Mieux vaut parfois ne piper Mô…

Marie est magistrate(1) et, étant dès lors particulièrement bien placée pour connaître les gouffres insondables de douleurs et de difficultés desquels l’avocat que je suis doit tenter tous les jours d’émerger, a tenu à m’aider à le faire en m’adressant le récit, très… Ému (! Vous allez comprendre…) de ses premières Assises…

Difficilement remis du fou rire qu’il a provoqué, j’ai souhaité, avec son accord, vous le livrer tel qu’elle me l’a écrit -accrochez-vous, j’ai beau avoir entendu quelques plaidoiries d’anthologie dans ma carrière, celle-là les dépasse toutes…

Pour la parfaite compréhension du récit, même si rien n’y est réellement "compréhensible" au sens usuel du terme, trois mots de droit à l’attention de ceux qui n’en connaissent que deux : une discussion jurisprudentielle a existé, un temps, sur le fait qu’une fellation, non pas imposée a autrui, mais pratiquée sur autrui, puisse ou pas entrer dans la définition légale du viol, telle qu’elle résulte de l’article 222-23 du code pénal : " Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol."

Comme souvent à longueur de journées parfois les juristes aiment à gloser pour ne rien dire, en effet, la Cour de Cassation, à un moment donné, et compte tenu du fait que le droit pénal est en principe d’interprétation stricte, a tenu le raisonnement suivant : une fellation pratiquée sur quelqu’un n’est pas stricto sensu un viol, puisqu’il ne s’agit pas d’un "acte de pénétration commis sur" cette personne, mais bien de lui imposer d’en commettre un sur soi-même(2)

Cette analyse a fait long feu, heureusement(3) -mais elle explique, si l’on peut dire, le discours, heuh, disons, charmant, de la consœur dont les hauts faits vous sont maintenant narrés par Marie.


Voici une histoire vécue alors que j’étais auditrice, et dont j’ai pour le coup conservé chaque détail en mémoire en raison de son caractère exceptionnel : l’unique audience d’Assises où j’ai vu l’ensemble des parties se bidonner pendant une heure entière, malgré un contexte absolument dépourvu de drôlerie au départ …

Nous sommes sur la fin de la seconde journée du procès pour viols sur mineures de quinze ans d’un homme assez âgé, livreur de journaux.

Dix à quinze ans auparavant, il a régulièrement (voire quotidiennement) obligé des gamines d’une dizaine d’années à lui prodiguer des fellations, en les forçant physiquement tout d’abord, puis en les menaçant de les dénoncer. Comme il sait vivre, il leur offre à l’issue de l’acte une poignée de bonbons ou quelques viennoiseries(4).

Deux victimes le dénoncent initialement. Quatre autres, entendues comme témoins, se constituent partie civile à l’audience. Ces six jeunes femmes passent des heures la barre, secouées de sanglots, exprimant leur douleur et leur mal-être, leur sexualité et leur vie de femme bouleversées par les actes de celui auquel elles font enfin face. Leurs proches, leurs compagnons confirment leurs déclarations. L’accusé reconnaît les faits.

Tout ça pour dire que nous ne passons pas deux journées de franche rigolade.

Sauf que … Le second soir, 20 h, l’avocate générale a terminé ses réquisitions : 20 ans de réclusion criminelle. Suspension d’audience, afin que la première des deux avocats de l’accusé se prépare à y répondre…

L’avocate, sorte de Hobbit sexagénaire et civiliste(5) depuis une trentaine d’années, vient alors trouver la représentante du Ministère public que j’assistais, s’ensuivant cet étrange dialogue :

"- Je suis intriguée quand même. Il me semble que vous n’avez pas démontré l’existence ne serait-ce que d’un viol.

- Mais … même votre client confirme les déclarations des victimes au sujet de ces multiples fellations ???

- Justement : il me semble que la jurisprudence est en train d’établir qu’une fellation ne constitue pas un viol, mais une agression sexuelle.

- Seulement dans le cas où l’agressé est celui qui subit la fellation, mais pas si on le force à en prodiguer une !!!

- C’est à voir, c’est à voir …"

Sur ces mots mystérieux, l’audience reprenait, par sa plaidoirie…

Une plaidoirie … extra-terrestre.

"Mesdames de la Cour, Madame et Messieurs les jurés, l’accusation est entrée dans cette salle d’audience telle un gros mammouth (elle fait sur sa tête le geste d’y faire pousser deux … cornes). Eh bien moi, je vais vous le dégraisser, le mammouth ! Car on n’arrête pas depuis deux jours de nous rebattre les oreilles avec des viols, des viols, des viols. Mais, où voyez-vous qu’il y ait viol en la matière ? Qu’est-ce que nous avons au dossier ? Des fellations, messsssssssieurs les jurés (en les pointant des deux index à chaque "messieurs")(6)

Or, vous le savez bien, messieurs, une fellation, c’est rien du tout, c’est un petit geste tendre, ça ne laisse pas de trace, c’est superficiel … Une fellation, c’est comme manger une sucette, faire un petit suçon … On m’a dit que ça s’appelait comment, aujourd’hui … Une "p’tite pipe", je crois ? Messieurs les jurés, vous savez bien qu’une  "p’tite pipe", ce n’est pas grave, c’est agréable … Et on vous demande de le condamner pour viols ? Mais savez-vous bien ce que c’est qu’un viol ? Un viol, c’est un type qui en attrape un autre, et HAN, le sodomise ! (cette dernière phrase s’accompagnant d’un mime, les mains de l’avocate saisissant la taille d’un partenaire imaginaire tandis qu’elle effectue un mouvement de va-et-vient avec son bassin – oui, c’est la classe).

