six ans. Mais j'ai l'impression que certains aspects du comportement de Sigmund rejoignent ceux d'un enfant, justement : difficultés à  réaliser le mal qu'il fait au-delà  de la sanction, besoin d'une autorité pour faire des efforts...

        Moi qui ai deux enfants dont une fille, j'ai bien eu des bouffées de haine en lisant l'histoire de ce pauvre type. Mais envers le système qui n'a pas su le prendre en charge, pas envers lui. Sans aller jusqu'à  parler de compassion, Sigmund lui-même me fait plus pitié qu'horreur.

        1. 3579 réactions

          C'est TRES bien vu, Oph (sans parler du fait que j'aime beaucoup vos dessins, et, je ne sais pas si je dis une connerie mais si oui tant pis, que je trouve que Mali ressemble à  Djinn, c'est à  dire à  ce qui fait qu'un simple dessin me plonge de suite dans un univers : bravo !), votre exemple est parlant et vrai : l'infantilisme de Sigmund est d'ailleurs l'un de ses traits de caractère dominant...

    2. 528 réactions

      P.S. : il faudrait que je songe à  changer de camp je me verrai bien au Parquet pour un dossier pareil !

      C'est le seul point sur lequel nous sommes d'accords, vous êtes mûrs pour le Parquet.

      1. 3579 réactions

        Et vous pour "faire l'avocat" !!! Vous êtes certain de ne pas vouloir enfin un vrai métier ??? :mrgreen:

        1. 1101 réactions

          Surtout que Maître Mussipont existe déjà  dans ... (oups, failli le dire, mais non) :)

          1. 528 réactions

            Exact Marie, dans l'Histoire-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-la-couleur :lol:

            1. 3579 réactions

              Voir le dernier commentaire en bas : un autre s'en est chargé, c'est bête... :mrgreen:

              Ou bien c'était moi sous un pseudo pour un essai de commentaire, je ne me souviens plus... :P

              1. 1101 réactions

                Bien essayé, Maître, mais le délai de viduité que vous aviez imposé a déjà  expiré sous un précédent billet ... :evil:

            2. 1242 réactions

              Dans Harry tter ? :P

              Bon, je sais, ça vole pas haut.

              Au fait, ça fait un moment que PiTRe n'est pas passé. Se pourrait-il qu'il travaille, LUI ?

              1. 1440 réactions

                oui, semaine de m... :-( j'ai le temps de lire (et encore pas tous les jours, sniff !) mais je n'arrive pas à  dégager le temps nécessaire à  la réflexion pour éviter de ne dire que des ... PiTReries :)

                Juste une remarque, et encore, pour le commentaire du Maître en réponse à  Fabien D. : Maître, j'ai trouvé votre commentaire sur les chances que vous souhaitiez pour Sigmund dans l'avenir encore plus humain et touchant que votre billet. Chapeau bas ! (vu que vous persistez à  me refuser ce smiley révérence :mrgreen: )

                je tente l'exploit de répondre plus sérieusement ce week-end si ma fille daigne me laisser un peu de temps libre :P

    3. 1242 réactions

      Je rappelle simplement que beaucoup des déclarations et avertissements de Sigmund ont été faits à  une époque où il n'était pas sous la menace directe d'une sanction judiciaire.

      Cela voudrait donc dire, selon votre point de vue Fabien, qu'il aurait anticipé ses exactions plus de 2 ans à  l'avance en cherchant à  évoquer l'irresponsabilité pénale afin d'éviter la prison.

      Comme dirait notre ami PiTRe : "un peu capilotracté, non ?"

      1. 3579 réactions

        Clairement -de même que passer aux aveux est une chose, mais avouer ce qu'on ne vous demande pas en est une autre : intention de tuer, reconnaissance du fait que si les cris n'avaient pas ameuté du monde, il l'aurait fait... Il n'y a ni malice, ni volonté de se défendre de quoi que ce soit, dans les propos tenus par Sigmund, à  aucun moment.

    4. 419 réactions

      Comme vous le dites si justement ces propos sont hallucinants.
      Hallucinant: Qui offre un aspect extraordinaire, saisissant; qui produit des impressions vives, fascinantes. Synon. étrange, extraordinaire, fantasmagorique, stupéfiant, terrifiant.
      on dit aussi être victime d'hallucination.
      La fragilité psychique de Sigmund n'est pas à  démontrer ni a prouver. On ne peut pas dire de bonne fois que les propos de cet homme ont quelque chose à  voir avec une quelconque normalité.

