Sanibroyeur judiciaire

J'ai commis une idiotie, une de plus, dans cette pénible affaire : j'ai pris la défense, pénale, de quelqu'un que je connais.
Pas un ami, non, nous ne nous étions pas revus depuis longtemps, mais quelqu'un qui a été un copain autrefois, et cette circonstance aurait du suffire à  m'interdire de m'en mêler.
Non pas parce que je l'ai mal défendu, ou bien d'ailleurs, ce n'est pas la question, pas assez d'attaches entre nous pour que ça ait joué, mais parce que le fait même de le connaître, de l'avoir vu "petit", et la forme d'intimité existant dès lors dans nos rapports, m'ont incités, m'incitent encore, à  le croire totalement, à  le croire sur parole, simplement, et donc à  avoir mal pour lui de la condamnation intervenue, aussitôt frappée d'appel.
A le croire innocent, totalement, donc, et à  avoir souffert à  ses côtés de l'horrible déformation qu'immanquablement, le regard judiciaire amène nécessairement sur la vie d'un homme, à  chaque fois.
J'ai dit "déformation", mais c'est bien de difformité dont il faut parler : un type arrive devant ses juges avec une histoire et une vie, qui obéissaient jusqu'à  cet instant à  des milliers de règles différentes, logiques et illogiques, sensées et moins sensées, cohérentes entre elles ou pas, construites de réflexions et de coups de folie, bref, ma vie, la vôtre, le destin, le chemin parcouru, vos excès, vos humeurs, vos ressentis, vos passions, vos logiques, vos raisonnements...
Strictement rien d'analysable, juste tout ce qui vous fabrique, bonnes ou mauvaises raisons.
Et tout à  coup c'est fini : vous êtes soupçonné.
Et à  compter de ce moment, ces milliers d'éclats et de rondeurs qui vous composent ne sont plus étiquetables, strictement, que de façon absolument, totalement, désespérément et connement binaire.
Que ce soit devant un policier, devant un procureur, devant un juge d'instruction, et a fortiori devant vos juges finaux, ceux qui vont dire si vous avez commis les faits et qui vont voter votre condamnation, vous n'avez soudainement plus droit qu'à  avoir eu, toute votre vie, et particulièrement autour de la commission des faits concernés, que deux attitudes.
Deux.
Sans aucune autre alternative. La bonne ou la mauvaise.
Et toute votre vérité, toute la réalité de votre vie, toute celle du moment où le drame dont on vous reproche à  présent d'avoir été l'acteur, tout ne s'explique soudain plus qu'à  la seule lumière de la bonne attitude, ou à  la noirceur de la mauvaise attitude.
La Justice, qui connaît si bien le noir et le blanc, ne connaît pas le gris.
Mon gars, appelons-le Cédric1, travaille en hôpital psychiatrique, où il côtoie tous les jours des personnes très malades, et c'est évident, des personnes qui ne vont pas très bien, et ça se sent rapidement, et des personnes que l'on annonce guéries ou en voie de l'être, ou bien qui n'ont fait qu'un "stage" temporaire dans ces doux lieux riants, soit à  la suite d'une "crise" ponctuelle et inexpliquée, soit pendant ou après une dépression plus ou moins prononcée, soit dans une centaine d'autres cas encore...
Cet imbécile est tombé amoureux d'une patiente.
Que je vous en parle en trois mots : il est incroyablement doux, vraiment un très gentil, possède des lettres et pas mal d'humour, est plutôt pas trop laid, et a eu pas mal de copines, d'un soir ou d'une vie, sans jamais avoir rencontré de grandes difficultés, en tout cas pas plus que n'importe qui, ni pour séduire, ni pour être séduit, ni pour avoir des relations physiques, pas la moindre trace de violence ou de déséquilibre chez ce garçon, Cédric c'est vous ou moi, en plutôt mieux.
Là , il était seul depuis quelques mois, le travail pesait, il la voyait quotidiennement, absolument pas une grande malade ni une malade tout court selon lui, juste quelqu'un, une jeune-femme mignonne, douce et simple, qui avait eu une crise de mélancolie et avait tenté de se tuer quelques semaines plus tôt, nettement mieux à  présent, et de toute évidence leur relation amicale, assez tendre et remplie petit à  petit de confidences...
