Suivant votre conscience…
Ce titre est tiré de l'article 304 du Code de Procédure Pénale, qui contient le serment que prête tout juré de Cour d'Assises, en France :
"Le président adresse aux jurés, debout et découverts, le discours suivant : "Vous jurez et promettez d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X..., de ne trahir ni les intérêts de l'accusé, ni ceux de la société qui l'accuse, ni ceux de la victime ; de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration ; de n'écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l'affection ; de vous rappeler que l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter ; de vous décider d'après les charges et les moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre, et de conserver le secret des délibérations, même après la cessation de vos fonctions".
Chacun des jurés, appelé individuellement par le président, répond en levant la main : "Je le jure"."
C'est qu'en effet, je souhaite vous proposer de mesurer, un peu, les deux plus énormes difficultés posées par le droit pénal, bien au-delà de toute les gloses procédurales, théoriques et réformistes : celle de juger, et son corollaire obligé, celle de défendre.
Parce qu'autant, selon moi, défendre n'implique pas de juger, et même doit craindre de le faire, autant juger en revanche doit nécessairement amener à défendre, défendre toutes les solutions possibles, pour au final, en n'en retenant qu'une, correctement satisfaire à cette lourde obligation : juger son semblable, et bien le juger.
Essayez, si vous l'osez, et sortez-en indemnes, si vous y parvenez... Lire la suite