Mais là, pour quelques petites pipes, vous ne pourrez qu’estimer qu’il s’agit d’agressions sexuelles … On ne va quand même pas traiter quelqu’un de pédophile sous prétexte qu’il s’est fait sucer le sexe par des enfants !"

Voilà.

Après un premier moment de stupéfaction, une certaine hilarité a commencé à s’emparer des parties en présence…

Les trois magistrates étaient partagées entre sidération et ricanements irrépressibles (derrière leurs mains, mais ça se voyait un peu quand même). Les jurés essayaient de se contenir, mais à l’impossible nul n’est tenu. L’un d’eux laissait régulièrement échapper des gémissements de rire réprimé. Un autre a chaussé ses lunettes noires, sous lesquelles on voyait couler ses larmes. Les six avocats des parties civiles se tordaient de rire derrière leurs cotes de plaidoiries…

Côté Parquet, nous n’en menions pas large, et faisions alternativement semblant de laisser tomber notre stylo à terre pour pouvoir pouffer sous le bureau.

Mais surtout, surtout, je pense que nous aurions tous réussi à contenir notre hilarité, par respect pour l’accusé et les victimes, si ces dernières, toutes les six, n’avaient lancé le mouvement. Elles se sont, au début, regardées, stupéfaites, indignées par les premières minutes de cette plaidoirie qui ne faisait pas un instant cas de la souffrance dont elles étaient venues faire part. Puis c’est devenu tellement énorme, tellement grotesque, qu’elles ont tout simplement éclaté de rire, et recommencé de plus belle à chaque nouvelle envolée de l’avocate. La salle, à moitié vide malgré l’absence de huis-clos, résonnait de leurs manifestations de gaieté !

L’avocate, au bout d’une heure ponctuée de "une p’tite pipe ! Une p’tite pipe, messieurs les jurés !", a fini sur un argument de poids :

"On vous demande de condamner cet homme à 20 ans de prison. Alors, vous savez ce que vous allez faire, messieurs les jurés ? Vous allez le condamner à deux ans. Il les a déjà faits, puisque ça fait deux ans qu’il est en détention provisoire. Donc il va sortir. Et pourquoi allez-vous décider ainsi ? Parce qu’il va retourner dans son petit village. Une fois là-bas, il n’embêtera plus personne, il va s’occuper de ses chèvres et de ses poules. Car depuis qu’il est en prison, messieurs les jurés, qui s’occupe de ses chèvres ?! Qui s’occupe de ses poules ?! Allez, mettez-lui deux ans, et on n’en parle plus."

La présidente a immédiatement annoncé une suspension : les jurés ont détalé, ventre terre, en salle des délibérés, les victimes sont sorties en salle des pas perdus en riant de bon cœur et en se serrant dans les bras les unes des autres.

Le second avocat a demandé quelques explications à sa consœur sur le caractère, disons, inhabituel de son propos. Elle lui a répondu qu’ayant trouvé l’ambiance pesante, elle avait souhaité "détendre l’atmosphère" !(7)

Heureusement, ce second avocat était un brillant orateur et un excellent pénaliste (le Mô local, quoi)(8) qui a su plaider réellement (et raisonnablement) la cause de cet homme, lequel a finalement été condamné à 18 ans de réclusion.

Les jours suivants, les avocats, ma maître de stage Parquet et moi, avons tous été accostés par la plupart de ceux qui n’avaient pas été témoins directs de la chose, qui nous demandaient : " Alors, vous y étiez ?… C’était vraiment comme on l’a raconté ?…", comme si nous avions été passagers de l’Enola Gay au moment du largage de la bombe…

Cette plaidoirie est entrée dans l’Histoire du Palais, puisqu’un collègue qui a fait son stage là-bas quelques années après moi me l’a racontée, il y a tout juste quelques jours …


Cette histoire est vraie, évidemment (c’est tout de même une juge qui me l’a racontée !)… Quelle tête faisait l’accusé, pendant ce temps ? Je ne sais pas… Demandez à Marie, elle ne me l’a pas dit !