Il sait bien qu'il n'aurait pas du, il sait bien qu'il est malgré tout un peu en position de supériorité, il sait bien que ce n'est ni l'endroit, ni le moment, ni probablement la bonne personne, même, mais voilà , un soir, il a eu envie de faire l'amour avec elle, il s'est rapproché un peu plus, l'a embrassé, elle n'a jamais protesté autrement que pour lui dire que ce n'était "pas bien", qu'elle avait son copain, mais en s'abandonnant tout de même devant son insistance excitée, il était pressant, elle, plus réservée, mais elle ne l'a jamais repoussé, il l'a caressée et embrassée beaucoup, y compris intimement, elle rendait certains baisers, mais ne lui rendait pas ses caresses, oui mais si timide, la situation si incongrue et survenu brutalement, il est sensible et aurait cessé de suite si elle le lui avait demandé, et elle ne l'a pas fait, jusqu'à  ce qu'il l'allonge là  et commence à  se déshabiller lui-même, jusqu'à  ce qu'ils soient tous deux haletants et qu'elle se redresse soudain en disant :"Non, il ne faut pas, c'est pas bien, ça suffit !", fermement pour la première fois, et ne parte, libre de le faire, tandis qu'il la regarde s'en aller en pensant qu'il avait voulu aller un peu trop loin, qu'il aurait du attendre et être plus doux, tandis qu'il espérait déjà  la revoir le lendemain.
Il s'est approché d'elle ce lendemain là , et a voulu l'embrasser, mais elle a dit "non", lui a expliqué que ce n'était pas bien, qu'elle avait un copain, qu'ils n'étaient pas là  pour ça.
Cédric a plaidé sa cause, a compris qu'il n'arriverait pas à  la séduire au-delà  du moment un peu fou d'hier soir, et a respecté son choix, en lui disant ne pas comprendre, mais il l'a respecté.
Trois mois se sont écoulés, elle avait quitté l'hôpital quelques semaines après ces faits, et la vie de Cédric continuait -a continué jusqu'à  sa convocation au commissariat pour être entendu sur une plainte pour viol déposée par Brigitte, qu'il avait essayé d'aimer un soir, dont il avait essayé de se faire aimer un soir.
Coupable ou pas ?
Vous penserez qu'il l'était ou pas selon ce que vous retiendrez des éléments livrés ci-dessus, mais aussi, et peut-être surtout, selon ce que vous êtes, et ce que vous avez vécu.
Mais pas ses juges : eux ne penseront ce qu'ils penseront qu'en analysant ces faits et les réponses de Cédric aux questions de façon binaire, noire ou blanche, oui ou non, bon ou mauvais - c'est incroyablement et douloureusement vrai plus encore dans ce terrible domaine de l'infraction sexuelle.
Mon opinion, non, ma conviction, est double :
- humainement, je pense que tous deux sont sincères, que Brigitte, timide, effacée, qui n'allait malgré tout évidemment pas très bien, qui voyait dans Cédric un sauveur potentiel et un véritable ami, a pu être tétanisée lorsque les choses ont prises une tournure sexuelle ce jour là , a pu ne pas réellement oser protester, a pu ne pas le repousser et même prendre plaisir ou en tout cas douceur à  certains actes, et pour autant s'être sentie forcée, pour autant s'être vécue contrainte, pour autant avoir été une femme violée; mais je pense aussi que Cédric a pu croire en son charme, a pu penser plaire à  cette jolie fille, avec qui il parlait de plus en plus intimement au fil des jours, a pu valablement, charmé et sous l'emprise de son excitation, mais pas une excitation malsaine et dévoyée, la normale, celle qui vient avec le cœur qui bat, croire demander ce rapport charnel, a pu constater qu'on ne le lui refusait pas vraiment, et même qu'on le lui rendait un peu parfois, a pu oublier qu'il avait en face de lui, tout contre lui, quelqu'un de fragilisé, pas forcément apte à  tout dire comme on se dit les choses entre un garçon et une fille bien plantés sur le sol, et qu'il a cru pouvoir aller plus loin, que jamais, un instant, il n'a pensé obliger ou forcer Brigitte en rien, qu'il a cru qu'ils voulaient ces actes tous les deux à  ce moment là  et qu'elle n'y participait que peu par timidité ou pudeur, il s'est d'ailleurs arrêté net dès qu'elle le lui a vraiment demandé, mais sans penser qu'il y avait "un problème", juste que c'était trop tôt, trop vite, et déjà  avide de la revoir bientôt...
- juridiquement, pour ces mêmes raisons et parce que le dossier est vide de toute preuve de contrainte, notamment, qu'il est un de ces dossiers où la parole de l'un s'oppose à  celle de l'autre, et seulement cela, il était impossible de le reconnaître coupable, impossible de le condamner, quoi qu'on pensât des faits par ailleurs, et quelles que soient ses propres conceptions de la morale, du bien ou du mal...