    5. 22 réactions

      :shock: :shock: :shock:

      quelle est votre job cher Monsieur Dupielet ?
      je vous conseille vivement de vous informer avant d'écrire des âneries !!!!

      je reprends vos propos qui sont la traduction d'une méconnaissance totale du sujet.

      ou ? pas tant que ça !

      alors se réfugier derrière ses crises, pulsions outre accès de démence , je pense que c’est un peu simpliste et que s’il avait voulu maîtriser vraiment un tant soi peu le Mister Hyde, des mesures étaient à  prendre, qu’il était à  même de prendre seul, sans aide de quiconque :
      - éviter les lieux isolés (parcs )
      - arrêter sa consommation de pétard
      - s’astreindre à  ses suivis psy

      il a tout fait pour se mettre en situation de crise et ce en parfaite conscience et c’est à  ce titre que je ne peux avoir de compassion !

      1. 6 réactions

        et ?
        c'est tout ?
        quant à  "mon job" j'exerce le même que celui de notre hôte ...

        1. 3579 réactions

          Hum... Peut-être pas tout à  fait le même, si ? :lol:

          Ce qui n'enlève rien au réalisme de votre comportement -même si en y réfléchissant, "compassion n'est pas le bon terme", il n'en avait pas été question avant votre intervention -mais en plus, il se trouve qu'il en génère... Je vous obtiens un permis de communiquer, et on va lui rendre visite ensemble ? Je parie que vous changez d'avis.

          1. 6 réactions

            il est vrai que je n'ai jamais eu la fibre pénaliste et que mon orientation professionnelle est plus neutre (quoique) et en tout cas moins passionnelle puisque mon activité est axée sur le droit immobilier (baux d'habitation, commerciaux, copro ..)

            mais il est vrai que le distingo pénaliste / civiliste existe bel et bien et que ce sont deux modes d'exercice d'une même profession qui sont selon moi assez éloignés l'un de l'autre

            quant à  rendre visite à  Sigmund ... pourquoi pas ? il est bien évident que je ne suis pas un monstre d'indifférence inhumain et insensible et que la détresse m'affecte toujours, même celle de ceux à  l'encontre desquels on aurait tendance à  la rejeter tout de go ... mais il est vrai que la présentation du "dossier" sur papier m'a conduit à  un avis ... et je ne demande qu'à  en changer ... j'ai comme tout le monde le droit à  l'erreur d'appréciation
            Bon ca risque de poser un problème pour ma note de frais et honoraires (billets de train ou d'avion, journée de déplacement ...) qui risque de douiller un peu ... :)

            d'ailleurs, en déjeunant ce jour avec 3 confrères, je leur ai parlé de la problématique "Sigmund" (invitant d'ailleurs les confrères à  se rendre sur cette page) ... et les avis étaient comme ici partagés (1 contre moi, 1 pour, 1 sans avis) mais nous avons tous convenus que le système judiciaire actuel ne permettait pas d'apporter une réponse adaptée à  ce type de situation

            bref le débat est très intéressant et passionant

            1. 3579 réactions

              C'est bien d'un civiliste, de parler note de frais dans un moment pareil...

              Un jour, un grand avocat, qui était partie civile dans une affaire où je défendais un homme, diagnostiqué "normal", qui avait violé et tué une fillette, s'est tourné vers mon client et lui a dit : "Vous êtes désespérément humain"...

              Vous vous mettriez à  bien l'aimer, je vous l'assure, évidemment au-delà  de ce qu'il a fait, et tout aussi incongru que ça puisse paraître.

      2. 16 réactions
    6. 146 réactions

      Sigmund n'est pas fou. Il est malade. Ce n'est absolument pas la même chose.

      Des fous, nous en avons connu au cours des siècles. Ils ont rarement fini en prison et sont même souvent morts tranquillement dans leur lit sans que la justice ne les inquiète sur leurs agissements même quand ils étaient responsable de la mort de milliers, voire de millions de gens.

      Alors la question que je vous pose est la suivante : les malades sont-ils responsables de leur maladie ? Je parle bien entendu ici de maladie de longue durée ou chronique.

      Il y a quelques années, Michael Douglas faisait une cure de désintoxication sexuelle. Fort heureusement pour lui il avait la chance d'évoluer dans un environnement tout autre que Sigmund. Mais qu'aurait-il fait à  sa place ?