  1. nul n’étant parfait on le sait ()
  2. Ah oui, nous, quand on se prend le chou, c’est intense… ()
  3. Et paf, ça m’apprendra à écrire trop vite :  cette jurisprudence est toujours en vigueur, le viol n’est  alors pas constitué,  les faits étant alors des agressions sexuelles, soit des délits -ça ne change rien, presqu’au contraire, à l’incongruité de la plaidoirie ici racontée, ça me donne juste l’air plus idiot, merci à BZIAOU, commentaire 3, d’avoir rapidement rectifié ! ()
  4. ce qui laissera en plus aux victimes le sentiment, infondé mais tenace, de s’être prostituées pour quelques francs ()
  5. ce qui s’est vu par la suite ()
  6. je pense qu’il est impossible de faire réellement passer par écrit le ton glapissant de l’avocate (laquelle a malheureusement une voix relativement déplaisante en temps normal, déjà) à chaque "meeeeeessssssssssieurs les jurés", en les pointant du doigt à chaque fois qu’elle évoquait les fellations  -elle semblait bizarrement faire abstraction de la présence d’une femme parmi les jurés ()
  7. quitte à être à côté de la plaque, autant l’être jusqu’au bout ()
  8. Unique note du tenancier de ce blog : je jure que cette parenthèse était dans le texte dès l’origine, il ne s’agit pas d’un ajout de ma part,  mais d’une simple preuve de grande lucidité de la part de l’auteur ()

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271 commentaires sur “Mieux vaut parfois ne piper Mô…”


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  1. 21
    titejuriste

    En tout cas on pourra retenir que l’avocate ne devait pas connaître le dicton "il faut tourner cette fois sa langue dans sa bouche…." :mrgreen:

  2. 22
    Charlot

    Tout bonnement hors du commun !
    C’est extraordinaire, très osé et peut-être inapproprié mais l’avocat a du prendre un pied monstre à jouer sa folie !

    1. Pas certain qu’elle se soit rendu-compte de quelque chose… :D

      Je me suis promis qu’un jour, sur la fin de carrière, et dans un dossier qui s’y prêterait c’est à dire sans enjeu important, je m’offrirai la plaidoirie du siècle, le grand n’importe quoi sur n’importe quel ton, the défouloir..! :P

      1. 22.1.1
        Axonn

        Vous savez maître, j’ai lu l’histoire des procès de ceux qui avaient comploté contre Hitler. J’ai pensé qu’il était très regrettable qu’il n’y ait pas eu d’avocat parmi eux (on leur assignait des avocats qui aidaient l’accusation), car un avocat aurait surement offert une superbe plaidoirie, puisque les accusés savaient que quoi qu’il arrive durant le procès, ils seraient pendus.

        1. 22.1.1.1
          Maître Mô

          Ma plus belle plaidoirie, je crois, était effectivement celle d’un dossier dans lequel nous savions que la peine maximale serait prononcée, dès le départ -les plus désespérées sont sûrement les plus belles, ici aussi…

          1. 22.1.1.1.1
            Marie

            Surtout que l’avocat général semble avoir été du même avis …

            1. 22.1.1.1.1.1
              Maître Mô

              Et même la Cour, qui a réduit la période de sûreté d’un an, 29 au lieu de 30 : un "signe" piteusement réclamé, mais donné malgré tout…

              1. 22.1.1.1.1.1.1
                Marie

                Vu l’affaire en question, ça me paraît même pas mal du tout !

    2. 22.2
      Marie

      A mon humble avis, elle n’a pas eu vraiment conscience de ce que sa plaidoirie pouvait avoir de décalé ! Et, bien qu’y ayant assisté, je ne peux pas vous assurer qu’elle "jouait" … :x

      1. 22.2.1
        Mathaf Hacker

        Elle était prête à piper jusqu’aux dés, piper dédé ?

        1. 22.2.1.1
          Maître Mô

          Ce blog devient intenable, je savais qu’il ne fallait pas changer de titre… :?

          1. 22.2.1.1.1
            Marie

            Mais non, ça multiplie simplement le nombre de visiteurs égarés ici (et déçus) après avoir tapé quelques expressions salées sur leur moteur de recherche, comme vous me le disiez hier …

  3. 23
    Axonn

    Une fellation, c’est comme manger une sucette, faire un petit suçon … On m’a dit que ça s’appelait comment, aujourd’hui … Une “p’tite pipe”, je crois ? Messieurs les jurés, vous savez bien qu’une “p’tite pipe”, ce n’est pas grave, c’est agréable …

    Bravo. Il est grand temps que quelqu’un parachève l’oeuvre de Serge (Gainsbourg) pour la France (Gall) en dédramatisant définitivement la turlutte. Qui effectivement ne laisse pas de trace.

    Allons, mesdemoiselles, pensez-vous qu’on vous offre des sucettes depuis votre plus tendre enfance simplement pour engraisser les dentistes ? C’est évidement pour préparer votre mâchoire à son véritable rôle. Qui fait tant plaisir à tous… On éviterait ces procès stupides si on reconnaissait à la fellation son statut de simple détente, comme le dit le slogan parodiant les inscriptions sur les paquets de cigarettes : "fumer tue, la pipe détend".

    Comment ça, j’ai manqué quelque chose, moi aussi ? Ah, d’accord, quand vous disiez qu’il leur offrait des bonbons et qu’elles suçaient, il ne s’agissait pas de sucer les sucreries. Excusez, Serge m’a embrouillé, je croyais qu’une fellation c’était sucer une sucette à l’anis. Je crois que cette avocate a fait la même erreur.