Je vous dirai tout à  l'heure ce qu'il en a été, bien sur, tout aussi évidemment que, je pense, vous l'avez déjà  compris.

Mais je veux vous dire, avant, pourquoi cette Justice est un broyeur de vie, pourquoi tout y est noir ou blanc, pourquoi aucune attitude qui ne rentrerait pas dans l'une de ces deux cases est immédiatement suspecte et de toute façon irrecevable.
Il y a eu des trucs pornos chez moi, il y en avait chez lui, célibataire parfois, masturbatoire parfois :

"-Et vous n'êtes pas un obsédé ?
- Non, je ne crois pas, je regarde ces revues parfois, mais il n'y a rien de malsain.
- Mais vous ne nous en aviez quand-même pas parlé avant qu'on ne les trouve...
-Elles n'étaient pas cachées non plus, et puis vous, vous en parleriez dans ces circonstances ?"

C'est un classique, et encore, Cédric possède des lettres et de l'humour, il sait répondre, connaît le sens des mots, ce qui n'est pas le cas de l'immense majorité des personnes impliquées dans ce type de faits...

"- Vous m'avez dit qu'elle ne s'est pas débattue, mais en même temps qu'elle vous demandait d'arrêter...
- Elle ne le demandait pas vraiment. Elle me disait d'arrêter, que ce n'était pas bien, c'est vrai, mais...
- Elle vous demandait d'arrêter ou pas ?
- Oui, mais pas...
- Vous ne trouvez pas que vos réponses sont confuses, pour quelqu'un qui "ne cherchait qu'à  séduire", selon vous ?
- Non. Elle n'a pas refusé mes avances, elle me donnait l'impression de ne pas oser, d'être impressionnée...
- Et ça ne vous a pas stoppé ?
- Mais enfin non ! Moi j'avais envie d'elle, et je voyais qu'elle ne m'était pas hostile. J'ai continué mais je ne l'ai pas forcée, elle se laissait aller à  mes caresses, parfois, elle me rendait mes baisers. j'étais devant une femme qui hésite à  céder à  un homme, dans le domaine de la morale, de la pudeur...
- Vous trouvez que ce que vous lui avez fait est dans ce domaine pseudo-moral ?
- Non, bien sur, mais je veux dire que c'était un jeu de séduction, pas du tout quelqu'un qui résistait face à  un agresseur, jamais je n'ai été violent, jamais je ne l'aurais contrainte, ni Brigitte ni personne..."

Des pages comme ça, une garde à  vue de deux jours, trois années d'instruction, deux heures d'audience, et exactement ces mêmes dialogues, que je pourrais reproduire ici à  l'infini.
Avec en point d'orgue un autre rite, la question à  dix centimes que tous les avocats connaissent si bien, et bordel de merde, qu'est-ce que vous voulez qu'innocent, on y réponde :
" Puisque la victime ment, selon vous, savez-vous pourquoi elle vous accuserait de viol ?"
Vous voulez faire le test, chez vous ? vous n'êtes coupables de rien : tentez de répondre à  ça...
Cédric a dit, lui :

" je ne sais pas, j'y ai beaucoup pensé (depuis deux heures, depuis hier, depuis deux ans, avant l'audience) : je ne sais pas. Je crois que je lui ai fait du mal, je n'arrive pas à  croire qu'elle m'accuserait délibérément, pour me nuire ou je ne sais quoi... Je le crois, mais je n'ai jamais voulu lui en faire, je vous le jure, on s'est trompés tous les deux, pas que moi, j'ai trop demandé, elle n'a pas assez refusé, c'est une erreur dont elle souffre, mais moi aussi je souffre..."

Croyez-moi, tous les clients ne sont pas capables de dire quelque chose comme ça.
Et je vous en veux, Monsieur le Procureur, d'avoir dans vos réquisitions dit que "vous n'aviez pas apprécié que le prévenu se comporte en victime, un peu de pudeur..." sans un instant envisager qu'il se soit agit d'un innocent, un vrai, qui vous regardait d'en bas, et qui avait perdu son travail, la plupart de ses amis, s'était vu attraire en justice par son ex-femme pour que ses enfants ne lui soient plus confiés autrement que devant une personne surveillant les rencontres, avait du relire dans mon bureau les procès-verbaux des déclarations de sa mère, de son père, de ses anciens employeurs et de ses relations, entendus sur des faits de viol commis par lui, qui s'était vu jeter dans des geôles dégueulasses pour ensuite être soumis à  un contrôle judiciaire mensuel dégradant et inutile...
Victime ? S'il était innocent, plutôt, oui !
Et je crois en réalité qu'il y en avait deux, de victimes, dans la salle, un peu deux coupables aussi d'ailleurs; d'une énorme erreur, sans doute, mais de quel délit bon sang ?
Je vous en veux d'autant plus que vous reconnaissiez finalement, enfin, que quel que soit le sentiment que l'on avait sur cette triste affaire, on ne pouvait pas condamner Cédric, pas dans une salle d'audience de notre République, pas avec nos règles de droit - et que votre collègue, qui avait du donner son avis avant vous à  la fin de l'instruction, en était arrivé par écrit aux mêmes conclusions : impossible de condamner cet homme avec ces faits et ce dossier...
Des heures d'arguties, séduction/contrainte, bonheur/malheur, résistance/acceptation timorée ou gênée, bonne foi/mauvaise foi, conscience/inconscience...
Toutes les actions, puis toutes les paroles, de Cédric, passées au crible de la bipolarité exclusive : c'est bien ou c'est mal, c'est à  charge ou à  décharge, et rien d'autre, aucune nuance, aucune place à  des sentiments contradictoires, aucune véritable analyse de ce qu'est toujours la rencontre physique d'un homme et d'une femme, douceur, peur, envie, pudeur, aucun véritable examen de la psychologie du moment et des êtres, qui n'était incompatible avec rien, l'un trop sur de lui et trop direct, l'autre très peu sure d'elle même et trop peu expressive...
Le sanibroyeur judiciaire, l'aseptiseur de sentiments et d'actes, était en marche depuis l'année 2005.
Les avocats connaissent tellement ce phénomène, que l'on nomme autrement et quand on veut être propre la "Vérité Judiciaire", qu'ils en usent parfois, eux aussi :
"Madame le Président, regardez, j'ai deux mains comme mon client, et les policiers me disent dans ce procès-verbal et sans sourire que celui-ci aurait été "vu descendant le long de la gouttière en portant la chaîne hi-fi qui venait d'être dérobée", allons-donc, c'est totalement impossible, il ne pouvait matériellement pas se tenir à  cette gouttière, en descendant, tout en portant cette chaîne hi-fi encombrante, ce qui prouve que les choses ne se sont absolument pas passées ainsi..." plaidais-je parfois, oubliant que le procès-verbal ne disait pas si l'objet en question était gros ou petit, s'il l'avait sur le dos ou à  la main, si la gouttière était haute de deux ou de dix mètres...
C'est parfois vrai et parfois pas, mais ça porte sur des faits, bien ou mal racontés, et tant pis si c'est mal, ou tant mieux.
Mais je n'ai jamais, partie-civile ou prévenu, accepté de plaider une histoire détachée d'un dossier et comme si j'y avais moi-même assisté, en jurant que MA vérité, CETTE vérité, était LA vérité au seul motif que j'étais en train de la dire passionnément, excluant tout ce qui ne rentrait pas dedans au millimètre -noir ou blanc.
La vie est un camaieu complexe de gris, toute décision judiciaire d'une couleur tranchée est une erreur.
Encore cet exemple, qui m'a coûté une journée de reconstitution stérile ou tous, juge, greffier, gendarmes, prévenu et avocats, courrions tous comme des abrutis sous le regard hilare des passants : les policiers ont chronométré, cet assassin a tué à  seize heures, il faut vingt minutes en "course normale" pour arriver au domicile de son frère, son appel téléphonique prouve que le jour des faits il était seize heures quarante trois à  son arrivée, son frère ayant confirmé qu'il s'était rué sur le téléphone : unique question du magistrat...