  18. 329 réactions

    Sigmund émet deux signaux contradictoires et par intermittence .Les signes d’un individu déséquilibré mentalement et les signes d’un individu qui possède ses facultés de discernement ,conscient de la gravité de ses actes qu’ils ne nie pas et qu’il est le premier à  les dénoncer voire à  en prévenir les autorités publiques avant qu’ils ne se produisent. Une double personnalité mais qui n’est perceptible que dans sa totalité. Le clignotant d’un véhicule s’appelle un clignotant parce qu’il est allumé un temps et éteint un autre temps alternativement. Il n’a pas un autre nom. Alors qu’il est mis en marche ,il peut être visible un laps de temps éteint et il n’est pas pour autant au repos. Le recoupement de ces instantanéités dans les faits et actes de Sigmund semblent avoir manqué dans les décisions administratives qui le concernent .Ce qui a déplorer dans son cas est que les enquêteurs se sont servis du Sigmund lucide ,juge de lui-même reconnaissant les faits sans résistance tel un auxiliaire de justice facilitant le travail pour enfoncer le Sigmund déséquilibré

    1. 3579 réactions

      Salah, je... Comment vous dire : ça fait plusieurs fois que vous me faites le coup d'une analyse parfaite, un résumé précis et probant, et une extension subséquente de ce que je voulais dire vers une résultante que je ne définissais pas aussi bien : total respect, comme disent les gamins !

      Sans compter que je vous vole immédiatement la "parabole du clignotant", qui est parfaite et très compréhensible, en étant fort marri de ne pas y avoir pensé le premier...

      Merci, Salah.

      1. 329 réactions

        Merci Maître Mô pour les compliments .Le soleil matinal à  côté n’a qu’à  bien se tenir .Je ne suis pas le seul à  l’éprouver ,les commentateurs de ce blog le manifestent également :Le tout revient à  votre façon d’aborder le phénomène humain ,avec générosité et tendresse perceptibles dans vos billets et qui produisent en nous le devoir d’être au moins à  la hauteur de vos pas.

  19. 124 réactions

    Quand on parle de "justice aveugle", on pourrait aussi ajouter "sourde", n'est-ce pas très exactement de cela que l'on parle Maître ? Et les avocats sont précisément et heureusement là  pour gueuler suffisamment fort et l'obliger à  ouvrir ses yeux engourdis par la routine, pour entendre et voir la réalité.

    Là  encore, nous avons à  nous mettre autant dans la situation de la victime que de l'accusé.Dans les deux cas, c'est pitoyable. Cette prostituée dont on nous dit qu'elle est handicapée (mais bon sang, les handicapés sont-ils ou non aidés, pris en charge par la société, pour éviter de se retrouver à  se prostituer pour vivre, oui ou non ? Alors cette fille, elle se prostituerait pourquoi ?)...
    Ce violeur qui prétend se battre contre des pulsions irrésistibles (que tout dans la rue excite, à  commencer par les pubs qui sont le plus souvent un vrai viol de la conscience)... Quelle tristesse !

    C'est grâce à  des gens comme vous, Maître, qui auront forcémment pitié DES DEUX, que la fameuse dame Justice pourra trancher.
    Je vous souhaite force et courage dans la nouvelle épreuve.

    Quel métier difficile quand même... On ne doit pas vivre vieux en brassant sans cesse des émotions aussi violentes ! Faites attention à  vous et à  votre cœur trop sensible pour le métier que vous faites. Quoique c'est pour cela et comme cela qu'on vous aime et qu'on salue votre retour, apparemment en pleine forme.

    Tchinbé rèd (tenez fermement) dit-on aux Antilles ! Sé pou la viktwa ou ka alé (ça je pense que vous comprendrez...)
    Passionnément
    Imaniyé

    1. 3579 réactions

      Le boulot de pénaliste possède énormément de facettes, et je les aime toutes, mais c'est vrai que si notre métier a une noblesse, et j'affirme que oui, c'est celle de nous permettre de défendre des personnes comme Sigmund, des gens seuls et qui ne peuvent, réellement, pas se défendre eux-mêmes -le cœur étant le seul organe qui repousse sans cesse, à  l'identique, pas d'inquiétude, Imaniyé !!!