    Et en mode sérieux ? Ben en mode sérieux, il m’est venu à l’esprit que cette avocate affirme que la fellation forcée est moins grave qu’un viol avec rapport sexuel classique. Finalement je pense que c’est exactement le contraire, la fellation forcée oblige la victime à avoir un rôle actif dans son propre viol, ce qui me semble pire que de se laisser pénétrer.

    Je remarque aussi que cette histoire de pénétration fait qu’il est inimaginable d’inculper une femme pour viol. Regardons la partie pleine du verre : si le législateur n’a pas changé ça, c’est que les agressions sexuelles comises par des femmes sont rarissimes.

    Parfois, j’ai honte d’avoir un chromosome Y.

    1. 23.1
      Marie

      Si, si, on peut poursuivre une femme pour viol : une pénétration peut parfaitement s’effectuer au moyen de doigts, ou d’un objet quelconque.
      Mais les femmes poursuivies pour agression sexuelle ou pour viol sont effectivement moins nombreuses que les hommes, vous avez raison.

      1. 23.1.1
        Axonn

        Je n’avais pas envie de m’étendre également sur ce point mais…

        Je trouve assez absurde qu’on puisse utiliser la qualification de viol pour des sévices qui se faisaient en bizutage (balai dans le cul) et qui ne visent pas du tout au plaisir sexuel de l’auteur, alors qu’il est impossible de l’utiliser pour une femme qui imposerait un rapport sexuel complet à un jeune garçon.

        Oui, comme je le dis plus haut, le plaisir sexuel de l’auteur est généralement l’objectif du viol. Je connais deux exceptions : les viols visant à humilier la victime (encouragés lors de certaines guerres), et ceux qui violent les lesbiennes en disant les remettre ainsi dans le droit chemin. Plus Joker, dont on ne sait pas exactement s’il a violé Barbara Gordon ou l’a juste photographiée nue, dans l’unique but de faire perdre la raison à son père.

        1. 23.1.1.1
          Marie

          En espérant ne pas écrire trop d’âneries (mon droit pénal se rouille un peu à force d’inutilisation), et en écrivant "sous le contrôle de Me Mô", comme disent les avocats, j’aurais tendance à dire que l’objectif poursuivi par la violeur est finalement assez indifférent au législateur.
          Toute la question, du point de vue de l’élément matériel, est de savoir si l’intéressé a commis un acte de pénétration sur autrui, que ce soit avec son sexe, ses doigts ou un manche à balai.
          Si la victime n’a pas subi de pénétration, c’est une agression sexuelle, et ça reste tout de même punissable à hauteur de cinq ans d’emprisonnement (sept, voire dix en cas de circonstances aggravantes).
          Dans l’absolu, est-il si saugrenu de penser qu’il soit plus traumatisant d’être sodomisé à l’aide d’un manche à balai que de se voir imposer un rapport sexuel complet avec une femme ?
          En revanche, je suis bien incapable de vous renseigner quant à l’éventuel viol de Batgirl. Mais je vais me renseigner !

          1. 23.1.1.1.1
            Axonn

            Hum, oui, tout de même, je trouve bizarre d’employer une qualification en principe créée pour les crimes sexuels. Il vaudrait mieux avoir une autre définition du viol, l’accusation d’acte de torture faisant l’affaire dans le cas du balai (qui n’est pas fictif, mais m’a vraiment été raconté par un… auteur).

            Pour Batgirl, j’ai moi-même cherché, mais je n’ai trouvé aucune précision permettant de faire mieux que Wikipédia qui se contente de dire que la question de son éventuel viol reste floue. Remarquez que l’avocate qu’on démolit ici souligne que les fellations ne laissent pas de trace (euh, Monica contesterait, si on inclue la robe :P ) ; elle n’a pas tort, cela laisse moins de trace que de se faire briser la colone vertébrale (ça, oui, Joker l’a fait).

            1. 23.1.1.1.1.1
              Marie

              Le choix de la qualification entre viol et acte de torture est une question d’appréciation, au vu des circonstances.
              Quant au fait qu’une (enfin, en l’occurrence, des) fellation(s) ne laisse(nt) pas de trace chez la victime, je serais d’avis que c’est une des pires énormités que comportait la plaidoirie dont nous parlons.
              Et pas d’infos supplémentaires sur Barbara Gordon, dont le sort demeurera mystérieux …

              1. 23.1.1.1.1.1.1
                titejuriste

                euh une question :? c’est quoi cette histoire de Barbara Gordon, Joker et Batgirl ? :?:

                1. 23.1.1.1.1.1.1.1
                  Axonn

                  Je donnais un exemple supplémentaire de cas où le viol n’est pas accompli par désir sexuel de l’auteur.

                  Le Joker, ennemi de Batman, a violé ou pas (toujours est-il qu’il lui a brisé la colonne vertébrale et l’a photographiée nue) Barbara Gordon uniquement dans le but de rendre son père (commissaire Gordon) fou.

                  Barbara Gordon est Batgirl. Mais je crois que le Joker ne le savait pas.

              2. 23.1.1.1.1.1.2
                Axonn

                Si on parle de traces physiques, c’est exact, et même malheureusement, car cela rend la preuve des abus très difficile à apporter.