"Alors Monsieur, qu'avez-vous fait pendant ces vingt-trois minutes d'écart ?"
"On s'en fout ! Il l'a tué, il le dit, il est simplet, la vie fait qu'il a peut-être marché plusieurs fois, qu'il a pu même faire demi tour pendant deux minutes pour d'obscures raisons, un bon milliard de choses logiques ou illogiques peuvent avoir causé ces quelques minutes d'écart, demande lui donc pourquoi il a tué, puis pourquoi il a couru, pour aller prévenir son frère et les flics, c'est ça le mystère, c'est ça son cœur insondable, c'est là  qu'est la clé de ce crime, peut-être..!" pensait l'avocat essoufflé.
" C'est long, vingt-trois minutes, Monsieur, j'attends vos explications..."

Elles ne sont jamais venues, c'est dommage, cette vérité là  mourra sans doute avec ce pauvre gars...
Sanibroyeur Judiciaire de votre logique habituelle, de votre vie "normale", moulinette par laquelle il faut absolument que tous vos mots passe avant toute chose...

J'avais compris avant d'entendre la décision, les magistrats n'ont pas "mis en délibéré", c'est à  dire n'ont même pas souhaité prendre le temps de la réflexion, et pour les deux juges qui n'avaient pas lu le dossier avant l'audience, contrairement à  celui qui la présidait, de le lire à  tête reposée, non plus d'ailleurs que mon épais dossier de plaidoirie...
"Délibéré en fin d'audience", soit deux heures plus tard.
Coupable, deux années d'emprisonnement assorties d'un sursis avec mise à  l'épreuve d'une durée de deux ans, comportant notamment obligation de travailler, se soigner et rembourser la victime, condamné à  verser à  celle-ci la somme de six mille euros.
Le Parquet, comme moi, estimait qu'aucune preuve ni d'une contrainte, ni d'une intention, ne pouvait humainement être rapportée par l'examen du dossier.
A minima : j'estimais quant à  moi que ce dossier contenait quinze preuves d'innocence.
Mais même cette peine était placée, comme si souvent, sous le sceau éminemment distordu du regard judiciaire : quoi, coupable de viol et fier de l'être, menteur jusqu'aux ongles et jusqu'à  la fin, ayant voulu faire mal et voulu forcer, et du sursis ?
Il était peut-être espéré qu'il n'y aurait pas d'appel, il a été effectué le jour même.
Et au greffier qui les enregistre, et qui me lançait un jovial "Ça va Maître ?", que vouliez-vous que je réponde avec mes picotements dans les yeux ?
" Broyé. "

  1. Petite saillie vers l'un de mes lecteurs qui se reconnaîtra, ne m'en veux pas, il fallait quand-même un peu d'humour dans tout ça... []

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  1. 14 réactions

    Il est parfois de ces souffrances sourdes et cruelles, ces souffrances qui n'ont de cesses d'être les jeux de ces morales incongrues et certaines de leurs vérités. Cette justice bien pensantes, est parfois, souvent la main qui guide ces souffrances. Comment ne pas être déconfis après avoir lus cette histoire triste et morne, cette histoire qui n'a démarré que sur un espoir, un espoir de vie, un espoir d'un soleil, un espoir d'ouvrir enfin une petite porte sur ces pâturages doux et verdoyant. Mais voilà , la Morale, la « Bonne société » en a décidé autrement. Elle a fermé cette porte et elle l'a plombé définitivement sur un homme qui souffre, de n'avoir pas été compris.
    Maintenant il est là , seul, dans le noir de l'immorale avec pour seul compagnon le doigt accusateurs et les regards morbides de ces gens-là , ces gens qui l'ont condamné à  mourir moralement, ils l'ont bannis et lui ont interdit de pouvoir espérer encore une fois, un jour de pouvoir aimer.
    Le voilà  dans ce voyage lugubre, avec ces vents glaciales de l'ignominie et des chaînes qu'il traînera malgré lui, le voilà  qu'il devra constamment se justifier, lui que l'on considère maintenant comme un pestiféré, comme un rat.
    Mais où sont-ils ceux la même qu'i l'ont connus, qui l'ont côtoyé et un jour peut-être estimé ? Où sont-ils ces lâches ? Car, c'est maintenant qu'il a tant besoin, c'est maintenant qu'il doit encore croire que l'amour n'est pas synonyme de honte, c'est maintenant qu'il doit voir des yeux doux et aimant. Ah ! Mais non ! Surtout pas voilà  ce qu'ils ont décidé et voilà  ce qui devrait être condamné, ce sont ces gens là , ces bourreaux de la morale c'est traître de l'amitié, c'est blafard de bienséance.