  20. 1 réactions

    bonjour confrère, c'est la 1ère fois que j'interviens sur votre blog que je lis avec grand plaisir depuis quelque temps.
    si j'interviens, c'est qie le sujet me tient à  coeur, mais je pense qu'il ne faut pas mélanger les débat sut l'utilité ou non de faire comparaitre les "fous", et sur les moyens d'action de la société (pas seulement la justice) face aux appels au secours.
    - dans ce dernier cas, on voit bien que malgré la bienveillance de certains, le système a fait qu'il n'a pas été pris en charge. peut-être effectivement y-a-t-il certaines lacunes.
    - par contre, et là  je sais que je vais en faire bondir certains, mais je pense que la réforme envisagée de faire comparaître les malades mentaux va dans le bon sens.
    de nombreux psys s'accordent en effet à  dire que le procès est une étape indispensable dans le processus de guerison des malades mentaux.
    du point de vue des victimes, à  la douleur d'avoir subi un acte grave ou perdu un être cher va s'ajouter celle de ne pas être reconnue victime.
    dans le cas de sigmund, ne pensez vous pas que sa comparution peut avoir une vertue thérapeutique ? il dit d'ailleurs lui-même qu'il n'a pas recommencé avant de peur d'aller en prison.
    je livre là  une opinion partiale et brève car je n'ai pas le temps de développer plus, et je sais qu'elle est loin de faire l'unanimité...

    1. 1242 réactions

      "de nombreux psys s’accordent en effet à  dire que le procès est une étape indispensable dans le processus de guerison des malades mentaux"

      Auriez-vous, Maître Vanille, des références (bibliographiques ou autres) en la matière.

      En effet, je n'ai pas, pour l'instant, eu l'occasion d'avoir lu ou entendu cette position.

      Elle mérite bien d'être débattue, mais j'aurais juste besoin de ces références.

    2. 2 réactions

      "à  la douleur d’avoir subi un acte grave ou perdu un être cher va s’ajouter celle de ne pas être reconnue victime."
      D'où je comprends qu'une victime est quelqu'un qui a obtenu une vengeance.

    3. 22 réactions

      bonsoir VANILLE
      je vous cite "de nombreux psys s’accordent en effet à  dire que le procès est une étape indispensable dans le processus de guerison des malades mentaux."
      j'ai écouté et lu de nombreux commentaires sur le sujet les avis des psychiatres sont trés partagés sur ce sujet
      Certains affirment le contraire

      rien n'est simple dans ce bas monde surtout pas la psychiatrie le droit à  coté c'est de la crème de Vanille ( désolé pour ce jeu de Mô)
      cordialement

    4. 3579 réactions

      Je ne sais pas trop... Vous parlez là  de faire comparaître les personnes jugées irresponsables, donc les "fous" avérés : que comprennent-ils dès lors à  "leur" audience, qui n'est plus la leur mais celles de leurs victimes, et me semble vue d'ici ressembler bien plus à  une exhibition du "monstre" responsable de tous leurs maux, si pas pénalement, bien plus qu'à  autre chose, avec gilet pare-balles et escorte lourde pour faire bonne mesure (je le sais, je l'ai vécu), puisque c'est un fou "dangereux", ce qui, on le sait depuis la camisole, protège peut-être, mais ne guérit pas beaucoup...

    5. 1101 réactions

      Je crains de ne pas vous suivre sur ce point, Maître Vanille.
      Je n'en ai aucune expérience vécue, mais je ne vois pas le bénéfice que pourraient tirer les victimes d'une audience qui consisterait à  faire comparaître (comment l'appelle-t-on d'ailleurs ? Pas un accusé, pas un responsable, donc qui ?) la personne qui leur a causé préjudice. Quel avantage à  entendre un fou sortir des propos incohérents, délirer dans son box, ou même raconter, s'il s'en souvient, qu'il a mutilé leurs proches parce que des voix ou son porte-savon le lui avaient ordonné ?
      J'ai plutôt l'impression que cela raviverait leurs souffrances, avec en prime un côté Barnum ("vous le voyez maintenant de vos yeux, il est fou comme un lapin, on ne peut vraiment pas le juger, hein ?").

      1. 1242 réactions

        Fou comme un lapin ? :eek: Pov' bête !

        Plus sérieusement, Maître Vanille, vous ne m'avez pas donné vos références au sujet de certains psy qui considèreraient que "le procès est une étape indispensable dans le processus de guerison des malades mentaux

        1. 3579 réactions

          C'est vrai que je connais cette théorie pour les victimes, mais pas pour les auteurs : consœur Vanille, si vous avez des réfs, ce serait réellement intéressant...

      2. 3579 réactions

        Voilà , c'est ce que je disais ce matin vers 6 heures 09, ci-dessus... Cette manie des magistrats de motiver en paraphrasant l'avocat et en s'attribuant leurs idées, vraiment... :D

        1. 1101 réactions

          C'est surtout qu'en l'espèce, je les rejoignais, vos idées ! Pas ma faute !
          Bon, je vais m'en retourner débouter un avocat, ça me remettra les idées en place ...

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