                Prétendre que ça ne laisse aucune séquelle psychologique est en effet aussi faux, mais plus grave, que le mammouth à cornes.

  4. "le plaisir sexuel de l’auteur est généralement l’objectif du viol."
    S’cusez de faire le rabat-joie mais si c’est amusant ici, ç’était moins évident en Bosnie.

    1. 24.1
      Axonn

      J’ai cité comme exception à ce "généralement" les viols d’humiliation, en précisant qu’ils sont massivement employés dans certaines guerres.

      1. 24.1.1
        Maître Mô

        Je vous réponds rapidement en vous ayant lu de même, pour une fois, pour cause de journée noire, mais en droit pénal, le plus simple est de revenir à la lettre des textes, puisqu’il est d’interprétation stricte.

        Comme dit dans le corps du billet, l’article 222-23 du code pénal, qui définit le viol, dispose que ” Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.“ (ce qui, vous le noterez, exclut un acte de pénétration sexuelle commis sur soi-même :D ) Ce qui signifie qu’il faut certes un acte de pénétration, mais encore de nature sexuelle.

        En ce sens, j’ai eu à intervenir dans des dossiers où l’auteur était renvoyé à la fois pour des faits de viols et des faits soit d’actes de torture et de barbarie, soit de sévices divers, violences volontaires avec arme, etc -en l’occurrence un presse-purée, et je n’ai pas l’intention de détailler plus avant…

        La qualification de viol n’a finalement pas été retenue, à raison du fait que l’acte de pénétration concerné n’était pas de nature sexuelle, quand bien-même il avait consisté à introduire un objet dans un orifice du corps : ici, c’était la volonté d’humilier et de faire mal qui prévalait, et l’acte a été englobé dans la qualification plus générale d’actes de torture et de barbarie, qui suppose pour faire simple cette volonté d’humiliation, le déni de la personne humaine.

        Pour le Joker, si vous voulez mon avis d’avocat, c’était un coup monté : le véritable coupable est Robin, jaloux de Barbara et amant, de longue date, de Batman, bien qu’il ait de plus en plus de mal au fil des épisodes (je ne parle pas des films, mais bien de la série d’origine, chez Marvel) à supporter la zoophilie de ce dernier… :P

        1. 24.1.1.1
          Axonn

          Eh bien effectivement, je n’avais pas fait attention à "pénétration sexuelle". Donc seuls les actes sexuels peuvent être qualifiés de viol, enfoncer un objet dans le cul à seule fin d’humiliation étant un acte de torture ou barbarie. Eh bien je n’avais pas fait attention (en fait j’ai été trompé par une série TV où les policiers qualifient de viol un rituel de bizutage), mais en réalité le législateur et le juge avaient déjà fait ce que je suggérais ici.

          Tss, Batman est DC, pas Marvel. Et puisqu’on en parle, c’est aussi un homme qui a été victime d’agression sexuelle !
          Je vous reproduis le dialogue où la mère lui annonce qu’ils ont un fils :
          "Aimé, te souviens-tu de notre nuit d’amour ?
          -Je me souviens avoir été drogué pour participer à un programme eugéniste"

          La qualification judiciaire aurait été intéressante, mais Batman ne porte pas plainte contre une jolie fille qui lui a souvent sauvé la vie, et puis il en faut plus pour le traumatiser.

          1. 24.1.1.1.1
            Maître Mô

            J’étais certain, pour Marvel, shit, je vieillis !

        2. 24.1.1.2
          Marie

          En même temps, quand vous casez sur la même page "fellation", "pipe", "sodomie", "sucer" et "zoophilie", comment voulez-vous éviter quelques visites tordues (et désappointées) sur votre blog ?

          1. 24.1.1.2.1
            Maître Mô

            A force de vouloir aller vite, on se trompe parfois de page, non ? Enfin, ici ce n’est pas bien grave…

            1. 24.1.1.2.1.1
              Marie

              Tiens, c’est vrai ! Au moins en partie, puisque tous les termes en question figurent sur cette page-ci, et que cela faisait également suite à un mail par lequel vous la commentiez.
              Mais bon, oui, on peut reconnaître nos erreurs, voilà voilà …

              1. 24.1.1.2.1.1.1
                Maître Mô

                oui, on peut reconnaître nos erreurs, voilà voilà …

                Non, rien. Dieu que c’est bon !!!!! :lol:

                1. 24.1.1.2.1.1.1.1
                  Marie

                  Happy to oblige. Quand je vous dis que les avocats m’adorent … :mrgreen:

            2. 24.1.1.2.1.2
              Axonn

              Il est clair qu’il est moins traumatisant de trouver ce blog quand on cherche des photos de fellation zoophile que le serait l’inverse.