  2. 16 réactions

    Les malades de ce type d'établissement ne sont pas des malades comme les autres... Il est coupable d'avoir fait la boulette de sa carrière et pour finir, de sa vie d'homme...!!!"Brigitte", si elle n'a pas été violée, a le sentiment de l'avoir été, et c'est déjà  beaucoup. Dans l'état de faiblesse où elle était à  ce moment là , le ressenti ne pouvait être qu'ambigü. On n'est pas interné, quelque soit la durée, pour un p'tit coup de blues. On ne fait pas de TS pour un p'tit coup de blues : on est très mal et très fragile !!Alors si à  ce moment là  on ne peut plus compter sur les soignants pour contrôler leurs pulsions... même "douces et tendres"...Mais comme tu le soulignes, chacun réagira suivant son statut et son vécu. Je réagis donc avec ma sensibilité de femme...

  3. 77 réactions

    J'abonderais dans le sens de Didou sans toutefois regarder sévèrement "Cédric". Didou dit parfaitement la fragilité psychologique de cette fille qu'un souffle peut briser. Cédric a ses mots que je trouve terrifiants : « j’ai trop demandé, elle n’a pas assez refusé» ! Le chat et la souris... et pourtant j'adore les chats, j'en ai sept dans mon jardin mais je n'aime pas les voir "trop demandé" à  de pauvres mulots qui meurent de n'avoir "pas assez refusé". Cela dit je suis homme et en tant qu'homme il est patent qu'un point de non-retour a pu être atteint : tout le monde se fixe des limites (souvent dans le but de les repousser, d'ailleurs). Comme tous (ou beaucoup) de garçons dans cette situation (fille qui semble vouloir, qui hésite, qui laisse faire, qui dit non, qui ne part pas, qui s'en va) se fabriquent mentalement une limite. Du genre «si elle me laisse mettre ma main sous sa robe, c'est bon, si elle dit non, j'arrête.» Les filles "sans problèmes" (mais existent-elles ? un brin d'humour aussi) ne fonctionnnent pas de façon aussi tranchée et leurs limites sont plus des instants que des gestes. Ton implication personnelle te dicte des mots durs. Quels auraient-ils été si cette vieille connaissance n'était pas Cédric mais Brigitte ? Et que Cédric eût obtenu un non-lieu ? Pour revenir sur la vue binaire de la Justice, n'est-ce pas justement son rôle. Broie-t'elle réellement ces gens on bien donne-t'elle à  voir des gens déjà  broyés ?

  4. 3579 réactions

    @Zebluesman et Didou : rien à  dire à  vos réactions, qui adoptent chacune un point de vue et un parti, vos ressentis immédiats, et c'est bien ainsi : j'ai dit quelque part dans cet article, effectivement Didou, que chacun verrait cette histoire avec son propre regard, c'est normal, et ça prouve aussi qu'il est dur de juger, tout court : car des regards, ici, il peut y en avoir beaucoup... Et on peut (presque) tous les comprendre...
    @ Gzyg : tu as raison toi aussi, et c'est encore un autre point de vue, qui en mèle plusieurs, une vision de cette histoire plus proche de celle que les praticiens judiciaires, avocats compris, mais surtout magistrats, devaient nécessairement avoir : l'un de mes reproches terribles aux juges, ici et ailleurs, est justement qu'ils effectuent parfois moins d'efforts intellectuels pour rendre une décision, quelle qu'elle soit, que vous n'en avez effectué ici simplement pour argumenter vos commentaires !
    Tu as raison aussi quand tu constates que les histoires soumises au monde judiciaire sont celles de gens au minimum déjà  meurtris, mais justement, c'est à  partir de là  que les visions divergent : je pense moi que l'un des rôles fondamentaux du judiciaire devrait être de leur restituer de la dignité, quels qu'aient été leurs actes, et que ça passe nécessairement par du temps, de l'objectivité et surtout, surtout, de la nuance -exactement comme on va porter un jugement, par exemple, sur un couple d'amis en train de se séparer, tout près de nous...
    Et alors crois-moi : je suis très souvent aussi aux côtés de victimes, enfants ou adultes, et le boulot de l'avocat, dans un dossier comme celui-là , est un travail de soutien et d'explication avant tout, mais n'est pas, ne peut pas être, celui de convaincre avant tout et envers et contre tout de la réalité de l'histoire décrite par la victime : dire sa conviction, sa douleur et son vécu, oui, mais lui dire à  elle, avant l'audience, pendant l'instruction, pourquoi le risque est grand d'un non lieu ou d'une relaxe, juste parce que les principes, la présomption d'innocence, les règles de preuve, oui, ça c'est un travail de partie civile : ça n'empêche pas la conviction, ni d'adhérer totalement à  "sa" vérité, mais ça empêche de déraper et de trop s'écarter de "la" vérité : ce type, en droit, ne pouvait pas être condamné.
    Cet accompagnement n'est pas le plus simple à  réaliser, et moins encore depuis Outreau, à  la suite duquel les Parquets se sont mis à  classer sans suites un nombre effarant de dossiers dans lesquels il n'y a pas de preuves formelles, dans ce domaine, alors même qu'elles y sont bien sur rares, et même quand ils sont remplis d'éléments probants... Je viens de prendre une relaxe dans un dossier concernant deux petits bouts, victimes de leur grand-père, sept ans d'instruction, et il a fallu expliquer...
    Je fais souvent ce travail avec les jurés, qui spontanément "vont" tous vers la victime, comme nous tous, et l'adoptent comme leur fille; je leur dit que c'est normal, bien sur, mais que... Et si c'était leur fils, dans le box derrière moi ? Vous croyez que ça ne se peut pas, que votre fils ne ferait jamais ça ? Ah oui, vous pensez que sa maman, que vous avez entendue tout à  l'heure, ne croyait pas comme vous avant que la police ne vienne la questionner ? Alors, si c'était votre fils, voudriez-vous qu'on essaye de le comprendre, pour bien le juger, ou pas ?
    Silence dans la salle et visage, horrifiés jusque là , souvent perplexes soudain...
    Ce n'est pas un cas isolé, Gzyg (relis mon Histoire Noire I et II, qu'il faudra bien que je finisse un jour !), c'est la règle, et elle s'oppose aux règles du droit, protectrices de chacun : pour trancher un de "ces" dossiers, on doit se forger une conviction basée sur des preuves, ou à  défaut sur une absence de doutes suffisante (ce n'est pas dit comme ça dans les textes mais c'est ça) : pour y arriver il n'y a qu'un moyen : s'accorder, pour comprendre, toutes les nuances de la palette, mais en aucun cas se limiter au monochrome -raison même pour laquelle je tiens absolument à  continuer à  défendre ou assister successivement tant les auteurs que les victimes : ne surtout pas commencer à  penser dans un seul sens...