              1. 24.1.1.2.1.2.1
                Maître Mô

                :mrgreen: Et qui sait, ça suscitera peut-être des vocations d’avocats ! Qui expliqueront dans quelques années qu’ils avaient toujours voulus défendre les pauvres gens…

  5. 25
    frdricb59

    J’ai localisé Piper Mo. C’est ici : http://www.mapquest.com/maps/map.adp?city=New%20Piper&state=MO&country=us

    Vous avez vu, à droite (à l’est si vous préférez). C’est juste à coté de Clinton :D

  6. 26
    Titejuriste

    je viens de trouver ce cas de jurisprudence qui m’interpelle et pourrait me faire miroiter l’idée que faire une fellation de force est un viol (et vu la longueur des com il se pet qu’on en est parlé)

    "tout acte de fellation constitue un viol au sens des articles 332 ancien et 222-23 nouveau-code pénal dès lors qu’il est imposé par la violence, contrainte, menace ou surprise, à celui qui le subit ou à celui qui le pratique?" Chambre criminelle 16 décembre 1997.

    1. Titejuriste, vous vous êtes trompée de billet je crois, et nous avons trrrrrès longuement évoqué cette jurisprudence sur ce billet-ci : elle est obsolète, caduque, et n’était qu’un revirement isolé depuis abandonné.

  7. 27
    Goldmund

    Cher confrère,

    Le staff complet de mon cabinet fut plongé dans un bain d’hilarité en lisant votre article, qui m’a rappelé une expérience semblable vécue lorsqu’en attendant mon tour (a long time ago) en correctionnelle, j’ai pu entendre un confrère, partie civile défendant une pauvre femme victime de 3 agresseurs l’ayant obligée à leur pratiquer à chacun une fellation, demander 15 000 F de di et prendre maladroitement soin d’ajouter en conclusion: "ce qui fera 5 000 F par tête de pîpe"…

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  1. didier specq a écrit :

    Je dis ça comme ça sans me baser sur aucune étude. Mais force est de constater que, par exemple, les billets de Guillon sur Martine Aubry (deux fois de suite où il ironisait sur son physique) n’ont guère provoqué de réaction. Guillon explique que le “buzz” sur DSK a été provoqué par la réaction de DSK lui-même. Certes. Mais la raison de ce succès existe peut-être ailleurs.

    Je me demande si Guillon n’a pas mis le doigt, consciemment ou non, sur un phénomène souvent éludé: le droit de cuissage que les hommes de pouvoir estiment souvent avoir sur les femmes qui les entourent.

    Evidemment, dans la plupart des cas, les femmes séduites sont parfaitement libres de refuser. Mais existe-t-il réellement toujours un rapport d’égalité entre les deux “contractants” pour employer un terme de justice?

    Bien sûr, on préfère ranger ces phénomènes dans le rayon “gaudriole”. Mais, rapprochez-vous de n’importe quelle collectivité territoriale et sympathiser avec quelqu’un qui travaille dans le cabinet de l’élu local qui est souvent un baron indéboulonnable de son secteur. Très vite, on va vous raconter des anecdotes plus ou moins drôles autour de ces phénomènes de pouvoir et, évidemment, des dégâts collatéraux subis, au bout de quelque temps, par ceux qui, dans cette histoire, sont du mauvais côté du pouvoir.

    N’oublions pas que le correspondant permanent de Libération à Bruxelles de Libération avait signalé, pour s’en inquiéter, au moment de la nomination de DSK à la tête du FMI, ce comportement récurrent de DSK.

    Bien sûr, pour des raisons d’atteinte à la vie privée, ces histoires sont généralement tues. Mais est-ce pour cela qu’elles n’existent pas (trop) souvent? Tartuffe, vous connaissez?

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  2. Chiara a écrit :

    Aliocha,

    pour rebondir sur le “On ne rit pas dans un régime totalitaire, on a peur”, si vous ne l’avez pas lu je vous conseille l’excellent :
    “prolétaires de tous les pays, excusez- moi !” de Amandine Regamey, qui analyse justement le rire sous le régime totalitaire russe, c’est très intéressant ; elle fait l’hypothèse que parfois c’est le régime lui-même qui “lançait” certaines blagues.

    http://www.amazon.fr/Prol%C3%A9taires-tous-pays-excusez-moi-sovi%C3%A9tique/dp/228302093X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1235811346&sr=8-1

    pour voir la couverture

    En ce qui concerne DSK, j’ai eu l’impression au départ dans cette histoire de cocufiage que justement les humoristes en faisaient beaucoup dans l’énorme comme s’ils voulaient le protéger, dédramatiser le truc, le faire entrer (si j’ose dire) dans la catégorie “gaudriole française”.

    Tiens mon correcteur d’orthographe ne connaît pas le cocufiage. Etrange. Encore un coup de la censure.

    Chiara

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  3. La French Connexion a écrit :

    @ lamda : Je partage votre passion pour nos aimables chansonniers du théatre des deux ânes dont Amadou, Guidoni, Douglas, mais aussi le plus douteux Patrick Font, néanmoins, je me dois d’avouer que le renouvellement n’est pas leur fort et le tour est le même depuis 2001.