  5. 34 réactions

    Travaillant dans le même milieu que Cédric (quel illustre prénom),je suis quand même partagé. Le récit que tu en fais est quand même largement en faveur de ton client, et je comprends parfaitement tes arguments. C'est le genre de trucs qui pourrait arriver à  n'importe quel mec qui a pour habitude de se fier à  son instinct (et c'est loin d'être un défaut, j'ai tendance à  en faire autant). Mais n'empêche, il aurait probablement dû s'arrêter avant. D'abord parce qu'elle avait déjà  un mec, et ensuite parce que si elle était là  c'était quand même pas par hasard (vu la difficulté actuelle à  libérer des lits en psy, ceux qui sont internés ont un réel besoin d'y être - et il y en a un paquet qui devraient y être et qu'on fait sortir faute de place).
    Des fois faut savoir écouter la raison et non la passion... ou comment utiliser sa parano à  bon escient.

  6. 77 réactions

    Maître Mô, mon questionement est plus de l'ordre de la curiosité (curiosité comprise comme chemin vers la compréhension) que de la conviction... même intime. Je ne suis pas juriste et sans doute comme beaucoup de non-juristes j'ai une idée passablement faussée du "coeur" de ce métier ; raison pour laquelle j'adore ce blog qui apporte un humanisme à  des sujets par ailleurs traités très techniquement (chez Maître Eolas, entre autres). Pour affiner mon interrogation, l'empathie qui se peut créer avec "victimes" et/ou "coupables" ne devrait-elle pas être du ressort de l'après-jugement ? Le jugement (l'ensemble de la procédure) n'a-t'il pas intérêt à  ne rester que technique ceci afin d'éviter l'intrusion d'une "morale" forcément à  géométrie variable, selon les inclinations médiatiques des gouvernants, la pression sociale, le vécu des intervenants ?

  7. 124 réactions

    Maître Mô, vous êtes un écrivain...

  8. 124 réactions

    Mais au fait, vous ne nous avez pas dit comment ELLE disait avoir vécu les choses après coup. Pour juger il faut le point de vue des deux parties... Et s'il avait eu une mauvaise appréciation de son attitude ? Et si elle était incapable de réagir autrement tout en n'en pensant pas moins ? Et si, et si... Il faudrait l'entendre elle pour se faire vraiment une idée, non ? Mais ce n'est pas votre rôle, évidemment...

  9. 16 réactions

    Petite précision : sans avoir été dépressive au sens dramatique du terme, j'ai été vraiment très très très mal il y a quelques années. Je peux te dire que dans ces moments là , on a aucune énergie pour se battre, aucune énergie pour réagir aux choses courantes. Tout nous semble difficile et lourd. On a juste envie de baisser les bras devant le moindre obstacle. On veut juste que "ça" s'arrête, quitte à  se laisser faire, pour que "ça" cesse plus vite, quelque soit le "ça"...Alors il est compréhensible que la plaignante est attendu deux ans pour agir... Parce qu'avant, elle n'en avait pas la force. Il est difficile de sortir d'une dépression grave, ça prend du temps... Et cet épisode avec "Cédric" n'a sans doute pas arrangé grand chose à  son état !

  10. 3579 réactions

    @Dric : absolument d'accord avec toi (et désolé de t'avoir fait le "héros" de cette histoire, il y en a de plus attirants !), il aurait du ne rien faire. Mais la question est : en continuant, a-t-il pour autant commis un délit ou un crime ? La réponse actuelle est positive, la mienne non, tant parce que je ne le crois pas, faute d'intention, que parce qu'on ne pouvait pas l'établir - et l'intention, élément moral de l'infraction, comme la preuve de l'infraction, sont deux nécessités légales absolues, pour condamner quelqu'un... Ce que ni la morale, ni le sens moral, ne réquièrent !
    @Imaniyé et Didou : vous êtes dures avec "l'écrivain", qui écrivait aussi "Brigitte, timide, effacée, qui n’allait malgré tout évidemment pas très bien, qui voyait dans Cédric un sauveur potentiel et un véritable ami, a pu être tétanisée lorsque les choses ont prises une tournure sexuelle ce jour là , a pu ne pas réellement oser protester, a pu ne pas le repousser et même prendre plaisir ou en tout cas douceur à  certains actes, et pour autant s’être sentie forcée, pour autant s’être vécue contrainte, pour autant avoir été une femme violée..."
    Je la respecte beaucoup, vous savez, et ne suis jamais tombé à  l'audience dans la facilité agressive qui aurait été de la traiter de menteuse, ce que ni mon client ni moi-même ne pensions (et croyez-moi, c'est très loin d'être toujours le cas dans des procès de type "parole contre parole", mes confrères tranchant bien souvent avec moins de nuances...) : je demeure persuadé que les deux versions sont toutes deux réelles, et qu'elle ne POUVAIT pas dire non, effectivement, ou pas clairement; la question est : Cédric pouvait-il se méprendre... Et s'en apercevoir de suite ?
    Didou, tu décris très bien la "mélancolie" dépressive, cette envie de tout laisser tomber, parfois même sa vie... Et tu as raison sur les dégats probablement causés chez Brigitte par tout ça... Mais on en revient à  la question centrale : Cédric a-t-il voulu ça, et pouvait-il légalement s'en tenir à  ce qui était apparent..?
    @ Gzyg : c'est un vieux et captivant débat, dans lequel j'ai tranché en faveur de la passion, parce que je crois intimement :
    - qu'il est impossible pour des hommes d'en juger d'autres en se coupant en deux et en mettant la part d'empathie et d'affects qui est en eux de côté le temps d'une décision;
    - que, contrairement à  ce qu'on voit dans les films, la plupart des affaires ne se comprennent que si on y tient compte des sentiments, juger étant d'abord comprendre, et que cette appréhension des âmes passe obligatoirement par une immersion de la sienne dans l'histoire que l'on juge -dont d'ailleurs l'une des difficultés du métier est de ressortir ensuite sans trop de larmes;
    - que selon moi, un avocat, notamment, ne vous offre propose pas que sa science judiciaire et ses facultés oratoires, mais d'abord et avant tout un morceau de coeur... C'est ce qui rend le truc si crevant; mais c'est, en ce qui me concerne en tout cas, ce qui fabrique les peines justes, contrairement à  ce que l'instinct commanderait effectivement de penser : jugeons objectivement et sans passion...
    Je crois que c'est impossible : puisqu'on ne peut être des robots objectifs, jugeons en êtres humains -mon amour absolu des Cours d'Assises vient de là , c'est un endroit où l'on prend le temps et où on cherche à  tout comprendre, enfin ! (Ma haine des magistrats qui y tiennent des procès bâclés et joués d'avance, sur la base souvent d'une application déséchée du droit, vient de là  aussi..!).
    Si vous tombez sur un Envoyé Spécial dédié aux Jurés d'Assises, régulièrement rediffusé, qui suivait notamment l'histoire d'une jeune mère qui avait dissimulé sa grossesse au père et tué sa fille à  la naissance, observez attentivement ce que l'avocat de la défense, que je connais bien, et l'avocate générale (= procureur), fort jolie à  voir, s'objectent dans les extraits filmés de leurs palidoirie/réquisitions : l'un dit aux jurés qu'il faut absolument s'émouvoir, comprendre et pardonner; l'autre qu'il faut se méfier de l'avocat qui parle passion, alors que juger se fait avec le cerveau, pas le ventre...
    Or au début du reportage, le Président (Monsieur GASTEAU, Président de la Cour d'Assises de Douai, je le cite car c'est un homme de bien, et que je n'ai oublié aucun des procès plaidé devant lui, et il y en a eu !) donne lecture des déclarations de l'accusée, racontant son calvaire et son crime : personne ne peut entendre celà  et ne pas fondre en larmes : impossible à  ignorer !
    Et une jurée, qui venait d'avoir une petite fille (!!! ce que l'avocat ignorait bien sur !), explique comment son hostilité radicale du début s'est transfromée progressivement en compréhension...
    Défendre est un acte d'amour, avant tout, la noblesse de la chose étant que c'en est souvent un envers une personne qui le "mérite" objectivement peu...
    Je vais te surprendre, mais je crois à  ça fondamentalement : juger aussi !
    J'ai défendu des tortionnaires, des violeurs en série, des incestes, des meurtriers et assassins de tous poils, des frustres, des violents, des laids, j'ai assisté leurs victimes et les proches de celles-ci : les procès qui ont été admis, "reçus", par les parties, sont ceux où on a aimé tous ces gens, d'une façon ou d'une autre.
    Les autres, trop nombreux, n'ont rien laissés que le propre souvenir de leur arridité, de l'insatisfaction et de la haine.
    Une dernière chose : en ne vous souhaitant pas d'en avoir besoin, si vous prenez un avocat un jour, il y a un critère de choix qui fonctionne : vérifier que sa robe est trempée après chaque audience, tant il y a mis de passion !