    L’humour de Guillon n’a pas la même vocation de fou rire à gorge déployée mais plutôt de sourire en coin, genre de dire, vous avez vu comme je suis intelligent, je le trouve assez surfait et pédant, c’est du sous sous sous Desproges, mais peut-être que le talent viendra à Guillon en même temps que le cancer.

    http://frenchcarcan.com/

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  4. furax a écrit :

    Pour DePassage en 11

    Un petit « cadeau » qui n’a pris aucunes rides (hélas) ou presque : il suffit de changer les noms !

    http://www.deezer.com/#music/result/all/coluche%20president

    Pour ceux qui préfèrent les citations :

    « Le Français fit ce qu’en toute occasion font les Français, il se mit à rire » Honoré de Balzac

    « Rien n’est sérieux en ce bas-monde que le rire » Gustave Flaubert

    « Le rireest le saut du possible dans l’impossible » Georges Bataille

    et un de mes préférés :

    « À partir du moment où j’ai pris votre livre en main et jusqu’au moment où je l’ai reposé, je n’ai pas
    pu m’arrêter de rire. Un de ces jours, j’espère que je le lirais. » Groucho Marx

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  5. DePassage a écrit :

    Je trouve que depuis Coluche, on n’a plus de véritable espace de liberté à travers le rire.
    Quand il alpaguait les dérapages, avec son humour si précis et si virulent, ce qui était inacceptable ressortait clairement, à tel point qu’on oubliait la technique pour retenir ce qu’il dénonçait. Je crois que c’est aujourd’hui cette possibilité qui nous manque. Les humoristes d’aujourd’hui sont cantonnés dans des “brèves” très brèves, où seule la forme ressort notablement, à cause même du format qu’il leur reste pour s’exprimer. Les idées ne sont plus amenées, mais assénées, par ce qu’il leur est impossible de faire autrement. Les phrases au final sonnent comme des slogans, non plus comme des histoires, qui ont un début, un milieu, et une chute.
    Je crois au final que c’est peut-être bien l’espace humoristique qui s’est d’abord vu rétrécit comme peau de chagrin, l’humour aujourd’hui est souvent considéré, avant d’être provoquant, comme choquant, agressif, voire inacceptable.

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  6. Denis Ducroz a écrit :

    Il y a, peut-être, une dimension du rire qui nous est nécéssaire dans l’acceptation de notre propre réduction au néant citoyen; un échelon intermédiaire entre impuissance et indifférence. N’étant pas journaliste et ne touchant ni de près ni de loin quelqu’organe de pouvoir que ce soit, tout autre action que le rire me renvoie à ma résignation dévalorisante. Pourtant, en chacun de nous, quelque chose hurle:” agis, ne baisse pas les bras…” Alors, vis à vis de tout ce qui nous échappe, de tous ces DSK, Kouchner , Madoff, Sarko Berlusconi… qui se fichent pas mal de nous, chacun affiche à ses propres yeux le minimum exigible pour se trouver respectable: un acte individuel qui clame sa présence tout en ayant conscience que tout le monde s’en fout.
    Ce matin, sur France Inter, Régis Debray parlait de” la fraternité qui est un travail et non pas une extase”. En riant de ceux pour qui je n’existe pas, je rejoins fraternellement mes pairs et, ensemble, nous formons une entité audible pour laquelle les humoristes sont des porte parole plutôt que des vengeurs. Le rire prophylactique contre l’aigreur.

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  7. Schmorgluck a écrit :

    Pensons au cas du Canard Enchaîné.
    « Quand je vois quelque chose qui m’indigne, mon premier mouvement est de m’indigner. Le second est d’en rire. C’est plus efficace. » Maurice Maréchal, fondateur du Canard Enchaîné.

    Et puis, bien sûr, la devise du journal : « La liberté de la presse ne s’use que si on ne s’en sert pas. »
    La presse se sert-elle assez de sa liberté ? N’est-ce pas finalement le fond du problème ?

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  8. lambda a écrit :

    Bonsoir Aliocha
    Vous semblez ignorer ou peut être ne pas connaître les “Chansonniers” que l’on écoutait “dans” la radio, en particulier le “Dimanche” dans les années 40 ou 50.
    Lambda

    Aliocha : je connais ceux du théâtre des 2 ânes et je les adore (amadou & co)

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  9. artemis a écrit :

    bonsoir Aliocha

    le rire fait rajeunir dit-on
    saviez vous qu’il y a des médecins qui prescrivent des cures de rire pour guérir de certaines maladies ?
    un peu hors sujet
    aujourd’hui j’ai manqué d’humour en postant sur mon blog des billets concernant l’affaire si on peut dire “affaire” du jeune homme qui s’est soldé sur Ebay
    je serait intéressée d’avoir votre avis sur le sujet d’autant que Martin Hirsch a embauché le jeune homme, les journalistes et la télévision ont relayé l’information et qu’Edouard Balladur pour faire fun a trouvé l’initiative du jeune homme trés originale et l’a félicité.

    Aliocha : en effet, vous l’avez très mal pris je veux dire au sens où ça vous a visiblement beaucoup heurtée. Cela étant, il y a toujours plusieurs niveaux de lecture d’un événement. Sur les principes, il y a de quoi se révolter, moins de la démarche que de la situation qui a pu l’inspirer. D’un point de vue “politique” on pouvait en effet craindre l’amorce d’une démarche contestable. D’un point de vue juridique, ça donne à réfléchir. D’un point de vue pratique, ça a marché. De mon point de vue : j’ai un faible pour les provocateurs, à supposer que c’en soit un, mais c’est peut-être aussi simplement un petit malin. Vous avez raison au moins à trois niveaux, c’est déjà beaucoup ! ce qui m’a choquée personnellement, c’est la violence des commentaires sur son blog. Pas l’ombre d’un début d’empathie, juste de critiques sur sa démarche et ses fautes d’orthographe. Après tout, c’est peut-être moi qui suis trop tendre, mais je n’aurais pas attaqué quelqu’un qui faisait ça.