  11. 34 réactions

    @Maître Mô : c'est pas grave pour le nom du "héros", mais je me vengerai !

  12. 528 réactions

    Mô, j'ai lu votre texte vers 21h30, vous pouvez vous vanter de m'avoir pourri ma nuit, votre texte m'a remué.

    Merci de nous offrir de quoi réfléchir.

  13. 3579 réactions

    @Mussipont : "Nuit pourrie, journée qu'on oublie" (ne cherchez pas, je viens de l'inventer !). Plus j'y pense, plus je crois que tout se résume à  ça : qu'aurais-je faits à  la place de Cédric, qu'aurais-je fait à  la place de Brigitte...
    Qu'ais-je fais à  leur place quand ça m'est arrivé ?
    Merci, vraiment, de me suivre si souvent...

  14. 124 réactions

    Maitre, ce  que je voulais dire qu'est-ce-que Brigitte dit MAINTENANT ??? Comment traduit-elle sa propre attitude ? Ceci dit, je compatis tout à  fait à  la situation de votre client. Il n'a probablement pas "fait exprès". Mais c'est vrai aussi que son rôle était de comprendre que dans cette situation précise, il y avait maldonne dans les sentiments et les attitudes de la patiente à  son égard. Il aurait du... Il aurait pu... Mais, vous savez, tant qu'on n'est pas à  la place de l'autre, on peut toujours venir et juger, après coup. C'est bien triste tout ça. Heureusement qu'une petite Mô... mi-gnone comme tout est née entre temps, cela va vous consoler de toute cette détresse. PS : Faites gaffe à  la chute d'hormones, ça déprime encore plus il parait !

  15. 14 réactions

    Bien vu de nous livrer cette histoire remue méninges, il est toujours intéressant de mettre en exergue cette heureuse dualité entre morale et droit.
    Il peut effectivement sembler difficile à  concevoir que ce qui moralement dérange ne constitue pas pour autant une infraction pénale. Mais HEUREUSEMENT qu'il en est ainsi, simplement parce que notre morale est subjective, chacun la place à  son envie, or la loi doit être la même pour tous afin d'éviter une multitude de dérives. Imaginez un peu si la morale de votre voisin faisait office de loi !

    De plus, ce récit remet en exergue la place de la victime dans le procès pénal, il me semble que trop de mis en cause sont condamnés pour satisfaire la victime et non parce qu'une infraction pénale a été commise. On ne peut pas condamner quelqu'un si une infraction pénale n'est pas constituée ! Et ce même si cela peut heurter la morale, et comme le dit si bien Maître Mô, "imaginez-vous à  la place du prévenu"...

  16. 3579 réactions

    @ Elléag : attention, tu pars en couille, toi tu vas devenir un truc genre avocat dans pas longtemps..! :mrgreen: Mais tu as raison, bien sur -vois ce que dit Imaniyé juste au-desus de toi : "il ne l'a probablement pas "fait exprès"..." C'est absolument ça, et ce "ça" veut dire qu'il n' y avait pas d'infraction pénale !
    J'ai un autre beau cas à  vous soumettre, ou plutôt dix-mille, mais disons celui-là , et pour faire très bref : un père viole ses huit enfants depuis presque leurs naissances respectives, et quand on l'interroge, comme on peut car il dispose de quarante mots de vocabulaire en tout, quand il est de sang frais c'est à  dire jamais, il reconnaît parfaitement la chose, ne voit pas où est le mal, vu que son père faisait pareil avec lui et ses douze frères et soeurs, et que les parents "apprennent l'amour, c'est toujours comme ça c'est normal", le dossier confirmant totalement qu'il croit réellement ça, que ce n'est pas une défense à  la con, mais la vérité.
    Huit enfants détruits, y compris physiquement (une jurée dans les pommes en voyant le plus jeune, huit ans, s'accroupir à  genoux à  la barre pour raconter "ses" scènes, l'expert dira qu'il n'a jamais vu ça...).
    Les Assises pour ce type qui ne revendique rien, et aime réellement ses gosses, et le vin, et rien d'autre.
    Combien ça vaut ?
    @Imaniyé : maintenant il faut cesser d'être TOUT LE TEMPS brillante, drôle et tendrement gentille : c'est pas humain !!!
    :roll:
    Pour Brigitte, je ne sais pas, impossible de savoir : le judiciaire est passé par là , elle est victime, peut-être et même certainement modérée au départ, mais là  son rôle est de souffrir et d'être une victime, on le lui demande, son avocate incluse : quoi qu'elle souhaite réellement, quoi qu'elle pense réellement, elle ne le dira plus... 

  17. 124 réactions

    :grin: :twisted: PS : qu'est-ce qu'ils sont laids vos smiley ! J'ai eu du mal à  choisir, hihihi

  18. 124 réactions

    Et en plus, ils "marchent" pas ! Hé ben... Tout pour me déplaire ! ;-)

  19. 3579 réactions

    Mais si ils marchent, Imaniyé : faut juste faire attention à  les placer dans le texte avec un espace devant et un espace derrière, c'est tout ! :cry:

  20. 9 réactions

    Bonjour,
    Mussipont m'a recommandé hier soir votre blog. Comme il a bien fait ! Merci pour ces petits moments d'humanité pure contés avec tellement de sensibilité. Et quelle jolie plume...

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