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  10. Mister Cham a écrit :

    J’imagine le cours de Yoga… Et cela ne ma fait pas vraiment rire, moi qui suis raide comme une trique et qui a déjà du mal à mettre les mains derrière les oreilles. Alors les pieds…

    Plus sérieusement, merci pour le lien vers Bilger et du même coup Marianne 2. Je dois avouer que je vais un peu dans le sens de Bilger, bien que le Canard ne soit pas le seul à oser user de la satire. Charlie Hebo et Siné Hebdo le font également à leur manière.
    Maintenant aller dire que le rire efface le sérieux du sujet traité par l’humoriste me semble un peu gros. Et en cela je rejoint Aliocha dans sa sentence : “C’est très subversif le rire, et si ça dédramatise le rapport à la réalité, je ne suis pas sûre que cela dédramatise la réalité elle-même. ” Et je rajouterai même “au contraire”. Après reste à “éduquer” (je déteste ce verbe…!) le public et l’aider à comprendre à quel point user de l’humour peut aider à faire passer cette réalité si épouvantable qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer…
    Cela commence dans le monde scolaire, avec du Rabelais, du Molière, du Maupassant… qu’il faudrait faire étudier en instruction civique plutôt qu’en cours de francais;)

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  11. bleu horizon a écrit :

    je ne citerai que beaumarchais qui résume bien votre post: Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.

    Tout est dit, les auteurs contemporains sont vraiment extraordinaires

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  12. lilsaint8701 a écrit :

    Bonsoir Aliocha,
    ça n’a pas grand chose à voir mais j’ai pensé que ça pourrait vous intéresser :
    http://www.slate.fr/story/le-blog-est-lavenir-du-journalisme#comment-1901
    Slate est un nouveau venu sur la scène2.0, créé par des Mammouth du Monde, le site se veut analytique avec du recul sur l’actualité. D’éminents analystes pour “blogger” sur les sujet qui nous intéresse.

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  13. Schmorgluck a écrit :

    Sur cette question des relations entre l’humour et le journalisme, qui se pose également aux États-Unis, il y eut un moment emblématique en octobre 2004, lorsque Paul Begala et Tucker Carlson ont reçu, sur le plateau de leur émission de “débats” Crossfire sur CNN, l’humoriste Jon Stewart, présentateur du Daily Show sur Comedy Central.
    L’incident narré sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Jon_Stewart#Crossfire_appearance
    La video sur Google Video : http://video.google.ca/videoplay?docid=889968848656043401&q=jon+stewart
    L’échange transcrit sur mediamatters : http://mediamatters.org/items/200410160003

    En gros, Jon Stewart accusait les présentateurs de ne pas faire le boulot que leur public attendait d’eux, leur émission de n’être qu’une mise en scène d’opinions caricaturales qui n’apportait rien au débat d’idées et, au contraire, l’étouffait. Et quand Carlson riposta en évoquant les questions plutot soft que Stewart avait posées à John Kerry, il rétorqua que ce n’était pas son boulot, que lui était un amuseur travaillant sur Comedy Central, alors qu’eux travaillaient sur CNN, une chaîne d’information.
    Quelques mois plus tard, Crossfire fut supprimée. D’après la direction de CNN, l’intervention de Jon Stewart a joué un rôle dans cette décision.

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  14. Dylan a écrit :

    Si, on peut aussi rire publiquement dans un régime totalitaire
    exemple : http://www.liberte-algerie.com/galerie_dilem.php

    Aliocha : en effet, mais à quel prix : http://www.bladi-dz.com/articles/1714/1/Ali-Dilem-10-000-caricatures-et-50-proces/Page1.html

    (Ce commentaire a été initialement posté sur La Plume d’Aliocha)

  15. [...] en bonus : Sur un sujet proche, les vertus du rire, je vous recommande ce billet publié chez Maître Mô. On y découvre comment la plaidoirie maladroite d’une avocate a eu [...]

 

 

FIN DES COMMENTAIRES - MAIS ATTENTION !


Suite à la pénétration inéluctable de la modernité numérique dans le monde judiciaire, il a bien fallu que je m'y (sou)mette moi aussi : les commentaires sont désormais "imbriqués", ce qui ne signifie pas qu'ils s'accouplent, mais que l'on peut y répondre directement, la réponse s'affichant alors non plus ici, mais sous le commentaire concerné ci-dessus...


Le fait que vous n'en aperceviez pas de nouveau à cet endroit ne signifie donc pas qu'il n'y a en pas eu... (Et là vous me direz : "Mais alors, il faut les chercher..?" Et je vous répondrai, avec la franchise qui me caractérise, et dans l'attente n'en doutez pas d'une nouvelle amélioration géniale : "Oui !"

 

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